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Le 3PM Blackout en Angleterre pour inciter les fans à aller au stade

Le 3PM Blackout, c’est l’interdiction de diffuser des matchs à la télévision en Angleterre le samedi à 15h00 afin d’inciter les fans à aller au stade. Est-ce efficace ?

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En raison de la crise sanitaire et de la limitation des supporters dans les stades, tous les matchs de Premier League et des ligues de l’EFL sont diffusés en majorité via le pay-per-view. Un mode de retransmission qui n’est habituellement pas employé par les diffuseurs. Cela est dû à une règle datant des années 1960 en Angleterre, le 3PM Blackout.

Dans ce nouvel article, faisons un focus  le 3PM Blackout, cette restriction particulière en Angleterre qui vise à favoriser la présence des fans au stade.

L’origine du 3PM Blackout

Le 3PM Blackout est une règle sur la diffusion des matchs de football en Angleterre. À noter qu’il existe aussi un Blackout en Ecosse et au Monténégro. Instauré dans les années 1960 par la Football League, cette règle interdit la diffusion de matchs de Premier League, Football League et de FA Cup (à l’exception de la finale), à la télévision le samedi après-midi entre 14h45 et 17h15.

C’est le Président du club de Burnley, Bob Lord, qui en a eu l’idée et a convaincu les autres Présidents de la Football League de ne pas téléviser les matchs pendant ce créneau. Cette règle est depuis soutenue par la Premier League, la Football Association (la fédération anglaise de football) et par l’article 48.2 de l’UEFA.

Quel est l’objectif de ce 3PM Blackout ?

Bob Lord pensait que la diffusion des grosses affiches à la télévision ferait du mal à l’affluence des plus petits clubs tels que le sien, Burnley, et des ligues inférieures. Il pensait que les supporters choisiraient de rester chez eux pour regarder les matchs de première division devant le petit écran plutôt que de se rendre dans les stades des clubs locaux. Cette baisse d’affluence aurait ainsi entraîné une baisse des revenus en jour de match. Cependant, aucune preuve de cette théorie n’a alors été démontrée. Le 3PM Blackout a donc été instauré sur les bases d’une crainte non fondée.

Quelques exceptions et évolutions de cette réglementation

Il existe 2 exceptions au 3PM Blackout :

  • La finale de la FA Cup (Coupe d’Angleterre) qui avait pour habitude de se jouer un samedi du mois de mai à 15h. Depuis 2012 cette dernière se joue à 17h.
  • La dernière journée des matchs de Football League (divisions inférieures). Pour permettre de diffuser à la fois la dernière journée de Premier League et celle de Football League, les rencontres de Football League sont diffusées le samedi à 15h puis celles de Premier League le dimanche à 15h.

Alors qu’initialement cette règle ne concernait que les matchs de football britannique, la globalisation du football et le développement de la télévision a fait que les matchs des championnats étrangers sont aussi concernés. De ce fait, Sky Sports ne diffuse pas les 15 premières minutes des matchs de LaLiga commençant à 17h en Angleterre. Même pour le Classico Barça – Real. Assez incroyable non ?

En décembre 2019, pour le Boxing Day diffusé par Amazon Prime, 6 matchs de Premier League ont été diffusés en simultané à 15h. Une première si on ne compte pas la dernière journée de championnat.

Quelles alternatives au 3PM Blackout pour les supporters ?

Pendant le 3PM Blackout, les radios peuvent diffuser les matchs. Les télévisions ne peuvent pas montrer les images mais ont la possibilité de commenter et d’informer les téléspectateurs des scores. Sky Sports a même réussi à créer une émission populaire avec les matchs du 3PM Blackout, Sky Sports’ Soccer Saturday. Une émission aux nombreux moments d’anthologie pour tous les fans anglais comme celui-ci.

https://www.youtube.com/watch?v=McdjBaChdBA&ab_channel=SoccerAM

Autre alternative, les supporters peuvent utiliser des sites de streaming illégaux pour regarder leur match. Les rencontres du 3PM Blackout sont diffusées dans tous les autres pays puisque cette règle ne s’applique qu’en Angleterre. En France ou ailleurs, les matchs de Premier League entre 14h45 et 17h15, heure locale, sont en effet retransmis. Il n’est donc pas impossible pour les fans anglais de trouver des sites de streaming pour les regarder.

