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INTERVIEW : Bizon, le site de rencontre pour les fans de sports

Fanstriker a rencontré Achille Dulac, l’un des co-fondateurs de Bizon. Une toute jeune Start-Up française qui propose aux fans de sport un concept nouveau.

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Nous sommes allés à la rencontre d’une Start-up française, qui a créé le premier “meetic” dédié aux fans de sport. L’un des 4 fondateurs, Achille Dulac nous a reçu pour nous parler de leur projet.

Retrouvez ci-dessous, l’interview vidéo d’Achille Dulac, l’un des co-fondateurs de Bizon.

                                

 

Les 4 fondateurs de BIZON

Emile Didier

Jacques Bizot

Achille Dulac

Elie Duteil

 

 

Parle nous de ta Start-up, combien êtes vous à participer au projet, d’où venez vous et qu’est ce qui vous a fait vous intéresser au sport ?

Je m’appelle Achille Dulac, j’ai 23 ans et je suis actuellement à l’école MBA ESG en management du sport. J’ai été passionné par le sport et le foot notamment depuis que je suis tout petit. j’ai joué plus de 10 ans en club et même si je joue moins maintenant, je suis ce sport encore énormément avec minimum 2 matchs par semaine. J’aime vraiment le sport et je me suis tourné vers des études sportives pour travailler dans ce monde là. L’année dernière, lors d’un projet autour de l’Euro 2016 on devait réfléchir sur plusieurs problématiques. Ce projet est née de là, pour trouver des solutions nouvelles et de nouvelles expériences pour les fans de foot, rugby, handball. Et d’autres sports à l’avenir sur notre site BIZONSPORTS. On est 4 fondateur: moi-même, mes 2 cousins Jacques Bizot et Emilie Didier, et un dernier fondateur qui s’appelle Elie Duteil, qui nous a rejoint en tant que développeur.

 

BIZON, qu’est ce que c’est exactement et pourquoi ce nom ?

BIZON, c’est un site qui facilite l’organisation de son salon avec ses amis ou pour rencontrer des fans autour d’un événement sportif. Exemple: je suis fan de l’AS Monaco, je vais pouvoir aller sur le site, ouvrir mon salon autour du match Monaco/Nantes ou Monaco/PSG, et j’invite des personnes à venir me rejoindre. Que ce soit mes amis où d’autres personnes comme des fans que je connais pas forcément. Moi je suis un grand fan de Chelsea et j’ai toujours eu du mal à trouver des amis pour regarder les matchs de cette équipe. J’habite en proche banlieue donc j’ai pas forcément beaucoup de bar autour de moi, et l’expérience bar c’est vraiment autre chose. L’idée vient donc de là. Pour ce qui est du nom, on a beaucoup cherché tous les 4 et on trouvais rien de très intéressant lié au sport. On s’est dit qu’on allait trouver quelque chose qui venait de notre enfance quand on passait nos vacances ensemble. On jouait énormément avec les pétards bison donc c’est venu de là, en plus on s’est rendu compte que le nom de famille qu’on avait en commun c’était Bizot, donc on a gardé ce nom qui est notre identité aujourd’hui.

 

Comment vous est venu l’idée de construire cette plateforme ?

Alors comme je l’ai dit, tout à commencé lors d’un groupe projet autour de l’Euro 2016, on s’est demandé “comment trouver une nouvelle expérience pour les fans, qu’ils se rencontrent et surtout qu’ils rencontrent le bon fan. Ne pas tomber dans un bar un peu neutre avec des gens pas vraiment fan, ou encore avec des gens qui sont là que pour boire ou manger. L’idée était aussi de trouver des fans absolu de certains clubs. A l’époque de l’Euro c’était pour des nations pas forcément connus où il n’y a pas forcément un groupe et ça arrive qu’on soit un peu seul à soutenir une équipe. On s’est aussi dit qu’il y aurait beaucoup d’étrangers et que ça serait une bonne occasion pour eux de vivre les matchs autrement, en allant chez l’habitant. Malheureusement avec les aléas de l’année dernière, on n’a pas pu être prêts pour l’Euro 2016 mais l’idée est restée. Le but étant de faire durer l’idée sur d’autres événements.

