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Interview : Eric Hirschi “le speaker, la passerelle entre le club et les fans”

Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

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Il est au coeur du spectacle, le speaker joue un rôle prépondérant dans l’expérience du spectateur. On a rencontré l’un d’eux, Eric Hirschi. 

 

Dans un événement sportif ou non, l’animateur, le speaker, possède un rôle central dans l’expérience du public. Nous avons échangé avec Eric Hirschi via un tweet au sujet d’un speaker allemand. Eric étant lui même speaker pour le Montpellier Handball, le Basket Lattes Montpellier et le Narbonne Volley, nous lui avons proposé de réaliser une interview. Celui qui se décrit comme un chef d’orchestre dont les supporters, la mascotte, les bénévoles et le public sont comme ses instruments, nous partage sa vision sur ce rôle clé de l’expérience des spectateurs. 

Bonjour Eric, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Eric Hirschi, j’ai 48 ans, un parcours un peu atypique puisque j’ai commencé à parler dans un micro à 8 ans sur la baraque foraine de mon grand père. J’ai commencé la radio à 12 ans, travaillé à 13 ans pour le groupe NRJ puis vécu 1 ans en Chine. J’ai été animateur radio, télé, humoriste, producteur, manager d’artistes et de concerts. J’ai toujours travaillé dans le divertissement et j’ai toujours été un grand fan de sport.
J’ai commencé à allier les deux en produisant des fans villages pour diverses compétitions de sport auto en France et en Europe. Je me suis concentré sur le sujet du sportainment depuis 5 ans en devenant dans un premier temps speaker du Montpellier Handball. 

Tu es aussi le speaker de 3 clubs dans 3 sports différents. Ce n’est pas trop dur à gérer ?

Si tu aimes bien dormir … si ! (rire). Non en fait pour moi c’est plutôt une chance, chaque sport étant différent, cela me permet d’avoir une vision très étendue de ce métier, et m’aide à trouver de nouvelles idées, de ne pas m’enfermer dans un style et toujours me remettre en question tous les jours.
Ensuite mon objectif dans ce métier étant d’innover, cela me permet de faire avancer mon projet de formation. Dans chaque club pour lequel je travaille, j’ai un double, et cela m’aide à comprendre comment transmettre. 

Entre ces clubs et ces sports, est-ce que tu remarques des différences, dans le comportements du public, les attentes des clubs ou autres ?

Chaque sport a ses gimmicks. Il y a bien-sûr des dénominateurs communs, le concept du protocole par exemple. Chaque club a son histoire, ses traditions et puis aucun club ne me demande la même chose. Au Montpellier Handball (MHB) par exemple, qui a déjà développé une solide expérience du spectacle sportif avec Marc Henri Hammard et Suzy Demonthe, mon rôle est plus sur la forme, je travaille beaucoup sur ma voix, ma rythmique, je m’inscris dans des scénarios et activations terrain déjà créés.
Quand je suis arrivé au Basket Lattes Montpellier-Méditerranée-Métropole Association (BLMA), la page entertainment était vierge. Il a fallu fédérer une équipe autour de moi, accompagner le club dans cette transformation nécessaire.

Dans une interview récente pour l’indépendant, tu dis que le volley est “pour toi le sport le plus difficile à animer”. Pourquoi ça ? 

Pour différentes raisons que je qualifierais de techniques, un match de volley se joue en 3 sets de 25 points gagnants, nous savons quand il démarre, jamais quand cela se termine. Ensuite un échange dure entre 10 secondes et 1 minute et tu as environ 20 secondes entre chaque échange. Donc sur un match tu peux avoir plus de 150 instants de 20 secondes à combler. Il est donc difficile de maîtriser l’énergie que tu dois donner durant le match. 

Au sein de l’équipe Fanstriker, nous croyons très fortement que le speaker représente un facteur clé avec la mascotte pour que l’expérience match des spectateurs soit positive. Qu’en penses-tu ?