Mais malgré une restriction drastique, les supporters anglais acceptent le 3PM Blackout. La Football Supporters’ Federation soutien effectivement cette règle qui est devenue une tradition du football anglais et considère qu’il est crucial de la maintenir pour « la survie économique de nombreux clubs situés plus bas dans la pyramide du football anglais ».
La Football Supporters’ Federation a aussi mené un sondage national en 2017 auprès des fans afin de savoir s’ils étaient en faveur ou non du 3PM Blackout. Avec près de 8 500 répondants, 72,7% ont voté pour.

Ce 3PM Blackout est-il vraiment efficace ?

Il est difficile de mesurer les résultats du 3PM Blackout. Notamment savoir si cette règle a eu un impact sur la fréquentation dans les stades au fil des années. L’une des possibilités pour évaluer des résultats serait de mettre le 3PM Blackout en pause une saison puis comparer l’affluence dans les stades avec les années précédentes (dans un contexte normal hors crise sanitaire).

En 2011, c’est la Cour de justice de l’Union Européenne qui a analysé cette question du 3PM Blackout. La Cour a conclu qu’il n’y avait aucune preuve que ce Blackout avait un impact positif sur la présence au stade car les deux activités (stade et télévision) présentent des propriétés et qualités différentes.

“Il n’a pas été suffisamment démontré à la Cour que les périodes de fermeture encouragent réellement la fréquentation et la participation aux matchs” a expliqué l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union Européenne, Juliane Kokott.

Des tentatives pour mettre fin au 3PM Blackout

Tentative de Virgin Media en 2014

En 2014, Virgin Media a déposé une plaine à Ofcom, l’équivalent du CSA au Royaume-Uni. Le géant de la téléphonie et de la télévision câblée affirmait qu’en ne diffusant que 41% de ses rencontres, la Premier League maintenait les prix artificiellement élevés et limitait le choix des consommateurs.

Le Directeur Général de Virgin Media à l’époque, Tom Mackbridge, avait alors proposé à la Premier League de considérer un Blackout régional comme il en existe aux Etats-Unis pour la NFL. L’idée est que les personnes habitant à Manchester ne peuvent voir le match des clubs de Manchester un samedi à 15h à la télévision. Mais ceux vivant à Londres par exemple, le peuvent.

Suite à cette plainte, le nombre de matchs de Premier League diffusés en direct a augmenté et est passé à 190. Mais le 3PM Blackout n’a pas pour autant été levé, ni modifié au niveau régional comme demandé par Virgin Media.

Tentative de Eleven Sport en 2018

En 2018, c’est la plateforme de streaming Eleven Sport qui refuse de respecter le 3PM Blackout en diffusant des matchs de LaLiga avec le soutien des autorités espagnoles de football. Le service en ligne comptait faire de même pour la Série A italienne. Mais sous la pression des instances anglaises, Eleven Sport a fini par céder et a stoppé la diffusion des matchs lors du 3PM Blackout.

“J’aimerais comprendre pourquoi le football étranger entre en concurrence avec la vente de billets dans les stades britanniques. Pourquoi le Tour de France ou d’autres événements qui se déroulent au même moment en direct à la télévision ne sont pas concernés ?” avait déclaré Adrian Radrizzani, propriétaire d’Eleven Sport.

Tentatives de plusieurs sites de paris sportifs en 2020

Fin janvier 2020, ce sont les sites de paris en ligne qui ont profité d’une brèche pour diffuser sur leur site des matchs de LaLiga, Serie A, Ligue 1 et de Bundesliga. L’EFL a alors réussi à faire changer d’avis son partenaire Sky Bet, ce qui a incité les autres sociétés de paris sportifs à arrêter la diffusion de ces matchs.

Le 3PM Blackout existe donc depuis 60 ans en Angleterre. Sa création est fondée sur une idéologie d’un impact négatif de la télévision sur la fréquentation du public dans les stades. Est-ce que cette règle est vouée à perdurer ? Malgré plusieurs tentatives de renversement et l’évolution des technologies, cette règle persiste et rencontre la faveur des fans locaux.
Mais pourra-t-elle résister à la fin de la crise sanitaire et le retour à la “normale” ? Est-ce qu’une règle de ce type pourrait avoir sa place dans notre pays, de façon national ou local ? 

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Sportif et fan de sport, l'ambiance dans les stades m'a toujours passionné. Voir comment un bon match peut devenir une expérience inoubliable grâce à l'ambiance et à l'expérience vécue dans les gradins me donne des frissons. C'est pour vous partager ces émotions que je vous écris.

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Des toiles personnalisées pour couvrir 47 213 places à Feyenoord

Une initiative menée par les groupes de supporters du club de Feyenoord Rotterdam pour remplir le stade Feijenoord (De Kuip) avec des toiles personnalisées. 