 

Est ce que tu n’as pas peur qu’il y ait une réticence de la part des utilisateurs à ouvrir leurs salons à des inconnus ?

Bien sûr c’est une de nos préoccupation, on cherche à avoir des profils très complets d’utilisateur pour rassurer au maximum chacun qui utiliserait la plateforme. Un hôte qui va ouvrir son salon a le choix d’accepter ou de refuser qui il veut, il peut supprimer son événement à tout moment, son adresse est également cachée. C’est à dire qu’on va montrer le quartier entouré sur une map mais tant que l’hôte n’a pas accepté l’invité, l’adresse n’est pas visible. On essaie de rassembler les échanges et d’avoir des profils connectés. En s’inscrivant par Facebook et Google ça renforce l’authenticité de leur identité. On a également d’autres possibilités pour renforcer cette sécurité à l’avenir avec des assurances salons et d’autres démarches de ce type, toujours pour offrir le maximum de sécurité sur notre site.

Bizon

Des utilisateurs, chez Victoria, qui a prêtée son salon pour le 1/4 de finale du mondial de Handball

 

Quels soutiens financiers avez vous reçus pour vous lancer dans ce projet ?

Aujourd’hui le projet est lancé depuis un petit mois et c’est simplement notre temps et un peu de notre argent qui a été investi. On a pas démarché d’investisseur ou de business angel. On souhaite faire à l’avenir des partenariats très ciblés, on veut éviter les bannières pubs et détruire l’expérience qu’on souhaite créer avec nos utilisateur. Simplement avoir un ajout de certains sponsors qui puissent être intelligent et qui renforcent l’expérience qu’on peut avoir sur le site. Ensuite essayer d’être autonome via notre business modèle qui arrivera par la suite.

 

Que penses-tu de l’expérience téléspectateur d’aujourd’hui pour un fan de sport ?

Aujourd’hui je trouve que l’expérience téléspectateur est bien sûr bien meilleure qu’avant avec la qualité d’image et les directs etc, mais l’offre de sport est totalement diluée sur plusieurs diffuseurs, ce qui la rend déjà un peu trouble à comprendre, il faut parfois passer par plusieurs site pour comprendre où le match va être diffusé, parce qu’il a été changé il est plus sur Bein il est passé sur canal… Ensuite ce phénomène crée des abonnements très chers, c’est très compliqué d’avoir tout l’offre de sport sur sa télé. Après au niveau de l’expérience, il y a aussi cette tendance à regarder des streamings illégaux qu’on cherche à combattre, pour nous c’est important de respecter la légitimité des droits et des compétitions. Aujourd’hui pour moi il y a 2 modèles: aller dans un bar et le vivre chez soi.

 

Comment vois-tu Bizon dans 3 ans ?

Dans 3 ans on espère que BIZON sera la première plateforme de rencontre autour du sport, et ensuite être disponible dans différents pays parce qu’on est convaincus que notre modèle et notre plateforme peuvent avoir un impact dans des pays qui ont un attrait énorme pour des sports très télévisuels.

 

En dehors du combo pizza + bière, as-tu d’autres idées pour dynamiser l’expérience du téléspectateur devant son match ?

