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Fan expérience en France

Visul3 : le design au service du fan

Rencontre avec Visul3, un studio de création qui réalise des prestations visuelles à destination des clubs et de leurs fans.

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Lancé en 2017, Visul3 est un studio de création spécialisé dans le sport. La société, basée en région lilloise, propose en effet différents services à destination des clubs tels que de l’infographisme, de l’audiovisuel et du graphisme.

 

Fondatrice du studio, Helene Magario a répondu à nos questions. Nous avons échangé ensemble sur le métier et les missions de Visul3, ainsi que sur sa perception personnelle de l’expérience fan.

Bonjour Hélène, peux-tu nous présenter ton parcours de tes études jusqu’à Visul3 ?

Après un BTS et une Licence Pro audiovisuel & Internet, j’ai réalisé un stage de fin d’études au LOSC Lille. Un stage suivi d’une embauche car le stade Pierre Mauroy ouvrait dans l’année à venir. Il y avait un besoin en ressources humaines dans la technique audiovisuelle. Je suis resté plus de 4 ans au club puis en 2015, j’ai décidé de créer mon auto-entreprise. Je souhaitais réaliser de l’audiovisuel au sens large. Ayant une bonne expérience dans le sport, je savais que j’avais des compétences sur des formats spécifiques comme les LEDs bord terrain. J’ai donc proposé ce service à des clubs de football et mon premier contrat a été signé avec le SC Bastia. Ce qui m’a permis d’ouvrir des portes dont celle de la finale de Coupe de France d’hockey sur glace en 2016 à l’AccorHotels Arena.

Suite à ces missions, j’ai décidé de me spécialiser pleinement dans le sport. J’ai ainsi fait des rencontres avec des clubs comme l’En Avant Guingamp et d’autres acteurs du milieu comme Lagardère. Le monde sportif étant petit, il est “facile” d’étendre son réseau car on se retrouve tous à un événement ou un autre. Mon entreprise est ensuite devenue une SASU début 2017.

Peux-tu nous en dire plus sur Visul3 et son métier ?

Aujourd’hui nous sommes une équipe de trois, deux alternants et moi-même. Nous faisons également appel en cas de nécessité à des freelances, notamment pendant les périodes les plus actives de la saison sportive.

Notre métier consiste à créer des contenus vidéos destinés aux écrans géants et aux LEDs bord terrain dans les stades. En tant qu’ancienne technicienne, j’ai la chance de parfaitement bien connaître les différents formats de ces supports. Ce qui nous permet de conseiller les marques sur la bonne taille des messages et sur les erreurs à éviter comme l’affichage d’un numéro de téléphone (rire). Nous avons également un gros pôle graphique. Une partie que nous avons beaucoup développée avec des clubs comme l’US Orléans. Nous leurs avons en effet livré un pack tout compris avec un site Internet, les créations graphiques pour des supports print ainsi que les vidéos à diffuser au stade et sur les réseaux sociaux. Tout notre savoir-faire en un !

Notre objectif est d’être polyvalent et de pouvoir ainsi proposer aux clubs de nombreuses prestations adaptées à leur budget et leurs besoins. Notre rôle n’est pas d’être dans la stratégie de communication et marketing, ce que font les entités en grande partie en interne, mais d’être dans l’opérationnel grâce à nos créations visuelles. C’est également la raison pour laquelle nous nous adressons essentiellement à des clubs de Ligue 2 en football, de basketball ou de volley, car ils n’ont pas tous les ressources nécessaires en matière de design.

Quel est selon toi l’impact du design dans l’expérience fan ?

On peut prendre l’exemple des fiches joueurs vidéos qu’on diffuse pour nos clients sur les écrans géants ainsi que sur les médias sociaux. Ce sont via ces fiches qu’on annonce les titulaires ou bien les buteurs. Nous avons rapidement constaté que les images statiques étaient beaucoup moins engageantes que les vidéos. Nous le savons tous aujourd’hui, la vidéo est devenue un support incontournable qu’elle soit longue ou courte. Même les GIFs fonctionnent très bien alors qu’on les croyait disparus ! Mais comme ce sont des contenus animés, l’engagement est là. Puisque les fans veulent de l’animation au stade et sur les réseaux sociaux. D’où l’intérêt d’avoir un design et des effets adaptés qui leur parlent.

