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INTERVIEW : Benjamin Roumegoux, (Chamois) : “Le samedi, le public est différent”

Première partie de notre trilogie sur l’expérience fan chez les Chamois avec l’ITW de Benjamin Roumegoux, le responsable commercial du club niortais.

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Les Chamois Niortais (Domino’s Ligue 2) nous ont ouverts la porte de leur expérience fan lors de la réception du Stade Brestois, le 14 avril 2017. Pour cette occasion, nous diviserons ce dossier spécial en trois parties. Aujourd’hui, nous commençons avec l’interview de Benjamin Roumegoux, le responsable commercial du club.

 

Bonjour Benjamin, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos passionnés d’expérience fan ?

Bonjour Fanstriker, je m’appelle Benjamin Roumegoux, j’ai 30 ans et je suis le responsable commercial du club des Chamois Niortais depuis deux ans. Je suis diplômé d’un Bachelor de Kedge Bordeaux puis d’un Master spécialisé dans le sport à Kedge Marseille.
Avant d’arriver à Niort, j’ai eu plusieurs expériences dans le sport, aux Girondins de Bordeaux (Ligue 1) chez Puma ou encore chez Airness.

Pouvez-vous nous présenter le club des Chamois Niortais ?

Les Chamois Niortais est un club qui fête, cette année, ses 91 ans et qui évolue en Domino’s Ligue 2 de football pour la 30ème saison au total. Nous sommes un club de Ligue 2 par excellence puisque nous n’avons évolué en Ligue 1 qu’une seule saison il y a 30 ans tout juste, en 1987-1988.

Comment le club est-il organisé pour compléter l’offre et l’expérience du spectateur ? Y a t-il un service dédié ?

Le club est encore assez novice en la matière. Il n’y a pas une personne en particulier en charge de l’expérience fan, elle implique tous les services du club : la communication, le marketing  ou encore le commercial.

Nous allons interviewer une fan du club prochainement, mais si l’on devait faire un profil type du supporter niortais, quel serait-il ?

Je dirais qu’il y a deux typologies de fans au stade. D’un côté le grand public, qui vient d’un milieu modeste, populaire et qui représente les valeurs du club. De l’autre, nous avons un public lié aux partenaires car nous avons un tissu économique local assez important.
La particularité de Niort est qu’elle est la 3ème place financière française derrière Paris et Lyon. Ce n’est pas rien pour une ville d’à peine 60 000 habitants. Finalement, si je devais définir le profil type du supporter niortais, ce serait un homme de 50-60 ans. 

Autour de la ville de Niort, les grandes villes de sport que sont Bordeaux et Nantes sont assez éloignées (1h30 à 2h de route). Plus proche de vous, il y a Poitiers qui possède un club en Pro B de basket et La Rochelle et son équipe de TOP 14 de rugby, qui ne sont qu’à une petite heure. Est-ce que cela a un impact sur l’affluence à René Gaillard ?

Honnêtement, non. D’ailleurs, nous travaillons beaucoup avec le Stade Rochelais et le Poitiers Basket 86 sur des événements que nous organisons depuis deux saisons. Nous échangeons entre nous car il est intéressant de voir ce que font les autres sports. Bien sûr, le Stade Rochelais (qui a multiplié les sold-out cette saison) est un exemple parce qu’il ne faut pas oublier que le club, il y a une dizaine d’années, c’était 2 000 spectateurs dans un stade un peu vieillot. Nous nous reconnaissons dans ce club et nous aimerions beaucoup lui ressembler aujourd’hui. Dans le Niortais, il n’y a pas de grande concurrence, nous avons une équipe de handball féminin qui est en Division 1 (Celles-sur-Belle) et un club de rugby en Fédérale 2 (Stade Niortais Rugby). Au niveau du produit football, vous avez cité les Girondins de Bordeaux et le FC Nantes qui sont éloignés, il n’y a donc pas vraiment de concurrence à proprement parler sur ce terrain. Ni même avec le Stade Rochelais et le Poitiers Basket 86 puisque nous avons la chance de ne pas jouer les mêmes jours.

Stade René Gaillard - Niort@coraliedenoues (Twitter)

Stade René Gaillard – Niort

Le stade René Gaillard peut accueillir jusqu’à 11 352 personnes. Cette saison, quelle est l’affluence moyenne ?

