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INTERVIEW : Guy Pichard prend les fans de foot en photo pour United Colors of Football

Guy est un photographe professionnel, il prend les fans de foot en photo pour United Colors of Football.

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Nous avons échangé avec Guy Pichard, un photographe indépendant qui mène le projet United Colors of Football sur Facebook et Instagram.

Un jour, lors de notre veille quotidienne sur les réseaux sociaux, nous avons pu observer une photo d’un fan de foot avec un maillot de Dunfermline AFC, un club de seconde division écossaise. Une photo de plus parmi tant d’autres me diriez-vous ? Oui pas faux, mais en cliquant sur celle-ci, ce fut la découverte de nombreuses autres photos de fans du monde entier par United Colors of Football. Un compte Instagram et Facebook consacré uniquement à la photo des fans de foot partout dans le monde et géré par Guy Pichard.
Des maillots légendaires de Rennes ou du Stade Lavallois à l’époque de Lotto se mélangent à côté des maillots des plus grands clubs comme le Bayern Munich ou encore la Roma. Nous avions définitivement l’envie d’en savoir plus sur ce projet.
Rencontre donc dans Fanstriker avec Guy Pichard, le photographe qui prend les fans de foot en photo à travers le monde.

Bonjour Guy, peux-tu te présenter ?

Je suis journaliste et photographe freelance, en ce moment, je voyage entre la France et Brésil.

Guy Pichard - United Colors Of Football

Photo : @MariaMorgado
Guy Pichard – United Colors Of Football

Nous t’avons repéré sur Instagram puis Facebook avec ton compte United Colors of Football où tu publies régulièrement des photos de fans de football. Peux-tu nous raconter l’histoire de ce projet ?

Après quelques semaines passées au Brésil, j’ai constaté que tout le monde y abhorre un maillot de foot. Quand je dis tout le monde, cela va du travailleur dans la rue en maillot du Panathinaikos d’Athènes à l’avocat aux couleurs de Chelsea. Si le foot est une religion au Brésil, cela m’intriguait de savoir d’où venait le maillot, pourquoi porter une tenue venue d’Ecosse sous 40 degrés à Sao Paulo ? On m’a alors montré la galerie de portraits Humans of New York, qui présente un individu par cliché et la ville américaine dans sa diversité.
J’adore l’idée de ce mélange de cultures, de sexe, de milieux sociaux… plus mes sujets seront variés, meilleur sera mon projet !

Quand as-tu démarré ce projet United Colors of Football justement ?

Il y a seulement quelques mois, mais j’ai attendu de cumuler 50 portraits avant de lancer la page Facebook. Cette dernière est le principal support du projet, Instagram ne fait office que de doublon. Je ne pense pas que l’on prenne le temps de lire les légendes sur Instagram. Facebook est selon moi plus adapté pour ça.

Jusqu’ici, combien de pays et de stades as-tu pu visiter ?

C’est assez difficile à dire, une trentaine de pays et peut-être 70 ou 80 stades. J’ai pu exposer à ce sujet dans des bars. J’ai une page dédiée à mes photos de stades en Corée, en Russie, en Irlande, en Espagne, au Peru, en Argentine ou encore au Brésil sur mon site personnel de photos guypichard-bzh.fr.

@GuyPichard
City Ground, Nottingham – Angleterre. Le stade de Nottingham Forest

Combien de fans de foot sont-ils passés sous ton objectif ?

Je suis à près de 80 personnes photographiées.

Quelques portraits de fans réalisés par Guy pour United Colors of Football.

Nous sommes curieux de savoir comment t’organises-tu pour prendre ces fans en photo ? Où les rencontres-tu ?

La grande majorité sont rencontrés au hasard, c’est toute la force de cette démarche. Au Brésil c’est facile, en Europe un peu moins. Selon le maillot, le moment et surtout le lieu, j’aborde la personne. Je suis parfois aidé, cela facilite le contact. Quelques amis ont posé également mais je commence à recevoir des demandes ! Si je suis disponible et que l’histoire liée au maillot est intéressante, c’est tout bon.

Qu’est ce qui te passionne dans le fait de prendre un instant figé d’un supporter et de son maillot, de plus, souvent en dehors du stade ?

C’est toujours un parti pris de porter un maillot, une revendication. Cela peut être esthétique, sentimental, politique voire même religieux… si en plus le maillot est porté dans un lieu insolite, c’est parfait.

Geovani - Seleção Colombiana de Futebol (Colombia)

@GuyPichard
Geovani – Seleção Colombiana de Futebol (Colombia)

Au delà du photographe que tu es, quel fan de sport es-tu ? ultra ? abonné ? régulier ? occasionnel ?