Je pense que le speaker que je suis vous remercie (rire) ! Je vais même aller plus loin, nous sommes à l’heure de l’image et du storytelling, le speaker doit être la passerelle, entre les fans, les supporters, le club, les joueurs, etc. Je milite pour que le contenu vidéo puisse être “incarné” par le speaker la semaine et être le lien afin que le public le retrouve le week-end.
Durant le match le speaker est un chef d’orchestre qui se doit de faire le lien entre les supporters, les spectateurs qui viennent, peut-être pour la 1ère fois voir un match et qu’il faut accompagner, pour ne pas qu’ils se sentent en décalage. Les fanfares, la régie vidéo, la musique, etc. cela fait un sacré bel orchestre non ?
J’écris ma partition sur un bon vieux fichier excel, où tout est minuté et programmé, tout en gardant à l’esprit que chaque séquence peut évoluer en fonction de la physionomie du match. Concrètement on prépare par exemple deux animations pour les ¼ temps, une animation dans le scénario où l’équipe est devant, puis une animation où notre équipe est menée au score. 

Je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.

Selon toi, “il faut aller chercher les gens, les amener doucement vers la culture du sport spectacle sans les brusquer non plus”. Comment fais-tu ?

Je crois que nous sommes dans une ère de la transformation de nos modes de consommation. Les événements sportifs ne dérogent pas à cette règle. Mais je suis toujours étonné de constater que lorsque l’on parle de cette évolution, les sujets sont essentiellement liés au digital ou au numérique. Cela est certes nécessaire, mais n’oublions pas l’humain.
Dans un stade ou une salle, tu as différents publics : les supporters qui ont leurs codes, leur routine. Ensuite tu as les fans, ceux qui aiment avant tout le sport et vont parfois voir plusieurs matchs de plusieurs clubs, et enfin des spectateurs qui eux peuvent être là, car tu es en Play-Off ou parce que tu reçois une très grosse équipe, mais ne connaissent pas forcément, ni le club, ni même parfois les règles du jeu.
J’utilise souvent la vidéo, pour expliquer les règles et expliquer comment le public doit interagir en fonction des phases de jeux.

Quels liens entretiens-tu avec les fans de ces 3 clubs ?  

Avec les supporters il est capital de les connaitre, de partager avec eux, avant, pendant, après. Ce sont souvent d’eux que beaucoup de choses partent.
Personnellement, je n’ai pas à me forcer sur ce point, car ce que j’aime dans le sport, c’est la passion qu’il procure, je suis fasciné, par exemple par les Blue Fox, les supporters du MHB, capables de faire 48h de bus A/R pour un match de 30 minutes.

Pour les fans et les spectateurs, je mets un point d’honneur à être aux entrées ou faire le tour du stade, dès l’ouverture, pour leur dire bonjour, leur souhaiter la bienvenue, créer un lien avec eux. C’est important pour moi de “sentir” le public et passer du temps avec ceux qui arrivent tôt me semble être une marque de politesse. 

Nous sommes allés au LOSC il y a quelques mois et nous avons remarqué qu’ils possédaient deux speakers (une femme et un homme). L’un deux était en bord de pelouse tandis que le second était dans les tribunes et les coursives au contact du public. On trouve ce modèle très intéressant pour plusieurs raisons que nous développerons dans un article dédié aux speakers. Que penses-tu de ce modèle ?  

Très fan de l’idée, je connais un peu Charlee, je suis son travail et elle a une vraie personnalité, un vrai univers et elle apporte réellement quelque chose. 
Je suis actuellement sur une réflexion dans ce sens, et si la notion de “voix du club” était un peu dépassée, ne serait-il pas plus intéressant d’avoir une team de 2 ou 3 speakers qui en fonction des matchs puissent interchanger, travailler seul ou à 2 voir à 3 sur une finale. 

https://twitter.com/fanstriker/status/1118147558625484800?s=20

Nous sommes dans une société qui se lasse très vite, un supporter qui se déplace pour voir une saison entière, voit entre 25 et 30 matchs. Ce qui serait intéressant serait de pouvoir changer, étonner, autour d’un socle, mais que le fan, se dise : “Chouette ! que vais-je voir cette fois-ci ?”.

Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

Techniquement, avec les caméras, le son, c’est compliqué pour un speaker de se rendre en tribune ?  

Non pas du tout, depuis 3 mois, je travaille avec des air monitor (ndlr : des oreillettes sans fil), j’ai un casque sans fil avec mon retour dedans, les caméras HF existent. Au BLMA où j’ai la chance de travailler avec Léo, un petit génie de l’informatique, j’ai même la possibilité de retransmettre sur l’écran ce que je film avec mon téléphone.
Certes ce métier change tous les jours, aujourd’hui nous produisons du contenu, nous racontons des histoires, nous sommes le cirque Gruss, TF1 et Instagram à la fois, mais c’est pour cela que c’est passionnant.

D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de femmes dans ce milieu ? Ne penses-tu pas que si une femme était speakerine cela inciterait davantage de femmes à venir assister au match ou à un événement ?

Je ne suis pas sûr du rapport de cause à effet. Bien-sûr, je milite pour plus de femmes, mais comme il y a peu de présidente de clubs, d’entraîneurs, de responsable marketing, etc.
Pour ce qui est des speakers, personnellement le sexe pour moi n’est pas une question. Ce qui m’intéresse c’est ce que la personne peut apporter, son personnage, son univers, c’est avec cela que l’on construit. Quand je décide de travailler avec NJ au BLMA ce n’est pas parce que nous sommes dans un club de basket féminin et que je me dis : “il nous faut une fille, NJ à un vrai univers elle est djette, et elle a déjà joué au basket”.

On était récemment avec le Paris Basketball pour le match du nouvel an chinois à l’AccorHotels Arena, et les deux speakers créaient très régulièrement l’interaction avec le public à travers des activations simples, ludiques et engageantes. On remarque cependant que la majorité des activations réalisées par le speaker dans un événement sportif ne sont pas vraiment interactives. Es-tu d’accord avec ça ? 

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public. Si j’ai une annonce commerciale sur un match, j’essaye de trouver l’angle pour parler à la salle. Je peux aller voir un enfant, parler avec lui. L’interaction peut être simple avec un fan ou plus complexe avec tout le stade ou la salle.

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un micro si ce n’est pas pour être en interaction avec le public.

Une autre situation qui nous interpelle souvent. Dans de nombreux événements, il s’agit de la même personne (le speaker) qui anime le match et donc le grand public puis ensuite anime les espaces hospitalités du club avec cette fois un public très porté VIP et entreprises. Pour nous, ce sont deux types profils assez différents et donc on a du mal à comprendre. Ça ne te parait pas étrange ?

Dans un monde idéal, il y a deux voire trois speakers, des caméras, un dj, etc. Mais une fois que l’on a pensé à tout cela, il faut sortir la calculatrice et c’est là que le bas blesse. Après je ne suis pas fan d’avoir un speaker salle, et un speaker VIP. Nous avons déjà beaucoup de mal à faire en sorte que les partenaires qui sont là pour faire du business, soient présents dans les tribunes pour le début du protocole ou à la reprise de la seconde mi-temps, donc selon moi, nous avons besoin de les intégrer complètement dans l’expérience supporter. 
Encore une fois le speaker doit être le lien entre le club et les fans, les supporters ou les partenaires.

Une question simple mais comment devient-on speaker ?  

Ce que je vais te répondre aujourd’hui ne sera sans doute plus d’actualité demain. 
Historiquement ce sont des bénévoles du club qui ont pris en premier les micros. Dans beaucoup de clubs c’est encore le cas. J’ai chaque année 5 à 6 clubs qui me disent vouloir se professionnaliser et particulièrement sur ce poste, ce qui ne signifie pas que les bénévoles ne faisaient pas bien le taf, heureusement qu’ils étaient là, mais encore une fois notre société évolue. Depuis quinze ans environ, les 1er clubs ont commencé à faire appel à des animateurs professionnels, aux parcours divers (animateur commercial, radio, journaliste, etc.). 

Quels sont les critères pour déterminer qu’un speaker est bon ?

Pour moi c’est avant tout sa personnalité et la capacité qu’il a à se renouveler, à créer un univers et un style qui lui soit propre.  