La capacité totale est bien de 11 352 mais nous bâchons les virages du stade, ce qui fait que la capacité commerciale est à 6 600 spectateurs. Depuis que la “Licence club” n’impose plus d’être à 10 000 places minimum nous ne proposons plus les places en virages à la vente pour avoir une affluence plus importante. Aujourd’hui, nous sommes aux alentours de 4 000 spectateurs de moyenne sachant que nous avons trois matchs important à venir avec ce soir Brest puis Reims et Strasbourg. Cela devrait nous placer parmi les dix premières affluences de Domino’s Ligue 2.

Le jour et l’horaire de programmation de la rencontre ont-ils un impact sur l’affluence ?

Très clairement, oui. Quand nous jouons le samedi après-midi, nous voyons que le public est différent, nous arrivons à attirer plus de familles par exemple. Par contre, il y a beaucoup moins de partenaires présents. Pour le côté commercial, le vendredi soir est plus adapté. Nous avons plus de 1 000  business seats, ce qui est notre cible principale puisque cela représente 80% de notre chiffre d’affaires.

Le stade René Gaillard possède une particularité qu’il partage uniquement avec le Stade de France et le Stade Louis II de Monaco dans le football professionnel français : sa piste d’athlétisme. Est-ce qu’il s’agit d’un inconvénient important dans le cadre de l’expérience spectateur ?

C’est très clairement un point négatif du stade, si ce n’est LE point négatif. Nous souffrons du fait que ce ne soit pas un stade de football, mais un stade omnisports. Le spectateur est à près de 30 mètres du spectacle. De plus, nous devons cohabiter avec le club d’athlétisme. Pour la petite histoire, hier (NDLR : jeudi 13 avril, veille du match), il y avait un entrainement au lancer de javelot sur le terrain du stade René Gaillard, la veille d’un match de Domino’s Ligue 2. C’est difficile à croire à un tel niveau et c’est un vrai souci aujourd’hui. C’est notamment ce qui a motivé l’activation d’un projet de nouveau stade.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus au sujet de ce projet de nouveau stade ?

L’idée du nouveau stade est d’avoir un outil fonctionnel qui nous permette de l’exploiter au quotidien, 365 jours par an et d’attirer un public nouveau. En termes de capacité totale, l’idée serait de le porter à 8 500 places.

Un “petit” stade mais un stade plein, modulable jusqu’à 12 000 places en cas d’accession à la Ligue 1. Il y aurait trois tribunes fonctionnelles pour les spectateurs et une tribune-bâtiment qui nous permettrait d’accueillir, pourquoi pas, une brasserie, un five, une garderie… Nous hésitons entre une rénovation et un nouveau stade à côté du stade existant. Nous aurons des réponses à ce sujet d’ici le mois de juin et l’étude de faisabilité sur le site de René Gaillard. 

Pour revenir sur le jour de match, existe-t-il des animations mises en place avant et après la rencontre ?

Ponctuellement, oui. Je ne l’ai pas encore précisé mais nous travaillons avec le consortium G2 Strategic. Étant un petit club, nous nous sommes accordés sur le fait qu’il était plus important pour nous de mettre en avant trois ou quatre matchs de gala plutôt que de s’efforcer à faire des animations lors de chaque rencontre. 19 matchs, pour nous, c’est impossible à tenir en termes budgétaire et de ressources humaines.

Comme type d’activation, nous mettons en place la Terrasse, qui rejoint la discussion concernant la piste d’athlétisme. Il s’agit d’une prestation qui exploite la piste d’athlétisme, ce qui nous permet d’être à 3 mètres du poteau de corner. Ce type de prestation, que nous délivrons sur une dizaine de matchs, nous permet de toucher un public différent qui ne vient pas pour voir le côté tactique du match mais plutôt pour passer un moment convivial. Nous faisons d’autres actions plus classiques comme des villages d’animations pour les enfants, des opérations autour du match de Noël. Nous avons quelques idées à développer pour la saison prochaine pour attirer le public féminin et étudiant puisque nous travaillons avec l’IAE de Niort depuis cette saison. L’idée générale est d’aller chercher le public féminin, familial et étudiant. 

