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Fan expérience en France

Retour sur le hackathon Human2Sport et l’expérience spectateur de demain

Immersion dans le hackathon Human2Sport, un événement pour réfléchir sur l’expérience des spectateurs de demain avec un axe sport & territoire.

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Il y a quelques jours a eu lieu le hackathon Human2Sport à Saint-Denis sur le thème “des expériences spectateurs de demain : Sport & Territoire”. Un événement organisé par le Pôle Média Grand Paris auquel nous avons participé.

 

Pendant 3 jours, du 5 au 7 novembre, j’ai eu l’opportunité de faire partie de la vingtaine de participants du premier hackathon sur l’expérience des spectateurs organisé par le Pôle Média Grand Paris en région parisienne.
Cet événement avait pour objectif de réfléchir au futur de l’expérience des spectateurs en prenant en compte les impacts sur le sport et le territoire. 
Pour répondre à cet objectif, les participants pouvaient s’appuyer sur des mentors et coachs issus de différents milieux (sportifs professionnels, chefs d’entreprises, professionnels).

Qu’est-ce qu’un hackathon ?

Le terme hackathon n’est peut-être pas commun à tous nos lecteurs, c’est donc l’occasion de rappeler ce qu’est un hackathon.
Un hackathon est un événement de collaboration ponctuelle sur une période déterminée entre plusieurs individus issus d’environnements différents dans le but d’imaginer et innover sur un sujet précis.
Le mot hackathon est issu d’une contraction entre “hacker” et “marathon”. Entre d’autres termes, c’est un “marathon” pour booster l’innovation.

C’est une pratique qui est proposée par quelques clubs et organisations professionnelles et sportives plus ou moins régulièrement pour imaginer l’expérience de demain dans leur enceinte. C’est le cas notamment depuis deux saisons pour le SM Caen.
Enfin, un hackathon offre en général une expérience très enrichissante à ses participants (accès à des lieux spécifiques, échanges avec des personnalités, rencontres, etc.). 

Le Hackathon Human2Sport était organisé par le Pôle Média Grand Paris, Plaine Commune et Orange Business Services. Les participants ont donc eu 2 jours et demi pour imaginer des innovations et présenter leur travail devant un jury.

L’organisation de ce hackathon sur l’expérience spectateur

La participation à ce hackathon était entièrement gratuite. Les repas étaient inclus et des salles équipées pour travailler étaient à disposition (lors d’un hackathon, tout est fourni ou presque pour que le participant puisse travailler dans les meilleures conditions possibles). Une salle commune était à disposition pour déjeuner, qui nous permettait de discuter tout en continuant de travailler.

La première étape : l’accueil et la présentation

La matinée de la première journée de ce hackathon était dédiée à la présentation des coachs et mentors tels que Romain Mesnil (champion de saut à la perche), Samantha Woods (spécialiste de l’innovation des contenus sportifs chez Orange et Orange Business), Didier Fraisse (réalisateur TV qui a travaillé pour les JO sur FranceTV) ainsi que d’autres personnalités issues du monde de l’entreprise et du sport.

Seconde étape : la constitution des équipes

Les participants étaient ensuite invités à présenter brièvement leurs idées à tous pour faciliter la création des équipes (4 équipes d’environ 5 participants) avec les porteurs de projets et ceux qui n’en avait pas encore.
Les profils des participants étaient tous très variés, les étudiants, les compétences commerciales (business développeurs, entrepreneurs), marketing, ou encore plus techniques (développeurs, VR) se mélangeaient dans les groupes.
À noter qu’au moment de l’inscription, il était possible de s’inscrire directement en équipe.

L’élaboration des idées, une étape pas si facile

Dans un projet de groupe nous le savons tous, il est parfois difficile de tomber d’accord. Alors imaginez devoir vous entendre entre des personnes ne venant pas du même secteur professionnel ou ne partageant pas les mêmes visions. Pas si facile. C’est donc un jeu de concessions et d’échanges remplis de convictions pour obtenir l’idée la plus aboutie pour l’équipe. 
Régulièrement, nous avons développé une idée, puis une autre, et encore une autre jusqu’à ce que nous soyons tous en phase avec celle-ci. 

Humainement, c’est un exercice très intéressant. J’ai beaucoup appris sur ces 3 journées. S’adapter à une équipe qui mêle différentes personnalités et apprendre à connaître ses coéquipiers en si peu de temps est un challenge à part entière du hackathon.

