Suis-nous

Fan expérience en France

Un policier référent dans les groupes de supporters en déplacement ?

Après un référent supporter dans les clubs, une expérimentation est en cours pour permettre la présence d’un policier référent dans les groupes de supporters visiteurs.

Publié

le

Lors du match de Ligue 1 Conforama entre le RC Strasbourg Alsace et l’Olympique Lyonnais le 9 mars dernier, plusieurs acteurs dont les instances du football français ont réalisé une expérimentation auprès des supporters. 

 

L’encadrement des supporters adverses est un sujet sensible, dans une époque où le nombre d’arrêtés préfectoraux se multiplie et ne choque presque plus personne. Cette semaine, le média l’Équipe rapporte que depuis le début de la saison, les préfets ont publié plus de 70 arrêtés limitant la liberté d’aller et venir des supporters de football français. Un chiffre (trop) important.

Des arrêtés abusifs ?

Les préfectures se posent-elles de moins en moins de questions lorsqu’il s’agit de l’organisation d’un match de football ? Au regard du nombre d’arrêtés publiés, la question est légitime.
L’Équipe a d’ailleurs publié cette semaine un article qui présente les motifs d’arrêtés préfectoraux les plus originaux (ou ridicules selon la position que l’on adopte). Un article que nous vous invitons à lire.

@Lequipe

Une banderole de mécontentement des supporters face aux tribunes vides

Alors, il est vrai que le pays connait une longue période d’instabilité et d’inquiétude, entre les précédentes attaques terroristes, les manifestations régulières devenues dorénavant quotidiennes sur tout le territoire. Cette situation mobilise donc les ressources humaines dédiées à la sécurité du public. Par conséquent, l’organisation des événements sportifs passe au second plan. La sécurité du public étant un élément essentiel d’une organisation, cela complexifie l’équation.

Les préfectures ne se cacheraient-elles pas derrière ces événements qui touchent le pays pour répondre avec trop de facilité en refusant à un groupe de supporters de se déplacer pour soutenir leur équipe ?
Cette attitude ne risque pas d’améliorer l’entente entre ces deux mondes (l’administration et le supporterisme). Ni même de bonifier l’image des supporters vis à vis du grand public.
La situation est donc pénible pour tous le monde. Les clubs ne remplissent pas leur stade, le public présent ne bénéficie pas d’une ambiance stade optimale, les supporters ne peuvent pas assouvir leur passion et la préfecture ne laisse pas les meilleurs souvenirs.

Mais, il existe des solutions. L’une d’elle est actuellement en phase de test dans nos championnats de football professionnel.

Un policier parmi les fans adverses

Le 9 mars, c’était donc la date choisie par les différents acteurs qui soutiennent cette démarche. Le match de Ligue 1 Strasbourg RC vs O.Lyon a marqué le début d’une expérimentation innovante en matière de prévention, d’anticipation et de dialogue avec les supporters.

Plusieurs organismes portent ce projet important : la Fondation Nivel, la préfecture, la DNLH (division nationale de lutte contre le hooliganisme), la FFF, la LFP et les clubs concernés par les tests. La Fondation Daniel Nivel, fondée en 2000 à l’initiative de la fédération allemande de football, a pour objet de soutenir des actions de prévention des incidents autour des matchs de football, particulièrement ceux opposant des supporters aux forces de l’ordre.

Pour ce premier test inédit, c’est le RC Strasbourg en tant que club accueillant qui a collaboré pour développer le concept avec les supporters visiteurs pour ce match face à Lyon.
Ainsi, le groupe de supporters visiteurs comptait dans ses rang un “policier référent” désigné pour suivre le foule dès leur arrivée dans le Bas-Rhin jusqu’à leur départ post-match. Ce référent a pour rôle de dialoguer avec les supporters visiteurs, de les informer des mesures de sécurité applicables au stade à l’occasion de leur déplacement, et de faire le lien avec le chef du dispositif d’ordre public de la DDSP.