Quelles actions à destination des supporters mettez-vous en place durant la rencontre ?

Assez peu d’actions pour cette saison. Nous mettons en place des animations liées à un partenaire puisque nous avons la particularité d’avoir un partenaire match quasiment à chaque rencontre. Sinon nous avons des animations assez classiques. Nous faisons venir des groupes qui animent et mettent l’ambiance dans le stade, ce sera d’ailleurs le cas pour la réception de Strasbourg. Nous avons également un groupe de hip-hop qui anime l’avant-match et la mi-temps mais nous réfléchissons à un challenge à la mi-temps avec une grande marque pour faire une activation assez sympa et décalée, qui n’a pas encore été faite.

Animer le stade est un vrai enjeu pour nous parce qu’aujourd’hui, puisqu’il n’y a pas d’animation d’avant-match, les supporters arrivent très tard au stade. Nous aimerions donc rajouter de l’animation avant le match et à la mi-temps pour que la vie du fan soit différente et plus rythmée.

Quelles actions mettez-vous en place pour rester au contact de vos supporters au quotidien ?

Notre parti pris est d’avoir une communication décalée. Nous avons un community manager qui est en charge de la communication depuis le mois de septembre et qui est pleinement au club, ce qui est une nouveauté puisque la personne qui s’en occupait jusque-là était extérieure au club. Nous en avons profité notamment lors du match contre le PSG pour faire parler de nous et nous placer comme un trublion du football. Pour nous, c’est le seul moyen d’exister aux côtés des gros clubs français et de pouvoir se placer comme un club sexy et sympa. C’est comme cela que l’on arrive à attirer les gens et à les engager par des jeux-concours. Mais, de plus en plus, nous essayons de faire gagner des moments “money can’t buy”, des expériences de vie du club et du groupe professionnel. C’est quelque chose que l’on souhaite davantage développer la saison prochaine. Par exemple, cette semaine nous avons organisé un tournoi Fifa avec les étudiants de l’IAE de Niort, car l’eSport est quelque chose que l’on suit aussi pour les saisons à venir. Le duo vainqueur va être intégré dans la vie du groupe professionnel lors de la reprise en début de saison prochaine, va participer à la photo officielle ou encore aux déplacements de l’équipe. 

Ces actions sont aussi des moyens de récupérer des informations sur vos supporters. Utilisez-vous d’autres moyens pour y parvenir ?

Le jeu-concours reste le moyen le plus simple et le plus rapide pour récolter des données. Nous avons la chance aujourd’hui de “connaitre” le public qui vient au stade, notre soucis est d’aller chercher les autres. Le public qui vient au stade nous suit sur Facebook, Twitter ou Instagram, il consomme du Chamois Niortais. Le public que l’on ne connait pas, nous arrivons à le toucher via les tournois Fifa pour les étudiants, via notre rapprochement avec une société qui nous permettrait de rentrer en contact avec une cible plus familiale, via des boutiques ou des grands magasins qui nous permettraient de toucher un public féminin. Aujourd’hui, récupérer les données ce n’est pas forcément une nécessité chez nous puisque nous connaissons déjà notre public, maintenant le plus dur est d’aller chercher les personnes n’étant pas étiquetées “Chamois Niortais”.

Pour prendre un peu de hauteur, est-ce que la Ligue de Football Professionnel sensibilise les clubs à l’expérience fan ?

Oui, la LFP met en place des séminaires liées à la communication, l’expérience fan, l’accueil dans les stades. Notre directeur général fait d’ailleurs partie d’une commission liée à cette dernière problématique. Améliorer l’accueil est vraiment un point important chez nous car notre outil stade n’est pas forcément très accueillant. Nous faisons donc tout pour que les services, les prestations et les interlocuteurs avec le public le soient. On s’attache vraiment à être un club familial et de proximité.

Domino’s Pizza est devenue partenaire-titre du championnat de Ligue 2 cette saison. Des actions sont-elles mises en place entre la marque et le club ?

Non bizarrement la marque n’active que de la visibilité avec la LFP. Nous n’avons rien qui nous impose d’être lié à Domino’s Pizza et, en l’occurrence, nous sommes assez proches d’une autre marque de pizzas.

Quelle est la plus grande source de revenus du club ? Que représentent les recettes match day ?