Des projets très tech

Une grande majorité des projets était liée aux outils numériques. De la réalité augmentée à la réalité virtuelle en passant par le digital pour animer une fan zone, le numérique était implémenté partout.
Il est vrai que lorsque l’on parle de hackathon et d’innovation, nous pensons naturellement aux nouvelles technologies. Est-ce un bon ou mauvais automatisme ?! Nous partagerons notre avis en clôture de cet article.

Des coachs et mentors omniprésents

Les coachs et mentors accompagnaient les projets. Leurs domaines d’expertises ont été de sérieux atouts pour les équipes. Leur vision extérieure au projet a été plus que nécessaire lorsque nous étions impliqué à 100% dans notre idée. C’est ce qui nous a permis de finaliser les présentations avec l’apport de cet oeil externe.

“Il y avait là principalement une différence entre ces rôles : les mentors avaient aussi la casquette de sponsor sur l’événement. Pour ma part, j’ai voulu m’assurer qu’en si peu de temps toutes les équipes puissent présenter un projet.”

Morgan Angove, Coach sur le hackathon Human2Sport

Le speech et les résultats

La 3ème et dernière journée de ce hackathon fut le grand défi des speechs de présentation et de l’annonce des résultats.
Chaque équipe devait ensuite donner le meilleur de soi-même pour présenter son travail et convaincre le jury en 3 minutes (+ 5 minutes de questions). L’enjeu pouvait être important car les meilleurs projets pouvaient se faire soutenir par des professionnels pour la mise en application finale de leur idée.  

Après délibération des membres du jury, les résultats ont été annoncé au Satis-Screen4All (le salon francophone dédié à la création et aux innovations technologiques au service des médias, du divertissement et de la communication audiovisuelle).

C’est le projet mettant en avant une “digital fan zone” qui a remporté les suffrages du jury. Le groupe ExSporience porteur de ce projet sera accueilli à la Nurserie d’Audiens pendant 6 mois et bénéficiera d’un espace de travail et d’un accompagnant de la structure sur les aspects juridiques, techniques et commerciaux. Mais aussi d’un accès au réseau de l’entreprise.
Un POC (proof of concept) sera mis en place dans un bar de Lille (le Box2Box) pour la phase finale de la Ligue des Champions puis pour la Coupe du Monde de Football féminin.

Le second projet récompensé est “Just Live It” qui propose de la télévirtualité appliquée aux sports dans l’objectif de suivre virtuellement le parcours des sportifs d’aujourd’hui aux JO de Paris 2024.
Un projet qui sera soutenu par KissKissBankBank.

Le classement final :  

  • 1er : Projet “Digital Fan Zone” par ExSporience
  • 2ème : Projet “Just Live It” 
  • ème : Projet “Yuko”

 

“La Nurserie d’Audiens accueillera ExSporience pendant 6 mois en mettant un espace de travail à notre disposition, en accompagnant la structure sur les aspects juridiques, techniques et commerciaux. Tout en partageant son immense réseau de professionnels.

Je recherche également […] d’autres établissements pour valider définitivement le concept.”

Laurent Boutalbi (Fondateur ExSporience)

Les enseignements de ce hackathon

Personnellement, ce hackathon était une première pour moi. Je ne suis pas déçu de l’expérience. Participer à ce genre d’événement offre plusieurs avantages : le réseautage, le développement de compétences, l’ouverture d’esprit.

“C’est une expérience que je recommande à tout le monde de vivre au moins une fois.”

Laurent Boutalbi (Fondateur ExSporience)

Comme Laurent, je conseille à tous de participer un jour à un hackathon sur la thématique de l’expérience des spectateurs.

De mon analyse plus professionnelle, les hackathons sont une opportunité pour les organisations sportives d’innover dans l’expérience proposée à leurs fans. Cependant, le constat réalisé est que les idées proposées sont très axées sur le digital et les nouvelles technologies. La recherche des profils est également très orientée tech (nous avions fait le même constat lors du hackathon au SM Caen). Est-ce que cela veut dire que l’innovation passe obligatoirement par un outil ? Peut-être que oui.
Mais rappelons-nous les 10 conseils pour remplir son stade que Mark Bradley nous partageait il y a quelques mois. Chacun de ses conseils étaient alors en lien avec le facteur humain.

Il serait sans doute intéressant de voir un jour un hackathon 100% non digital qui place l’humain au coeur des réflexions. Un hackathon qui relaierai les smartphones, le digital et tout autres outils numériques au second plan. Comme ça, juste pour voir.

