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Analyse de l'étude sur les enceintes connectées Analyse de l'étude sur les enceintes connectées

Fan expérience en France

Étude : Quels liens entre enceintes connectées et fan expérience ?

Une lecture orientée Fan expérience de la récente étude sur la connectivité des enceintes sportives du Ministère des Sports.

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Au mois de Novembre, le Ministère des Sports sort une étude très complète sur la problématique de connectivité des salles et stades en France. Nous avons synthétisé quelques idées à retenir concernant la fan expérience : comment la connectivité peut-elle contribuer à l’amélioration de l’expérience spectateur ?

 

L’étude commandée par le Ministère des Sports, la FFF, l’Association nationale des sports professionnels et les ligues professionnelles de basket, football, handball et rugby offre un panorama complet de la question de la connectivité dans le secteur sportif. 

Une étude menée auprès de 108 clubs professionnels (dont 27 de basket-ball, 23 de football, 13 de handball, 29 de rugby et 16 de volley-ball) qui révèle de nombreuses statistiques dont celle-ci : les clubs français ne génèrent que 15% de leur budget grâce aux revenus jour de match contre une moyenne de 25% en Europe.
Pour lire l’intégralité des 3 volets de l’étude, c’est par ici.

Etudes sur la connectivité des enceintes sportives

Connectivité, de quoi parle-t-on ?

La première partie de l’étude fait un réel état des lieux de la connectivité et définit ses concepts de base.
La connectivité d’une enceinte sportive peut être définie par :

  • un aspect technique évident, nécessaire pour optimiser et pour permettre un fonctionnement efficace de l’enceinte.
  • la notion de création de liens entre différentes parties prenantes, ici les spectateurs, les joueurs, mais aussi le club au sens plus large, l’exploitant, et même la ville dans son ensemble.

En France, le sujet de la connectivité est récent, technique et complexe. Les clubs manquent souvent de ressources (humaines ou financières), compétences et savoir-faire sur le sujet. Les différents modèles de structurations des organisations sportives, ainsi que leurs différents niveaux de maturité économiques et sportives rendent les situations très hétérogènes face à cette problématique.

“L’enceinte connectée répond d’abord à un objectif majeur : augmenter le taux de remplissage des stades et salles grâce à une plus grande satisfaction des spectateurs et une capacité à attirer de nouveaux publics.”

ESC, Ministère des Sports

enceinte-connectée-panasonic@Panasonic

Le stade connecté selon Panasonic au salon CES 2018

Personnaliser l’offre

Les enceintes connectées pourraient permettre d’aider les clubs à offrir une bonne expérience, à la bonne personne, au bon moment et au bon endroit. Cela nous rappelle bien-sûr la data analytics et le CRM souvent bien utiles à la fan expérience !

Selon l’étude, le digital devrait être une opportunité pour créer des services différents, personnalisés et surtout pour ne pas homogénéiser davantage l’offre. Rappelez vous, toutes ces petites attentions personnalisées qui rendent l’expérience sportive unique !

Répondre à la demande des fans

L’étude prouve le taux de connexion des français : nous passons en moyenne 7,7 heures par jour sur Internet, dont 2,8 heures sur smartphone ! Pas étonnant donc que le stade souhaite répondre à ce nouveau mode de vie. En revanche, avoir la possibilité de se connecter au Wifi ou à d’autres services digitaux du stade ne fait pas partie des attentes prioritaires des spectateurs (enquêtes LFP 2014 et 2016), contrairement à l’atmosphère et la possibilité de vivre de bons moments.

Une bonne connectivité permettra tout de même aux fans d’avoir accès aux informations fondamentales : infos pratiques en amont de l’événement, parking, accès dans l’enceinte, restauration…
Mais à l’inverse, une bonne connectivité et une mauvaise expérience proposée au fan sera d’autant plus dangereux car les moyens de partager cette mauvaise expérience seront immédiats et encore plus importants.

Amplifier la dimension sportive pour tous

Bien-sûr, les outils digitaux et analyses de données permettent aux fans d’avoir des données plus détaillées et précises sur le match, le jeu en soi. Et ce, que les fans soient présents dans l’enceinte ou chez eux.