Aujourd’hui, le budget du club est de 9 millions €. Comme pour les autres clubs de Ligue 1 et de Domino’s Ligue 2, la part la plus importante est liée aux droits TV avec plus de 4 millions d’euros €. Les partenariats représentent un peu moins de 2 millions €. Chez nous la partie matchday n’est pas très développée notamment parce que la structure ne nous permet pas de travailler là-dessus. Le merchandising n’est pas un point que l’on travaille beaucoup car embaucher quelqu’un sur cette mission serait bien plus coûteux qu’intéressant. Nous sous-traitons la partie restauration pour essayer de diversifier l’offre de nourriture et nous allons intensifier cela.

Sur le matchday, à part les revenus liés aux partenaires présents nous pratiquons des prix inférieurs à nos concurrents de Ligue 2. Donc ce n’est malheureusement pas encore là où l’on développe nos revenus mais l’idée est d’avoir un nouvel outil pour le développer, bien entendu.

“Aujourd’hui, le football est en concurrence avec le cinéma, le bowling, les restaurants parce que nous sommes dans la catégorie des loisirs et le public peut hésiter entre ces différents divertissements.”

Pensez-vous que le développement de l’expérience fan puisse permettre aux revenus matchday de devenir la première source de revenu de votre club ?

La plus grande je ne sais pas parce que les droits TV et le sponsoring représentent une telle part que cela est difficile de l’envisager. Mais aujourd’hui on se rend compte que les gens sont demandeurs malgré tout. C’est plus par manque de moyens humains et financiers que nous avons des difficultés à développer la partie matchday. Mais nous avons remarqué des idées intéressantes dans ce sens comme l’application DigiFood qui permet de se faire livrer son repas à sa place. Nous allons d’ailleurs lancer notre application cet été. L’idée est d’avoir une relation au quotidien avec nos fans pour pouvoir développer nos revenus matchday. Nous allons également changer d’équipementier (NDLR : les Chamois ont depuis signé avec ERIMA), ce qui va nous permettre de développer la boutique car son développement va profiter au merchandising.

De manière plus globale, en tant qu’acteur investi mais aussi analyste, que pensez-vous de l’expérience fan en France ? 

Je pense que nous sommes encore en retard sur nos voisins même si, finalement, il reste beaucoup de pays où cette notion n’est pas développée. Alors bien sûr, il y a les Américains et leurs activations toutes les 5 minutes qui est un concept poussé à l’extrême. Je ne sais pas si le public français est prêt à ça mais c’est vrai que créer un spectacle dans le spectacle est quelque chose de très intéressant pour le fan et ceux qui viennent, justement, pour voir un show.

Aujourd’hui, nous sommes en concurrence avec le cinéma, le bowling, les restaurants parce que nous sommes dans la catégorie des loisirs et le public peut hésiter entre ces différents divertissements. Dans le football, la LFP essaye de faire plusieurs choses pour améliorer l’expérience fan, à l’image de la finale de la Coupe de la Ligue 2017 et le show d’ouverture, ils essayent de mettre en place un marketing expérientiel intéressant.

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Est-ce qu’il y a une idée fan expérience qui vous a marquée dans le monde du sport ?

Il y a en plein mais la Kiss Cam est une activation plutôt sympa. Je suis impressionné par le All Star Game et le fait qu’un match puisse attirer du monde pendant trois jours pour différents challenges de lancers, de dunk et autres. Et tout cela sponsorisé bien entendu. Egalement, quelque chose qui, je trouve, est vraiment porteur c’est la mascotte. Cela a beaucoup de sens pour moi et nous sommes, en France, encore un peu retard là-dessus. Il y a plein de choses à faire avec ces mascottes que l’on ne fait pas. Je pense notamment à la mascotte des Chicago Bulls qui fait des trucs de fou à tous les matchs. Encore une fois, je ne sais pas si le public français est prêt pour ce type d’action. Après, en football nous souffrons forcément du fait d’être à l’extérieur, cela ne nous permet pas d’activer autant de choses que les sports de salle. Toujours aux Etats-Unis, quand on voit qu’au Superbowl, en une mi-temps ils arrivent à installer une scène et à mettre en place un concert de Beyoncé ce sont des choses hallucinantes que l’on n’est même pas prêt à imaginer pouvoir faire en France.