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Sportif et fan de sport, l'ambiance dans les stades m'a toujours passionné. Voir comment un bon match peut devenir une expérience inoubliable grâce à l'ambiance et à l'expérience vécue dans les gradins me donne des frissons. C'est pour vous partager ces émotions que je vous écris.

Fan expérience en France

Le musée, l’extension de l’expérience fan

Vecteur de patrimoine historique ou source de revenus, le musée devient tendance pour les structures sportives et pour leurs communautés.

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De plus en plus de musées fleurissent dans le paysage sportif. Aujourd’hui, ils représentent un centre de profit pour les clubs mais également un moyen de partager l’histoire du club, de garder un lien avec leurs supporters et d’asseoir leur image de “marque”.

Le musée sportif est complexe car il incarne à la fois un musée de collections, un musée d’histoire et un parc à thème sportif à travers les nouvelles innovations digitales et interactives. Nous nous pencherons alors sur ce que véhiculent ces musées, les revenus qu’ils engendrent et les nouvelles tendances à venir.

L’histoire et l’héritage

Chaque club sportif détient un patrimoine propre à son histoire à travers ses succès ou ses défaites, ses titres ou ses relégations, ses plus beaux maillots ou les moins bien réussis. Pour les supporters les plus âgés, ce sont des souvenirs, pour les plus jeunes, c’est l’histoire de leur club. Le musée représente pour l’ensemble des fans, tout âge confondu, le moyen de revivre les plus grandes émotions de leur club. À travers ces émotions, vous offrez à vos fans un renforcement du lien affectif et un prolongement de l’expérience fan.

Le musée sportif en France est apparu à partir de 1961 avec l’inauguration du « musée automobile de la Sarthe » consacré aux 24 Heures du Mans. C’est seulement en 2003 qu’une autre discipline majeur en France a ouvert son musée : le Tennis. La FFT offrait enfin à ses fans un musée sur Roland Garros et la pratique de la petite balle jaune. Dix ans plus tard, le premier musée d’un club de football ouvrait ses portes, celui de l’AS Saint-Étienne et de la grande épopée des Verts.

Grâce aux anciennes pièces et archives audiovisuelles que les clubs et les fédérations ont à leur disposition, c’est un devoir de mémoire que d’offrir un musée à l’ensemble des fans. Au-delà de ces pièces de collections, ce sont des anecdotes incroyables à raconter, à l’image de l’ASSE et l’histoire mythique de ses poteaux carrés. L’Olympique Lyonnais avait quant à lui proposé à ses fans de participer à la conception du musée. En effet, le club était à la recherche d’éléments de son histoire pour enrichir son futur musée et sa collection d’objets exposés, ils avaient donc fait un appel aux fans.

Crédit Photo : ASSE

Un revenu hors match day non négligeable

Comme exprimé précédemment, le musée est un prolongement de l’expérience fan mais pas seulement ! Il offre également une nouvelle source de revenus pour les structures sportives.

Que ce soit avant ou après le match, c’est surtout une opportunité de faire vivre le club hors jour de match. Les grands clubs l’ont compris à l’image de Barcelone, Real Madrid, Juventus et Manchester United. Il s’agit d’une source financière importante pour ces clubs prestigieux, et ça, le Real Madrid l’a bien compris. Son musée est le second le plus visité à Madrid (1,3 millions de visiteurs en 2019), derrière le musée du Prado. Il rapporte près de 100 000 € de recettes quotidiennes grâce à son Tour Bernabeu. À titre de comparaison, le concurrent barcelonais détient un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 20 millions d’euros et les 1,5 millions de visiteurs par an.

Quant à leur homologue turinois de la Juventus, on comptabilise 2 millions d’euros de recette et environ 200 000 visiteurs par an. Certes le club italien a 10 fois moins de retombées économiques mais cet part de revenu n’est pas négligeable. D’autant plus que la visite du musée découle régulièrement sur la vente de produits dérivés grâce à la boutique officielle.

Hors saison, la visite du musée et du stade permettent également à de nombreux clubs d’avoir des rentrées d’argent sur la période estivale. Une période assez creuse sans revenu de billetterie. La Juventus a saisi cette opportunité en battant des records de fréquentations sur les mois de juillet et août 2018.

