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Fan expérience dans le monde

Comment les clubs occupent leurs fans pendant le confinement ?

Face à une crise sanitaire intense, comment les clubs et fédérations parviennent à occuper leurs fans privés de sport pendant le confinement.

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Depuis quelques semaines et pour une durée encore indéterminée, le sport mondial est à l’arrêt. Les comités d’organisation, les ligues et les fédérations des différents sports ont décidé de suspendre leur compétition en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Une situation sans précédent qui oblige les clubs à trouver des solutions pour occuper leurs communautés de fans confinées.

 

Lorsqu’une entreprise ne peut plus exercer son métier, elle peut toutefois essayer de trouver des alternatives. C’est aujourd’hui le cas des acteurs de l’industrie du sport et notamment les clubs, ligues, fédérations, etc… qui n’ont plus aucune activité sportive et qui, comme tout le monde, reste en confinement. Les fans sont donc aujourd’hui dépourvus de compétitions que ce soit au stade, à la télévision ou sur les médias sociaux. Néanmoins, certains clubs tentent de maintenir la relation avec leur communauté et de faire face à cet arrêt général. Tour d’horizon de quelques idées que nous avons pu voir récemment. 

Du sport à la maison ou en ligne

Même en confinement, le sport ne s’arrête pas. Vous avez certainement vu beaucoup de vidéos où des internautes réalisent des activités inédites, comme une partie de tennis d’une fenêtre à l’autre, un marathon entier sur le balcon ou encore de multiples challenges avec du papier toilette et d’autres accessoires.

Chez les clubs et ligues, même principe, l’activité sportive doit continuer. C’est par exemple le cas du club de football de Leganés en Espagne qui propose chaque jour à 11h une séance d’entrainement animée par le préparateur physique de l’équipe professionnelle, Pol Lorente. Une séance diffusée en live sur Twitch et disponible en replay sur YouTube. Un contenu original et quelque part premium dans la mesure où les fans peuvent profiter d’un cours gratuit animé par un coach de leur équipé préférée.

Une idée que nous retrouvons également chez de nombreux influenceurs, chez les marques et chez des distributeurs du type Go Sport, Décathlon et Intersport entre autres. 

https://twitter.com/CDLeganes/status/1243506305240895488?s=20

Toujours à la maison, le eSport fait également parler pendant le confinement. En manque de football à la télévision, le journaliste et gamer espagnol Ibai Llanos a eu l’idée de lancer une compétition en ligne : LaLiga Satander Challenge. Un tournoi sur le jeu vidéo FIFA où 19 des 20 clubs du championnat d’Espagne ont participé. Chaque club était alors représenté par un joueur de l’équipe première. De quoi donner le sourire à de nombreux fans qui pu ont suivre l’ensemble des matchs en streaming sur le réseau social Twitch.

Au final, c’est l’attaquant du Real Madrid Marco Asensio qui a remporté le tournoi !

https://twitter.com/LaLigaEN/status/1241850751166668801?s=20

La palme du meilleur tweet à propos de ce challenge revient néanmoins au joueur du Real Betis, Borja Iglesias. On vous laisse apprécier… 

En France aussi, le virtuel est une solution. Avec le TOP 14 qui organise les matchs du championnat sur le simulateur du jeu vidéo Rugby 20. 
Comme un vrai championnat, mais virtuel. Les clubs commentent leurs propres résultats sur Twitter avec un léger sérieux et beaucoup d’humour. 

https://twitter.com/top14rugby/status/1243987472247189518?s=20

Toujours dans le type compétitions virtuelles, la FFFA (Fédération Française de Football Américain) propose en partenariat avec le podcast French Gridiron un challenge sur le jeu Madden NFL 20 diffusé sur Twitch. 

https://twitter.com/FrenchGridiron/status/1243999168680677376?s=20

Des contenus ludiques et éducatifs

Pendant ce confinement, de nombreux parents restent en télétravail à la maison avec leurs enfants. Et il n’est pas toujours facile de les occuper tout au long de la journée. Heureusement, certains acteurs du sport sont là pour les divertir et leur trouver une occupation. C’est par exemple le cas de France Rugby (FFR) qui propose des cahiers de coloriages ainsi que des mots-croisés pour les petits et grands. Des documents téléchargeables et imprimables à la maison pour le confort des utilisateurs.

https://twitter.com/FranceRugby/status/1242409424905482242?s=20

https://twitter.com/FranceRugby/status/1240663632192720901?s=20

Dans le même esprit, on peut également mentionner l’Aviron Bayonnais qui s’improvise professeur de mathématiques pendant le confinement. Un problème à priori simple qui cache néanmoins une information subtile. En effet, c’est la nouvelle date du contrat du joueur bayonnais Guillaume Ducat qui se cache derrière cet exercice avec comme réponse : 2022. Soit la date jusqu’à laquelle le 2e ligne s’est engagé.