Est-ce que vous pensez que les clubs ont la volonté d’investir du temps et de l’argent dans l’expérience fan ? Est-ce qu’ils auront besoin d’être accompagnés ?

Très clairement aujourd’hui ils ne sont pas disposés à le faire parce que les budgets communication et marketing sont les premiers que l’on coupe en cas de besoin. Ou en tout cas les premiers que l’on essaie de ne pas développer, puisque le modèle économique d’un club de football repose beaucoup sur la vente de joueurs. C’est vrai que développer des actions marketing peut être coûteux donc c’est compliqué à mettre en place. Mais oui, je pense que les clubs auraient besoin d’être accompagnés. Nous le sommes par exemple, par le biais de G2 Strategic qui a été mandaté par la LFP et avec qui nous travaillons de manière continue, au-delà de l’accord avec la LFP. Nous avons besoin de conseils et de personnes ayant le recul, l’expertise et l’expérience de G2 Strategic dans le sport américain notamment.

Aujourd’hui on a tous intérêt à s’inspirer des sports américains et d’intérieur car, même si nous avons des problématiques différentes, les meilleures activations ont lieu dans les salles.

Pour finir, quel point de vue sur l’expérience fan aimeriez-vous connaitre lors d’une prochaine interview d’acteurs du sport sur Fanstriker ?

J’aimerais bien voir ce qui peut se faire dans d’autres sports. J’ai par exemple eu la chance d’aller voir ce qui se fait du côté des Boxers de Bordeaux (Ligue Magnus) en hockey sur glace et j’ai adoré la gestion de l’écran géant, du speaker, de la présentation des joueurs. Ce sont des choses toutes simples que nous pourrions faire mais que nous ne faisons pas. J’ai aussi la chance d’aller voir assez souvent du handball et du basket qui ont un côté “show” que nous n’avons pas du tout et qui serait intéressant à importer dans le football.

 

Merci à Benjamin pour cette interview intéressante.
Nous souhaitons une bonne fin de saison aux Chamois et nous suivrons avec attention la sortie de votre application et l’avancée du projet nouveau stade !

Dès demain, vous retrouverez le reportage sur notre propre expérience fan à René Gaillard.
En attendant, vous pouvez toujours réagir et échanger avec nous via twitter Follow @fanstriker

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Jeune manager du sport, je suis convaincu que le salut économique des clubs professionnels passe par le fan. "Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends."

Fan expérience en France

INSIDE CLUB : L’expérience fan au Groupama Stadium avec l’Olympique Lyonnais

Animations sur le parvis, mascottes et shows lumineux au Groupama Stadium. L’Olympique Lyonnais a enchainé 3 rendez-vous en quelques jours.

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L'expérience fan au Groupama Stadium à Lyon
L’Olympique Lyonnais disputait 3 matchs cruciaux en l’espace de 7 jours au Groupama Stadium avant la période du coronavirus. Trois rencontres, face à la Juventus, Saint-Etienne et le PSG, dans trois compétitions différentes.
C’était l’occasion pour nous de s’y rendre et d’analyser l’expérience fan proposée par le club lors de ces matchs de gala avec des animations sur le parvis, des mascottes et shows lumineux pour satisfaire les spectateurs.
 
 
Retour au Groupama Stadium à Lyon après notre première visite en 2017 à l’occasion du Monster Jam. Cette fois-ci, pas de véhicules XXL ni d’odeur d’essence mais une atmosphère bien particulière. Avant l’épisode de coronavirus, l’Olympique Lyonnais disputait trois matchs cruciaux en l’espace de sept jours. C’est d’ailleurs au total 155 000 spectateurs qui se sont déplacés dans l’enceinte lyonnaise pendant cette période. Quelle expérience le club a-t-il proposé pour l’ensemble de ces fans ?

À Lyon, le parvis est la scène pour le spectacle

Dès l’arrivée dans l’enceinte lyonnaise, le Groupama Stadium, on peut apercevoir plusieurs animations et entendre de la musique. À Lyon, de nombreuses activités sont proposées au public qui peut accéder au parvis deux heures avant le début du match.

