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INTERVIEW : bFAN, l’appli mobile qui anime les communautés de fans dans les clubs

À l’heure où le digital est partout et presque indispensable pour les clubs, nous avons discuté avec Nicolas Mencière, co-fondateur de bFAN.

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A l’heure où le digital est partout et presque indispensable pour les clubs, nous avons discuté avec Nicolas Mencière, co-fondateur de bFAN, une startup qui aide les clubs à animer leur relation avec leurs fans. Découvrez leur concept.

 

Salut Nicolas, peux-tu nous présenter bFAN et en quelques mots ? 

bFAN permet aux ligues et aux clubs professionnels d’offrir et de faire vivre à leurs fans des expériences inoubliables.

Plus concrètement, c’est une application mobile pour le club, gratuite pour les fans, sur laquelle le club peut poster grâce à notre plateforme de “fan engagement” du contenu varié dans le but de transformer  l’expérience de ses fans. Cette application offre aux clubs un nouveau moyen de communiquer, de fidéliser leurs fans, mais aussi de mettre en avant leurs sponsors en offrant de nouveaux espaces digitaux.  

Quelle est la cible exactement pour bFAN ?

Nous ciblons spécifiquement les clubs professionnels par équipe où la notion de communauté de fans est particulièrement importante  mais aussi les évènements ponctuels ou récurrents qui auraient la nécessité d’une appli mobile. Nous leur fournissons une appli clé en main en vraie marque blanche (NDLR : la marque bFAN n’apparaît nulle part) aux couleurs du club.

S’il y avait un gros avantage à l’utilisation de bFAN par les clubs à mettre en avant, lequel serait-il ?

bFAN offre beaucoup d’avantages pour les clubs, le premier étant que le club va disposer d’une application mobile professionnelle similaire à celles de gros clubs (PSG, Monaco) mais à une fraction du coût. De plus, le club obtient automatiquement les dernières fonctionnalités, mises à jours et bug fix. Une application de test est délivrée en quelques jours et une fois le contrat signé, elle est disponible en quelques semaines dans les Google et Apple stores. Il n’y a donc aucun risque ou surprise pour les clubs.

Ensuite, le club peut grâce à l’application faire participer les fans aux matchs grâce à un système innovant de gamification et de fidélisation.

C’est aussi un outil qui permet au club de créer de “l’User Generated Content” (du contenu généré par les fans eux-mêmes) et d’ensuite le réutiliser sur les réseaux sociaux.

Pour finir, et ce point est particulièrement important pour les clubs, leurs partenaires peuvent être mis en avant au sein de l’appli aux travers de divers espaces digitaux.
L’appli n’est donc plus un coût, mais une source de revenus pour eux. Un aspect tout particulièrement intéressant pour des budgets souvent limités.

L'application mobile bFANbFAN

L’application mobile bFAN

Quel est l’avantage de bFAN pour les fans ?

Avec bFAN, le fan est le grand gagnant. Il a la télécommande du match entre les mains. Il est en contact avec l’équipe en permanence. Il  obtient des informations en live, reçoit des push notifications et participe aux décisions et à la vie du club.
Par exemple, le club peut demander aux fans de prédire le score à la mi-temps ou encore de répondre à des sondages. Et plus le fan s’investit avec le club, plus le club peut directement reconnaître sa fidélité en lui faisant vivre des expériences uniques comme rencontrer des joueurs ou gagner des cadeaux uniques comme le maillot autographié par l’équipe.

Comment vous est venue l’idée de concevoir une application mobile pour aider les clubs à animer leur communauté de fans ?

Nous avons commencé à réfléchir avec mon partenaire Jean de Boysson à un concept dans le sport il y a quelques années. Au fur et à mesure du temps l’idée a évoluée jusqu’en 2014/2015 où nous avons réalisé que très peu de choses étaient faites pour les fans. Nous avons alors décidé de lancer bFAN.

Au contact des clubs, nous nous sommes rendus compte qu’il y a également un besoin fort chez les clubs d’avoir leur propre application mobile pour interagir avec leurs fans mais leurs budgets sont limités. C’est ce qui a fini par solidifier notre offre : un produit haut de gamme mais clé en main et accessible par tous les clubs.   