Il faut savoir qu’aujourd’hui notre site est complet à 10%, le nombre de fonctionnalités a uptader est conséquent et on en a encore plein en magasin. Egalement une vrai mise à jour va être faite dans les prochains mois, à savoir la cagnotte. Exemple: je vais ouvrir mon salon pour un match et je vais décider du prix d’entrée, qui sera le frais de participation, pour 4 euros, en invitant 3 personnes, j’ai la possibilité de me faire payer 12 euros sur cette soirée. Je choisis ce prix en fonction de ce que j’offre à mes invités au niveau de l’hospitalité. Ensuite avec cette cagnotte, soit je la récupère sur mon compte en banque, soit je la débourse chez les (futurs) partenaires. Pour la petite histoire, la première soirée BIZON où je suis allé, c’était soirée raclette vin blanc. Comme quoi les gens peuvent vraiment être créatifs pour leur salon. Je suis sûr qu’avec cette cagnotte qui va les faire rentrer dans leur frais, il seront encore plus créatifs.

 

Pour conclure, s’il y avait un point de vue que tu souhaiterais connaitre sur le sujet de l’expérience fan ?

Etant donné le fait que nous avons crée un site à 4, je serais évidemment très intéressé d’avoir le point de vue des fondateurs et des dirigeants de MPG (Mon Petit Gazon) parce qu’ils ont crée une plateforme qui a mis du temps à avoir un vrai business modèle, 4 ans avant de déclencher des sponsoring, et certains leviers pour avoir un peu d’argent via leur site. Mais je suis très intéressé parce qu’ils ont crée un vrai jeu qui réside sur l’idée et non pas sur la rentabilité.

 

Le mot de la fin ?

Merci beaucoup à Fanstriker pour cette interview, j’espère encore en voir beaucoup sur ce site vraiment très innovant !

 

 

Merci Achille, on sent que vous êtes pleinement dédié aux fans et que vous innovez dans l’expérience proposée. On espère que vous nous réservez encore beaucoup de surprises sur la plateforme. On ne manquera pas de suivre vos mise à jour avec grand intérêt 😉

 

Pour retrouver Bizon c’est par ici :

 

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Passionné de sponsoring sportif, je pense que les marques favorisent l'expérience des fans en réalisant des animations toujours plus originales avec les clubs. Ma définition : Entre possible et impossible : 2 lettres et un état d’esprit.

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Interview : Eric Hirschi “le speaker, la passerelle entre le club et les fans”

Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

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eric hirschi interview

Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

 

Dans un événement sportif ou non, l’animateur, le speaker, possède un rôle central dans l’expérience du public. Nous avons échangé avec Eric Hirschi via un tweet au sujet d’un speaker allemand. Eric étant lui même speaker pour le Montpellier Handball, le Basket Lattes Montpellier et le Narbonne Volley, nous lui avons proposé de réaliser une interview. Celui qui se décrit comme un chef d’orchestre dont les supporters, la mascotte, les bénévoles et le public sont comme ses instruments, nous partage sa vision sur ce rôle clé de l’expérience des spectateurs. 

Bonjour Eric, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Eric Hirschi, j’ai 48 ans, un parcours un peu atypique puisque j’ai commencé à parler dans un micro à 8 ans sur la baraque foraine de mon grand père. J’ai commencé la radio à 12 ans, travaillé à 13 ans pour le groupe NRJ puis vécu 1 ans en Chine. J’ai été animateur radio, télé, humoriste, producteur, manager d’artistes et de concerts. J’ai toujours travaillé dans le divertissement et j’ai toujours été un grand fan de sport.
J’ai commencé à allier les deux en produisant des fans villages pour diverses compétitions de sport auto en France et en Europe. Je me suis concentré sur le sujet du sportainment depuis 5 ans en devenant dans un premier temps speaker du Montpellier Handball. 

Tu es aussi le speaker de 3 clubs dans 3 sports différents. Ce n’est pas trop dur à gérer ?

Si tu aimes bien dormir … si ! (rire). Non en fait pour moi c’est plutôt une chance, chaque sport étant différent, cela me permet d’avoir une vision très étendue de ce métier, et m’aide à trouver de nouvelles idées, de ne pas m’enfermer dans un style et toujours me remettre en question tous les jours.
Ensuite mon objectif dans ce métier étant d’innover, cela me permet de faire avancer mon projet de formation. Dans chaque club pour lequel je travaille, j’ai un double, et cela m’aide à comprendre comment transmettre. 