Dans ton métier, où trouves-tu de nouvelles inspirations ?

J’essaye avant tout de créer mon style, qui est un condensé de ce que je suis. Mes influences sont très très variés, des films comme The Mask, ou Cabaret, je regarde beaucoup de concerts. Je suis allé prendre deux ou trois bricoles chez Shaka ponk. Sur la rythmique, je m’inspire beaucoup de la radio. Sur la programmation musicale, j’ai repris ce que j’ai appris là aussi en radio. Après je reste fan de l’américain Jimmy Fallon. 

Tu développes actuellement un concept intitulé NOOR qui a pour but d’accompagner des clubs de sports dans le sportainment.   

Oui, en priorité la réflexion s’est portée sur les clubs professionnels non médiatisés, car ce sont eux qui ont le plus de besoins. 
Pour l’heure nous avons mis en place depuis 1 an un laboratoire d’idées autour de 10 clubs à Montpellier, afin de répondre à 3 objectifs : Accompagner les clubs, dans leur quotidien et comprendre leurs besoins, mutualiser les ressources afin d’avoir une réflexion qui soit transversale et non verticale. Et enfin innover afin de ne pas reproduire ce qui est fait en Ligue 1, Top 14, LidlStarligue et ouvrir le partenariat sportif à d’autres types d’entreprises.
Trouver des partenaires quand tu as 500-1000 fans c’est compliqué pour un club. Alors nous avons réuni 10 clubs, soit une communauté totale d’environ 12000 à 13000 fans, cela change la donne.

Plus concrètement nous distribuons jusqu’à 700 places par semaine pour assister à des évènements sportifs. Nous avons ouvert des passerelles de collaborations entre les clubs et les écoles, avec un système de junior entreprise sur des problématiques précises pour les clubs. Nous avons mis en place avec un de nos partenaires un système de LOA pour les écrans vidéos. Nous développons des outils (base musicale, design sonor, storytelling et scénario mascotte, etc.).
Nous nous trompons souvent mais nous créons tous les jours. Un de nos objectifs est de pouvoir, demain intégrer des start-up et être un laboratoire pour les clubs élites. Nous avons fini notre phase de preuve de concept et nous préparons la partie “industrialisation” sur une dizaine de solutions scalables. 

Dans ce projet, il y a également le lancement prochainement de la 1ère formation au métier de speaker.

Cela fait partie des solutions de NOOR, je me suis rendu compte que les clubs élites avait créé beaucoup de nouveaux métiers, des clubs qui n’ont pas forcément les moyens financiers d’avoir de gros staffs, souhaitent toutefois se professionnaliser. L’idée est donc de créer une formation diplômante et reconnue, adossée à un diplôme existant de gestion d’événement sportif option speaker. 
Nous pourrons ainsi répondre concrètement à un réel besoin de personnel capable de parler dans un micro, mais également de gérer des réseaux sociaux, de créer des activations terrain, accompagner les bénévoles dans leurs missions avec bienveillance, ou connaître le périmètre des collectivités locales. Nous ne parlerons sans doute pas de speaker, mais de sportaineur. 

Avec ton expérience de 6 ans dans l’entertainment sportif et un peu de recul, as-tu pu constater une évolution dans la façon de proposer des expériences aux fans par les différents acteurs avec qui tu as pu travailler ?

L’évolution majeure est sans doute la prise de conscience généralisée, du besoin de faire quelque chose et d’évoluer vers le spectacle, même si parfois cela peut être encore flou chez certain, je reste persuadé que le sportainement à un très grand avenir et que la France sera un des acteurs majeurs en Europe, car notre marché est particulier. À la différence d’autres pays, comme l’Allemagne où il y a une véritable culture du supportérisme, la France, comme souvent, est plus complexe et donc nous avons de véritables défis à relever.
Ce qui nous manque encore c’est une vision 360°, des architectes de l’expérience supporters en quelque sorte.

Toujours dans l’interview pour l’Indépendant, tu indiques que “tous les clubs qui ne prendront pas le même modèle que Narbonne auront énormément de mal dans les années à venir”. Peux-tu détailler davantage ce point ? 