D’autres organisations proposent des contenus immersifs comme la franchise de MLB des Boston Red Sox qui a créée des lenses (filtres) en réalité augmentée sur le réseau social Snapchat. 

Les utilisateurs et fans des Red Sox peuvent accéder de chez eux et via leur smartphone à plusieurs espaces du Fenway Park, l’enceinte de la franchise de Boston.

Des mouvements solidaires, avec les fans

Pour aider les différents gouvernements, hôpitaux et les populations à faire face à cette crise sanitaire, de nombreux clubs et athlètes ont réalisé des dons. Un geste important et solidaire qui rentre parfaitement dans les valeurs d’une institution sportive et d’un sportif de haut niveau.

Pour “impliquer” les fans dans cette récolte d’argent, certains clubs ont mis en vente des produits personnalisés. C’est le cas du Paris Saint-Germain qui a lancé un maillot en édition limitée “Tous Unis” qui associe les couleurs du club à celle de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Ce maillot spécial a été produit en 1 500 exemplaires seulement et ils ont tous trouvé preneur en moins de 12 heures annonce le club. La totalité du montant des vente a été versé à l’AP-HP afin de financer des actions et soutenir les personnels de santé. Vendu au prix de 175€ unitaire, c’est donc environ 260 000€ qui ont été récoltées. Un geste fort et symbolique qui a permis à plusieurs centaines de fans d’apporter un soutien en s’offrant une pièce collector de leur club de cœur.

En Angleterre, le club d’Everton a lancé sa campagne “Blue Family”. Une campagne de sensibilisation pour maintenir le contact avec ses fans et fournir ainsi un soutien vital aux membres de sa communauté les plus vulnérables et socialement isolés à la suite de la pandémie de coronavirus. L’actuel douzième de Premier League a donné 50 000 £ (plus de 55 000 €) pour financer le lancement de la campagne et mettre en place les premières actions : assistance par téléphone pour les fans les plus touchés, distribution de colis alimentaires, prise en charge de factures, vidéos d’exercices gratuites ou bien appel amical à des milliers de fans âgés et isolés.

Pour montrer l’exemple, c’est l’entraîneur italien des Toffees Carlo Ancelotti qui a pris son téléphone pour appeler un fan de 52 ans isolé et atteint d’une maladie des motoneurones. Bravo Mr Ancelotti.

De l’autre côté de l’Atlantique, la NBA a lancé le mouvement “NBA Together”. Une communauté mondiale et sociale qui vise à sensibiliser et engager les fans, les jeunes et les familles afin de faire face à la pandémie de Covid-19.
Le programme est alors basé sur 4 piliers :

  • Connaitre les faits,
  • Des actes pour protéger,
  • Étendre la communauté,
  • NBA Together en direct.

Tous ont pour objectif d’informer, de partager des lignes directrices et de créer un lien entre les personnes via des outils digitaux.

Dans les faits, NBA Together a ainsi créé une page web dédiée pour informer au quotidien sur l’évolution du Coronavirus et les comportements à adopter. Ensuite, le programme met en lumière les meilleures initiatives solidaires, sportives et de prévention réalisées par les fans et les joueurs. Des gestes que chacun peut partager sur Twitter, Instagram, Facebook et TikTok via le hashtag #NBATogether. 