Cette opération sera dans un second temps envisagée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 et de Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera réalisée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Une première réussie selon les acteurs

La LFP précise que de l’avis de l’ensemble des acteurs concernés, la première rencontre expérimentale fut une réussite. L’anticipation et la bonne préparation de la rencontre entre les différents acteurs a permis au policier référent, en lien avec le référent supporters, de dialoguer sereinement avec les groupes de supporters lyonnais  au stade de la Meinau.

Cette expérimentation a vocation à se poursuivre à Strasbourg, avec le soutien de la préfecture du Bas-Rhin, de la DDSP 67, de la Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme, de la FFF, de la LFP, de l’ANS et du RC Strasbourg. Elle sera, dans un second temps, appliquée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 Conforama et Domino’s Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera effectuée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Le travail est relativement conséquent car selon certains supporters les conditions d’accueil des supporters adverses laissent parfois à désirer dans nos clubs. C’est ce que nous partage Loïc dans une interview où il raconte ses diverses expériences lors de ses déplacements.

Un référent supporters obligatoire depuis 2016

Depuis la loi du 10 mai 2016, chaque club a l’obligation de définir un « référent supporters » dans ses effectifs dans le but de renforcer les interactions entre le club et ses supporters. La nomination d’un policier référent s’inscrit dans la lignée de la volonté d’étendre le modèle du référent supporters aux relations entre les supporters et les forces de l’ordre, au travers d’une expérimentation avec les supporters en déplacement. Le public visiteur ne dispose généralement que de peu de repères et d’interlocuteurs réguliers du côté des forces de l’ordre. Un dialogue clair et apaisé des supporters visiteurs avec les forces de l’ordre doit être favorisé.

La nomination d’un « policier référent » au sein des forces de l’ordre s’inscrit dans un objectif de bon déroulement des déplacements de supporters dans les sites pilotes. Ce policier fait alors office de point de contact unique et privilégié des référents supporters et des supporters en déplacement.

Éduquer les plus jeunes dans les stades

Apprendre à devenir un bon supporter, c’est une action qu’a réalisé l’UNSS dans la région lyonnaise. Soutenue par plusieurs personnalités sportives, cette bonne action a pour but d’éduquer le plus jeune public dans les écoles au supporterisme. 

Nous avions également proposé une idée lors de notre rendez-vous du vendredi sur Twitter : le #FridayIdea avec une idée similaire directement dans les stades. Avec la mise en place d’une tribune de mini ultras composée uniquement d’enfants accompagnés par un ou plusieurs animateurs pour leur apprendre les chants, les danses et autres bonnes pratiques d’un supporter dans un club. 

Cette étape d’éducation est également très importante pour le futur car c’est en agissant aujourd’hui avec le jeune public que les clubs en profiteront. 

L’amélioration de l’accueil de tous les supporters en déplacement est un vrai sujet que le football n’arrive pas à gérer aussi facilement que dans d’autres pratiques. La mise en place d’un lien fort entre le club, le service de sécurité et les supporters va normalement permettre cette proximité. 
La question qui se pose est comment les supporters vont-ils accueillir un membre des forces de l’ordre dans leur rang. Celui-ci devra peut-être épouser les codes pour s’intégrer totalement dans le groupe (avec le port d’un maillot par exemple).
Est-ce que ce premier test vous semble être une bonne idée ?

Vous avez aimé cet article ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

Fan expérience en France

Le musée, l’extension de l’expérience fan

Vecteur de patrimoine historique ou source de revenus, le musée devient tendance pour les structures sportives et pour leurs communautés.

Publié

le

De plus en plus de musées fleurissent dans le paysage sportif. Aujourd’hui, ils représentent un centre de profit pour les clubs mais également un moyen de partager l’histoire du club, de garder un lien avec leurs supporters et d’asseoir leur image de “marque”.

Le musée sportif est complexe car il incarne à la fois un musée de collections, un musée d’histoire et un parc à thème sportif à travers les nouvelles innovations digitales et interactives. Nous nous pencherons alors sur ce que véhiculent ces musées, les revenus qu’ils engendrent et les nouvelles tendances à venir.