Favoriser l’immersion

Grâce à de nombreuses technologies (réalité augmentée, réalité virtuelle, sonorisation), le fan vivra une expérience immersive et sera le propre acteur de sa fan expérience.

Illustration du stade du futur par le cabinet d’architecture Populous et le National Geographic

Développer concrètement la connectivité dans son stade

Le second volet de l’étude met en avant des exemples concrets et applicables par les clubs dans les domaines tels que la billetterie, l’accès au stade, la sécurité, les animations, etc.

Nous avons retenu quelques idées ayant un impact direct sur la fan expérience :

  • Signalétique intelligente en écrans LED pour orienter les fans, indiquer les temps d’attente ou de marche (applicable dans de nombreux autres lieux que les stades).
  • Digicodes sur le mobilier du stade, scannés par le smartphone qui délivreront secrets, anecdotes, histoire du stade (on peut facilement imaginer une chasse au trésor).
  • Disparition du billet physique par contrôle d’accès biométrique (sera testé en 2020 à Tokyo pour les Jeux Olympiques).
  • Le cashless comme moyen de paiement généralisé.
  • Éclairage extérieur du stade qui varie en fonction de l’ambiance de celui-ci.
  • Écrans en tout genre et à tous les endroits : pour informer, animer, diffuser le jeu, etc.
  • Écrans sur le dos des sièges comme dans les avions pour les tribunes VIP : services de commande à la place, statistiques, etc.
  • Écrans tactiles pour l’orientation (comme dans certains centres commerciaux), proposer des jeux interactifs, etc.

Signalétique intelligente modifiable en temps réel

Un plan d’action pas à pas

La dernière partie de l’étude offre un véritable guide aux clubs pour mettre en place leur révolution digitale, adaptée à leurs ressources et cas particuliers. L’étude fait aussi référence à de nombreuses start-up françaises (essentiellement issues du Tremplin telles que Vogo Sport, bFAN, Digifood, Tech4Team) qui proposent des solutions de connectivités aux clubs.

Au delà du digital

Ce n’est pas nouveau, le digital est une des clés principales pour le développement des enceintes sportives et l’amélioration de l’expérience spectateur. En revanche, nous avons particulièrement apprécié le fait que l’étude rappelle l’importance de créer des relations humaines entre le fan et le club.

“Au-delà du digital, l’enjeu demeurera toujours de parvenir à créer des relations interpersonnelles et un sentiment d’appartenance fort à une communauté, un lieu, amenant les spectateurs et partenaires à se sentir bien, avoir envie de rester et de revenir.”

ESC, Ministère des Sports 

La France est, à cet égard, assez en retard, mais tend à prendre exemple sur des programmes RH proposés aux Etats-Unis, tels que la politique du sourire à Atlanta. Les clubs doivent également prendre en compte le droit à la déconnexion et ne pas imposer la connectivité de façon intrusive.

Une étude donc très intéressante qui place bien le digital comme un outil fort de l’évolution de l’expérience d’un fan, mais qui n’oublie pas l’importance de la relation humaine dans cette expérience.
Nous avons hâte de voir comment ces conseils seront reçus par les clubs et ainsi venir tester ces innovations digitales !

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Passionnée, supportrice et grande curieuse, j'ai à cœur de partager ma vision des événements. Convaincue du rôle central que les fans ont à jouer dans le développement du sport, je suis ravie de pouvoir mettre en lumière les bonnes pratiques qui peuvent servir d'exemple et d'inspiration à tous grâce à Fanstriker. Passionate, curious by nature, and a true fan, I like to share my vision about sport events. I am convinced that fans have a considerable part to play to develop the sport economy. Through Fanstriker I aim at bringing to light the best practices that can serve as an example or an inspiration.

Fan expérience en France

Le musée, l’extension de l’expérience fan

Vecteur de patrimoine historique ou source de revenus, le musée devient tendance pour les structures sportives et pour leurs communautés.

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De plus en plus de musées fleurissent dans le paysage sportif. Aujourd’hui, ils représentent un centre de profit pour les clubs mais également un moyen de partager l’histoire du club, de garder un lien avec leurs supporters et d’asseoir leur image de “marque”.