Les indications que l'on retrouve sur la page du site web de la NBA consacrée au CoronavirusNBA

Les indications que l’on retrouve sur la page du site web de la NBA consacrée au Coronavirus

Pour étendre cette communauté, la ligue américaine a ouvert une nouvelle plateforme de contenus afin que des jeunes qui ne peuvent actuellement pas jouer avec leurs amis ou coéquipiers puissent continuer à pratique le basket. Le programme en ligne regroupe ainsi une série d’exercices à reproduire chez soi et de conseils proposés par les joueurs.
Enfin, chaque jour de la semaine, un joueur NBA s’adresse en direct aux fans via un Instagram Live. L’occasion de répondre aux questions des amoureux du basketball et de maintenir le contact pendant ce confinement. En plus de cette interview, la NBA diffusera également chaque soir un match historique gratuitement sur ses plateformes : Twitter, Facebook, YouTube and Twitch. 

https://twitter.com/NBAFRANCE/status/1242897792340762630?s=20

Du contenu inédit et des rediffusions 

Pendant cette période de confinement, nous avons plus de temps que d’habitude pour regarder des séries et des films. De nombreux clubs et ligues l’ont bien compris en donnant accès gratuitement à leur contenu audiovisuel. C’est par exemple le cas de l’Olympique Lyonnais avec son canal OL TV désormais gratuit jusqu’à la fin du confinement. De même pour pour la version premium de PSG TV ainsi que pour le NBA League Pass. De quoi faire patienter les fans qui peuvent regarder des replays des matchs et des émissions à la maison.

Le Paris Basketball est quand à lui allé un peu plus loin dans la démarche en lançant son propre Vidéo Club. Un espace gratuit et administré par le club parisien sur lequel des fans peuvent regarder librement des films qui parlent de basket. Pour cela, il suffit simplement de s’inscrire via un adresse gmail et attendre une validation d’accès. Les films sont sont mis à jour chaque semaine et disponibles uniquement pendant le confinement.

 

 
 
 
 
 
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PARIS BASKETBALL #VIDEOCLUB 🎥⁣⁣ ⁣ Ken Carter, coach de l’équipe de 🏀 se donne à fond dans la réussite scolaire de ses joueurs jusqu’à remettre en cause le championnat.⁣ ⁣ Le film est disponible dans le #ParisBasketballVideoClub 🎞🎞 ⁣ ————⁣⁣⁣⁣⁣ Retrouvez les meilleurs films de basket sur le Paris Basketball Vidéo Club ! Le process est très simple :⁣⁣⁣⁣ ⁣ ⁣ 1️⃣ Tu accèdes au vidéoclub via le lien partagé en story⁣ 2️⃣ Tu fais une demande d’accès en utilisant une adresse gmail ( Très important )⁣ 3️⃣ Tu reçois la validation d’accès⁣ 4️⃣ Installe toi bien et profite ! 🍿📺⁣⁣⁣ ⁣ ⁣ La liste des films sera mise à jour chaque semaine et disponible uniquement pendant le confinement 🖤❤️💙

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Une idée intéressante que nous pouvons observer sur les réseaux sociaux du club des Girondins de Bordeaux qui diffuse régulièrement en prime time un match historique de son club dans son intégralité. Le plus amusant, c’est que le match est commenté en direct en live tweet par le community manager du club en même temps qu’il est diffusé sur Facebook et son site internet. Comme un vrai match quoi. 

Une période proprice pour créer un lien plus fort avec sa communauté

Le confinement dû à la pandémie de Covid-19 est une période particulièrement sombre mais qui représente également une opportunité pour les clubs, ligues, fédérations et sportifs d’être encore plus proche de leurs fans.
Les réseaux sociaux sont au coeur de leurs actions et la tendance est actuellement aux contenus “simples” ou remémoratifs. Des lives sur Instagram entre un joueur et un fan, des quizz sur Twitter avec un joueur ou sur l’histoire du club, des photos souvenirs de moments forts, des vidéos originales de joueurs sur TikTok, etc. Les contenus “comme à la maison” représentent la grande majorité de ce que nous observons sur les différentes plateformes.
C’est aussi la première fois, où les fans eux-mêmes se retrouvent parfois les animateurs des contenus via leurs défis à la maison, leurs idées originales et autres initiatives. Les clubs n’auront probablement jamais été aussi proches de leurs fans qu’aujourd’hui. 

N’oublions pas que le but ultime est de divertir et d’informer par d’autres moyens que celui de l’événement sportif et de la compétition. Les structures les plus créatives seront très certainement les grandes gagnantes de cette période. Une période qui devrait sur ce plan profiter aux fans dans le futur. D’ailleurs, si vous observez des choses intéressantes sur cette thématique, n’hésitez pas à nous mentionner. 