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Une initiative 100% menée par les groupes de supporters de Feyenoord Rotterdam. Des milliers de bannières pour compléter les tribunes du stade Feijenoord (De Kuip). 

 

À la mi-novembre 2020, les groupes de supporters du club de football du Feyenoord Rotterdam ont lancé la campagne “Ensemble, nous remplissons le stade“ dans le but de couvrir les 47 213 sièges de l’enceinte d’une manière différente et unique… avec des bannières personnalisées fait main.

Des bannières personnalisées 

Chaque participant pouvait personnaliser le message sur sa bannière avec des encouragements pour l’équipe. À partir de 5 euros, les supporters pouvaient acheter une toile et envoyer un texte à inscrire. Le groupe de supporters a proposé différentes offres débutant à 5€ et évoluant selon la taille de la bannière. Les participants qui voulaient voir leur bannière facilement à la télévision avait donc plus d’intérêt pour augmenter le nombre de sièges qu’ils souhaitaient couvrir en tribune. Voici le détail des offres proposées :

  • pour couvrir 1 siège avec une bannière = 5 €
  • 5 places = 25 €
  • 10 places = 50 €
  • 25 places = 125 €
  • 50 places = 250 €
  • 100 places = 500 €
  • 1200 places (une tribune pleine) = 6 000 €

L’opération qui est à présent conclue a relativement bien fonctionnée puisque le stade a été totalement recouvert et les offres ont toutes été épuisées. Début mars déjà, le nombre de 42 000 places vendues avait été atteint. 

Même les entreprises (partenaires ou non) pouvaient acheter une ou plusieurs bannières pour un montant minimum de 150 € pour une bannière qui couvre 30 sièges. 
Les principaux partenaires du club ont fait un geste envers cette initiative en retirant leurs traditionnelles bannières de sponsors (placées face caméra) pour libérer cet espace pour la campagne de bannières fait main. 

 

Une conception 100% par les supporters

La réalisation de chaque bannière a été faite par les bénévoles des associations de supporters de Feyenoord Rotterdam à l’origine de cette initiative. Ils ont conçu les bannières selon les commandes reçues, réalisé des photographies et disposé les toiles dans les tribunes aux emplacements prévus. Une vraie organisation !

Chaque participant ayant acheté une toile peut retrouver sa photo sur le site d’un des groupes de supporters  du club (FSV De Feijenoorder). Mais aussi à la télévision lors des rencontres à domicile. 

 

Le partenaire principal Droomparken (une compagnie de villages de vacances) a également rejoint la campagne et, avec les autres partenaires stratégiques (adidas, TOTO, Breeman BMW, Heineken et le Vriendenloterij), avait une grande toile, réalisée par des supporters, sur les sections W2 et W3 de l’enceinte.
Droomparken a tenu à remercier tous ces supporters qui se sont investis jour et nuit dans cette initiative. À l’automne, le partenaire va mettre deux villas à leur disposition pour un week-end de groupe dans l’un de leur village vacances. Un très beau geste. 

Une partie des bénéfices générés par cette initiative seront utilisés pour du matériel pour les groupes de supporters.

Pour remercier les participants, les supporters ont organisé un jeu concours en partenariat avec le club et le restaurant du stade pour remporter une visite des tribunes du stade avec un repas.

 

 

Une initiative intéressante de la part des groupes de supporters. Cela permet de créer du lien entre le club, sa communauté de fans, le grand public et les ultras. Deux mondes qui sont parfois en opposition. 

L’idée de proposer à chaque participant une photo de sa toile personnalisée est un vrai plus qui permet ensuite à chacun de partager cette photo sur ses réseaux sociaux et ainsi de donner de la visibilité à cette action collective. 

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Un tableau interactif alimenté par les contenus des fans

La start-up française ArtDesignStory propose des œuvres d’art connectées qui permettent de scanner des éléments de l’œuvre et de lui donner vie à travers des contenus sur son smartphone.

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Le sport et l’art ne sont jamais très éloignés, ArtDesignStory, une start-up française permet de mélanger l’art, la technologie et les souvenirs dans une oeuvre interactive.

 

Transmettre des émotions en adaptant la technologie a un objet d’art emblématique : le tableau. C’est l’objectif de l’innovation portée par Cyril Nardon et sa start-up ArtDesignStory.