On peut dire que c’est une bonne idée, alors concrètement, comment l’application est-elle accueillie par les clubs ?

Nous avons de très bons retours par les clubs à qui nous avons présenté bFAN. C’est pratiquement 100% de retours positifs. Les clubs ont compris qu’il y a une réelle utilité, un vrai besoin de la part de leurs fans de bénéficier d’une solution digitale comme la nôtre. Ils ont aussi des  contraintes de modernisation qui sont imposées par leurs ligues et un besoin d’attirer un public toujours plus jeune.

La plateforme de gestion bFANbFAN

La plateforme de gestion pour le club, similaire à l’univers WordPress

Par contre, le cycle de vente dans un club est un peu long, cela s’explique car les décisionnaires sont parfois différents et difficilement accessibles. Mais l’intérêt d’un nouveau moyen de diffuser du contenu et ainsi de le monétiser en ciblant le public suscite un réel intérêt.
C’est aussi une solution envisageable pour augmenter son taux de remplissage, le nombre de partenaires et les revenus en matchday et hors matchday.

Comme beaucoup de projets dans le sport, je sais que bFAN est un véritable projet d’équipe. Peux-tu nous en dire plus à propos des personnes qui mènent ce projet ?

Comme je l’ai dit plus haut, nous sommes deux co-fondateurs : moi-même (Nicolas Mencière) et Jean de Boysson. Nous avons tous les deux une formation technique d’ingénieur informaticien. Jean a fait l’INSEAD et EPITA, une formation plus business tandis que j’ai fait EPITECH et un Master aux USA plus technique de chef de projet.
Nous nous sommes rencontré à New York, où nous avons travaillé dans la même entreprise : Morgan Stanley, une grande banque d’investissement.

Nous sommes aujourd’hui une équipe de 8 membres principalement tech mais nous sommes en train de développer l’aspect commercial.

Nicolas et Jean, les deux co-fondateurs de bFANbFAN

Nicolas et Jean, les deux co-fondateurs de bFAN

Concernant l’aspect financier, avez-vous reçu des soutiens ou des aides particulières lors du lancement de votre start-up  ?

Non, aucunes, car nous sommes encore très jeunes. Nous n’avons participé à rien aujourd’hui, mais peut-être prochainement.

Comme pour YPPA, c’est peut-être encore un peu tôt, mais avez-vous obtenu des prix ou des récompenses particulières pour ce projet ?

Pas encore mais on espère bientôt 🙂 Cependant nous avons été mentionnés dans le magazine SportTechie aux Etats-Unis en juin dernier. L’article est à lire ici.

Actuellement, vous êtes présent au Tremplin, l’incubateur de startup du sport numéro 1 à Paris, mais quelles sont vos ambitions à court et plus long terme ? Comment vois-tu bFAN dans 5 ans ?

Le Tremplin nous permet aujourd’hui de bénéficier d’un accompagnement exceptionnel et d’une forte émulsion entre startups du secteur. À terme, il est très probable que nous irons nous implanter ailleurs pour des raisons d’espace avant tout. A 5 ans, nous visons une internationalisation assez rapide vers l’EMEA (Europe, Moyen Orient, Afrique) qui nous permettra de développer une expérience globale et de devenir un leader de l’expérience fan.

L’EXPÉRIENCE FAN DE MANIÈRE GÉNÉRALE – POINT DE VUE
En tant que spécialiste, acteur du sport mais aussi fan, que penses-tu de l’expérience spectateur dans les stades aujourd’hui ?

Pour moi, il y a de gros progrès à faire. Beaucoup de choses sont à construire, c’est certain. Il faut certainement s’adapter au cas par cas et prendre les meilleures décisions.

“Je pense que l’expérience actuelle du supporter est supérieure devant sa TV que lorsqu’il est au stade et nous voulons changer ça.
En France, le match reste l’élément numéro 1. L’événement ne doit pas être centré uniquement sur l’opposition des deux équipes. Qui dit spectateur dit spectacle. Il faut donc du show.
Nous savons que la population est vieillissante, il faut donc une vraie stratégie pour attirer les plus jeunes et s’adapter à eux et à leurs exigences. Le prochain virage à négocier est celui du recrutement de la nouvelle génération.”