Je suis surtout fan de football, supporter-actionnaire de l’En Avant Guingamp et gros consommateur de football britannique (Anglais et Ecossais). Je suis curieux du foot, les matchs exotiques m’intriguent. Je suis aussi le rugby et parfois de la NBA, mais modestement.

En tant que fan, as-tu un souvenir majeur que tu souhaiterais partager ?

Il y a quelques années j’ai vu l’Ecosse subir sa plus grosse défaite à domicile en rugby à Murrayfield. La minute de silence avant le match était prenante, 68 000 personnes qui la respectent parfaitement, on entendait les mouettes au-dessus la pelouse. Ensuite le match, l’Ecosse humiliée et pourtant, les Kiwis ont fait le tour de la pelouse après le match, les Ecossais étaient debout pour les applaudir. Quelle leçon de fair-play.
En fait un stade reflète assez bien une société, un pays. Un match de football en Corée-du-Sud, au Tatarstan ou au Brésil montre des choses sur nos sociétés.

“Il faut trouver un bon équilibre entre le parc d’attraction optimisé pour dégager de nouveaux revenus et le stade brut, avec un portique métallique.”

Guy Pichard

De façon générale, que penses-tu de la façon dont les clubs animent leur relation avec les fans de foot ? Finalement, on pourrait très bien imaginer qu’il y ait une personne comme toi dans chaque club pour valoriser les fans.

Par exemple oui, en allant un peu plus loin qu’un photo call. À Manchester City ou au Hertha Berlin on trouve des tables de jardin, de quoi manger et boire, écouter de la musique sur de larges espaces autour du stade avant un match, l’idée est très conviviale.
Il faut trouver un bon équilibre entre le parc d’attraction optimisé pour dégager de nouveaux revenus et le stade brut, avec un portique métallique. Le Royaume-Uni est en avance à ce sujet, personne n’y est en cage pour regarder un match et les affluences sont au rendez-vous.

Celtic Park, Glasgow – Ecosse.

Si tu étais en charge de l’expérience fan à la ligue ou la fédération ou encore dans les clubs, quelles idées pourrais-tu proposer ?

Déjà, il faut proposer systématiquement des produits locaux pour se restaurer ou se désaltérer. Ce n’est pas normal de si mal manger (et boire n’en parlons pas…) au stade, de n’avoir accès qu’à un sandwich industriel très fade. Les mentalités de consommation évoluent, mais pas encore dans les stades. Sans doute les sponsors-partenaires y sont pour beaucoup.
Pourquoi ne pas démarcher les touristes visitant une ville pour remplir les stades, comme à Barcelone ou Madrid par exemple ? Assister à une rencontre est un événement culturel en soi !

Que penses-tu de l’expérience proposée aux spectateurs, aux fans dans le sport en général ? As-tu une référence ou un exemple à suivre ?

L’expérience est très variée en fonction des pays. Aux USA on surconsomme au stade, l’ambiance s’en ressent du coup largement. Personnellement je privilégie les stades et équipes de second plan, l’ambiance et les rapports humains y sont toujours meilleurs. Un après-midi dans un stade de D3 en Angleterre est bien souvent plus fou que de la Premier League. L’Allemagne est un exemple à suivre, on y boit de la bière (alcoolisée) et trouve des Bretzels en tribunes avec convivialité et sérénité.

Enfin, si tu pouvais vivre un évènement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

La Coupe du Monde de foot en Russie, pour y continuer mon projet et jauger l’ambiance, qui sera évidemment particulière !

Guy est donc un photographe qui valorise le fan de football du monde avec une photo mais il met aussi en avant l’histoire propre à chaque fan qu’il rencontre.
Merci à Guy pour cette interview enrichissante et l’immersion dans ce projet tout aussi intéressant. Vous pouvez suivre son travail sur son site internet et sur les réseaux sociaux via Facebook et Instagram.

Vous avez aimé cet article ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

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Kevin (hôte Homefans) “À Lyon, la plus belle chose à voir c’est l’harmonie des supporters”

Kevin, hôte sur Homefans, fait découvrir la ville de Lyon et le club de l’OL à des touristes et supporters étrangers.

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Second épisode de notre série de rencontres avec les fans et hôtes de la plateforme Homefans.net. Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Kevin, fervent supporter de l’Olympique Lyonnais, il propose aux fans internationaux de l’OL de passer une journée avec lui dans la peau d’un fan local. 