Entre ces clubs et ces sports, est-ce que tu remarques des différences, dans le comportements du public, les attentes des clubs ou autres ?

Chaque sport a ses gimmicks. Il y a bien-sûr des dénominateurs communs, le concept du protocole par exemple. Chaque club a son histoire, ses traditions et puis aucun club ne me demande la même chose. Au Montpellier Handball (MHB) par exemple, qui a déjà développé une solide expérience du spectacle sportif avec Marc Henri Hammard et Suzy Demonthe, mon rôle est plus sur la forme, je travaille beaucoup sur ma voix, ma rythmique, je m’inscris dans des scénarios et activations terrain déjà créés.
Quand je suis arrivé au Basket Lattes Montpellier-Méditerranée-Métropole Association (BLMA), la page entertainment était vierge. Il a fallu fédérer une équipe autour de moi, accompagner le club dans cette transformation nécessaire.

Dans une interview récente pour l’indépendant, tu dis que le volley est “pour toi le sport le plus difficile à animer”. Pourquoi ça ? 

Pour différentes raisons que je qualifierais de techniques, un match de volley se joue en 3 sets de 25 points gagnants, nous savons quand il démarre, jamais quand cela se termine. Ensuite un échange dure entre 10 secondes et 1 minute et tu as environ 20 secondes entre chaque échange. Donc sur un match tu peux avoir plus de 150 instants de 20 secondes à combler. Il est donc difficile de maîtriser l’énergie que tu dois donner durant le match. 

Au sein de l’équipe Fanstriker, nous croyons très fortement que le speaker représente un facteur clé avec la mascotte pour que l’expérience match des spectateurs soit positive. Qu’en penses-tu ?

Je pense que le speaker que je suis vous remercie (rire) ! Je vais même aller plus loin, nous sommes à l’heure de l’image et du storytelling, le speaker doit être la passerelle, entre les fans, les supporters, le club, les joueurs, etc. Je milite pour que le contenu vidéo puisse être “incarné” par le speaker la semaine et être le lien afin que le public le retrouve le week-end.
Durant le match le speaker est un chef d’orchestre qui se doit de faire le lien entre les supporters, les spectateurs qui viennent, peut-être pour la 1ère fois voir un match et qu’il faut accompagner, pour ne pas qu’ils se sentent en décalage. Les fanfares, la régie vidéo, la musique, etc. cela fait un sacré bel orchestre non ?
J’écris ma partition sur un bon vieux fichier excel, où tout est minuté et programmé, tout en gardant à l’esprit que chaque séquence peut évoluer en fonction de la physionomie du match. Concrètement on prépare par exemple deux animations pour les ¼ temps, une animation dans le scénario où l’équipe est devant, puis une animation où notre équipe est menée au score. 

Je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.

Selon toi, “il faut aller chercher les gens, les amener doucement vers la culture du sport spectacle sans les brusquer non plus”. Comment fais-tu ?

Je crois que nous sommes dans une ère de la transformation de nos modes de consommation. Les événements sportifs ne dérogent pas à cette règle. Mais je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.
Dans un stade ou une salle, tu as différents publics : les supporters qui ont leurs codes, leur routine. Ensuite tu as les fans, ceux qui aiment avant tout le sport et vont parfois voir plusieurs matchs de plusieurs clubs, et enfin des spectateurs qui eux peuvent être là, car tu es en Play-Off ou parce que tu reçois une très grosse équipe, mais ne connaissent pas forcément, ni le club, ni même parfois les règles du jeu.
J’utilise souvent la vidéo, pour expliquer les règles et expliquer comment le public doit interagir en fonction des phases de jeux.

Quels liens entretiens-tu avec les fans de ces 3 clubs ?  