Même si le modèle américain n’est pas forcément adapté au modèle français, il y a des best practices à suivre et ainsi s’inspirer. Notamment les animations avant pendant et après le match. Faire du match un événement dans un événement et ainsi faire venir les gens 1 heure avant le coup d’envoi et les faire repartir 1 heure après. Tout cela dans le but d’améliorer l’expérience stade et d’augmenter les revenus.

Selon toi, les clubs sont-ils suffisamment actifs pour remplir leurs stades et séduire un public plus large ?

Clairement, je pense que non. Dans l’hexagone, l’accent est trop porté sur les joueurs et le résultat sportif, ceci comme unique clé de succès et de croissance.  

Les efforts des clubs ne se concentrent pas suffisamment sur faire grandir la fan base préférant investir sur le recrutement des meilleurs joueurs et meilleurs coachs. Ils n’ont souvent pas une vision de l’expérience fan comme axe de profit mais à l’inverse une visibilité à court terme. Alors que plus il y a de fans, plus le club rayonne et obtient des revenus.

Selon moi, les clubs ont de réels efforts à fournir : remettre le fan au centre de l’événement, car c’est le grand acteur du club, il en est membre, il parle, véhicule l’image et donne un intérêt à la venue de partenaires.

Notre application répond à deux de ces aspects : la communication et la création de liens forts entre le club et ses fans, ce qui augmente la notoriété du club.

Tous les vendredis, nous proposons une nouvelle idée expérience fan dans notre rubrique #FridayIdea. Aujourd’hui, c’est à ton tour d’être sollicité. Quelles idées pourrais-tu proposer pour dynamiser l’expérience du spectateur dans le sport ?

J’aimerais le rendre actif et moins passif notamment sur l’avant, pendant, et après match. Comme ce que l’appli bFAN propose ou encore via un concept novateur comme celui des Screaming Eagles que l’on découvrira en détail prochainement dans un grand dossier sur Fanstriker (les fans sont décisionnaires des choix, donnent leur avis, partagent des idées et vivent une expérience augmentée).
Remettre le fan au cœur du spectacle en lui donnant de la visibilité, et en lui offrant une expérience inoubliable.

Les fans se plaignent de leur faible pouvoir de décision, pour preuve, la dernière Fan Story de Charlotte, une fan du RC Lens qui le dit très bien. Il serait peut-être bon d’augmenter leur capacité de décision pour leur équipe. Ou en partie pour le recrutement par exemple.

Enfin, pour conclure, nous avons l’habitude de demander à chaque personne que nous rencontrons de nous donner une idée pour la prochaine interview des acteurs du sport ? Quel point de vue souhaiterais tu connaître sur le sujet de l’expérience fan ?

J’aimerais connaître la vision des community managers des clubs, ils sont vraiment au contact des fans. J’aimerais avoir la vision de ces personnes, dans plusieurs sports différents. Comment s’organisent-ils, existe-t-il des différences entre les pays, ou alors existe-il des problématiques similaires.

Et deuxième axe intéressant à étudier, du côté des partenaires des clubs. Pourquoi s’engagent-ils dans un club et qu’attendent-ils en contrepartie. Aimeraient-ils avoir des choses en plus.

Vous avez peut-être déjà pu utiliser cette application en marque blanche sans le savoir à l’occasion du Hand Star Game, ou vous aurez certainement l’occasion de le retrouver prochainement dans certains clubs. 
Merci Nicolas pour cette interview des acteurs du sport.
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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

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Interview : Eric Hirschi “le speaker, la passerelle entre le club et les fans”

Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

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eric hirschi interview

Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

 

Dans un événement sportif ou non, l’animateur, le speaker, possède un rôle central dans l’expérience du public. Nous avons échangé avec Eric Hirschi via un tweet au sujet d’un speaker allemand. Eric étant lui même speaker pour le Montpellier Handball, le Basket Lattes Montpellier et le Narbonne Volley, nous lui avons proposé de réaliser une interview. Celui qui se décrit comme un chef d’orchestre dont les supporters, la mascotte, les bénévoles et le public sont comme ses instruments, nous partage sa vision sur ce rôle clé de l’expérience des spectateurs. 