 

Homefans est une plateforme en ligne qui propose des voyages sportifs eux-mêmes proposés par des hôtes et fans locaux. Ainsi, le fan d’un club étranger de passage dans un pays ou une ville pour du tourisme peut vivre une expérience au stade en totale immersion avec la communauté de fans du club.

Kevin fait donc parti de l’un de ses hôtes pour la ville de Lyon où il vit. Nous l’avons rencontré pour parlé de sa passion et des expériences qu’il propose dans sa ville.

Vous pouvez au choix lire cette interview ci-dessous ou écouter l’épisode de notre podcast sur Spotify, Apple Podcast ou votre plateforme de streaming préférée.

Bonjour Kevin, tu proposes donc une expérience lyonnaise autour du football sur Homefans.net. Quels sont les lieux incontournables de la ville que tu partages avec les fans de l’OL que tu accueilles ? 

C’est important de garder l’équilibre entre le côté foot et la visite de la ville. C’est ce que j’essaie de faire dans les expériences que je propose sur Homefans. À Lyon on a vraiment une ville qui s’y prête. On a des lieux de la culture lyonnaise et du sport lyonnais incontournables.
Souvent j’emmène d’abord les visiteurs au centre ville en passant par la place Bellecour. Ensuite, le lieu phare de la ville, c’est la colline de Fourvière. D’en haut, on a une vue panoramique de la ville. J’aime beaucoup visiter le Vieux Lyon et faire découvrir la cuisine lyonnaise.

Avant d’aller au stade, j’aime bien passer par le stade Gerland (ancien stade de l’OL, aujourd’hui stade du Lou Rugby). Aujourd’hui l’OL est passé à autre chose avec le Groupama Stadium. On n’a pas perdu au change mais on n’oublie pas d’où l’on vient. Gerland reste un lieu mythique de la ville.
Bien sûr on finit en apothéose au Groupama Stadium pour le match.

Tu as tes habitudes au stade ? Est-ce qu’il y a une tribune, une buvette, un bar autour du stade que tu affectionnes particulièrement ?

En général, j’aime bien avoir une vue d’ensemble du terrain et des tribunes. Je suis toujours à l’affût d’une animation en tribune, en virage, d’un tifo ou d’un show son et lumière. J’aime beaucoup toute l’activité ultra donc j’essaie toujours d’avoir le meilleur champs de vision possible. Je vais au stade entre amis ou seul. Si je suis dans un stade, j’ai tout ce qu’il me faut.

La ville de Lyon est connue pour être la capitale de la gastronomie. Pour toi quel est le meilleur snack au stade ou en après match ? Est-ce qu’il y a des produits typiquement lyonnais à consommer les jours de match ?

Oui, il y en a beaucoup. Personnellement, je ne pars pas sur de l’authentique mais plutôt sur du plus moderne. Mon snack préféré c’est le tacos français. C’est un produit qui vient de Lyon, plus précisément de Villeurbanne. Pour moi c’est ce qui représente le mieux l’idée. En terme de gastronomie, l’OL est très proche de sa ville. Dans le nouveau stade, il y a une partie du stade qui s’appelle La Brasserie des Lumières. C’est un salon où les supporters peuvent se restaurer pendant le match et retrouver les spécialités de la ville pendant le match. C’est le combo gagnant de la ville : Lyon, gastronomie, foot.

Il y a aussi la possibilité de visiter le stade Gerland, ou encore de voir du basket ou du rugby dans la ville.

Oui, je le recommande aux voyageurs si ça concorde au niveau du calendrier sportif. Il y a beaucoup de sports à Lyon. Que ce soit dans le basket ou dans le rugby, les clubs excellent vraiment.

Revenons au Groupama Stadium. Parmis les matchs que tu as vu au stade, quel est ton plus beau souvenir dans les tribunes ?

La dernière rencontre OL-ASSE au Groupama Stadium était un très beau match. J’en ai gardé un très beau souvenir. J’ai eu aussi de bons souvenirs en Champions League. Je pense notamment à la venue de la Juventus l’année dernière. L’ambiance était mémorable. Le Groupama Stadium se prête vraiment bien au show de la Champions League. On n’attend qu’à concrétiser ça sur le terrain mais il y a tout pour des soirées foot mémorables ici.

Le Groupama Stadium un soir de matchMatthias Disch

Le Groupama Stadium un soir de match

Si l’on devait programmer une visite à Lyon en fonction d’une rencontre de l’OL, quelle serait la plus belle affiche ? OL-ASSE, OL-OM, OL-PSG ?