Avec les supporters il est capital de les connaitre, de partager avec eux, avant, pendant, après. Ce sont souvent d’eux que beaucoup de choses partent.
Personnellement, je n’ai pas à me forcer sur ce point, car ce que j’aime dans le sport, c’est la passion qu’il procure, je suis fasciné, par exemple par les Blue Fox, les supporters du MHB, capables de faire 48h de bus A/R pour un match de 30 minutes.

Pour les fans et les spectateurs, je mets un point d’honneur à être aux entrées ou faire le tour du stade, dès l’ouverture, pour leur dire bonjour, leur souhaiter la bienvenue, créer un lien avec eux. C’est important pour moi de “sentir” le public et passer du temps avec ceux qui arrivent tôt me semble être une marque de politesse. 

Nous sommes allés au LOSC il y a quelques mois et nous avons remarqué qu’ils possédaient deux speakers (une femme et un homme). L’un deux était en bord de pelouse tandis que le second était dans les tribunes et les coursives au contact du public. On trouve ce modèle très intéressant pour plusieurs raisons que nous développerons dans un article dédié aux speakers. Que penses-tu de ce modèle ?  

Très fan de l’idée, je connais un peu Charlee, je suis son travail et elle a une vraie personnalité, un vrai univers et elle apporte réellement quelque chose. 
Je suis actuellement sur une réflexion dans ce sens, et si la notion de “voix du club” était un peu dépassée, ne serait-il pas plus intéressant d’avoir une team de 2 ou 3 speakers qui en fonction des matchs puissent interchanger, travailler seul ou à 2 voir à 3 sur une finale. 

https://twitter.com/fanstriker/status/1118147558625484800?s=20

Nous sommes dans une société qui se lasse très vite, un supporter qui se déplace pour voir une saison entière, voit entre 25 et 30 matchs. Ce qui serait intéressant serait de pouvoir changer, étonner, autour d’un socle, mais que le fan, se dise : “Chouette ! que vais-je voir cette fois-ci ?”.

Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

Techniquement, avec les caméras, le son, c’est compliqué pour un speaker de se rendre en tribune ?  

Non pas du tout, depuis 3 mois, je travaille avec des air monitor (ndlr : des oreillettes sans fil), j’ai un casque sans fil avec mon retour dedans, les caméras HF existent. Au BLMA où j’ai la chance de travailler avec Léo, un petit génie de l’informatique, j’ai même la possibilité de retransmettre sur l’écran ce que je film avec mon téléphone.
Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires, nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de femmes dans ce milieu ? Ne penses-tu pas que si une femme était speakerine cela inciterait davantage de femmes à venir assister au match ou à un événement ?

Je ne suis pas sûr du rapport de cause à effet. Bien-sûr, je milite pour plus de femmes, mais comme il y a peu de présidente de clubs, d’entraîneurs, de responsable marketing, etc.
Pour ce qui est des speakers, personnellement le sexe pour moi n’est pas une question. Ce qui m’intéresse c’est ce que la personne peut apporter, son personnage, son univers, c’est avec cela que l’on construit. Quand je décide de travailler avec NJ au BLMA ce n’est pas parce que nous sommes dans un club de basket féminin et que je me dis : “il nous faut une fille, NJ à un vrai univers elle est djette, et elle a déjà joué au basket”.

On était récemment avec le Paris Basketball pour le match du nouvel an chinois à l’AccorHotels Arena, et les deux speakers créaient très régulièrement l’interaction avec le public à travers des activations simples, ludiques et engageantes. On remarque cependant que la majorité des activations réalisées par le speaker dans un événement sportif ne sont pas vraiment interactives. Es-tu d’accord avec ça ? 

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public. Si j’ai une annonce commerciale sur un match, j’essaye de trouver l’angle pour parler à la salle. Je peux aller voir un enfant, parler avec lui. L’interaction peut être simple avec un fan ou plus complexe avec tout le stade ou la salle.