C’est d’autant plus le cas quand les joueurs se lâchent devant la caméra. On a pu vivre cette expérience avec les Corsaires de Nantes où les hockeyeurs ont totalement joué le jeu en se déguisant, en faisant des gestes extravagants ou en apportant des accessoires originaux. C’est important car ça rend le sportif accessible aux yeux du fan. Et c’est à nous d’apporter cette touche créative pour que le contenu soit le plus engageant possible aussi bien sur les réseaux qu’en physique. Pour l’US Orléans, on a par exemple scénarisé l’entrée des joueurs en simulant un bug informatique sur les écrans pour capter au maximum l’attention des fans présents. C’est tout cet ensemble de créations qui peut faire en sorte d’attirer plus de monde dans les stades et d’augmenter l’engagement des supporters !

La saison derrière, vous avez modernisé toute la signalétique du stade et des espaces réceptifs de l’US Orléans. Quels étaient les objectifs de cette modernisation ?

Avant ce projet, l’USO avait déjà refait toutes les peintures du stade à ses couleurs : rouge et jaune. Le but était que les panneaux aient les mêmes couleurs. Buvette, signalétique, zones VIP, couloirs… tout a été pensé pour avoir une harmonie globale via ces différentes créations en respectant bien évidemment l’ADN du club. D’autant plus que l’US Orléans a désormais l’exclusivité d’utilisation du Stade de la Source. C’était ainsi l’occasion de créer un environnement qui lui est propre et où les fans se sentent eux aussi chez eux.

Visul3, studio de création spécialisé dans le sport

Quels sont selon toi les facteurs clés de succès d’une identité visuelle engageante dans le sport ?

Premièrement, il faut respecter l’histoire du club, tout en apportant une touche de modernité. C’est ce qu’a par exemple fait le FC Nantes avec son nouveau logo que je trouve personnellement très réussi. Ensuite, tous les éléments graphiques autour de ce noyau, représenté par le logo et les couleurs historiques, doivent être cohérents aux yeux des supporters. Il faut que les fans puissent s’identifier facilement.

Aujourd’hui, un club est une marque. Sa stratégie créative vise donc à être frappante et reconnaissable de partout. Et maintenant il faut aller au-delà du digital. Prenons l’exemple du merchandising. Les fans doivent pouvoir porter dans la vie de tous les jours des vêtements aux couleurs de leur club car le design proposé est classe, discret et offre un look streetwear qui plaît. C’est exactement ce que le PSG a mis en place avec Jordan.

Depuis vos débuts, quelles sont vos créations qui fonctionnent le mieux ?

La création pour laquelle on a eu le plus de retours positifs de la part des supporters, ce sont les cartes joueurs. Les fameuses cartes qui sont destinées à être dédicacées. Pourquoi elles ? Peut-être parce que c’est le dernier support physique encore “en vie”. Effectivement, aujourd’hui tout est publié sur les médias sociaux. Avoir quelque chose de palpable entre les mains, c’est forcément marquant. A titre personnel, j’ai gardé toutes celles qu’on avait au LOSC à l’époque. Et je suis fière d’avoir chez moi la carte d’Eden Hazard quand il était encore Lillois (rire) ! C’est comme la carte d’abonné qu’on garde chez soi de saison en saison. De plus, si le design est personnalisé, c’est encore plus attachant pour le fan.