Bonjour Eric, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Eric Hirschi, j’ai 48 ans, un parcours un peu atypique puisque j’ai commencé à parler dans un micro à 8 ans sur la baraque foraine de mon grand père. J’ai commencé la radio à 12 ans, travaillé à 13 ans pour le groupe NRJ puis vécu 1 ans en Chine. J’ai été animateur radio, télé, humoriste, producteur, manager d’artistes et de concerts. J’ai toujours travaillé dans le divertissement et j’ai toujours été un grand fan de sport.
J’ai commencé à allier les deux en produisant des fans villages pour diverses compétitions de sport auto en France et en Europe. Je me suis concentré sur le sujet du sportainment depuis 5 ans en devenant dans un premier temps speaker du Montpellier Handball. 

Tu es aussi le speaker de 3 clubs dans 3 sports différents. Ce n’est pas trop dur à gérer ?

Si tu aimes bien dormir … si ! (rire). Non en fait pour moi c’est plutôt une chance, chaque sport étant différent, cela me permet d’avoir une vision très étendue de ce métier, et m’aide à trouver de nouvelles idées, de ne pas m’enfermer dans un style et toujours me remettre en question tous les jours.
Ensuite mon objectif dans ce métier étant d’innover, cela me permet de faire avancer mon projet de formation. Dans chaque club pour lequel je travaille, j’ai un double, et cela m’aide à comprendre comment transmettre. 

Entre ces clubs et ces sports, est-ce que tu remarques des différences, dans le comportements du public, les attentes des clubs ou autres ?

Chaque sport a ses gimmicks. Il y a bien-sûr des dénominateurs communs, le concept du protocole par exemple. Chaque club a son histoire, ses traditions et puis aucun club ne me demande la même chose. Au Montpellier Handball (MHB) par exemple, qui a déjà développé une solide expérience du spectacle sportif avec Marc Henri Hammard et Suzy Demonthe, mon rôle est plus sur la forme, je travaille beaucoup sur ma voix, ma rythmique, je m’inscris dans des scénarios et activations terrain déjà créés.
Quand je suis arrivé au Basket Lattes Montpellier-Méditerranée-Métropole Association (BLMA), la page entertainment était vierge. Il a fallu fédérer une équipe autour de moi, accompagner le club dans cette transformation nécessaire.

Dans une interview récente pour l’indépendant, tu dis que le volley est “pour toi le sport le plus difficile à animer”. Pourquoi ça ? 

Pour différentes raisons que je qualifierais de techniques, un match de volley se joue en 3 sets de 25 points gagnants, nous savons quand il démarre, jamais quand cela se termine. Ensuite un échange dure entre 10 secondes et 1 minute et tu as environ 20 secondes entre chaque échange. Donc sur un match tu peux avoir plus de 150 instants de 20 secondes à combler. Il est donc difficile de maîtriser l’énergie que tu dois donner durant le match. 

Au sein de l’équipe Fanstriker, nous croyons très fortement que le speaker représente un facteur clé avec la mascotte pour que l’expérience match des spectateurs soit positive. Qu’en penses-tu ?

Je pense que le speaker que je suis vous remercie (rire) ! Je vais même aller plus loin, nous sommes à l’heure de l’image et du storytelling, le speaker doit être la passerelle, entre les fans, les supporters, le club, les joueurs, etc. Je milite pour que le contenu vidéo puisse être “incarné” par le speaker la semaine et être le lien afin que le public le retrouve le week-end.
Durant le match le speaker est un chef d’orchestre qui se doit de faire le lien entre les supporters, les spectateurs qui viennent, peut-être pour la 1ère fois voir un match et qu’il faut accompagner, pour ne pas qu’ils se sentent en décalage. Les fanfares, la régie vidéo, la musique, etc. cela fait un sacré bel orchestre non ?
J’écris ma partition sur un bon vieux fichier excel, où tout est minuté et programmé, tout en gardant à l’esprit que chaque séquence peut évoluer en fonction de la physionomie du match. Concrètement on prépare par exemple deux animations pour les ¼ temps, une animation dans le scénario où l’équipe est devant, puis une animation où notre équipe est menée au score. 