Ma préférence, et je pense celle de tous les Lyonnais, c’est le derby contre Saint-Etienne. C’est vraiment l’affiche de l’année pour nous. C’est le match où les joueurs n’ont pas le droit de se rater. Le stade va forcément être plein. En terme footballistique, les matchs contre Paris sont souvent d’un haut niveau quand les lyonnais décident de tout donner. Sur les tribunes comme sur la pelouse, il y a de belles choses à voir lors de ces rencontres. Mais le match contre Saint-Étienne reste la meilleure affiche pour le côté derby.

Tu as déjà eu l’occasion d’assister à cette rencontre OL-ASSE au stade ?

Oui, j’ai eu la chance de le voir lors de la saison dernière. C’était l’un des derniers matchs avant le confinement. J’ai eu la chance de pouvoir m’y rendre.

Pour toi, quelle est la particularité du public lyonnais. Comment pourrais-tu convaincre un fan que tu accueilles que le Groupama Stadium est le meilleur stade du pays ?

Je suis un fan de foot très ouvert d’esprit. Je reconnais qu’il y a beaucoup de beaux stades en France même si le Groupama Stadium est mon préféré. Il a des atouts énormes. Ce qu’on ne retrouve pas dans beaucoup d’autres stades français c’est le pre-show. Il y a un effort fait sur l’animation : les spectacles son et lumière et le show sur la pelouse

Si tu devais résumer l’ambiance du stade lors d’un match de l’OL en un mot. 

Harmonie. Au Groupama Stadium, la plus belle chose à voir c’est l’harmonie des supporters. Les supporters lyonnais sont très organisés, ils donnent de la voix. Il y a une véritable collaboration entre les fans pour créer cette ambiance spéciale. J’aime particulièrement la manière dont les virages se répondent. Dès que le stade rouvrira ses portes, j’invite tous les fans de football à venir voir ce spectacle dans les tribunes.

Avant cette interview tu m’as partagé que tu étais un groundhopper. Tu nous en parle ? 

Depuis que je peux me le permettre financièrement, je me réserve quelques week-ends pour aller visiter des stades à droite et à gauche. Je le fais surtout en Europe mais il m’est arrivé d’aller jusqu’en Amérique. C’est vraiment une passion. J’ai fait Barcelone, Naples, Copenhague et l’Équateur. L’Équateur c’était à l’occasion d’un stage de fin d’études de 6 mois. J’en ai profité pour faire le tour des stades du pays.

kevin-homefans-lyonKevin Gonot

Avant de devenir hôte sur Homefans, Kevin visitait déjà les plus beaux stades du monde entier

Lorsque tu réalises ces visites de stades, tu t’appuies sur des organismes de tourisme ?

Quand j’étais en Équateur c’était vraiment perso. J’aillais tout seul au stade chercher mon ticket. Après pour ma sécurité on m’a parfois recommandé d’éviter certains virages très animés. C’est une super ambiance. Ça secoue !

L’Italie, le Danemark, l’Espagne, la France, peux-tu nous raconter ton meilleur souvenir de voyage sportif ?

Sans hésiter, c’est le match que je suis allé voir à Naples en 2014. Je suis parti avec celui que j’aime appeler mon “Frère de Stade”. On a pas mal voyagé pour visiter des stades ensemble. Ce week-end là, on était allé voir Naples – Juventus, une très grosse affiche. C’était à l’époque où Higuain était encore le héros de la ville. On s’est régalé tout le week-end à découvrir la ville. Le matin du match nous étions monté sur le Vésuve pour s’offrir une superbe vue sur Naples. Le temps de redescendre l’après-midi, la ville avait changé de couleur : tout le monde était en bleu ciel. On s’est ensuite dirigé vers le stade pour vivre une ambiance incomparable. C’est vraiment à faire pour tous les amoureux de foot. 

Dans tes souvenirs, est-ce que tu avais déjà vu une ville avec un tel attachement pour un club ?

C’est plus que ça même. Tous les habitants de la ville sont pour Naples et tout le reste de l’Italie est contre eux. Il y a vraiment l’Italie et Naples. La Juventus c’est l’un des clubs les plus appréciés en Italie donc c’était un gros choc à l’échelle nationale.

Quelles ont été tes plus belles rencontres pendant tes expériences de groundhopping et en tant qu’hôte sur Homefans ?

