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INTERVIEW : Hugo Boutin, fan et associate coach aux Screaming Eagles

Après notre article sur les Screaming Eagles, voici l’interview d’Hugo, membre du projet en tant que fan et associate coach. Il nous raconte tout.

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Cette semaine, nous vous proposions notre volet spécial sur les fans et le sport professionnel. Nous avons découvert une idée incroyable aux Etats-Unis avec les Screaming Eagles par l’intermédiaire d’Hugo, que nous avons rencontré lors d’une interview très intéressante sur le projet.

 

Salut Hugo, nous avions présenté il y a quelques jours dans un article très intéressant le projet révolutionnaire des Screaming Eagles, mais peux-tu revenir dessus pour nous ?

Salt Lake Screaming Eagles est une nouvelle équipe professionnelle de football américain lancée en 2016 à Salt Lake city dans l’Utah aux Etats-Unis. Une équipe qui évolue en Indoor Football League, le football américain en salle.
Au-delà de l’équipe, c’est un nouveau concept révolutionnaire comme tu l’as dit qui permet aux fans de prendre toutes les décisions liées au management d’une équipe. Le concept est de donner totalement le pouvoir aux fans. Ils ont donc un pouvoir de décision grâce à une application.
Un projet humain 100% digitalisé et sans frontières.

Quel est ton rôle exactement dans ce concept ?

Je suis supporter français du projet de crowdfunding et impliqué en tant qu’associate coach des Screaming depuis le lancement. Au-delà de mon rôle de fan et de membre à vie, j’essaie de faire connaître le projet en France car j’y crois vraiment. C’est une approche future de ce que pourrait être la structure des clubs professionnels ou amateurs en Europe demain.

Qui est derrière cette idée inédite ?

A l’origine de cette idée, il y a une startup du sport américain nommée Project FANchise avec plusieurs investisseurs dont d’anciens joueurs NFL qui ont acheté les droits de création d’une nouvelle franchise. Mais aujourd’hui l’acteur qui est le plus médiatisé est Ray Austin, l’un des co-fondateurs de FANchise et entrepreneur. 

Mascotte Screaming Eagles@Screaming Eagles

Mascotte, logo, produits dérivés, ce club a tout compris

En France, on connait plus ou moins bien le football US mais le football US indoor, un peu moins, qu’est-ce que c’est ?

C’est simplement du foot US mais joué dans une salle couverte, comme le futsal avec le football par exemple. C’est le même principe avec principalement les mêmes règles mais adaptées à la pratique en intérieur.
Contrairement au Foot US en extérieur qui se joue à 11, l’indoor lui se joue à 8.
Autre différence, un joueur en indoor doit être surement plus polyvalent car l’effectif est plus réduit. C’est aussi un tremplin pour le football US tel qu’on le connait. 

Merci c’est plus clair. Revenons sur le cas des Screaming et le championnat, y a-t-il des joueurs ? De vraies équipes ? De vraies rencontres ?

Oui totalement, c’est une question que beaucoup me posent car le concept est vraiment innovant. Mais c’est bien une vraie équipe avec de vrais joueurs tous professionnels et un staff professionnel lui aussi. Ils perçoivent tous une rémunération.
Il y a aussi de vrais spectateurs qui achètent leur billet pour le match. On peut dire que c’est un mix entre Alex Hunter (NDLR : le joueur fictif dans FIFA 16) et Madden (le jeu de NFL) mais dans la vraie vie. Dans la lignée des Football Manager et autres Fantasy League, sauf que là votre équipe existe réellement.

 

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Pouvoir prendre les décisions à la place du coach, c’est le rêve de tous les fans. Mais qui peut rejoindre le concept ?

Tout le monde. Toutes les personnes intéressées sont les bienvenues. Ce n’est pas du tout une question de niveau, d’expérience ou même de connaissance du football US. Mais uniquement une question de motivation.
Il y a plusieurs niveaux d’investissement dans le projet :

  • Un premier niveau gratuit en téléchargeant l’application qui permet de voter et de choisir les stratégies et tactiques en live pendant le match.
  • Le deuxième niveau qui lui est payant et permet de devenir un membre à part entière du staff et d’avoir un accès privilégié aux coulisses de l’équipe.
    Ce deuxième niveau propose 3 offres payantes offrants différents privilèges :

1 | Virtual Scout (recruteur) qui observe et suggère des joueurs directement au coach (plusieurs joueurs ont été recrutés par ce moyen. (9,99$/mois soit 120$ la saison)

2 | Virtual coach qui lui permet de de participer à l’analyse vidéo des matchs et l’élaboration de la stratégie de jeu. (24,99$/ mois soit 300$ la saison)

3 | Virtual General Manager qui est plus lié à l’organisation générale du club. (39,99$/ mois soit 480$ la saison)

Toutes ses offres sont sans abonnement, le fan peut s’il le souhaite, ne pas renouveler son offre mensuelle. C’est une occasion unique au monde. Celle de vivre l’expérience dans les coulisses d’une équipe professionnelle.