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public.

Une autre situation qui nous interpelle souvent. Dans de nombreux événements, il s’agit de la même personne (le speaker) qui anime le match et donc le grand public puis ensuite anime les espaces hospitalités du club avec cette fois un public très porté VIP et entreprises. Pour nous, ce sont deux types profils assez différents et donc on a du mal à comprendre. Ça ne te parait pas étrange ?

Dans un monde idéal, il y a deux voire trois speakers, des caméras, un dj, etc. Mais une fois que l’on a pensé à tout cela, il faut sortir la calculatrice et c’est là que le bas blesse. Après je ne suis pas fan d’avoir un speaker salle, et un speaker VIP. Nous avons déjà beaucoup de mal à faire en sorte que les partenaires qui sont là pour faire du business, soient présents dans les tribunes pour le début du protocole ou à la reprise de la seconde mi-temps, donc selon moi, nous avons besoin de les intégrer complètement dans l’expérience supporter. 
Encore une fois le speaker doit être le lien entre le club et les fans, les supporters ou les partenaires.

Une question simple mais comment devient-on speaker ?  

Ce que je vais te répondre aujourd’hui ne sera sans doute plus d’actualité demain. 
Historiquement ce sont des bénévoles du club qui ont pris en premier les micros. Dans beaucoup de clubs c’est encore le cas. J’ai chaque année 5 à 6 clubs qui me disent vouloir se professionnaliser et particulièrement sur ce poste, ce qui ne signifie pas que les bénévoles ne faisaient pas bien le taf, heureusement qu’ils étaient là, mais encore une fois notre société évolue. Depuis quinze ans environ, les 1er clubs ont commencé à faire appel à des animateurs professionnels, aux parcours divers (animateur commercial, radio, journaliste, etc.). 

Quels sont les critères pour déterminer qu’un speaker est bon ?

Pour moi c’est avant tout sa personnalité et la capacité qu’il a à se renouveler, à créer un univers et un style qui lui soit propre.  

Dans ton métier, où trouves-tu de nouvelles inspirations ?

J’essaye avant tout de créer mon style, qui est un condensé de ce que je suis. Mes influences sont très très variés, des films comme The Mask, ou Cabaret, je regarde beaucoup de concerts. Je suis allé prendre deux ou trois bricoles chez Shaka ponk. Sur la rythmique, je m’inspire beaucoup de la radio. Sur la programmation musicale, j’ai repris ce que j’ai appris là aussi en radio. Après je reste fan de l’américain Jimmy Fallon. 

Tu développes actuellement un concept intitulé NOOR qui a pour but d’accompagner des clubs de sports dans le sportainment.   

Oui, en priorité la réflexion s’est portée sur les clubs professionnels non médiatisés, car ce sont eux qui ont le plus de besoins. 
Pour l’heure nous avons mis en place depuis 1 an un laboratoire d’idées autour de 10 clubs à Montpellier, afin de répondre à 3 objectifs : Accompagner les clubs, dans leur quotidien et comprendre leurs besoins, mutualiser les ressources afin d’avoir une réflexion qui soit transversale et non verticale. Et enfin innover afin de ne pas reproduire ce qui est fait en Ligue 1, Top 14, LidlStarligue et ouvrir le partenariat sportif à d’autres types d’entreprises.
Trouver des partenaires quand tu as 500-1000 fans c’est compliqué pour un club. Alors nous avons réuni 10 clubs, soit une communauté totale d’environ 12000 à 13000 fans, cela change la donne.