Ça m’arrive régulièrement de faire des rencontres dans tous les stades que je visite. Je vais souvent au stade seul et je fais des rencontres là-bas. Ce qui est assez drôle c’est quand je découvre un stade mais qu’on me prend pour un habitué. Ça m’est arrivé au Pays-Bas. La personne assise à côté de moi s’est mise à me poser des questions sur l’équipe en néerlandais, c’était assez comique. Ça a mené à une conversation sympa où je lui ai expliqué que je n’étais là que pour une journée et que je ne connaissais aucun joueur (rire).

Du groundhopping à Homefans, comment es-tu devenu un hôte de la plateforme ? 

J’ai une formation en tourisme et je travaillais à mon compte dans l’événementiel sportif. Même si ce genre d’expérience n’est pas nécessaire pour rejoindre Homefans, ça m’a aidé à découvrir la plateforme. Lorsque j’ai vu leur projet et leur approche par rapport au football, c’était évident pour moi qu’il fallait que je prenne part à ce projet. Je me suis alors rapproché d’eux pour devenir hôte à Lyon.
Ça me donnait la chance de faire vivre aux gens ce que moi j’aime vivre dans cette ville. Mais aussi de partager ce à quoi je suis sensible quand je découvre un stade que je ne connais pas. Par-dessus cela, Homefans est un super projet à travers lequel on peut gagner sa croûte à travers sa passion. C’est un Airbnb avec un match en bonus.

homefans-lyon-kevinKevin Gonot

Les voyages sportifs ont amené Kevin à faire de belles rencontres

Quelles sont les expériences sportives et touristiques qu’ils restent sur ta bucket list ?

J’en ai encore plein. J’ai vraiment envie de repartir à la découverte de nouveaux stades. En Europe, c’est celui du Legia Varsovie. J’ai vu trop d’images d’animations en tribunes pour ne pas aller les voir de mes propres yeux.

Le must de ma bucket list reste Boca Junior. En Argentine, je pense que la meilleure chose à faire c’est d’y aller pendant une longue période d’un ou deux mois pour faire le tour des stades. C’est vraiment fou. Il y a un paquet d’expériences en Argentine et en Amérique du Sud sur Homefans. Tu peux aller voir des matchs mais aussi faire des activités sportives dans la journée. Par exemple au Brésil, tu peux faire un beach soccer à Copacabana avec des locaux avant le match. Ça fait rêver ! Et c’est super bien organisé donc ça me fait très envie.

Nous arrivons au terme de notre échange. Pour conclure, dans quelle ville en France aimerais-tu vivre une expérience sportive ?

Sans hésitation ce serait Lens et le RC Lens. Je n’ai jamais visité ce stade et il y a énormément de choses à  voir. Ils viennent de remonter en Ligue 1 et ça ouvre beaucoup de portes. C’est l’occasion d’aller voir un derby du nord. Le stade Bollaert est mythique et les supporters sont parmi les meilleurs de France. Mais Lens n’est pas la seule ville à fort potentiel en France. Beaucoup de clubs sont en transition et prennent une nouvelle ampleur. L’intérêt pour le football français grandit et nous verrons de de plus en plus des touristes, supporters et groundhoppers internationaux venir visiter nos stades.

Merci à Kevin pour le partage de sa passion et de ses expériences sur Homefans.
Il y a beaucoup de stades et de publics qui valent le détour en France. Il y a du beau sport et il y a un public à faire découvrir dans de très belles villes.
Alors si vous voulez faire découvrir votre ville, votre équipe et votre stade, Homefans vous permet de gagner de l’argent grâce à votre passion en devenant hôte.

Devenez hôte sur Homefans.net et partagez votre quotidien de fans avec une communauté internationale. Rejoignez la plateforme et proposez votre expérience en cliquant ici.

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Interviews

Deux chefs d’entreprise du sport face à la crise

Quels leviers utiliser pour survivre à la crise sanitaire lorsque l’on dirige une entreprise dans l’industrie du sport ? On en parle avec Camille Naude et Gregory Sevault.

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Camille Naude et Gregory Sevault, chefs d'entreprise dans le sport, nous parle de la gestion de la crise sanitaire

Neuf mois après le début de la crise sanitaire en France, l’industrie du sport se retrouve dans une situation inquiétante. Suite à un confinement et un reconfinement, les stades sont fermés, certains événements sont reportés, d’autres annulés, et de nombreuses marques engagées dans le sport ont diminué leur budget sponsoring.

Dans ce contexte sans précédent, comment les entreprises de l’industrie du sport et de l’événementiel survivent-elles ? Pour obtenir des éléments de réponse, nous avons échangé avec deux chefs d’entreprise : Camille Naude, Directrice Associée chez My Sport Agency, et Gregory Sevault, Fondateur et CEO de MyComm.