On a aussi souvent des échanges avec les partenaires des clubs qui sont satisfaits de la visibilité que leur apportent les LEDs bord terrain. Avec ce support, on a pu identifier trois niveaux de marques :

  • Les marques populaires : où le message est de moins en moins nécessaire car l’identité visuelle de la marque (logo, couleurs…) suffit pour la reconnaître (Amazon, Boulanger, Orange…)
  • Les marques secondaires : où une courte accroche permet de présenter le domaine d’activité de la marque ou un nouveau produit
  • Les marques locales : où il faut apporter un minimum d’informations pour faire connaître la marque

Cette hiérarchisation est importante car nous savons ce qu’il faut proposer à un partenaire en fonction de sa notoriété. En plus de la créativité, il y a donc un travail de conseil. Par exemple, sur les LEDs bord terrain, on évite les fonds blancs puisqu’en cas de forte luminosité c’est illisible.

Ce conseil, on le donne aussi aux clubs. Afin qu’ils puissent amortir leurs investissements en communication, on les aide à proposer aux partenaires le bon support au bon prix. Comme on sait quantifier la portée de ces supports digitaux et physiques, on mesure la visibilité qu’ils peuvent générer pour le partenaire. Par exemple, le Rodez Aveyron Football a pu associer un sponsor à chaque contenu créé (fiche joueur, présentation des joueurs sur l’écran géant, etc.). Un modèle qui permet au partenaire de s’adresser aux fans d’une manière unique. Et pour le club, notamment quand ses budgets marketing sont minces, c’est une opportunité pour pouvoir animer son stade et ses communautés en limitant les coûts.

A moyen et long terme, quels sont les objectifs de Visul3 ?

Le principal objectif est de se développer d’en d’autres sports comme le rugby, le volley et le basketball. Des sports où nous avons déjà travaillé pour certains acteurs. Cela passera par une embauche d’un profil commercial en interne et la recherche d’investissements. Nous savons que le champ dans le monde du sport en France est large. Il faut donc se donner les moyens de frapper aux portes et de faire connaître notre savoir-faire.

Enfin, dernière question, que nous posons lors de chacune de nos interviews, quelle est votre propre définition de la fan experience ?

La fan experience pour moi, c’est lorsqu’on sort du stade et qu’on se dit : “J’ai vécu un bon moment”. Pas seulement grâce au match, mais grâce à l’ambiance, aux installations, aux animations, à l’accessibilité et à la sécurité. En France, on n’a pas encore l’habitude de faire venir tôt et faire rester tard les fans au stade. Néanmoins, des clubs comme le LOSC tentent de belles initiatives pour proposer aux fans un véritable rendez-vous. Et au vu de mon expérience, je pense ces idées peuvent se concrétiser plus rapidement si dans les clubs, les services Marketing, Communication et Technique échangent plus souvent. Puisque les compétences et les idées des uns servent aux autres pour mener à bien des activations innovantes.

Merci à Hélène de Visul3, studio de création spécialisé dans le sport, pour cet échange enrichissant.
Vous pouvez retrouver toutes nos interviews dans l’onglet Interview sur le site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

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Chargé de SEO & SEA dans une agence de voyage sportif, je suis un passionné du Sport Digital et de la Fan Experience. Chez Franstriker, j'ai pour objectif de faire grandir le projet et d'écrire de temps en temps sur les activations digitales des uns et des autres dans le monde du sport.

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Un trophée d’un autre club présenté aux supporters de l’ESTAC

Dimanche, le public du stade de l’Aube à Troyes a pu découvrir le trophée de champion de Premier League remporté par Manchester City la saison passée. 

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Un trophée d'un autre club présenté aux supporters de l'ESTAC

Le 24 septembre, le club anglais de Manchester City a annoncé sur ses réseaux sociaux que les fans de l’ESTAC pourraient découvrir en IRL le trophée de Premier League remporté par les Citizens la saison passée. 

 

C’est ce dimanche 26 septembre que les spectateurs présents au stade de l’Aube ont pu découvrir le trophée d’une autre équipe et d’un autre championnat.