Le musée sportif est complexe car il incarne à la fois un musée de collections, un musée d’histoire et un parc à thème sportif à travers les nouvelles innovations digitales et interactives. Nous nous pencherons alors sur ce que véhiculent ces musées, les revenus qu’ils engendrent et les nouvelles tendances à venir.

L’histoire et l’héritage

Chaque club sportif détient un patrimoine propre à son histoire à travers ses succès ou ses défaites, ses titres ou ses relégations, ses plus beaux maillots ou les moins bien réussis. Pour les supporters les plus âgés, ce sont des souvenirs, pour les plus jeunes, c’est l’histoire de leur club. Le musée représente pour l’ensemble des fans, tout âge confondu, le moyen de revivre les plus grandes émotions de leur club. À travers ces émotions, vous offrez à vos fans un renforcement du lien affectif et un prolongement de l’expérience fan.

Le musée sportif en France est apparu à partir de 1961 avec l’inauguration du « musée automobile de la Sarthe » consacré aux 24 Heures du Mans. C’est seulement en 2003 qu’une autre discipline majeur en France a ouvert son musée : le Tennis. La FFT offrait enfin à ses fans un musée sur Roland Garros et la pratique de la petite balle jaune. Dix ans plus tard, le premier musée d’un club de football ouvrait ses portes, celui de l’AS Saint-Étienne et de la grande épopée des Verts.

Grâce aux anciennes pièces et archives audiovisuelles que les clubs et les fédérations ont à leur disposition, c’est un devoir de mémoire que d’offrir un musée à l’ensemble des fans. Au-delà de ces pièces de collections, ce sont des anecdotes incroyables à raconter, à l’image de l’ASSE et l’histoire mythique de ses poteaux carrés. L’Olympique Lyonnais avait quant à lui proposé à ses fans de participer à la conception du musée. En effet, le club était à la recherche d’éléments de son histoire pour enrichir son futur musée et sa collection d’objets exposés, ils avaient donc fait un appel aux fans.

Crédit Photo : ASSE

Un revenu hors match day non négligeable

Comme exprimé précédemment, le musée est un prolongement de l’expérience fan mais pas seulement ! Il offre également une nouvelle source de revenus pour les structures sportives.

Que ce soit avant ou après le match, c’est surtout une opportunité de faire vivre le club hors jour de match. Les grands clubs l’ont compris à l’image de Barcelone, Real Madrid, Juventus et Manchester United. Il s’agit d’une source financière importante pour ces clubs prestigieux, et ça, le Real Madrid l’a bien compris. Son musée est le second le plus visité à Madrid (1,3 millions de visiteurs en 2019), derrière le musée du Prado. Il rapporte près de 100 000 € de recettes quotidiennes grâce à son Tour Bernabeu. À titre de comparaison, le concurrent barcelonais détient un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 20 millions d’euros et les 1,5 millions de visiteurs par an.

Quant à leur homologue turinois de la Juventus, on comptabilise 2 millions d’euros de recette et environ 200 000 visiteurs par an. Certes le club italien a 10 fois moins de retombées économiques mais cet part de revenu n’est pas négligeable. D’autant plus que la visite du musée découle régulièrement sur la vente de produits dérivés grâce à la boutique officielle.

Hors saison, la visite du musée et du stade permettent également à de nombreux clubs d’avoir des rentrées d’argent sur la période estivale. Une période assez creuse sans revenu de billetterie. La Juventus a saisi cette opportunité en battant des records de fréquentations sur les mois de juillet et août 2018.

Une autre façon de dynamiser son musée et les visites est de proposer des expositions temporaires permettant d’attirer les fans habitués sur une époque ou un thème qui lui est cher ou bien de susciter l’intérêt sur un public non converti. Pour exemple, on peut citer les expositions temporaires du musée des 24 heures du Mans. La dernière en date était consacrée au film récompensé aux Oscars, Le Mans 66. Dans le monde du football, on peut citer, le Musée des Verts en juillet 2019 avec son exposition temporaire “Centenaire du Coquelicot 42”.