Vous pouvez au choix, écouter cet échange en podcast ou lire l’interview rédigée ci-dessous :

(Episode également disponible sur Apple Podcasts)

Deux entreprises de l’industrie du sport face à la crise 

Bonjour à vous deux, pouvez-vous présenter respectivement vos entreprises ?

Camille : My Sport Agency existe depuis quatre ans et nous sommes basés à Toulouse. Notre métier d’origine est la gestion d’image de sportifs professionnels. Nous avons intégré par la suite un pôle Créative afin de conseiller les clubs, les ligues et les fédérations sur leur stratégie de communication. Nous avons également une branche Events qui consiste à développer nos propres événements tels que la Womens French Cup. Bien évidemment, cette unité est celle qui travaille le moins en ce moment en raison de la crise sanitaire en cours.

Gregory : MyComm est une agence de voyage et de communication événementielle spécialisée dans le sport depuis 2009. Nous sommes aujourd’hui une vingtaine dans l’équipe avec quatre bureaux en France (Paris, Lille, Lyon et Toulouse). Notre métier consiste à organiser des prestations lors de grands événements sportifs afin de permettre à nos clients (entreprises et particuliers) d’y assister. Parmi ces événements, on retrouve le Tournoi des 6 Nations, la Ligue des Champions ou bien les championnats de football étrangers. Nous sommes également agence officielle de trois fédérations (FFF, FFR et FFT), ce qui nous permet de commercialiser des prestations et des voyages pour les événements de ces organismes.

Quelle était la situation de votre entreprise avant cette crise ? 

Gregory : La situation chez MyComm était très bonne. Nous étions en pleine croissance que ce soit d’un point de vue business et humain avec le recrutement de plusieurs personnes sur ces deux dernières années. Le développement de nos deux nouvelles agences à Toulouse et Lille se passait bien également. Toute notre stratégie nous avait permis d’être au-dessus de nos objectifs sur la saison 2019-2020 avant cette rupture brutale de mi-mars dernier.

Camille : Notre situation était similaire chez My Sport Agency. Étant en mission pour l’UEFA EURO 2020, j’avais senti dès février les possibles conséquences à venir sur le marché du sport avec de nombreux reports et annulations d’événements à venir. Ceci nous a permis en interne d’anticiper au mieux ce qui allait se passer. Le développement de notre pôle Digital avant cette crise s’est avéré être une chance avec la possibilité de poursuivre et d’optimiser nos prestations en communication digitale. En revanche, tous nos événements prévus l’été dernier ont bien évidemment étaient annulés. Ce qui a été compliqué car c’est la période pendant laquelle nous travaillons le plus.

“Le développement de notre pôle Digital avant cette crise s’est avéré être une chance avec la possibilité de poursuivre et d’optimiser nos prestations en communication digitale.”

Camille Naude, Directrice Associée chez My Sport Agency

Aujourd’hui, avec un peu de recul, quel est l’impact de la crise sur votre business, sur vos équipes et sur votre management ?

Camille : Sur la partie business, nous pouvons dire que nous avons limité la casse. Comme Gregory et MyComm, 2020 aurait dû être notre meilleure année depuis la création de l’agence. Néanmoins, nous gérons aujourd’hui suffisamment de business pour continuer à se développer. Concernant le management, nous avons décidé de rester optimiste et de maintenir nos recrutements. Nous sommes passés de quatre à six collaborateurs pendant cette période. Même si certaines prises de poste ont été retardées et que certaines fonctions ont été réorientées afin de développer davantage notre pôle Digital, la petite taille de notre structure nous a permis d’être flexible et d’avoir un bon dialogue en interne avec l’équipe. 

Gregory : De notre côté l’impact est un peu plus violent. Notre agence évolue dans le secteur du tourisme et de l’événementiel donc nous sommes touchés à tous les niveaux. Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires représente seulement 10-15% de celui réalisé l’année dernière à la même période. Donc, en matière de management, on parle d’un vrai défi managérial. La totalité de l’équipe a goûté au chômage partiel avec une variation du nombre d’heures travaillées afin d’assurer la réalisation de ces 10-15% de chiffre d’affaires. Dans l’ensemble, l’équipe a très bien joué le jeu. Nous avons vécu des situations qu’on aurait jamais vécu sans cette crise. D’un point de vue managérial, c’est intéressant et stimulant !

Quels leviers avez-vous utilisé pour compenser ce manque d’activité ?