Le trophée de Premier League présenté dans un stade en France

Chose inédite ou non cohérente selon certaines observations sur les réseaux sociaux, plusieurs trophées dont le trophée de champion de Premier League, le championnat anglais, remporté par le club de Manchester City lors de la saison 2020-2021 ont été présenté au public troyens lors de la rencontre comptant pour la 8e journée de Ligue 1 Uber Eats face au SCO Angers.

Le trophée était présent sur la Fan Zone avant le début de la rencontre et accessible pour les fans qui souhaitaient prendre une photo ou simplement l’observer de près. Ensuite, il a été déplacé sur la pelouse du stade de l’Aube et présenté à l’ensemble du public en tribune.

 

Alors pourquoi ce trophée était-il présenté aux fans de l’ESTAC au stade de l’Aube à Troyes ? La réponse est assez simple et laisse entrevoir d’autres possibilités de liaisons que nous allons détailler plus bas dans cet article. En effet, le club de Manchester City et l’ESTAC sont tous les deux la propriété du City Football Group. Il est donc cohérent que le propriétaire de ces clubs souhaite créer des synergies entre les structures différentes organisations qu’il détient. 
En pré-saison déjà, un match amical devait se tenir le 31 juillet 2021 entre l’ESTAC et Manchester City mais celui-ci avait été annulé en raison des contraintes sanitaires. 

L’aspect positif de cette action

Plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux soulignent le caractère “étrange” de cette action. Certains mentionnent l’utilité d’une telle présentation. Mettant l’accent sur le fait que le public Troyen ne présente aucun intérêt pour un club et un championnat étranger. 
Cela dit, elle permet quelques opportunités aux spectateurs présents pour ce match au stade de l’Aube et quelques avantages pour le club.

Premier avantage pour le public, celui de voir un trophée d’un championnat étranger en vrai. Et de plus, le meilleur championnat reconnu par tous les fans de football. Chacun pouvait se prendre en photo avec ce symbole de la Premier League. C’est tout de même assez rare, de pouvoir toucher (ou presque) un objet qui d’ordinaire n’est présent que dans un pays étranger. Ici, aucun billet d’avion n’était nécessaire pour y accéder. 

Pour le club, cela permet de créer l’événement et d’enrichir les animations prévues dans le cadre de la fan zone. C’est assez inédit pour inciter quelques curieux et amateurs de football anglais à venir assister au match de l’ESTAC, même s’ils ne sont pas fans de l’équipe Troyenne.

 

Pour le City Football group, c’est une façon d’ancrer sa propriété et donc de créer le lien entre les deux clubs dans l’esprit de la communauté locale à Troyes. Un lien qui selon nous, a tout intérêt à se tisser entre les différentes entités que possède le récent propriétaire de l’ESTAC. Pour ça, nous avons déjà quelques idées. 
Demain, nous pourrions envisager des offres commerciales communes avec des tarifs avantageux pour les fans. De nombreux amateurs de sport et notamment de football intègrent (si celui-ci n’en est déjà pas l’objectif principal) un événement sportif à leur programme lors d’un séjour touristique. Ainsi, un fan abonné de l’ESTAC pourrait bénéficier d’avantages pour assister à une rencontre d’un club détenu par le City Football group. Il en est de même pour le merchandising.

En bref, une idée qui fait parler mais qui a le mérite de susciter de la curiosité et de créer l’évènement sur la fan zone pour les spectateurs du stade de l’Aube.

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La nouvelle stratégie de billetterie du Stade Brestois

Le Stade Brestois a mis en place une nouvelle stratégie de billetterie à tarifs dégressifs. Un modèle inspiré du yield management.

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La reprise de la Ligue 1 Uber Eats s’est faite avec le retour des supporters après de nombreux mois de restrictions liés à la COVID. Mais le retour des fans n’est pas l’unique nouveauté pour les supporters du Stade Brestois 29. En effet, le club breton a mis en place une nouvelle stratégie de billetterie. Inspirée de la stratégie des compagnies de transport (aérien et ferroviaire), ce système est communément appelé yield management.