Je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.

Selon toi, “il faut aller chercher les gens, les amener doucement vers la culture du sport spectacle sans les brusquer non plus”. Comment fais-tu ?

Je crois que nous sommes dans une ère de la transformation de nos modes de consommation. Les événements sportifs ne dérogent pas à cette règle. Mais je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.
Dans un stade ou une salle, tu as différents publics : les supporters qui ont leurs codes, leur routine. Ensuite tu as les fans, ceux qui aiment avant tout le sport et vont parfois voir plusieurs matchs de plusieurs clubs, et enfin des spectateurs qui eux peuvent être là, car tu es en Play-Off ou parce que tu reçois une très grosse équipe, mais ne connaissent pas forcément, ni le club, ni même parfois les règles du jeu.
J’utilise souvent la vidéo, pour expliquer les règles et expliquer comment le public doit interagir en fonction des phases de jeux.

Quels liens entretiens-tu avec les fans de ces 3 clubs ?  

Avec les supporters il est capital de les connaitre, de partager avec eux, avant, pendant, après. Ce sont souvent d’eux que beaucoup de choses partent.
Personnellement, je n’ai pas à me forcer sur ce point, car ce que j’aime dans le sport, c’est la passion qu’il procure, je suis fasciné, par exemple par les Blue Fox, les supporters du MHB, capables de faire 48h de bus A/R pour un match de 30 minutes.

Pour les fans et les spectateurs, je mets un point d’honneur à être aux entrées ou faire le tour du stade, dès l’ouverture, pour leur dire bonjour, leur souhaiter la bienvenue, créer un lien avec eux. C’est important pour moi de “sentir” le public et passer du temps avec ceux qui arrivent tôt me semble être une marque de politesse. 

Nous sommes allés au LOSC il y a quelques mois et nous avons remarqué qu’ils possédaient deux speakers (une femme et un homme). L’un deux était en bord de pelouse tandis que le second était dans les tribunes et les coursives au contact du public. On trouve ce modèle très intéressant pour plusieurs raisons que nous développerons dans un article dédié aux speakers. Que penses-tu de ce modèle ?  

Très fan de l’idée, je connais un peu Charlee, je suis son travail et elle a une vraie personnalité, un vrai univers et elle apporte réellement quelque chose. 
Je suis actuellement sur une réflexion dans ce sens, et si la notion de “voix du club” était un peu dépassée, ne serait-il pas plus intéressant d’avoir une team de 2 ou 3 speakers qui en fonction des matchs puissent interchanger, travailler seul ou à 2 voir à 3 sur une finale. 

https://twitter.com/fanstriker/status/1118147558625484800?s=20

Nous sommes dans une société qui se lasse très vite, un supporter qui se déplace pour voir une saison entière, voit entre 25 et 30 matchs. Ce qui serait intéressant serait de pouvoir changer, étonner, autour d’un socle, mais que le fan, se dise : “Chouette ! que vais-je voir cette fois-ci ?”.

Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

Techniquement, avec les caméras, le son, c’est compliqué pour un speaker de se rendre en tribune ?  

Non pas du tout, depuis 3 mois, je travaille avec des air monitor (ndlr : des oreillettes sans fil), j’ai un casque sans fil avec mon retour dedans, les caméras HF existent. Au BLMA où j’ai la chance de travailler avec Léo, un petit génie de l’informatique, j’ai même la possibilité de retransmettre sur l’écran ce que je film avec mon téléphone.
Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires, nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de femmes dans ce milieu ? Ne penses-tu pas que si une femme était speakerine cela inciterait davantage de femmes à venir assister au match ou à un événement ?

Je ne suis pas sûr du rapport de cause à effet. Bien-sûr, je milite pour plus de femmes, mais comme il y a peu de présidente de clubs, d’entraîneurs, de responsable marketing, etc.
Pour ce qui est des speakers, personnellement le sexe pour moi n’est pas une question. Ce qui m’intéresse c’est ce que la personne peut apporter, son personnage, son univers, c’est avec cela que l’on construit. Quand je décide de travailler avec NJ au BLMA ce n’est pas parce que nous sommes dans un club de basket féminin et que je me dis : “il nous faut une fille, NJ à un vrai univers elle est djette, et elle a déjà joué au basket”.