Enfin, cela fait plaisir de voir des clubs, ligues et fédérations participer activement à des mouvements solidaires. Au même titre que les nombreux contenus divertissants qui rendent nos journées moins moroses. C’est aussi ça le rôle d’une institution sportive.
Aussi, ne l’oubliez pas, restez bien à la maison et prenez soin de vous. Nous avons hâte de vous revoir dans les stades et les salles dans les prochaines semaines ! 

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Chargé de SEO & SEA dans une agence de voyage sportif, je suis un passionné du Sport Digital et de la Fan Experience. Chez Franstriker, j'ai pour objectif de faire grandir le projet et d'écrire de temps en temps sur les activations digitales des uns et des autres dans le monde du sport.

Fan expérience dans le monde

Idée : Un modèle d’abonnement inspiré de Netflix dans le sport

Analyse d’un nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix : un modèle ultra flexible et mis en place par seulement une poignée de clubs.

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Un modèle d'abonnement inspiré de Netflix dans le sport

Pour inciter les jeunes et les étudiants à souscrire à des abonnements, une poignée de clubs ont mis en place un modèle d’abonnement ultra-flexible. Un sujet qui est majeur quelques jours avant la reprise de la saison sportive. 

Le principe de ce système flexible est donc un abonnement mensuel sans engagement. C’est-à-dire que l’abonné sera prélevé d’un montant fixe chaque mois sans avoir à faire de démarche. C’est un système comparable à celui de Netflix. Selon les différentes modalités que nous allons étudier, le montant total de l’abonnement peut être similaire ou plus élevé par rapport à celui actuellement mis en place par les clubs, l’abonnement à la saison. La principale différence réside dans : les échéances de paiement (des échéances plus allongées même si les clubs mettent déjà en place la possibilité de payer en plusieurs fois), le paiement par prélèvement mensuel et la reconduction tacite.

Avant de faire le point sur les clubs européens, commençons par regarder ce qui a été fait de l’autre côté de l’Atlantique aux États-Unis. Plus précisément en MLB (baseball), le championnat le plus innovant au monde en matière de billetterie.

La MLB, championnat référence de l’innovation sur la billetterie

La référence dans le sport en matière de billetterie est la Major League de Baseball (MLB), le championnat de baseball américain. En effet, chaque franchise joue 81 matchs à domicile au cours de la saison régulière avec des enceintes de 50 000 places comme pour le Yankee Stadium à New York. C’est donc un vrai challenge pour les organisations de remplir le stade à chaque match.

C’est dans ce championnat que sont apparus en 2015 les premiers abonnements inspirés de Netflix.
Mis en place à l’époque dans quelques franchises, aujourd’hui plus des deux tiers d’entre elles proposent ce modèle d’abonnement. Ce modèle a permis aux franchises de vendre plus d’un million de billets en 2018, soit 150 000 de plus qu’en 2016 (première année complète du programme). Enfin deux mois après le début de la saison 2019, les ventes étaient déjà en hausse de 36% avec plus de 765 000 billets vendus grâce aux abonnements mensuels.

Un autre cas intéressant avec l’offre des Athletics d’Oakland, aussi appelés “A’s”. La franchise de Californie avait mis en place un abonnement mensuel à 19,99$ par mois pour des sièges en admission générale et ce pour tous les matchs de la saison. Cependant, les abonnés mensuels n’avaient pas de places attitrées tout au long de la saison contrairement à un abonné dit « traditionnel ». Le supporter pouvait ainsi être assis dans une tribune lors d’un match, puis dans une autre le match suivant. Et lorsque le match était sold-out, les fans n’avaient pas de places assises et étaient placés dans une zone debout.

Souscrire à cet abonnement n’était possible que via l’application MLB Ballpark App donc assez limité. Cependant, la flexibilité du système, qui offre aux fans la possibilité de payer mensuellement, de se désengager en cours de saison et de souscrire uniquement sur cette plateforme, a permis d’attirer les jeunes fans comme cela était souhaité par la franchise.
Le prix de l’abonnement a aussi été un facteur essentiel. En effet, le prix est extrêmement attractif puisqu’il était seulement 4,99$ plus cher que le billet simple le moins cher pour un match des A’s, avec un tarif de 15$.

Des tests de ce modèle ont été effectués par la franchise quelques mois avant son lancement officiel comme l’explique Catherine Aker, Vice-Présidente de la Communication des Oakland Athletics : « Nous avons essayé cela pour la première fois il y a deux ans, puis pendant un mois l’année dernière. Puis nous l’avons essayé lors de l’entraînement de printemps à Mesa, et chaque fois nous avons aimé les résultats, et les fans semblent aussi apprécier ».