 

Le Stade Brestois a mis en place une nouvelle stratégie de billetterie à tarifs dégressifs. Un modèle inspiré du yield management. Comment cela fonctionne-t-il ? Quels résultats attend-on sur les ventes de billets ? Quelles sont les réactions des supporters brestois ? On en parle en analysant ce sujet dans cet article. 

Des tarifs dégressifs

Le principe est simple. La billetterie ouvre 4 semaines avant la rencontre. Lorsqu’elle ouvre, les tarifs de chaque catégorie sont au plus élevés. Puis, chaque semaine, en se rapprochant du match, les tarifs baissent. La première semaine, le tarif sera situé entre 50€ et 100€, selon les catégories. Après une semaine, les prix se situeront entre 80€ et 35€ puis entre 60€ et 20€ la semaine suivante. Enfin pour la dernière semaine, les prix seront entre 30€ et 4€, s’il reste des places à la vente.

Avec ce système, les prix par catégorie continuent d’exister mais les tarifs spéciaux disparaissent. Par exemple, le club a décidé de mettre fin aux tarifs réduits pour les enfants.

Grille tarifaire du Stade Brestois pour le match face à Rennes

Grille tarifaire du Stade Brestois pour le match face à Rennes

Objectif guichets fermées

Le co-président du Stade Brestois 29, Gérard Le Saint, n’a pas caché son ambition avec ce nouveau modèle. En effet, l’objectif est de réaliser des guichets fermés à chaque match au Stade Francis Le Blé et ainsi d’améliorer l’affluence moyenne du club. Lors de la saison 2019/2020, l’affluence moyenne du club était de 13 700 spectateurs (pour environ 16 000 places) pour son retour dans l’élite (avant la fin du championnat due à la COVID), soit un taux de remplissage de 90,7%.

Cette nouvelle formule devrait répondre parfaitement à la règle de l’offre et de la demande.
Gérard Le Saint, co-président du Stade Brestois 29.

Sur le site du club, le co-président s’est expliqué : “Cette nouvelle formule devrait répondre parfaitement à la règle de l’offre et de la demande. Au-delà de vouloir vous vendre des places aux prix les plus justes, notre réflexion s’est aussi tournée vers les familles qui ne peuvent pas venir au stade Le Blé parce que c’est tout simplement trop cher. J’ai encore en tête la réception de Reims fin août il y a deux ans. Le temps était beau et nous n’avions pourtant pas réussi à remplir la tribune Brittany Ferries avec des places à 9 euros. J’en ai conclu que celles-ci devaient être trop chères. Dans ce nouveau système, le prix des billets descendra par moments jusqu’à 4 euros.

Comment a réagit la communauté de fans du club breton ?

Pour acheter leurs places au meilleur prix, les supporters devront se transformer en de véritables analystes. Ils devront spéculer sur l’offre et la demande pour prendre leurs billets au dernier moment avant que l’intégralité des billets soit épuisés. S’ils achètent leurs billets “trop tôt”, les spectateurs payeront le prix fort. Mais s’ils attendent trop longtemps, ils risquent de se retrouver sans billets.

Face à Rennes, certains supporters ont pris leurs places au dernier moment et sont donc satisfaits : “J’ai eu ma place ce matin à 4 euros alors que c’est un derby. J’ai tenté ma chance, j’ai gagné. Ce système permet de faire baisser les coûts, c’est parfait.” D’autres fans comparent ça à la loterie : “ C’est la loterie, mais si tu arrives à avoir une place à un meilleur prix tant mieux pour toi. Ça va attirer du monde, c’est sûr !”. Des réactions à retrouver sur l’article de So Foot.

Pour de nombreux supporters y compris les abonnés, qui ne sont pourtant pas concernés par ce système, ce nouveau modèle ne plaît pas.

https://twitter.com/gozoille29/status/1422317367015710726

« C’est dégueulasse pour les personnes qui ont moins d’argent. C’est une mesure qui va à l’encontre du football populaire. Je trouve ça étonnant de la part d’un club comme le Stade brestois.” a réagi un membre des Celtics Ultras 2001 auprès de So Foot.