L’histoire et l’héritage

Chaque club sportif détient un patrimoine propre à son histoire à travers ses succès ou ses défaites, ses titres ou ses relégations, ses plus beaux maillots ou les moins bien réussis. Pour les supporters les plus âgés, ce sont des souvenirs, pour les plus jeunes, c’est l’histoire de leur club. Le musée représente pour l’ensemble des fans, tout âge confondu, le moyen de revivre les plus grandes émotions de leur club. À travers ces émotions, vous offrez à vos fans un renforcement du lien affectif et un prolongement de l’expérience fan.

Le musée sportif en France est apparu à partir de 1961 avec l’inauguration du « musée automobile de la Sarthe » consacré aux 24 Heures du Mans. C’est seulement en 2003 qu’une autre discipline majeur en France a ouvert son musée : le Tennis. La FFT offrait enfin à ses fans un musée sur Roland Garros et la pratique de la petite balle jaune. Dix ans plus tard, le premier musée d’un club de football ouvrait ses portes, celui de l’AS Saint-Étienne et de la grande épopée des Verts.

Grâce aux anciennes pièces et archives audiovisuelles que les clubs et les fédérations ont à leur disposition, c’est un devoir de mémoire que d’offrir un musée à l’ensemble des fans. Au-delà de ces pièces de collections, ce sont des anecdotes incroyables à raconter, à l’image de l’ASSE et l’histoire mythique de ses poteaux carrés. L’Olympique Lyonnais avait quant à lui proposé à ses fans de participer à la conception du musée. En effet, le club était à la recherche d’éléments de son histoire pour enrichir son futur musée et sa collection d’objets exposés, ils avaient donc fait un appel aux fans.

Crédit Photo : ASSE

Un revenu hors match day non négligeable

Comme exprimé précédemment, le musée est un prolongement de l’expérience fan mais pas seulement ! Il offre également une nouvelle source de revenus pour les structures sportives.

Que ce soit avant ou après le match, c’est surtout une opportunité de faire vivre le club hors jour de match. Les grands clubs l’ont compris à l’image de Barcelone, Real Madrid, Juventus et Manchester United. Il s’agit d’une source financière importante pour ces clubs prestigieux, et ça, le Real Madrid l’a bien compris. Son musée est le second le plus visité à Madrid (1,3 millions de visiteurs en 2019), derrière le musée du Prado. Il rapporte près de 100 000 € de recettes quotidiennes grâce à son Tour Bernabeu. À titre de comparaison, le concurrent barcelonais détient un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 20 millions d’euros et les 1,5 millions de visiteurs par an.

Quant à leur homologue turinois de la Juventus, on comptabilise 2 millions d’euros de recette et environ 200 000 visiteurs par an. Certes le club italien a 10 fois moins de retombées économiques mais cet part de revenu n’est pas négligeable. D’autant plus que la visite du musée découle régulièrement sur la vente de produits dérivés grâce à la boutique officielle.

Hors saison, la visite du musée et du stade permettent également à de nombreux clubs d’avoir des rentrées d’argent sur la période estivale. Une période assez creuse sans revenu de billetterie. La Juventus a saisi cette opportunité en battant des records de fréquentations sur les mois de juillet et août 2018.

Une autre façon de dynamiser son musée et les visites est de proposer des expositions temporaires permettant d’attirer les fans habitués sur une époque ou un thème qui lui est cher ou bien de susciter l’intérêt sur un public non converti. Pour exemple, on peut citer les expositions temporaires du musée des 24 heures du Mans. La dernière en date était consacrée au film récompensé aux Oscars, Le Mans 66. Dans le monde du football, on peut citer, le Musée des Verts en juillet 2019 avec son exposition temporaire “Centenaire du Coquelicot 42”.

Les étrangers, clientèle principale ? 