Ce n’est pas moi qui le dit c’est l’excellente étude réalisée par OLBIA, qui précise que le modèle économique du sport de demain, dans un monde où les subventions des collectivités diminuerons, est d’être propriétaire de sa salle ou de son stade. J’ajouterais qu’au regard de l’évolution des contrats sportifs, des besoins en communication et en évènementiel, les besoins financiers seront de plus en plus importants. Ne parler uniquement qu’à ses supporters et fans et partisans de son sport, limite forcement le nombre de spectateurs potentiels ou nouveaux spectateurs potentiels. Il faut donc ouvrir à d’autres cibles à qui nous ne parlerons pas uniquement performance et résultat sportif, mais facilité de parking, animations, spectacle, musique, etc. 

On arrive vers la fin de cet échange intéressant mais avant ça, si tu pouvais passer un message à tes compères ou futurs compères speakers, que leur dirais-tu ?

Que c’est sans doute un des plus beaux métiers et que nous avons de la chance de pouvoir le faire. Nous devons en prendre soin et nous remettre en question et innover chaque jour sans oublier de créer nos univers.

Dernière question mais probablement la plus délicate, quelle est ta propre définition de la fan expérience ? 

Faire rire la mère de famille, que les enfants demandent en partant “quand ils reviendront voir la mascotte” et que le père se demande d’où vient cette bonne bière. 
Nous sommes là pour que tout le monde passe un bon moment surtout en cas de défaite de l’équipe.

Merci à Eric pour le partage de son métier et de sa vision de l’expérience des spectateurs. 
Crédit photo : bressonphotos 

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

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INTERVIEW : Benjamin Richez (3L) “SPORTEM, un challenge excitant”

Le salon SPORTEM est organisé depuis 5 ans par l’agence 3L. Benjamin Richez, Business Manager nous raconte les dessous de cette organisation.

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À quelques jours du salon SPORTEM qui se déroulera les 30 et 31 mars 2020 à Paris La Défense Arena, entretien avec Benjamin Richez, Business Manager au sein de l’agence 3L. 

 

Benjamin travaille dans l’agence 3L connue auparavant sous le nom de Troisième Ligne. C’est cette agence qui gère et organise le salon SPORTEM depuis 5 ans. 

Bonjour Benjamin, quelle est votre mission au sein de l’agence 3L ?

Je suis le Business Manager de 3L, anciennement Troisième Ligne. J’assume la gestion opérationnelle globale de l’agence et j’ai la responsabilité des orientations stratégiques sur nos 3 métiers piliers.

3L est une agence qui intervient auprès des acteurs du monde du sport depuis 2005 sur la dimension « Produit ». L’idée directrice est d’aider nos clients à performer sur les dimensions merchandising.
Nous avons 3 métiers piliers :
Une agence merchandising, nous pouvons intervenir sur tout ou partie de la chaine de valeurs, de la fonction merchandising, de la définition d’un positionnement marketing produit, de la création d’un style guide etc. jusque la création et gestion de e-shop ou de boutiques physiques. Parmi nos clients nous comptons le LOSC Lille, le Stade de Reims, la Fédération Française de Volley.
Agent de licences, nous assurons la conception et la mise en œuvre de programme de licences permettant à nos partenaires d’avoir un développement dans les réseaux de distribution. Parmi nos clients, nous avons notamment la Ligue de Football Professionnel, la Ligue Nationale de Rugby.
Nous sommes aussi une agence événementielle autour de l’organisation de SPORTEM, le salon européen du marketing sportif.

D’une manière générale, avec l’intégration de l’agence à Venise Group, nous avons considérablement « upgradé » nos expertises sur les dimensions graphiques, charte graphique, style guide, etc., le digital à travers la création et l’animation de e-shop, l’animation des ventes via le digital mais aussi sur le « faire savoir » avec des RP,  des shootings, et autres. 

Au quotidien, j’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur des experts sur chacun des métiers.

Vous travaillez cette année sur la 5e édition du salon SPORTEM, comment pourriez-vous résumer cet événement ?