Trois zones sont exploitées par le club pour proposer des divertissements aux spectateurs. Il y a tout d’abord la Fan Zone au nord où se produisent différents DJs devant un écran géant diffusant la chaîne du club, OL TV. Cette zone est le 1er espace visible pour la majorité des spectateurs arrivant au stade. 

Au sud, deux zones sont implantées pour cibler des types de fans différents. Il y a la Like Zone qui est dédiée aux étudiants. On y retrouve des tables de beer-pong, des babys-foot ainsi qu’une cabine DJ. En plus de cela, il y a des zones assises avec des fatboys qui n’étaient pas très utilisés mais qui fonctionnent mieux lorsque les beaux jours sont de retour. L’autre zone s’appelle la Family Zone et est elle destinée aux enfants/familles. On peut y voir des jeux gonflables et autres stands comme du maquillage. Sur les trois matchs auxquels on a assisté, les zones étaient bien remplies et le concept a l’air de bien marcher.

La like zone au Groupama Stadium

La like zone au Groupama Stadium

En plus de ces zones bien définies et permanentes, d’autres animations sont mises en place sur certains matchs. C’est par exemple le cas des animations football disposées autour du stade. Il y avait sur les matchs OL/Juventus et OL/ASSE trois stands à destination des fans : une arène 1 vs 1, un foot bowling ainsi qu’un foot fléchettes.

Présentation des trois animations football disposées autour du Groupama Stadium

Présentation des trois animations football disposées autour du Groupama Stadium

C’est une idée que l’on avait déjà vu à Rennes précédemment. Ce type d’animation est efficace et attire le public en nombre. Cela permet de toucher une cible très large et d’offrir une animation ludique avec des gestes simples de la pratique du football.

Les spectateurs présent au stade pouvaient également observer des lanceurs de drapeaux italiens qui étaient présents. Ce groupe composé de cinq personnes réalisait des tours de podium en lançant des drapeaux de l’Olympique Lyonnais créant un véritable show pour le public.
Le principe reprend celui des fêtes de village italiennes où les shows de drapeaux sont impressionnants. Ils étaient également accompagnés d’une batucada (genre de musique avec des percussions traditionnelles) qui jouait en continu pour mettre l’ambiance et attirer du monde sur des emplacements spécifiques. Ces performeurs débordaient d’énergie et dynamisaient de ce fait l’ensemble du show. Nous avons été agréablement surpris par ce show original qui permet d’animer des zones moins “chaudes” comme le parvis Est et Ouest.
Les zones “chaudes du Groupama Stadium se concentrent en effet au nord et au sud de l’enceinte.

Au niveau de l’offre food & beverage, là aussi l’expérience est très qualitative. Il y a une dizaine de food trucks qui sont disposés tout autour du stade pour proposer une offre très variée.
Les spectateurs lyonnais avait donc le choix même si les files d’attentes semblaient s’allonger à l’approche du coup d’envoi. 

Les membres de la batucada ainsi que les porte-drapeaux en avant-match

Les membres de la batucada ainsi que les porte-drapeaux en avant-match

Les food trucks présents au Groupama Stadium lors de OL/PSG

Les food trucks présents au Groupama Stadium lors de OL/PSG

Un des pans de mur peint par un artiste local dans les coursives du Groupama Stadium

Un des pans de mur peint par un artiste local dans les coursives du Groupama Stadium

Après avoir fait un tour à l’extérieur du stade, direction dans l’enceinte.
En s’y rendant, nous avons été marqué par l’habillage des coursives. En effet, de nombreux pans de murs sont recouverts de street-art. Le rendu est très beau et change de nombreux intérieurs de stades qui se veulent un peu ternes et froids la majore partie du temps. Cela fait partie d’un partenariat avec Offside Gallery qui devrait recouvrir la quasi totalité des coursives à terme. C’est une des caractéristique majeure du stade qui a beaucoup investi dans ce sens afin de proposer une expérience différente aux visiteurs. 

Une expérience in-stadia exceptionnelle

À l’intérieur du stade, l’ambiance des grands soirs se faisait sentir, surtout pour le match de Ligue des Champions OL vs Juventus le 26 février. À cette occasion, un tifo drapeaux mis en place par l’équipe animation était visible dans les tribunes latérales. Celui-ci était très réussi et donnait un bel aspect visuel au moment de l’entrée des joueurs.