Les étrangers, clientèle principale ? 

Pour beaucoup, le club est le reflet d’une ville et certains étrangers ne sont pas insensibles à cela. Lorsqu’il visite un pays, une région ou bien une ville, certains visiteurs ont à cœur de visiter les stades présents. En d’autres termes, les stades sont devenus des hauts lieux touristiques à part entière !

Vous allez à Barcelone, à Milan, et vous mesurez évidemment à quel point leurs stades sont des hauts lieux touristiques, identitaires, de déplacements et de cultures. Et chacun de ces déplacements sur ces enceintes mythiques, comme va le devenir le Groupama Stadium, ont tous évidemment un musée. Et ces musées génèrent un flux de touristes extraordinaire

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’inauguration du Groupama Stadium.

Une statistique impressionnante illustre ce fait : 55% des visiteurs du Bernabeu Tour sont étrangers pour 70% d’européens en 2015. Pour le musée des 24 Heures du Mans, en 2014, 35% des visiteurs étaient étrangers.

Le rayonnement d’une ville est étroitement lié au rayonnement du club local. Les liens sont forts et les collectivités en ont conscience. C’est pour cette raison que de nombreux projets de musées ont été subventionnés en partie par les pouvoirs publics. C’est le cas pour le musée de l’Olympique Lyonnais puisque 25 % du financement du musée sont couverts par une subvention de 1,5 million d’euros accordée par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà de la salle des trophées, la visite du stade

Aujourd’hui, la réflexion du musée est plus globale. On cherche à proposer une expérience différenciante et complète notamment en offrant une expérience plus immersive. Par exemple, de nombreux clubs proposent la visite de la pelouse, du vestiaire, de la salle de presse, etc. Le musée n’est plus le seul élément de visite, il fait partie d’un parcours plus vaste et plus riche. Celui-ci est réfléchit, de sorte à ce que le visiteur se sente privilégié de voir des espaces normalement consacrés aux joueurs.

Prenons l’exemple du PSG Expérience sur lequel nous avons déjà rédigé un article. Le club a développé une expérience globale sans égal en France. Il offre aux visiteurs la possibilité de visiter le stade, de faire un Escape Game ou bien de profiter de l’Arcade VR avec 16 activités. Un vrai parc à thème virtuel à l’image du PSG !

Crédit photo : Benoit Florencon

Le digital offre de nouvelles opportunités

Le digital et les nouvelles technologies offrent de nouveaux axes de développement pour les musées afin de rendre plus attractif et interactif la visite.

Pour certains, c’est la possibilité de dynamiser l’histoire d’un club à travers des vidéos, des images, des expériences en Réalité Virtuelle pour se plonger toujours plus dans le passé du club. Pour d’autres, c’est la possibilité d’offrir un souvenir physique. Comme le propose le Real Madrid en prenant en photo les visiteurs sur un fond vert, leur permettant ainsi de choisir le joueur qu’ils souhaitent avoir à leur côté.

Les nouvelles technologies, c’est également rendre la visite ludique, comme le fait l’ASM Clermont avec la transformation d’essai. Le visiteur peut tester son coup de pied en frappant dans un ballon détectable par un capteur de mouvement.

Crédit photo : ASM Clermont

Nombre d’activités sont réalisables avec le digital pour rendre un musée vivant, participatif, ludique et pédagogique, loin de l’idée d’un musée “mémorial” seulement rempli de maillot et de trophée. De nombreux outils existent tels que les écrans tactiles, les bornes interactives, les hologrammes, l’eSport, etc. Les clubs peuvent donc laisser libre court à leur imagination et leur créativité. Le College Football Hall of Fame a surfé sur cette vague et se positionne aujourd’hui comme l’un des meilleurs musées digitalisés.

Le musée est un axe de développement non négligeable pour une structure sportive que ce soit pour prolonger l’expérience fan ou engendrer de nouveaux revenus. Le développement d’un musée doit être réfléchi assidûment pour offrir une expérience complète et ludique pour s’adresser à un public large : petits et grands, fans ou étranger du club.

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