Plus concrètement nous distribuons jusqu’à 700 places par semaine pour assister à des évènements sportifs. Nous avons ouvert des passerelles de collaborations entre les clubs et les écoles, avec un système de junior entreprise sur des problématiques précises pour les clubs. Nous avons mis en place avec un de nos partenaires un système de LOA pour les écrans vidéos. Nous développons des outils (base musicale, design sonor, storytelling et scénario mascotte, etc.).
Nous nous trompons souvent mais nous créons tous les jours. Un de nos objectifs est de pouvoir, demain intégrer des start-up et être un laboratoire pour les clubs élites. Nous avons fini notre phase de preuve de concept et nous préparons la partie “industrialisation” sur une dizaine de solutions scalables. 

Dans ce projet, il y a également le lancement prochainement de la 1ère formation au métier de speaker.

Cela fait partie des solutions de NOOR, je me suis rendu compte que les clubs élites avait créé beaucoup de nouveaux métiers, des clubs qui n’ont pas forcément les moyens financiers d’avoir de gros staffs, souhaitent toutefois se professionnaliser. L’idée est donc de créer une formation diplômante et reconnue, adossée à un diplôme existant de gestion d’événement sportif option speaker. 
Nous pourrons ainsi répondre concrètement à un réel besoin de personnel capable de parler dans un micro, mais également de gérer des réseaux sociaux, de créer des activations terrain, accompagner les bénévoles dans leurs missions avec bienveillance, ou connaître le périmètre des collectivités locales. Nous ne parlerons sans doute pas de speaker, mais de sportaineur. 

Avec ton expérience de 6 ans dans l’entertainment sportif et un peu de recul, as-tu pu constater une évolution dans la façon de proposer des expériences aux fans par les différents acteurs avec qui tu as pu travailler ?

L’évolution majeure est sans doute la prise de conscience généralisée, du besoin de faire quelque chose et d’évoluer vers le spectacle, même si parfois cela peut être encore flou chez certain, je reste persuadé que le sportainement à un très grand avenir et que la France sera un des acteurs majeurs en Europe, car notre marché est particulier. À la différence d’autres pays, comme l’Allemagne où il y a une véritable culture du supportérisme, la France, comme souvent, est plus complexe et donc nous avons de véritables défis à relever.
Ce qui nous manque encore c’est une vision 360°, des architectes de l’expérience supporters en quelque sorte.

Toujours dans l’interview pour l’Indépendant, tu indiques que “tous les clubs qui ne prendront pas le même modèle que Narbonne auront énormément de mal dans les années à venir”. Peux-tu détailler davantage ce point ? 

Ce n’est pas moi qui le dit c’est l’excellente étude réalisée par OLBIA, qui précise que le modèle économique du sport de demain, dans un monde où les subventions des collectivités diminuerons, est d’être propriétaire de sa salle ou de son stade. J’ajouterais qu’au regard de l’évolution des contrats sportifs, des besoins en communication et en évènementiel, les besoins financiers seront de plus en plus importants. Ne parler uniquement qu’à ses supporters et fans et partisans de son sport, limite forcement le nombre de spectateurs potentiels ou nouveaux spectateurs potentiels. Il faut donc ouvrir à d’autres cibles à qui nous ne parlerons pas uniquement performance et résultat sportif, mais facilité de parking, animations, spectacle, musique, etc. 

On arrive vers la fin de cet échange intéressant mais avant ça, si tu pouvais passer un message à tes compères ou futurs compères speakers, que leur dirais-tu ?

Que c’est sans doute un des plus beaux métiers et que nous avons de la chance de pouvoir le faire. Nous devons en prendre soin et nous remettre en question et innover chaque jour sans oublier de créer nos univers.

Dernière question mais probablement la plus délicate, quelle est ta propre définition de la fan expérience ? 

Faire rire la mère de famille, que les enfants demandent en partant “quand ils reviendront voir la mascotte” et que le père se demande d’où vient cette bonne bière. 
Nous sommes là pour que tout le monde passe un bon moment surtout en cas de défaite de l’équipe.

Merci à Eric pour le partage de son métier et de sa vision de l’expérience des spectateurs. 
Crédit photo : bressonphotos 

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