Une autre façon de dynamiser son musée et les visites est de proposer des expositions temporaires permettant d’attirer les fans habitués sur une époque ou un thème qui lui est cher ou bien de susciter l’intérêt sur un public non converti. Pour exemple, on peut citer les expositions temporaires du musée des 24 heures du Mans. La dernière en date était consacrée au film récompensé aux Oscars, Le Mans 66. Dans le monde du football, on peut citer, le Musée des Verts en juillet 2019 avec son exposition temporaire “Centenaire du Coquelicot 42”.

Les étrangers, clientèle principale ? 

Pour beaucoup, le club est le reflet d’une ville et certains étrangers ne sont pas insensibles à cela. Lorsqu’il visite un pays, une région ou bien une ville, certains visiteurs ont à cœur de visiter les stades présents. En d’autres termes, les stades sont devenus des hauts lieux touristiques à part entière !

Vous allez à Barcelone, à Milan, et vous mesurez évidemment à quel point leurs stades sont des hauts lieux touristiques, identitaires, de déplacements et de cultures. Et chacun de ces déplacements sur ces enceintes mythiques, comme va le devenir le Groupama Stadium, ont tous évidemment un musée. Et ces musées génèrent un flux de touristes extraordinaire

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’inauguration du Groupama Stadium.

Une statistique impressionnante illustre ce fait : 55% des visiteurs du Bernabeu Tour sont étrangers pour 70% d’européens en 2015. Pour le musée des 24 Heures du Mans, en 2014, 35% des visiteurs étaient étrangers.

Le rayonnement d’une ville est étroitement lié au rayonnement du club local. Les liens sont forts et les collectivités en ont conscience. C’est pour cette raison que de nombreux projets de musées ont été subventionnés en partie par les pouvoirs publics. C’est le cas pour le musée de l’Olympique Lyonnais puisque 25 % du financement du musée sont couverts par une subvention de 1,5 million d’euros accordée par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà de la salle des trophées, la visite du stade

Aujourd’hui, la réflexion du musée est plus globale. On cherche à proposer une expérience différenciante et complète notamment en offrant une expérience plus immersive. Par exemple, de nombreux clubs proposent la visite de la pelouse, du vestiaire, de la salle de presse, etc. Le musée n’est plus le seul élément de visite, il fait partie d’un parcours plus vaste et plus riche. Celui-ci est réfléchit, de sorte à ce que le visiteur se sente privilégié de voir des espaces normalement consacrés aux joueurs.

Prenons l’exemple du PSG Expérience sur lequel nous avons déjà rédigé un article. Le club a développé une expérience globale sans égal en France. Il offre aux visiteurs la possibilité de visiter le stade, de faire un Escape Game ou bien de profiter de l’Arcade VR avec 16 activités. Un vrai parc à thème virtuel à l’image du PSG !

Crédit photo : Benoit Florencon

Le digital offre de nouvelles opportunités

Le digital et les nouvelles technologies offrent de nouveaux axes de développement pour les musées afin de rendre plus attractif et interactif la visite.

Pour certains, c’est la possibilité de dynamiser l’histoire d’un club à travers des vidéos, des images, des expériences en Réalité Virtuelle pour se plonger toujours plus dans le passé du club. Pour d’autres, c’est la possibilité d’offrir un souvenir physique. Comme le propose le Real Madrid en prenant en photo les visiteurs sur un fond vert, leur permettant ainsi de choisir le joueur qu’ils souhaitent avoir à leur côté.

Les nouvelles technologies, c’est également rendre la visite ludique, comme le fait l’ASM Clermont avec la transformation d’essai. Le visiteur peut tester son coup de pied en frappant dans un ballon détectable par un capteur de mouvement.

Crédit photo : ASM Clermont

Nombre d’activités sont réalisables avec le digital pour rendre un musée vivant, participatif, ludique et pédagogique, loin de l’idée d’un musée “mémorial” seulement rempli de maillot et de trophée. De nombreux outils existent tels que les écrans tactiles, les bornes interactives, les hologrammes, l’eSport, etc. Les clubs peuvent donc laisser libre court à leur imagination et leur créativité. Le College Football Hall of Fame a surfé sur cette vague et se positionne aujourd’hui comme l’un des meilleurs musées digitalisés.

Le musée est un axe de développement non négligeable pour une structure sportive que ce soit pour prolonger l’expérience fan ou engendrer de nouveaux revenus. Le développement d’un musée doit être réfléchi assidûment pour offrir une expérience complète et ludique pour s’adresser à un public large : petits et grands, fans ou étranger du club.

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