SPORTEM, le Salon Européen du Marketing Sportif est un évènement exclusivement BtoB qui se déroule sur 2 jours autour de 3 pivots : 1 – Conférences et keynotes, 2 – Salon, 3 – Networking. C’est un événement apprécié par tout l’éco-système du sport car très orienté business. La dernière édition a d’ailleurs rencontré un franc succès.

Pour cette 5ème édition, SPORTEM se déroulera les 30 et 31 mars dans l’enceinte du sport – spectacle, Paris La Défense Arena. La première journée conférences/best practices, ponctuée de temps forts networking, sera organisée autour de tables rondes sur les thématiques suivantes :
Storytelling sportif : une nouvelle ère du brand content ;
In Stadia Marketing : améliorer l’expérience spectateur;
Tourisme, culture et sport : vers un développement des synergies ;
D’une marque sport à une marque globale : stratégie de diversification ;
Sport 3.0 : la digitalisation au service de la performance des structures sportives ;

Des speakers internationaux interviendront sur ces différentes thématiques. Nous sommes fiers de compter parmi nos speakers cette année des intervenants prestigieux comme Pierdamiano Tomagra, Digital Marketing Manager de la Juventus de Turin ; Nicolas Jayr, Brand Marketing Manager de Formula One ; Sebastien Vandame, Responsable du pôle partenaires & activation de la Ligue de Football Professionnel, ou encore Joseph Villeflayoux, Marketing & Communication Director de Fise. La liste complète des intervenants est consultable sur le site du SPORTEM

La deuxième journée consacrée au Salon s’annonce passionnante avec une cinquantaine d’exposants. L’accent sera mis très largement sur des produits et services de l’univers du marketing sportif au sens large, avec notamment des acteurs proposant des solutions de paiement mobile, de data management, de campagne marketing, de restauration, du sport présentation, merchandising, etc…
Cette journée est essentielle pour rencontrer les leaders du marché français ou étrangers et découvrir les nouveaux produits, services et les innovations dans l’univers du marketing sportif. Des acteurs anglais, allemands, hollandais ou portugais nous ont déjà confirmé leur présence. Le SPORTEM édition 5 n’aura donc jamais aussi bien porté sa signature de Salon Européen du Marketing Sportif !

Les chiffres de cette édition du Sportem 2020

Les chiffres de cette édition du Sportem 2020

Nous aimons comprendre la réflexion qui a mené à des activations et à la création d’événements que nous observons. Comment est né le salon SPORTEM ?

Depuis toujours, chez 3L, nous sommes convaincus que le développement économique de l’industrie du sport passera par des compétences fortes et précises sur chacune des composantes du marketing sportif. C’est pourquoi nous participons le plus souvent possible à des salons partout en Europe, et ce depuis de nombreuses années.
Il y a cinq ans, nous nous sommes questionnés sur l’absence d’un rendez-vous annuel capable de mettre en lumière les solutions performantes et innovantes à destination du monde du sport voire des acteurs de l’entertainment au sens large.
La création de SPORTEM s’est alors imposée comme une évidence et ce salon a rapidement rencontré son public. Au delà d’avoir essayé de contribuer à la professionnalisation du sport business en France, nous avons l’intime conviction que la professionnalisation de nos clients/prospects sur les expertises relatives aux fonctions « amont » ne pouvait être que positive pour notre cœur de métier : le merchandising/licensing.

Que représente l’organisation d’un tel événement qui accueille des professionnels du sport business venant de toute l’Europe ?

SPORTEM est une Business Unit à part entière au sein de l’agence 3L avec une équipe pilotée par Mehdi Hanaïzi et qui travaille tout au long de l’année sur l’événement. La réussite de l’événement repose sur une équation complexe liée à différentes composantes : Le choix d’un site hôte, Paris La Défense Arena est d’ailleurs devenu partenaire événement de SPORTEM ; Une sélection de speakers de renommée apportant de vraies best practices déclinables pour les acteurs du sport ; Le recrutement d’exposants qui sont des leaders sur des métiers variés comme la billetterie, les solutions de paiement, le data management, le food, le merchandising, etc. ; Favoriser la présence d’un visitorat nourri et de qualité, dont nos partenaires institutionnels que sont la Ligue de Football Professionnel, Sporsora et Le Tremplin nous aident fortement sur ce sujet. Et enfin l’engagement de partenaires corporate apportant de vrais expertises. Nous pouvons notamment compter sur Weezevent sur la partie billetterie ou Topivo sur la partie food, sans oublier les différents prestataires techniques qui interviennent sur l ‘évènement.

