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Fan expérience en France

Un dimanche Rugby Rose au stade Jean Bouin

Un dimanche de derby au Stade Français qui affrontait le Racing 92.

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Le premier dimanche de décembre offrait un derby francilien en TOP14, le Stade Français affrontait le Racing 92. Un match attendu des fans des deux équipes. Nous y étions.

Il est 14H00 quand nous arrivons sur le parvis du stade Jean Bouin à Paris. Le match n’étant qu’à 16h50, la foule n’est pas encore au rendez-vous alors les rues sont calmes entre le Parc des Princes et l’enceinte du Stade Français mais déjà quelques animations sont installées autour du stade.

@Fanstriker

Le parvis du stade Jean Bouin à 14h00

Un stand restauration a été installé en dehors du stade, les premiers prennent d’assaut la buvette et en profitent pour faire ou refaire le match précédent.
Les couleurs du club, le rose et le bleu sont bien visibles sur plus d’un fan. Une arche de bienvenue est positionnée là, sans trop savoir pourquoi.

@Fanstriker

Le stand de restauration extérieur au stade est vite pris d’assaut par les premiers arrivés.

Pour ce match, le Stade Français proposait une offre intéressante à destination des étudiants : 1 place achetée + 1 boisson pour 15€ seulement. Ce partenariat réalisé avec Monsieur Student permet aux étudiants d’assister à quelques matchs du Stade Français en catégorie 4 dans un bloc dédié.

Une mise en scène de l’arrivée des joueurs au stade

L’arrivée des joueurs est une vraie opportunité de créer l’événement, nous l’avions vu à Rennes avec la façon dont ils préparent ce moment fort. C’est à présent également le cas à Jean-Bouin où les joueurs du Stade Français sont arrivés pour la première fois sur le parvis du stade, passant donc au milieu de la foule déjà présente en nombre.

Une fois dans le stade, nous observons plusieurs animations, les fameuses pom-pom du club sur la pelouse mais aussi des animations pour les enfants dans les coursives. Deux espaces “fans” où l’on imagine que le but est de se prendre en photo sous une mini-arche. Des espaces boutique ambulants et consommation.

A noter que les abonnés du club bénéficient de plusieurs avantages : ils peuvent louer des plaids gratuitement en période de froid et ils ont également la chance de se voir offrir un happy hour au Club 1883 jusqu’à quelques minutes avant le début de la rencontre.

@Fanstriker

Espace Fan

Ça sent la poudre à Jean-Bouin

Au moment de rejoindre notre place en tribune, des bénévoles nous distribuent un mystérieux paquet rose. Il s’agit en fait d’un poncho rose (pour la pluie?) et d’un sac de poudre rose… On commence à comprendre le stratagème… Vite sous son sac plastique, au moment où le speaker annonce qu’il faut vider toute la poudre pour l’entrée des joueurs sur la pelouse. Résultat, tout le monde est saupoudré de rose : on ne voit plus rien et on rate presque la première minute de jeu, on a de la peine à respirer et les ponchos n’ont rempli que partiellement leur rôle… On espère juste que les joueurs ont apprécié et que le rendu à la TV était sympa !

📸 Ferveur 💨 #Derby #Supporters #SFPR92 #SFParis

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Pendant le match, le spectacle est au rendez-vous, le Stade Français mène rapidement au score par 17 à 0. L’ambiance est au rendez-vous elle aussi, les drapeaux du SF (distribués gratuitement) s’agitent. Le froid ne fait pas peur aux supporters apparement ! Solides !

Deuxième surprise annoncée

À l’issue de la victoire des Gladiators roses, les joueurs font le traditionnel tour du stade pour remercier les spectateurs venus en masse. Le speaker invite le public à rester à leur siège pour profiter d’un spectacle surprise, un show lumineux avec effets pyrotechnique proposés par un des sponsors. A notre grande surprise, les gradins sont restés relativement pleins, on sait pourtant qu’il est souvent difficile de garder les fans en après-match ! Chapeau donc…

 

 

Nous avons passé une après midi plaisante malgré le froid, le Stade Français cherche continuellement a faire évoluer l’expérience de ses spectateurs et cela se ressent. Même si il y a encore des optimisations à faire coté parisien…

Par exemple, l’arche de bienvenue pourrait peut-être être positionnée à l’entrée principale du stade, là où les fans passent naturellement dessous pour matérialiser l’effet d’entrer dans un lieu, d’embarquer dans une expérience unique.
Deuxièmement, l’opération poudre rose en tribune est assez risquée car la réaction des spectateurs qui n’auraient pas eu l’information et ne souhaitant pas y participer pourrait-être assez négative.