On était récemment avec le Paris Basketball pour le match du nouvel an chinois à l’AccorHotels Arena, et les deux speakers créaient très régulièrement l’interaction avec le public à travers des activations simples, ludiques et engageantes. On remarque cependant que la majorité des activations réalisées par le speaker dans un événement sportif ne sont pas vraiment interactives. Es-tu d’accord avec ça ? 

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public. Si j’ai une annonce commerciale sur un match, j’essaye de trouver l’angle pour parler à la salle. Je peux aller voir un enfant, parler avec lui. L’interaction peut être simple avec un fan ou plus complexe avec tout le stade ou la salle.

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public.

Une autre situation qui nous interpelle souvent. Dans de nombreux événements, il s’agit de la même personne (le speaker) qui anime le match et donc le grand public puis ensuite anime les espaces hospitalités du club avec cette fois un public très porté VIP et entreprises. Pour nous, ce sont deux types profils assez différents et donc on a du mal à comprendre. Ça ne te parait pas étrange ?

Dans un monde idéal, il y a deux voire trois speakers, des caméras, un dj, etc. Mais une fois que l’on a pensé à tout cela, il faut sortir la calculatrice et c’est là que le bas blesse. Après je ne suis pas fan d’avoir un speaker salle, et un speaker VIP. Nous avons déjà beaucoup de mal à faire en sorte que les partenaires qui sont là pour faire du business, soient présents dans les tribunes pour le début du protocole ou à la reprise de la seconde mi-temps, donc selon moi, nous avons besoin de les intégrer complètement dans l’expérience supporter. 
Encore une fois le speaker doit être le lien entre le club et les fans, les supporters ou les partenaires.

Une question simple mais comment devient-on speaker ?  

Ce que je vais te répondre aujourd’hui ne sera sans doute plus d’actualité demain. 
Historiquement ce sont des bénévoles du club qui ont pris en premier les micros. Dans beaucoup de clubs c’est encore le cas. J’ai chaque année 5 à 6 clubs qui me disent vouloir se professionnaliser et particulièrement sur ce poste, ce qui ne signifie pas que les bénévoles ne faisaient pas bien le taf, heureusement qu’ils étaient là, mais encore une fois notre société évolue. Depuis quinze ans environ, les 1er clubs ont commencé à faire appel à des animateurs professionnels, aux parcours divers (animateur commercial, radio, journaliste, etc.). 

Quels sont les critères pour déterminer qu’un speaker est bon ?

Pour moi c’est avant tout sa personnalité et la capacité qu’il a à se renouveler, à créer un univers et un style qui lui soit propre.  

Dans ton métier, où trouves-tu de nouvelles inspirations ?

J’essaye avant tout de créer mon style, qui est un condensé de ce que je suis. Mes influences sont très très variés, des films comme The Mask, ou Cabaret, je regarde beaucoup de concerts. Je suis allé prendre deux ou trois bricoles chez Shaka ponk. Sur la rythmique, je m’inspire beaucoup de la radio. Sur la programmation musicale, j’ai repris ce que j’ai appris là aussi en radio. Après je reste fan de l’américain Jimmy Fallon. 

Tu développes actuellement un concept intitulé NOOR qui a pour but d’accompagner des clubs de sports dans le sportainment.   

Oui, en priorité la réflexion s’est portée sur les clubs professionnels non médiatisés, car ce sont eux qui ont le plus de besoins. 
Pour l’heure nous avons mis en place depuis 1 an un laboratoire d’idées autour de 10 clubs à Montpellier, afin de répondre à 3 objectifs : Accompagner les clubs, dans leur quotidien et comprendre leurs besoins, mutualiser les ressources afin d’avoir une réflexion qui soit transversale et non verticale. Et enfin innover afin de ne pas reproduire ce qui est fait en Ligue 1, Top 14, LidlStarligue et ouvrir le partenariat sportif à d’autres types d’entreprises.
Trouver des partenaires quand tu as 500-1000 fans c’est compliqué pour un club. Alors nous avons réuni 10 clubs, soit une communauté totale d’environ 12000 à 13000 fans, cela change la donne.