Gregory : Pour revenir au management, on s’est appuyé sur la cohésion d’équipe. On s’est donné les moyens de se voir régulièrement sur la base du volontariat en distanciel et en présentiel. Cette initiative me semblait nécessaire car je pense que chacun avait besoin de maintenir un échange avec les autres. À travers nos voyages et nos événements, nous passons habituellement beaucoup de temps ensemble. Cette cohésion en interne fait partie de notre ADN et il fallait donc la préserver au mieux.
En matière de business, le levier c’est la diversification. Le constat est que nous ne pouvons plus proposer aux personnes d’assister aux événements sportifs. On s’est donc appuyé sur nos compétences pour développer de nouveaux projets. Nous avons par exemple lancé une cellule dédiée aux voyages de délégations sportives. Les équipes professionnelles continuent de jouer et par conséquent de voyager. On s’est donc adressé à des clubs pour faire valoir notre savoir-faire et organiser ainsi des déplacements.

Camille : Il y a deux façons d’aborder cette crise. Soit on est négatif et on s’écroule. Soit on reste optimiste et on relève le challenge même si cette conjoncture est globale. De notre côté, on s’est aussi diversifié en accentuant la formation. C’est-à-dire que nous accompagnons les associations et les clubs semi-professionnels locaux en Occitanie. Il ne faut pas oublier qu’ils sont également fortement impactés par cette crise avec l’annulation de matchs et une diminution du nombre d’adhérents. Nous venons donc les aider à communiquer, à se digitaliser et à maintenir la relation avec leurs partenaires en les faisant monter en compétences. 

Après plusieurs hauts et bas depuis mars, comment voyez-vous la suite à court et moyen terme pour votre entreprise et l’industrie du sport en général ?

Camille : Ce qui est compliqué c’est que nous n’avons pas de date. Personne ne sait quand est-ce que cela va s’arrêter. Néanmoins, si nous sommes toujours en activité aujourd’hui, c’est que nous sommes suffisamment forts. Pour maintenir ça, il est important de développer des partenariats sur le long terme avec des ligues, des fédérations et des clubs. C’est ce que nous faisons de plus en plus chez My Sport Agency. Je pense que les événements prévus l’été prochain vont se dérouler. Il faut donc anticiper cette activité future afin d’être prêt au moment venu. 

Gregory : Nous allons continuer à être flexible et attentif. J’espère que les récentes annonces liées au vaccin, même si rien n’est fait, vont progressivement nous faire sortir de cette situation ou du moins donner de l’entrain. Néanmoins pendant les prochains mois, je pense que MyComm, au même titre que l’ensemble de l’industrie, va évoluer avec cette incertitude et une adaptation constante à la situation.

L’industrie du sport de demain

Cette crise a fait naître de nombreuses nouveautés à travers le monde : la bulle de la NBA, les spectateurs présents virtuellement au stade via la visio-conférence, la reproduction des ambiances sonores des stades lors des retransmissions TV, les événements à distance, etc. Peut-on dire que cette crise a finalement accéléré la digitalisation du marché du sport ?

Gregory : Tout à fait. Cette digitalisation était même nécessaire. Les acteurs du sport devaient innover pour continuer à exister dans un environnement qui était hostile à la tenue des événements sportifs. Bien évidemment, de nombreuses stratégies digitales étaient déjà en place chez de nombreux ayant-droits. Mais cette crise a tout accéléré et on ne devrait pas revenir en arrière.

Camille : C’est assez incroyable tout ce qu’on a vu pendant cette période. Il y a de très bonnes idées de partout. Je retiens notamment celle des supporters en carton dans les tribunes en Allemagne. Néanmoins, je pense qu’il faut légèrement nuancer cette digitalisation. Les clubs amateurs, en grande majorité, ne sont pas équipés ou n’ont pas les compétences en interne pour prendre ce virage. Il y a donc un vrai travail de pédagogie à effectuer. Ce qui reste très intéressant car on a eu des discussions avec différents acteurs qu’on aurait jamais eu en temps normal. Une chose est sûre, cette période va nous laisser avec un nombre important de bénéfices et d’innovations à poursuivre.

Selon vous, est-ce que la fin de la crise va enclencher une reprise forte ? Ou est-ce qu’il faudra être patient avant de retrouver le même niveau d’activité qu’en 2019 ?

Gregory : Je peux prendre l’exemple de ce qu’il s’est passé en juin-juillet. Il y a eu après le premier confinement une petite relance de l’activité. Je pense donc qu’il y a une réelle frustration chez les consommateurs. Lorsque les voyages et l’accès aux stades seront de nouveau autorisés, on devrait encore faire face à une forte demande. Le modèle actuel n’est pas à remettre en cause. Nous ne vivons pas une crise structurelle. Cependant, ce qui est difficile à mesurer c’est le pouvoir d’achat. Certains auront peut-être des difficultés à consommer à nouveau des événements sportifs. 