Le 2017 MLB Ballpark Pass des A’s a été si populaire que le club a plafonné les ventes après une semaine seulement. Ce qui a créé une liste d’attente.

A's Ballpark Pass 2017Front Office Sports

A’s Ballpark Pass 2017

L’abonnement mensuel dans les clubs de football

Le FC Copenhague, club danois qui évolue en Danish Superliga, la première division du championnat danois, a connu quelques soucis pour le renouvellement estival de ses abonnements. L’équipe danoise a analysé qu’il était compliqué pour les fans de s’engager sur une saison entière, en particulier pour les fans les plus jeunes. Le club a donc observé les méthodes d’abonnement utilisés par Spotify et Netflix, et a décidé de s’en inspirer afin de résoudre leurs problématiques de billetterie.

Un test a été réalisé avec un prix de l’abonnement fixé à 9,44£ par mois (10,82€). Soit un montant correspondant au découpage sur douze mois du prix de l’abonnement annuel le moins cher que le club propose. C’est aussi un montant qui est pratiquement celui proposé par Netflix au Danemark.
Les fans sont donc prélevés automatiquement et peuvent se désabonner à tout moment après les six mois obligatoires à condition de respecter un mois de préavis. Les adhérents à cette formule d’abonnement n’ont donc pas de place attitrée en tribune tout au long de leur adhésion. Leur place au stade peut donc changer d’un match à l’autre.
Le FC Copenhague a ainsi instauré le « modèle Netflix », comme le club l’appelle, depuis 2018.

En France, le club de Troyes (ESTAC) qui évolue en Ligue 2 a lancé ce modèle d’abonnement en avril 2019 pour la saison 2019/2020. L’ESTAC appelle cela une adhésion au club plutôt qu’un abonnement. Les fans payent alors mensuellement afin de bénéficier d’une place pour les matchs à domicile et des services inclus dans le programme de fidélité MyESTAC. Les supporters peuvent adhérer à tout moment de l’année. Ils peuvent également se désinscrire à tout moment à condition de respecter un préavis d’un mois. Ce qui laisse au club une marge de manœuvre.

Comme l’expliquait Henri Neveu, Responsable billetterie, CRM et fidélité à l’ESTAC, dans une interview accordée à Ecofoot, le club n’arrivait plus à conquérir de nouveaux abonnés avec le système d’abonnement traditionnel. Une problématique similaire à celle du FC Copenhague, qui s’est avérée encore plus forte chez les jeunes. Le taux d’abonnement au club troyen est également en déclin même si cette donnée est à mesurer finement puisque le phénomène est notamment lié aux montées et descentes récentes de l’ESTAC entre la Ligue 1 et la Ligue 2.

Le club troyen fait donc régulièrement le voyage entre la L1 et la L2. C’est pourquoi il a décidé de geler les prix des adhésions mensuelles peu importe la division dans laquelle le club évoluera. L’ESTAC promet donc une adhésion à vie avec un prix fixe. Contrairement au FC Copenhague, le club de Troyes n’a pas mis en place le même principe de pricing. En effet, l’adhésion mensuelle n’est pas un découpage en 12 mois de l’abonnement annuel mais il est plus cher. Le club propose trois formules (en fonction de la tribune choisie) et une formule étudiante. Le club a décidé cette offre tarifaire afin de compenser la prise de risque que cela comporte tout en incluant des services additionnels pour les adhérents.

En effet, les bénéficiaires profitent d’un accès à tous les matchs de coupes (contrairement aux adhérents à la saison), d’une facilité de paiement à travers le découpage du prix de l’abonnement par mois, de contenus numériques exclusifs, etc. Pour animer les adhérents durant les temps faibles comme l’intersaison, des animations sont mises en place comme des jeux-concours et autres événements. De plus, les adhérents mensuels de l’ESTAC ont une place attitrée. Une place qu’ils peuvent changer en cours de saison. Ils peuvent même changer de formule d’abonnement. L’objectif du club est de rendre ce modèle ultra-flexible à tout point de vue.