Une oeuvre qui s’enrichie avec des vidéos intégrées  

La spécialité de la start-up française ArtDesignStory née en 2017 est le tableau connecté. Une innovation mêlant art et technologie. Une œuvre pas comme les autres, qui prend vie à travers des centaines de contenus connectés au tableau. Il suffit de scanner des éléments de l’oeuvre avec un smartphone pour voir apparaître sur son smartphone des vidéos, des publications sur les réseaux sociaux, des audios… en lien avec l’histoire du tableau.

 

Depuis sa création, Cyril et sa start-up ont pu réaliser des centaines de tableaux connectés pour des athlètes dans plus de 35 pays et 30 disciplines différentes (Matuidi, Neymar, Pelé, Tony Parker et plus de 500 sportifs en quatre ans), mais également pour des institutions (Real Madrid, Bayern, PSG, INSEP, Euroleague, FFF, FFR, CNOSF…), des franchises NFL aux États-Unis (Raiders), des médias (Canal+, RMC, BeIN SPORTS…), des artistes et tout récemment des acteurs du luxe (groupe LVMH).

 

Avec les caractéristiques visuelles d’un simple tableau, c’est un cadeau idéal pour célébrer la fin d’une carrière, d’une saison, un événement, un engagement, dans le but de partager de l’émotion à travers des souvenirs vidéos intégrés à l’oeuvre.

Un concept évolutif

Le concept ne cesse d’évoluer au rythme grandissant de la demande.
Récemment, ArtDesign story a développé la FanArtZone. Un nouvel outil qui offre la possibilité aux fans de participer à une oeuvre en partageant directement leur vidéo story via une landing page en ligne. L’objectif est de construire des oeuvres interactives avec une communauté. 
Le module administrateur du tableau appelé le VipArtZone permet à son propriétaire de pousser en temps réel du nouveau contenu sur le(s) tableau(x) qu’il possède.

“C’est incroyable parce qu’en quelques minutes ça donne des millions d’idées pour notre sport ! Ça pourrait vraiment révolutionner notre communication et l’hospitalité associée.”

Bruno Dubois, Team manager France SailGP

ArtDesignStory collabore également avec des clubs pour des activations comme cet exemple du CS Sedan. Un tableau club en réalité augmentée dans la ville pour les 100 ans du club. Les fans pouvaient alimenter l’histoire du club et ainsi enrichir le tableau en ligne via la landing page dédiée fanartzone.com/cssedan100.

 

Un outil d’interaction et de valorisation de demain pour les fans ? 

Nous connaissons déjà le mur des Kalon à Guingamp, les murs avec le nom des abonnés en Écosse pour ne citer qu’eux. Avec le développement de la technologie, nous pourrions voir fleurir demain dans les stades, des murs et tableaux de photos des fans abonnés ou non qui offrent la possibilité d’enrichir ces oeuvres avec des vidéos. 
Demain, cela représentera peut-être une opportunité pour les clubs d’offrir un nouveau moyen d’interagir avec leur communauté la plus fidèle. Ou encore un outil de valorisation pour les hospitalités. 

Qu’il soit installé dans un salon, un bureau, un écran, sur un mur dans un stade, dans un abris-bus… l’oeuvre connectée peut devenir un média interactif et participatif. C’est d’ailleurs de cette façon que le fondateur Cyril Nardon qualifie désormais son projet : un « nouveau média » connectant les émotions et proposant une véritable expérience pour les fans.

Un produit adaptable pour les particuliers, les associations et institutions, les fondations ou les entreprises. Pour les clubs, cela peut représenter une offre merchandising.

Jérémy Geeraerdt

Les tableaux connectés ArtDesignStory lors de la Convention du Football en 2019

Le coût d’un tableau connecté débute à 1 250€. Une offre de service mensuel est proposée à partir de 25,90€/mois. Et une offre grand public de « poster-tableau connecté » est proposée à partir de 59 €.

L’effet confinement a profité à des produits comme celui que propose ArtDesignStory et après avoir livré plus de 500 clients BtoB et BtoVIP sur les six continents, le BtoC et donc le grand public peut être la prochaine cible à travers les clubs. 

Nous lançons une première levée de fonds à partir d’avril qui va nous aider à développer un nouveau concept basé sur l’utilisation de la réalité augmentée qui permettra de réaliser des EXP-AR-IENCES. Vous pourrez transformer vos écrans en musée depuis votre club, installer chez vous le musée de Pelé, ou même un popup-AR store éphémère pour développer le merchandising dans le salon de vos fans !” explique Cyril Nardon, Fondateur & CEO ArtDesignStory.

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