Camille : Un élément qui est assez révélateur c’est l’UEFA EURO 2020. En mars dernier, les détenteurs de billets avaient deux options : rendre leurs places ou garder leurs places. Près de 80% d’entre eux ont choisi la seconde option. Je pense aussi qu’il y aura une certaine euphorie quand nous pourrons retourner au stade. Nous prendrons même peut-être plus de plaisir qu’auparavant puisque la privation rend les choses rares et précieuses

Quel sera le comportement des consommateurs d’événements sportifs après cette crise selon vous ?

Camille : Malgré mon métier et ma passion du sport, je ne suis pas une habituée des stades. Je suis un mauvais exemple (rire). Mais il est évident qu’après cette crise, je vais y aller ! Il y aura un vrai moment de plaisir entre amis ou en famille à retrouver. Je pense que beaucoup sont dans ce même état d’esprit !

“En revanche, un élément qui était juste une tendance auparavant et qui devrait devenir un essentiel demain après cette crise, c’est la dimension écologique et responsable dans l’expérience du public.”

Gregory Sevault, Fondateur et CEO de MyComm.

Gregory : Je pense aussi que les spectateurs vont retourner au stade avec beaucoup d’envie. Chez MyComm, nos clients assistent à des événements sportifs pour vivre des émotions positives. Ils ont été privés de ça pendant plusieurs mois donc ils voudront certainement retrouver cette sensation. En revanche, un élément qui était juste une tendance auparavant et qui devrait devenir un essentiel demain après cette crise, c’est la dimension écologique et responsable dans l’expérience du public

En face, qu’est-ce que les clubs et autres ayants-droits devront mettre en place après cette crise selon vous ?

Gregory : Selon moi il y a deux aspects à prendre compte. Tout d’abord c’est l’écologie et la responsabilité. Ensuite, c’est le digital. Ce sont les deux tendances qui ont fortement émergé pendant la crise. Les ayants-droits, comme toute autre entreprise, vont devoir innover pour les associer à l’expérience qu’ils proposent. C’est nécessaire pour que les fans vivent les événements tout en étant en adéquation avec leurs valeurs de citoyen.

Camille : La première des choses c’est de rassurer le public. Il faudra certainement continuer à faire respecter les gestes barrières. Je pense par exemple au Stade Toulousain qui a réalisé des tests PCR au stade Ernest-Wallon avant un match en septembre dernier. Bien évidemment, tous les clubs ne peuvent pas aller aussi loin mais la démarche est intéressante. Comme Gregory, je pense également que le digital sera encore plus important qu’auparavant. Des supporters regarderont toujours les matchs depuis chez eux. La période vécue va peut-être ouvrir la voie à une nouvelle expérience distancielle encore plus immersive.

Nous arrivons au terme de notre discussion, mais avant de conclure, si vous aviez la possibilité de vous adresser directement au Gouvernement, notamment après les récentes annonces à destination des clubs, ainsi qu’à tous les acteurs de l’industrie du sport en France, quel serait votre message ?

Camille : Il faut continuer à se faire entendre car le monde du sport est très large. Entre un club amateur et un club professionnel, les enjeux sont totalement différents. À long terme, le sport doit peser davantage dans notre société. Puisqu’en plus d’être un loisir, c’est un formidable vecteur de lien, de mixité et de santé. Nous allons accueillir les Jeux Olympiques en 2024 qui seront une grande fête pour tout le monde. D’ici là, les acteurs du sport doivent continuer à s’entraider afin de faire vivre le sport sur tout le territoire.

Gregory : Au Gouvernement, tout d’abord, je dirais merci. À l’échelle de l’Europe, le soutien apporté aux entreprises du sport et de l’événementiel en France est très important. Les récentes annonces pour soutenir les clubs, les ligues et les fédérations sont bonnes et il faut que cela continue. Le combat n’est pas terminé. Aux acteurs du sport, je dirais qu’il faut aussi continuer à entreprendre et à innover. C’est la raison pour laquelle nos clients, amoureux de sport, nous sollicitent car ils sont en constante quête de nouvelles expériences

Merci à Camille Naude de My Sport Agency et à Gregory Sevault de MyComm pour cet échange enrichissant sur la gestion de la crise sanitaire en tant que chef d’entreprise. 

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