Les fans des Screaming Eagles utilisent l'appli mobile pendant le matchScreaming Eagles

Les fans des Screaming Eagles utilisent l’appli mobile pendant le match

Très bien, donc les fans peuvent donner leurs instructions directement au coach pendant le match, mais comment cela fonctionne ? Est-il relié à une application lui aussi, a-t-il une oreillette ?

Pendant le match, les fans votent lors chaque action via l’application pour la stratégie de leur choix. Celle qui regroupe le plus de voix est transmise au coach qui transmet ensuite au quaterback via une oreillette comme en NFL.
Tout ça se fait assez rapidement, mais le Football US permet de longs temps morts.

Quels sont les échanges qu’un fan peut avoir avec le staff et les joueurs ?

Un fan peut avoir un grand nombre de possibilités d’échanger avec le staff à condition d’être membre du staff avec l’une des formules payantes.
Par exemple dans mon propre cas, je suis associate coach et j’ai un échange hebdomadaire par vidéo avec le coach et parfois les joueurs. Ensuite, un forum est disponible 24/24h sur lequel tous les membres et les fondateurs peuvent échanger.

Les fans décident donc de tout ?

Oui, ils sont au cœur du projet. Ce sont eux les décideurs. Depuis le début de l’aventure, ils peuvent voter pour tout.
Par exemple, ils ont pu choisir pour la localisation de l’équipe. Le choix était restreint entre deux villes des Etats-Unis. Mais aussi, ils pouvaient choisir le nom de l’équipe, designer le logo ou concevoir la tenue de match. Le logo actuel a d’ailleurs été réalisé par un fan.

Le recrutement du coach a aussi été décidé avec les fans. Les interviews des candidats présélectionnés étaient diffusées en live sur internet. Plus de 37 000 votes ont été recueillis, un fan a même été sélectionné et pouvait poser directement ses questions.

En bref, tout est décidé par les membres, les cheerleaders, la mascotte, les joueurs, les maillots, les couleurs, le design des tenues, des casques, de la balle.
Une chose hilarante, le club propose aussi aux fans de voter pour la nourriture du coach le soir.
Tous les membres du Front Office peuvent suggérer une nouvelle opération marketing, des actions à réaliser pour la promotion du club, ou encore des produits dérivés à développer. Un vrai moyen de se sentir intégré complètement à ton club.

Des fans des Screaming EaglesScreaming Eagles

Des fans des Screaming Eagles

Il me semble que les Screaming Eagles ont aussi mis en vente un droit complètement fou pour les fans ?

Oui, tu es bien renseigné, c’est quelque chose de complètement dingue, le club joue l’expérience fan à fond. Imaginez que vous ayez le droit de pénétrer sur la pelouse pendant le match, de traverser le terrain et cela sans conséquences, hormis le fait d’arrêter le jeu quelques instants. Et bien cela a été proposé lors du crowdfunding  par le club via une carte appelée « Get out of jail free card » (sortie de prison). Une folie à 500$, et devinez quoi ? Une offre épuisée rapidement. Ça promet pour les futurs matchs. 

C’est un concept de rêve pour tous les fans, mais en quoi peuvent-ils avoir une légitimité à donner leur avis sur toutes ces décisions selon toi ?

La légitimité est grandement liée à la passion. Raison première de l’investissement des fans. Ils ont une vue 360° sur tous les aspects du club. Chacun a un profil différent qui profite complètement aux décisions du club. Leur passion fait qu’ils ont tous une volonté commune qui profite à tous.

C’est aussi plus qu’être fan pour les membres, c’est bien ça ?

Oui tout à fait, au-delà de l’aspect de supporter, cela est une vraie expérience avec un vrai statut pour ses membres. Par exemple pour mon cas, en tant qu’associate coach, cela me permet de développer mon réseau professionnel. J’ai ajouté cette fonction sur mon profil Linkedin. Je reçois même des sollicitations des joueurs directement par message.

C’est un peu un moyen de développer des compétences professionnelles. Comme ce que font les clubs français avec les journées de l’emploi.

Des fans des Screaming Eagles avec le staff et les joueursScreaming Eagles

Des fans des Screaming Eagles avec le staff et les joueurs

Si je suis un membre français, puis-je rencontrer les joueurs et le staff si je vais aux Etats-Unis ?