Le tifo aux couleurs du club déployé lors d'OL/Juventus

Le tifo aux couleurs du club déployé lors d’OL/Juventus

Juste avant l’entrée des équipes, nous avons assisté à un rituel mis en place pour l’ensemble des matchs de l’OL. Le club diffuse dans l’ensemble du stade son nouvel hymne. Les paroles sont inscrites sur les panneaux LED en bord terrain. C’est une bonne idée pour que les supporters s’approprient les paroles.
Cet hymne avait du mal à prendre en début de saison mais est désormais bien ancré chez les supporters. Ils le reprennent d’ailleurs à capella à la fin du chant, ce qui fait encore plus monter l’ambiance.

En même temps que cet hymne, les porteurs de drapeaux entrent également en jeu. Une vingtaine de jeunes arrivent des deux côtés du terrain avec des drapeaux géants sur lesquels on peut voir les anciens logos du club. Cela permet d’habiller le terrain et alimenter ce show global. Sur certains matchs, il y a même la mascotte qui se joint à la fête pour déambuler sur le terrain. Malheureusement sur les matchs de Ligue des Champions, l’UEFA restreint les possibilités en terme d’animations.

Le match de Ligue 1 Conforama contre Saint-Etienne le 1er mars a quand à lui offert un show unique aux spectateurs du Groupama Stadium. Pour cette rencontre à l’atmosphère si spéciale pour cause de derby, le club avait mis le paquet en terme de show pyrotechnique. Le rendu (visible en vidéo ci-dessous) était incroyable. Les ingrédients de ce show hors-norme sont les suivants : des feux d’artifice grandioses accompagnés de flammes, un usage de la lumière impeccable et une musique dynamique. Ce type de spectacle est la plupart du temps visible en fin d’événements majeurs comme les finales ou d’autres grandes compétitions.

https://twitter.com/i/status/1234534514879279110

C’était donc une bonne surprise de voir un spectacle de cette qualité en avant match. Les spectateurs semblaient apprécier ce qu’ils voyaient.
Les tifos préparés par les groupes de supporters étaient eux aussi d’un grand niveau et ont permis aux spectateurs d’être plongés dans l’ambiance du derby. Ceci n’est pas directement géré par le club mais participe tout de même à l’expérience fan proposée au public.

Un des deux Tifos réalisés par les supporters de l'OL

Un des deux Tifos réalisés par les supporters de l’OL

Une mascotte très active 

Dernière chose que nous avons pu remarquer durant cette semaine spéciale, l’utilisation de la mascotte. Lord du match de Ligue des Champions le 27 février, nous avons assisté à un évènement assez rare en football, la présence de la mascotte visiteuse. En plus de Lyou, la mascotte de l’Olympique Lyonnais, Jay, la mascotte de la Juventus avait également fait le déplacement.
Le club italien de la Juventus l’avait déjà fait lors de déplacements à Londres ou à Munich. Le public a donc non pas une mascotte mais deux. Une de chaque équipe. De quoi créer de nombreuses interactions entre ces deux personnages.

Dans la matinée déjà, une vidéo des deux mascottes avait été diffusée sur les réseaux sociaux. C’était un petit teaser qui annonçait que Lyou avait reçu Jay dans la ville Lyonnaise. En avant match, le public a pu voir les deux mascottes s’affronter sur les animations football disposées à l’extérieur du stade. Elles ont également pu déambuler sur le parvis ainsi que dans les gradins pour aller à la rencontre des spectateurs.

 

Cette idée est très intéressante car elle permet de proposer une animation aux supporters locaux et aux fans du club visiteurs qui se sentent soutenus par leur mascotte. C’est aussi une occasion pour le public local de voir la mascotte d’un club étranger. 
Les spectateurs étaient plus que réceptifs à cette idée, mis à part quelques ultras réticents à l’idée de voir le zèbre dans l’enceinte juste avant une rencontre décisive.

À l’intérieur du stade, les deux mascottes nous ont offert des séquences inédites et plutôt réussies. Parmi celles-ci, le club a organisé une battle de danse entre Lyou et Jay en bord terrain. Chaque mascotte avait 30 secondes pour faire ses plus beaux pas de danse sur la musique de son choix. Les deux animateurs ont offert une très belle performance. Le speaker n’a d’ailleurs pas su départager les deux danseurs et les deux mascottes se sont donc partagé le trophée mis en jeu.