On en reparle lors d’un prochain inside club ?!

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

Fan expérience en France

Le musée, l’extension de l’expérience fan

Vecteur de patrimoine historique ou source de revenus, le musée devient tendance pour les structures sportives et pour leurs communautés.

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De plus en plus de musées fleurissent dans le paysage sportif. Aujourd’hui, ils représentent un centre de profit pour les clubs mais également un moyen de partager l’histoire du club, de garder un lien avec leurs supporters et d’asseoir leur image de “marque”.

Le musée sportif est complexe car il incarne à la fois un musée de collections, un musée d’histoire et un parc à thème sportif à travers les nouvelles innovations digitales et interactives. Nous nous pencherons alors sur ce que véhiculent ces musées, les revenus qu’ils engendrent et les nouvelles tendances à venir.

L’histoire et l’héritage

Chaque club sportif détient un patrimoine propre à son histoire à travers ses succès ou ses défaites, ses titres ou ses relégations, ses plus beaux maillots ou les moins bien réussis. Pour les supporters les plus âgés, ce sont des souvenirs, pour les plus jeunes, c’est l’histoire de leur club. Le musée représente pour l’ensemble des fans, tout âge confondu, le moyen de revivre les plus grandes émotions de leur club. À travers ces émotions, vous offrez à vos fans un renforcement du lien affectif et un prolongement de l’expérience fan.

Le musée sportif en France est apparu à partir de 1961 avec l’inauguration du « musée automobile de la Sarthe » consacré aux 24 Heures du Mans. C’est seulement en 2003 qu’une autre discipline majeur en France a ouvert son musée : le Tennis. La FFT offrait enfin à ses fans un musée sur Roland Garros et la pratique de la petite balle jaune. Dix ans plus tard, le premier musée d’un club de football ouvrait ses portes, celui de l’AS Saint-Étienne et de la grande épopée des Verts.

Grâce aux anciennes pièces et archives audiovisuelles que les clubs et les fédérations ont à leur disposition, c’est un devoir de mémoire que d’offrir un musée à l’ensemble des fans. Au-delà de ces pièces de collections, ce sont des anecdotes incroyables à raconter, à l’image de l’ASSE et l’histoire mythique de ses poteaux carrés. L’Olympique Lyonnais avait quant à lui proposé à ses fans de participer à la conception du musée. En effet, le club était à la recherche d’éléments de son histoire pour enrichir son futur musée et sa collection d’objets exposés, ils avaient donc fait un appel aux fans.

Crédit Photo : ASSE

Un revenu hors match day non négligeable

Comme exprimé précédemment, le musée est un prolongement de l’expérience fan mais pas seulement ! Il offre également une nouvelle source de revenus pour les structures sportives.

Que ce soit avant ou après le match, c’est surtout une opportunité de faire vivre le club hors jour de match. Les grands clubs l’ont compris à l’image de Barcelone, Real Madrid, Juventus et Manchester United. Il s’agit d’une source financière importante pour ces clubs prestigieux, et ça, le Real Madrid l’a bien compris. Son musée est le second le plus visité à Madrid (1,3 millions de visiteurs en 2019), derrière le musée du Prado. Il rapporte près de 100 000 € de recettes quotidiennes grâce à son Tour Bernabeu. À titre de comparaison, le concurrent barcelonais détient un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 20 millions d’euros et les 1,5 millions de visiteurs par an.

Quant à leur homologue turinois de la Juventus, on comptabilise 2 millions d’euros de recette et environ 200 000 visiteurs par an. Certes le club italien a 10 fois moins de retombées économiques mais cet part de revenu n’est pas négligeable. D’autant plus que la visite du musée découle régulièrement sur la vente de produits dérivés grâce à la boutique officielle.

Hors saison, la visite du musée et du stade permettent également à de nombreux clubs d’avoir des rentrées d’argent sur la période estivale. Une période assez creuse sans revenu de billetterie. La Juventus a saisi cette opportunité en battant des records de fréquentations sur les mois de juillet et août 2018.