Pour beaucoup, le club est le reflet d’une ville et certains étrangers ne sont pas insensibles à cela. Lorsqu’il visite un pays, une région ou bien une ville, certains visiteurs ont à cœur de visiter les stades présents. En d’autres termes, les stades sont devenus des hauts lieux touristiques à part entière !

Vous allez à Barcelone, à Milan, et vous mesurez évidemment à quel point leurs stades sont des hauts lieux touristiques, identitaires, de déplacements et de cultures. Et chacun de ces déplacements sur ces enceintes mythiques, comme va le devenir le Groupama Stadium, ont tous évidemment un musée. Et ces musées génèrent un flux de touristes extraordinaire

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’inauguration du Groupama Stadium.

Une statistique impressionnante illustre ce fait : 55% des visiteurs du Bernabeu Tour sont étrangers pour 70% d’européens en 2015. Pour le musée des 24 Heures du Mans, en 2014, 35% des visiteurs étaient étrangers.

Le rayonnement d’une ville est étroitement lié au rayonnement du club local. Les liens sont forts et les collectivités en ont conscience. C’est pour cette raison que de nombreux projets de musées ont été subventionnés en partie par les pouvoirs publics. C’est le cas pour le musée de l’Olympique Lyonnais puisque 25 % du financement du musée sont couverts par une subvention de 1,5 million d’euros accordée par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà de la salle des trophées, la visite du stade

Aujourd’hui, la réflexion du musée est plus globale. On cherche à proposer une expérience différenciante et complète notamment en offrant une expérience plus immersive. Par exemple, de nombreux clubs proposent la visite de la pelouse, du vestiaire, de la salle de presse, etc. Le musée n’est plus le seul élément de visite, il fait partie d’un parcours plus vaste et plus riche. Celui-ci est réfléchit, de sorte à ce que le visiteur se sente privilégié de voir des espaces normalement consacrés aux joueurs.

Prenons l’exemple du PSG Expérience sur lequel nous avons déjà rédigé un article. Le club a développé une expérience globale sans égal en France. Il offre aux visiteurs la possibilité de visiter le stade, de faire un Escape Game ou bien de profiter de l’Arcade VR avec 16 activités. Un vrai parc à thème virtuel à l’image du PSG !

Crédit photo : Benoit Florencon

Le digital offre de nouvelles opportunités

Le digital et les nouvelles technologies offrent de nouveaux axes de développement pour les musées afin de rendre plus attractif et interactif la visite.

Pour certains, c’est la possibilité de dynamiser l’histoire d’un club à travers des vidéos, des images, des expériences en Réalité Virtuelle pour se plonger toujours plus dans le passé du club. Pour d’autres, c’est la possibilité d’offrir un souvenir physique. Comme le propose le Real Madrid en prenant en photo les visiteurs sur un fond vert, leur permettant ainsi de choisir le joueur qu’ils souhaitent avoir à leur côté.

Les nouvelles technologies, c’est également rendre la visite ludique, comme le fait l’ASM Clermont avec la transformation d’essai. Le visiteur peut tester son coup de pied en frappant dans un ballon détectable par un capteur de mouvement.

Crédit photo : ASM Clermont

Nombre d’activités sont réalisables avec le digital pour rendre un musée vivant, participatif, ludique et pédagogique, loin de l’idée d’un musée “mémorial” seulement rempli de maillot et de trophée. De nombreux outils existent tels que les écrans tactiles, les bornes interactives, les hologrammes, l’eSport, etc. Les clubs peuvent donc laisser libre court à leur imagination et leur créativité. Le College Football Hall of Fame a surfé sur cette vague et se positionne aujourd’hui comme l’un des meilleurs musées digitalisés.

Le musée est un axe de développement non négligeable pour une structure sportive que ce soit pour prolonger l’expérience fan ou engendrer de nouveaux revenus. Le développement d’un musée doit être réfléchi assidûment pour offrir une expérience complète et ludique pour s’adresser à un public large : petits et grands, fans ou étranger du club.

Vous avez aimé cet article ?

Continuer la lecture

Suivez-nous

Nouveautés