Oui cela me semble possible. Il y a plusieurs fans Américains qui sont allés assister aux entrainements des joueurs mais aussi aux journées de recrutement. Notamment pour le premier match en février dernier, plusieurs membres fans sont venus de très loin pour vivre ce moment. Le ticket pour assister à un match varie de 5 à 85$.

Mais financièrement, comment un tel projet est-il possible ?

Le business model du concept est assez classique et proche de celui d’une équipe normale. C’est à dire que l’équipe a des dépenses comme les salaires des joueurs, des déplacements par exemple, mais aussi des revenus types d’une équipe sportive (billetterie, sponsoring, merchandising, boutique en ligne, etc.).

La différence entre les Screaming et une équipe classique est que la source de revenue additionnelle digitale dépend des inscriptions des membres mais aussi de la publicité sur le digital. Par exemple, avant même que l’équipe ait un nom, un logo, ou même un joueur dans son effectif, la campagne de Crowdfunding avait générée plus de 60 000$. Dingue non ?

Au-delà de l’aspect financier, le fait d’ouvrir les accès au fonctionnement du club à un collectif composé de fans permet d’avoir un staff beaucoup plus étoffé qu’une équipe lambda. Et donc un brainstorming plus large avec des idées beaucoup plus variées et des ressources plus nombreuses.

Quels sont les risques liés à ce concept ?

J’attendais cette question, bien entendu ce concept n’est pas vierge de tous risques.
Le risque principal souvent mis en avant par les détracteurs de ce fonctionnement est que les fans adverses peuvent voter pour les stratégies de l’équipe et donc ainsi désorienter l’équipe (il n’y a pas besoin de payer pour voter le jour du match, télécharger l’appli suffit). Aussi, il y a cette transparence, car toutes les stratégies sont en ligne et accessible à tous les fans sur l’application.

Mais pour contrer les inscriptions sauvages dans le but de nuir, les fondateurs ont pensé à un fonctionnement qui récompense l’investissement des fans. Le Fan IQ, qui donne un poids de décision et un pouvoir plus large aux fans les plus impliqués.
Il y a aussi d’autres risques, comme la désertion des fans, ce projet doit garder une communauté active longtemps, c’est le gros deal. Enfin, le développement d’un tel modèle est très lié aux résultats. Il faut que les résultats sportifs soient à la hauteur pour maintenir tout ce beau monde actif.  

 

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Penses-tu qu’un projet similaire est possible en Europe ou même en France ?

A la lecture des nombreux articles sur le sujet sur Fanstriker, je pense que le marché actuel est vraiment demandeur, les fans veulent avoir plus de poids dans les décisions de leur club et avoir accès aux coulisses de leur équipe. Donc oui, ce serait possible, dans une certaine mesure.

Concernant la partie prise de décisions pendant le match, j’émets quand même des réserves liées au sport sur lequel ce concept est appliqué. En effet le football US, possède des règles qui favorisent ce genre de chose, notamment les nombreux temps morts, qui permettent aux fans de voter en temps réel.

Cela peut actuellement être difficilement concevable dans le football ou dans des sports sans arrêts de jeu réguliers. Mais beaucoup de choses peuvent être mises en place sur du hors match.
Il y a quelques semaines je suivais un match sur L’équipe.fr et j’ai vu qu’ils avaient mis en place un système de vote sur leur live pour voter pour le choix des remplacements à effectuer, ce qui rappelle vraiment Project FANchise.

Le premier match a eu lieu en février, comment cela s’est déroulé ?

En effet, le jeudi 16 février a eu lieu le premier match de l’histoire des Salt Lake Screaming Eagles mais aussi le premier match entièrement coaché par les fans eux-mêmes. La révolution est lancée.
Ce premier match a offert de très bons retours : 150 000 vues en live (diffusion sur la chaine YouTube de la League et sur le live Facebook de Sport Illustrated pour l’occasion).

Le match a été visionné dans 99 pays. Les fans du monde entier ont pu participer au coaching en direct du match : 33 000 tactiques ont été proposées via l’application.
Malheureusement les Screaming Eagles n’ont pas remporté leur première rencontre (défaite 78 à 47). Plus de 8 000 personnes ont assistées à la rencontre dans l’enceinte.

Quelle est l’ambition future des investisseurs et du club avec un tel concept ?

L’un des objectifs est de doubler ou tripler d’ici 3 ans les revenus classiques et d’ajouter une nouvelle source de revenu via le digital.