Une autre façon de dynamiser son musée et les visites est de proposer des expositions temporaires permettant d’attirer les fans habitués sur une époque ou un thème qui lui est cher ou bien de susciter l’intérêt sur un public non converti. Pour exemple, on peut citer les expositions temporaires du musée des 24 heures du Mans. La dernière en date était consacrée au film récompensé aux Oscars, Le Mans 66. Dans le monde du football, on peut citer, le Musée des Verts en juillet 2019 avec son exposition temporaire “Centenaire du Coquelicot 42”.

Les étrangers, clientèle principale ? 

Pour beaucoup, le club est le reflet d’une ville et certains étrangers ne sont pas insensibles à cela. Lorsqu’il visite un pays, une région ou bien une ville, certains visiteurs ont à cœur de visiter les stades présents. En d’autres termes, les stades sont devenus des hauts lieux touristiques à part entière !

Vous allez à Barcelone, à Milan, et vous mesurez évidemment à quel point leurs stades sont des hauts lieux touristiques, identitaires, de déplacements et de cultures. Et chacun de ces déplacements sur ces enceintes mythiques, comme va le devenir le Groupama Stadium, ont tous évidemment un musée. Et ces musées génèrent un flux de touristes extraordinaire

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’inauguration du Groupama Stadium.

Une statistique impressionnante illustre ce fait : 55% des visiteurs du Bernabeu Tour sont étrangers pour 70% d’européens en 2015. Pour le musée des 24 Heures du Mans, en 2014, 35% des visiteurs étaient étrangers.

Le rayonnement d’une ville est étroitement lié au rayonnement du club local. Les liens sont forts et les collectivités en ont conscience. C’est pour cette raison que de nombreux projets de musées ont été subventionnés en partie par les pouvoirs publics. C’est le cas pour le musée de l’Olympique Lyonnais puisque 25 % du financement du musée sont couverts par une subvention de 1,5 million d’euros accordée par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà de la salle des trophées, la visite du stade

Aujourd’hui, la réflexion du musée est plus globale. On cherche à proposer une expérience différenciante et complète notamment en offrant une expérience plus immersive. Par exemple, de nombreux clubs proposent la visite de la pelouse, du vestiaire, de la salle de presse, etc. Le musée n’est plus le seul élément de visite, il fait partie d’un parcours plus vaste et plus riche. Celui-ci est réfléchit, de sorte à ce que le visiteur se sente privilégié de voir des espaces normalement consacrés aux joueurs.

Prenons l’exemple du PSG Expérience sur lequel nous avons déjà rédigé un article. Le club a développé une expérience globale sans égal en France. Il offre aux visiteurs la possibilité de visiter le stade, de faire un Escape Game ou bien de profiter de l’Arcade VR avec 16 activités. Un vrai parc à thème virtuel à l’image du PSG !

Crédit photo : Benoit Florencon

Le digital offre de nouvelles opportunités

Le digital et les nouvelles technologies offrent de nouveaux axes de développement pour les musées afin de rendre plus attractif et interactif la visite.

Pour certains, c’est la possibilité de dynamiser l’histoire d’un club à travers des vidéos, des images, des expériences en Réalité Virtuelle pour se plonger toujours plus dans le passé du club. Pour d’autres, c’est la possibilité d’offrir un souvenir physique. Comme le propose le Real Madrid en prenant en photo les visiteurs sur un fond vert, leur permettant ainsi de choisir le joueur qu’ils souhaitent avoir à leur côté.

Les nouvelles technologies, c’est également rendre la visite ludique, comme le fait l’ASM Clermont avec la transformation d’essai. Le visiteur peut tester son coup de pied en frappant dans un ballon détectable par un capteur de mouvement.

Crédit photo : ASM Clermont

Nombre d’activités sont réalisables avec le digital pour rendre un musée vivant, participatif, ludique et pédagogique, loin de l’idée d’un musée “mémorial” seulement rempli de maillot et de trophée. De nombreux outils existent tels que les écrans tactiles, les bornes interactives, les hologrammes, l’eSport, etc. Les clubs peuvent donc laisser libre court à leur imagination et leur créativité. Le College Football Hall of Fame a surfé sur cette vague et se positionne aujourd’hui comme l’un des meilleurs musées digitalisés.

Le musée est un axe de développement non négligeable pour une structure sportive que ce soit pour prolonger l’expérience fan ou engendrer de nouveaux revenus. Le développement d’un musée doit être réfléchi assidûment pour offrir une expérience complète et ludique pour s’adresser à un public large : petits et grands, fans ou étranger du club.

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