Plus concrètement nous distribuons jusqu’à 700 places par semaine pour assister à des évènements sportifs. Nous avons ouvert des passerelles de collaborations entre les clubs et les écoles, avec un système de junior entreprise sur des problématiques précises pour les clubs. Nous avons mis en place avec un de nos partenaires un système de LOA pour les écrans vidéos. Nous développons des outils (base musicale, design sonor, storytelling et scénario mascotte, etc.).
Nous nous trompons souvent mais nous créons tous les jours. Un de nos objectifs est de pouvoir, demain intégrer des start-up et être un laboratoire pour les clubs élites. Nous avons fini notre phase de preuve de concept et nous préparons la partie “industrialisation” sur une dizaine de solutions scalables. 

Dans ce projet, il y a également le lancement prochainement de la 1ère formation au métier de speaker.

Cela fait partie des solutions de NOOR, je me suis rendu compte que les clubs élites avait créé beaucoup de nouveaux métiers, des clubs qui n’ont pas forcément les moyens financiers d’avoir de gros staffs, souhaitent toutefois se professionnaliser. L’idée est donc de créer une formation diplômante et reconnue, adossée à un diplôme existant de gestion d’événement sportif option speaker. 
Nous pourrons ainsi répondre concrètement à un réel besoin de personnel capable de parler dans un micro, mais également de gérer des réseaux sociaux, de créer des activations terrain, accompagner les bénévoles dans leurs missions avec bienveillance, ou connaître le périmètre des collectivités locales. Nous ne parlerons sans doute pas de speaker, mais de sportaineur. 

Avec ton expérience de 6 ans dans l’entertainment sportif et un peu de recul, as-tu pu constater une évolution dans la façon de proposer des expériences aux fans par les différents acteurs avec qui tu as pu travailler ?

L’évolution majeure est sans doute la prise de conscience généralisée, du besoin de faire quelque chose et d’évoluer vers le spectacle, même si parfois cela peut être encore flou chez certain, je reste persuadé que le sportainement à un très grand avenir et que la France sera un des acteurs majeurs en Europe, car notre marché est particulier. À la différence d’autres pays, comme l’Allemagne où il y a une véritable culture du supportérisme, la France, comme souvent, est plus complexe et donc nous avons de véritables défis à relever.
Ce qui nous manque encore c’est une vision 360°, des architectes de l’expérience supporters en quelque sorte.

Toujours dans l’interview pour l’Indépendant, tu indiques que “tous les clubs qui ne prendront pas le même modèle que Narbonne auront énormément de mal dans les années à venir”. Peux-tu détailler davantage ce point ? 

Ce n’est pas moi qui le dit c’est l’excellente étude réalisée par OLBIA, qui précise que le modèle économique du sport de demain, dans un monde où les subventions des collectivités diminuerons, est d’être propriétaire de sa salle ou de son stade. J’ajouterais qu’au regard de l’évolution des contrats sportifs, des besoins en communication et en évènementiel, les besoins financiers seront de plus en plus importants. Ne parler uniquement qu’à ses supporters et fans et partisans de son sport, limite forcement le nombre de spectateurs potentiels ou nouveaux spectateurs potentiels. Il faut donc ouvrir à d’autres cibles à qui nous ne parlerons pas uniquement performance et résultat sportif, mais facilité de parking, animations, spectacle, musique, etc. 

On arrive vers la fin de cet échange intéressant mais avant ça, si tu pouvais passer un message à tes compères ou futurs compères speakers, que leur dirais-tu ?

Que c’est sans doute un des plus beaux métiers et que nous avons de la chance de pouvoir le faire. Nous devons en prendre soin et nous remettre en question et innover chaque jour sans oublier de créer nos univers.

Dernière question mais probablement la plus délicate, quelle est ta propre définition de la fan expérience ? 

Faire rire la mère de famille, que les enfants demandent en partant “quand ils reviendront voir la mascotte” et que le père se demande d’où vient cette bonne bière. 
Nous sommes là pour que tout le monde passe un bon moment surtout en cas de défaite de l’équipe.

Merci à Eric pour le partage de son métier et de sa vision de l’expérience des spectateurs. 
Crédit photo : bressonphotos 

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