Les deux mascottes vainqueurs toutes les deux du Dance Battle

Les deux mascottes vainqueurs toutes les deux du Dance Battle

Lyou et Jay sont ensuite allées se balader dans les tribunes pour prendre des photos avec les fans français et italiens. L’engouement était très important et les spectateurs patientaient pour pouvoir faire leur photo.

Sur les deux autres rencontres auxquelles nous avons assisté, la mascotte de l’OL était bien évidemment présente. Elle était au contact des supporters sur le parvis, elle jouait avec les musiciens, participait aux animations foot ou encore animait la Like Zone avec le DJ.

À l’intérieur du stade, la mascotte est en général très sollicitée. Elle participe aux animations mises en place sur la pelouse avec le public, elle se déplace beaucoup dans les tribunes et jusque dans les loges et salons. La tradition veut qu’en après-match, Lyou s’habille d’un costume et aille faire un tour dans un des salons du stade tel un vrai joueur.

La mascotte de l'OL en salon après OL/PSG

La mascotte de l’OL en salon après OL/PSG

Une semaine de gala bien exploitée au Groupama Stadium

Nous retirons beaucoup de positif de cette expérience lyonnaise. Sur le plan sportif, la semaine était cruciale pour le club. L’expérience fan proposée semble avoir été à la hauteur de ces événements. En proposant de plusieurs animations sur le parvis en amont du match, le club incite le public à se déplacer plus tôt au stade et donc à inciter d’avantage ses visiteurs à la consommation, tout en fluidifiant les arrivées.

L’entertainment proposé était très réussi et digne des plus grands stades européens. 
Le club utilise également les temps morts de manière judicieuse avec beaucoup de contenus diffusés sur les écrans géants et une utilisation importante de sa mascotte.

Quelques éléments n’étaient cependant pas parfaits bien évidemment. Comme évoqué un peu plus haut, l’UEFA ne permet pas aux clubs d’utiliser le terrain en avant-match et à la mi-temps pour réaliser des animations. Cela limite donc les possibilités. Le club aurait toutefois pu utiliser les écrans géants pour proposer des animations à la mi-temps comme le FC Barcelone le fait par exemple avec la Pelota Cam ou une Goal Cam.

Au niveau de l’offre en nourriture et boissons, la qualité à l’intérieur de l’enceinte n’était malheureusement pas à la hauteur de ce que l’on a pu voir à l’extérieur du stade. Les concessions sont un peu désuètes, ce qui est étonnant pour un stade aussi moderne. À l’intérieur de celles-ci on retrouve beaucoup de produits classiques comme des sandwichs baguettes, des frites et des hamburgers. Le club essaye cependant de changer cela avec de nouvelles offres comme des nachos, des nuggets ainsi que des ravioles, la spécialité de la région. Il semblerait que le club soit en bonne voie pour s’aligner sur le niveau de qualité des produits proposés en ex-stadia.

Des nachos sont proposées aux Groupama Stadium depuis peu

Des nachos sont proposées aux Groupama Stadium depuis peu

Autre constat lors de notre visite, les spectateurs partent très vite à la fin du match. Encore pire, certains partent même avant le coup de sifflet final. Ces comportements peuvent s’expliquer par deux hypothèses. 
Le flux des départs du stade est trop dense et les spectateurs habitués préfèrent éviter la cohue en sortie de stade et dans les parkings, sur les routes et dans les transports. Pour y remédier, pourquoi ne pas s’inspirer, de la franchise de NFL des Patriots, qui offre le parking aux spectateurs restant plus d’une heure après le match.
Autre hypothèse, le club peut avoir du mal à conserver son public en post-match. L’OL pourrait alors mettre en place un aftershow pour les spectateurs qui souhaitent poursuivre leur soirée au stade. Une inspiration que nous avons vu à Paris La Défense Arena.

Quoi qu’il en soit notre expérience fût une vraie réussite et le club rhodanien propose une fan expérience de grande qualité. L’outil principal dont dispose le club, le Groupama Stadium est un avantage certain sur les autres clubs de la région et du pays. Avec celui-ci, les stratégies d’animations sont nombreuses. 

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