Grille de tarifaire abonnement ESTACESTAC

Grille de tarifaire abonnement ESTAC

Les avantages de ce système mensuel innovant

Cibler les jeunes et les étudiants

L’une des raisons majeures de la mise en place de ce système est donc la possibilité de cibler davantage les jeunes avec une offre plus adaptée. Tout d’abord parce que le prix est faible et donc relativement attractif pour les étudiants qui n’ont pas ou peu de revenus. C’est le même montant qu’un abonnement de base à Netflix (7,99€/mois). De plus, de nombreux étudiants partent en stage, en échange universitaire à l’étranger ou dans d’autres villes en cours d’année et donc de saison. De ce fait, un système flexible et sans engagement est idéal pour eux. Les étudiants pourront donc s’abonner pour 6 mois par exemple jusqu’à leur départ ou fin de stage.

Aussi, cette offre correspond aux habitudes de consommation des jeunes. En effet, ils sont nombreux à être abonnés à Netflix, Spotify et autres plateformes ayant un modèle d’abonnement similaire. C’est un modèle qu’ils connaissent et apprécient.

Proposer un abonnement à vie aux fans les plus fidèles

Ce système ne profite pas qu’aux jeunes. Il profite aussi aux abonnés historiques du club pour une autre raison. En effet, ils n’auront plus à faire les démarches administratives de réabonnement pour la saison à venir puisque cela se fait automatiquement. De ce fait, le club pourra surement maintenir davantage d’adhérents au club et ce sur plusieurs années. Le club de Troyes garantit que cet abonnement est à vie d’où l’intérêt pour les abonnés historiques.

Convertir les spectateurs occasionnels en abonnés

L’autre cible de ce modèle sont les spectateurs occasionnels qui viennent ponctuellement au stade. Des spectateurs qui néanmoins ne s’abonnent pas sur une saison entière. Avec un abonnement mensuel, une personne qui vient voir chaque année quelques matchs mais qui n’est pas prête à dépenser 200€ voire 300€ en début de saison, peut maintenant prendre une adhésion. Ce qui lui permettra de voir si ça lui plaît et ainsi garder son abonnement potentiellement sur plusieurs années.

Communiquer tout au long de l’année sur les abonnements

Autre avantage du système d’abonnement mensuel, celui de pouvoir communiquer sur les abonnements toute l’année. Comme les fans peuvent s’abonner à tout moment, l’activité de communication est alors constante. Contrairement au modèle actuel où les clubs communiquent uniquement entre la fin de saison et le début de la saison suivante, ainsi qu’à la mi-saison.

Ici, ils peuvent donc s’appuyer sur un gros match pour relayer ces abonnements. Le calendrier à venir sur un ou plusieurs mois peut aussi permettre de capter de nouveaux abonnés en cours de saison. Ainsi, les clubs auront plusieurs opportunités pour tenter d’optimiser l’enrôlement de nouveaux adhérents.

Lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents.

Jacob Lauesen, Directeur Marketing FC Copenhague

Avoir déjà des abonnés pour les saisons suivantes

Jacob Lauesen, Directeur Marketing et Développement de la marque au FC Copenhague cite un autre avantages de ce fonctionnement : « lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements pour la prochaine saison, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents. ». Grâce au renouvellement automatique pour la saison suivante et au préavis d’un mois, les fans ayant souscrit à ce modèle sont donc déjà enregistrés comme abonnés pour les mois suivants.

Les problématiques entourant le « modèle Netflix »

Une trésorerie chamboulée

Néanmoins, avec ce système d’abonnement mensuel une problématique se pose.
En effet, les clubs sont habitués avec le modèle actuel à avoir un afflux de trésorerie à l’été grâce à la campagne d’abonnement pour la nouvelle saison. Tandis qu’avec ce système inspiré de Netflix, les revenus issus des abonnements sont répartis tout au long de l’année. De ce fait, les deux premières saisons peuvent être difficiles en particulier pour les plus petits clubs.

Il faut donc que les clubs puissent gérer et équilibrer leur trésorerie tout au long de l’année comme l’explique le Directeur Général du club de Dundee United en Ecosse qui a été interrogé sur ce modèle « Bien sûr, il y aurait un choc au cours des 12 à 24 premiers mois, le temps que l’on s’y habitue tous, mais l’argent finit toujours par arriver et vous gérez votre entreprise en conséquence. ».