L’organisation de SPORTEM est un challenge excitant qui nous permet également de rencontrer des acteurs divers et variés avec qui nous essayons de tisser des relations durables.

Comment sont sélectionnés les professionnels présents sur le salon ?


Nous souhaitons confirmer un virage pris lors de la dernière édition en 2018 avec la volonté de représenter la diversité des acteurs du marketing sportif. Si la dimension merchandising sera encore présente car c’est dans l’ADN de 3L et cela constitue une attente forte de notre visitorat, l’accent sera mis très largement sur des produits et services de l’univers du marketing sportif au sens large. Avec notamment des acteurs proposant des solutions de paiement mobile, de data management, de campagne marketing, de restauration, du sport présentation, etc.
Parmi les nouveaux exposants, nous sommes ravis d’accueillir des leaders de leur marché qui souhaitent intensifier leur présence dans le sport comme Lyf Pay qui propose des solutions de paiement mobile, Actito ou Sport Infinite dans le marketing digital, Digifood, Topivo et Fly Cup dans la restauration ou encore SG Ball, Molokai Amallcom ou Very Good Factory dans le merchandising. Les acteurs de la billetterie seront également très présents.

Nous étions présent lors de la première édition au Stade Pierre Mauroy, en 5 ans, comment le salon SPORTEM a-t-il évolué ?

Tout d’abord, nous tenons à remercier Fanstriker pour votre fidélité et votre intérêt porté à SPORTEM !
Le changement de localisation de Lille à Paris a été capital dans le développement du SPORTEM puisqu’il a permis de renforcer la résonance européenne aussi bien chez nos visiteurs que nos exposants.

Pour la 5ème édition, après deux éditions au Parc des Princes, nous voulions un nouveau lieu porteur des attributs associés à notre événement. Notre volonté était de trouver un véritable partenaire pouvant symboliser les nouvelles tendances du marketing sportif et non un simple lieu locatif. Organiser l’édition 2020 à Paris La Défense Arena, le lieu de sport spectacle par excellence avec une arena ultra-moderne, conçue pour développer les revenus, était donc un véritable souhait de notre part dont nous sommes aujourd’hui très heureux.

Avec votre expérience en agence et un peu de recul, avez-vous pu constater une évolution dans la façon de proposer des expériences aux fans par les différents acteurs avec qui vous évoluez ?


Cela fait plus de 10 ans que j’évolue dans l’industrie du sport et je constate que même si l’expérience fan n’est pas forcément un concept nouveau, cette notion s’est industrialisée au sens où les différentes structures, quelque soit leur taille, intègrent dorénavant cette dimension dans leur réflexion. Cela se traduit de différentes manières comme par la création d’un département dédié, du recrutement de personnes qualifiées, ou encore le recours à des agences spécialisées.

Pour conclure cet échange, pourriez-vous nous partager votre propre définition de la fan expérience ?

Vaste question, vaste sujet  mais pour essayer d’être synthétique, pour moi la fan experience pourrait se résumer de la manière suivante : « tout ce qui est réalisé pour que le spectateur soit satisfait quelque soit le résultat de la rencontre ». C’est tout bête mais cela recouvre une multitude de petites choses avant, pendant et après, perçues directement ou non par le spectateur faisant intervenir de la technologie et de l’humain et donc un sourire d’un(e) hôte(sse) ou la cuisson d’une frite peut avoir autant d’importance qu’une solution de paiement ou qu’une animation novatrice.

Merci à Benjamin pour cette interview.
Pour rappel, nous vous donnons rendez-vous sur le salon SPORTEM les 30 et 31 mars prochain. 

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