Le cas du Brest Bretagne Handball

Dès 2015, le Brest Bretagne Handball (BBH) proposait lui aussi des tarifs basés sur le yield management pour la couronne supérieure de son Arena soit pour près de 1 500 places pour une capacité totale de 4 077 places. En effet, le tarif de base était de 9€ et était mis à jour tous les soirs sur le site du club. Les prix pouvaient soit monter jusqu’à 11€ maximum, soit baisser jusqu’à 1€ en fonction de la demande.
Depuis, le Brest Bretagne Handball a encore modifié son modèle de billetterie en proposant des tarifs ascenseurs, le modèle dont s’est inspiré le club de football de la ville. À noter que les présidents du BBH sont les frères Gérard et Denis Le Saint. Denis Le Saint étant aussi le président du Stade Brestois 29.

Les deux images ci-dessous montrent les différents tarifs et les dates de changement des prix. Si un supporter achète une place en tribune centrale le 20 août 2021 pour le match contre Mérignac (qui aura lieu le 15 septembre 2021) alors il payera sa place au tarif 1 soit à 65€. En revanche, s’il attend et qu’il achète sa place dans cette même catégorie le 7 septembre alors il payera sa place seulement 20€ soit plus de trois fois moins cher. Cependant, il prend le risque qu’il n’y ait plus de places pour cette rencontre dans cette catégorie.

La particularité de l’offre billetterie du BBH est que si le supporter attend trop longtemps, les prix repartent à la hausse. En effet, à J-14 de la rencontre les prix augmentent. Ceci permet d’éviter que tous les supporters n’achètent leurs billets au tout dernier moment. C’est une manière de sécuriser un certain niveau d’affluence.

Tarifs du Brest Bretagne Handball

Tarifs du Brest Bretagne Handball

Dates de changement des tarifs de la billetterie du Brest Bretagne Handball

Dates de changement des tarifs de la billetterie du Brest Bretagne Handball

Un modèle proche du Purple Pricing mais avec une différence majeure

Le Purple Pricing est une stratégie billetterie développée par deux chercheurs américains. Cette méthode permet aux fans d’acheter leurs billets à tout moment. Ici, le prix décroît au fur et à mesure jusqu’à épuisement ou à la fermeture de la billetterie. Cependant la particularité réside dans le fait que si un spectateur a acheté son billet tôt et donc au prix “fort”, alors il sera remboursé de la différence par rapport au prix qu’aura payé le dernier spectateur à avoir acheté son billet. Un modèle qui augmente l’implication du fan et aussi sa satisfaction puisqu’il aura payé son billet au juste prix au vue de l’offre et de la demande. Retrouvez une explication plus précise et plus poussée dans notre article sur le sujet.

Avec ce nouveau modèle, “les supporters sont libres de donner au billet la valeur qu’ils veulent, avec le risque qu’il n’y en ait plus” comme l’explique une source interne au Stade Brestois 29 au journal L’Equipe. Ce modèle est vivement critiqué par des supporters qui considèrent que c’est une nouvelle atteinte au football populaire. D’autres, sont plutôt satisfaits de ce nouveau système qui leur permet de bénéficier de places à des tarifs très réduits. Cependant, ce nouveau modèle présente peut-être une limite : les grosses affiches.
En effet, face au Paris Saint-Germain l’intégralité des places du Stade Brestois a été vendue très rapidement mais de nombreuses places se sont retrouvées sur le marché noir à des tarifs extrêmement élevés avec des places allant jusqu’à 400€. Sans solution de billetterie secondaire, le club ne pourrait donc pas gérer les dérives liées à ce système d’offre tarifaire modulable. Il sera intéressant de suivre l’évolution de ce modèle et de faire un point sur l’affluence au stade Le Blé et les impacts sur la billetterie du Stade Brestois après quelques mois.

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