Le taux d’attrition (ou churn en anglais) ou clients perdus

Ensuite, nous savons que le comportement des supporters est influencé par les résultats sportifs. L’une des craintes avec ce système serait une vague de désengagement suite à de mauvaises performances de l’équipe. La sécurité du préavis d’un mois mis en place pourrait ne pas être suffisante. Paradoxalement, d’une manière générale, les clubs de football recherchent à sortir de cette dépendance aux résultats sportifs et ce modèle fait complètement l’inverse. Contrairement au modèle d’abonnement classique où les supporters s’engagent pour la saison.

Mais d’autres facteurs pourraient aussi provoquer une vague de désabonnement comme la météo et l’approche de l’hiver. Cela peut aussi être le cas en fonction du calendrier si le club enchaîne les matchs contre de « petites » équipes. Il y a donc de nombreuses variables qui entrent en jeu qui peuvent profiter ou encore nuire à ce système. Afin de limiter le taux d’attrition, les clubs devront proposer une expérience fan de qualité afin de garder leurs supporters abonnés. Les clubs pourraient par exemple s’appuyer sur les nouvelles technologies pour cela.

Un besoin de pédagogie

Ce modèle peut être un bouleversement chez les supporters. Habitués au modèle d’abonnement annuel, le nouveau modèle a suscité des interrogations chez certains supporters historiques du club de l’ESTAC. Il a donc été nécessaire pour les équipes du club d’assurer un service client de qualité afin d’expliquer et de rassurer avec tout en faisant preuve de beaucoup de pédagogie.

Les résultats de ce modèle obtenus par les clubs

Pour le FC Copenhague, les résultats de ce test ont été sans appel. En effet, suite à ce test, il n’y avait que 3% de désabonnement pour 90% de renouvellement. Le club a fait du deux en un en captant de nouveaux fans et en les rendent loyaux. En septembre 2019, le club était à 12 000 abonnés dont 35% d’abonnés via le modèle Netflix. Le club a aussi connu sa première hausse de fréquentation depuis 10 ans et une hausse de 40% du nombre de spectateurs payant. Il faut préciser que ces chiffres proviennent du modèle Netflix mais aussi d’autres offres de billetterie.

C’est donc un modèle qui a du succès auprès des fans puisque près de 80% des nouveaux abonnés lors de la saison 2018/2019 avaient souscrit au modèle Netflix. Ces fans sont principalement des jeunes entre 18 et 30 ans. Le responsable billetterie du club, Mikkel Bjerre, pense que ce modèle est le futur et qu’il pourrait remplacer le modèle d’abonnement annuel traditionnel.

Du côté de l’ESTAC, la campagne d’adhésion mensuelle fut un succès auprès des supporters. Seulement 2 mois après le lancement, les abonnements mensuels représentaient 16% des abonnements. Le club semble satisfait de ce ratio et le considère même comme « une belle surprise ». Aujourd’hui, le ratio est toujours aux alentours des 15%. Cependant, au vu du contexte de pandémie du Covid-19, les interrogations sont nombreuses sur le taux de renouvellement. La capacité d’accueil des stades est encore incertaine pour les mois à venir.

Malgré ces résultats positifs, notons quand même que le FC Copenhague et l’ESTAC n’ont pas pour autant mis fin à l’ancien modèle d’abonnement annuel classique. De même au Hibernian Football Club, club écossais, où la stratégie actuelle est davantage portée sur la maximisation des abonnés via le système traditionnel. Cela étant donné que la clientèle pour ce modèle est déjà établie.

Qu’en pensent les supporters, le grand public ?

Nous avons réalisés 2 études, une axée sur le football et une seconde sur le rugby avec l’aide de David Salesse pour cette dernière.

Voici les résultats obtenus à travers ces infographies.

Les répondants aux études semblent intéressés par ce nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix avec respectivement 50% d’avis positif pour le rugby et 59% pour le football. En particulier chez les jeunes et les étudiants, les principales cibles de ce modèle.

D’après le Responsable Billetterie du FC Copengague, Mikkel Bjerre, qui a mis en place ce modèle d’abonnement mensuel, ce système devrait fonctionner pour la plupart des clubs. De même, Marshall Glickman, CEO de G2 Strategic (un cabinet de conseil spécialisé dans le sport business) et ancien Président des Portland Trail Blazers, a déclaré dans une interview à Sports Venue Business que : “les nouveaux produits de billetterie, en particulier les abonnements mensuels de type Netflix, allaient devenir populaires”.
Dans tous les cas, l’évolution de ce nouveau modèle  sera très intéressant à suivre en France et ailleurs !

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