L’aventure est loin de s’arrêter puisque la startup FANchise vient tout juste d’acheter une nouvelle franchise de football indoor, en l’occurrence Colorado Crush mais aussi vient de finaliser un partenariat avec la ligue pour à terme, la transformer en Interactive Football League. Et ainsi étendre le concept à l’ensemble des clubs de football indoor.

Une affaire à suivre de très près donc.
Merci à Hugo pour cette belle ITW, nous en savons un peu plus sur ce nouveau moyen d’intégrer ses fans.

 

Vous pouvez toujours réagir et échanger avec nous via twitter 

Vous avez aimé cet article ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

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Constant Deram (MEHB) : “La qualité du message nous importe plus que les chiffres”

Nous parlons du métier de Responsable de Communication avec l’étude de cas du Massy Essonne Handball, club de Proligue.

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Interview Constant Deram MEHB

Lorsqu’on est le Responsable Communication d’un club, on est amené à toucher à tout. Visibilité, image et engagement, tous les objectifs liés au marketing sont effectivement concernés au même titre que les différents canaux de communication qu’il faut savoir maîtriser.

Pour parler de ce métier de “Couteau Suisse”, nous avons le plaisir de recevoir Constant Deram, Responsable Communication au Massy Essonne Handball (MEHB). Un échange à retrouver en podcast, ou à l’écrit ci-dessous.

(Episode également disponible sur Apple Podcast)

Le métier de Responsable Communication

Bonjour Constant, peux-tu nous présenter ton parcours depuis tes études jusqu’au MEHB ?

Originaire du Nord, j’ai fait toutes mes études à Lille. J’ai d’abord obtenu une Licence en média, culture et communication à l’Université Catholique de Lille. J’ai ensuite enchaîné avec un Master en Marketing et Communication à Esupcom en alternance. Ces deux dernières années m’ont permis d’entrer d’une manière concrète dans le monde du travail grâce à ce rythme soutenu entre l’école et l’entreprise. Après mes études, j’ai travaillé pendant un an dans un environnement startup. 

Néanmoins, mon objectif a toujours été d’évoluer dans un club. J’ai alors rencontré le MEHB pendant l’été 2020 et ils m’ont donné ma chance. Je suis donc au club depuis le début de la saison 2020/2021 !

En tant que Responsable Communication d’un club professionnel, quelles sont tes principales missions ? 

Mes missions sont très variées. Il y a tout d’abord la création de contenu et la communication digitale. Ensuite, il y a l’événementiel qui reste un pôle important malgré la crise sanitaire. Les matchs nécessitent toujours une certaine organisation en interne. Toute la partie partenariat fait également partie de mes missions afin de mener à bien les relations avec nos partenaires via des activations notamment.

La structure du MEHB est globalement associative. Il faut donc aussi faire preuve d’une grande polyvalence car les journées ne se ressemblent jamais. Ce qui est très stimulant !

À ton arrivée au club en début de saison, quels sont les projets que tu as identifiés à court et long terme ?

Le club avait un certain retard en communication digitale. Le principal chantier était donc de le combler et de rentrer rapidement dans les standards des autres clubs professionnels de la Ligue Nationale de Handball. Cela est passé par une nouvelle stratégie digitale, un nouveau site internet et une augmentation de la fréquence de publications sur les médias sociaux. 

Le tout, en restant en autoproduction. C’est-à-dire que tout est créé en interne. Nous sommes actuellement deux à gérer ces sujets dans l’équipe communication du club.

Aujourd’hui, il y a encore une belle marge de progression mais nous n’avons plus à rougir de la qualité de nos contenus. Nous sommes globalement fiers de l’évolution de notre communication depuis le début de la saison. Désormais, nous essayons d’être meilleurs chaque jour et d’innover au mieux.

Quelles sont les principales compétences à avoir pour exercer ton métier ?

La principale compétence à avoir selon moi, c’est la curiosité. Il est essentiel de constamment s’informer. À titre d’exemple, je me renseigne beaucoup sur TikToK en ce moment afin de déterminer si la plateforme pourrait intéresser le MEHB ou non. Personnellement je n’utilise pas ce réseau, peut-être parce que je ne suis pas dans la cible, mais il faut néanmoins faire l’effort de s’y intéresser et d’imaginer des contenus à créer.

Une autre compétence à avoir, c’est la polyvalence. Lorsqu’on évolue dans un club, notamment dans une petite structure, on est amené à toucher à tout.  Il est donc important d’être flexible et force de proposition.

La veille est primordiale lorsqu’on est Responsable Communication, quelles sont tes sources d’information au quotidien ?

Effectivement la veille est hyper importante. C’est un réflexe qui doit être naturel je pense. La première chose que je fais dans ma veille, c’est de suivre les autres équipes du championnat, des autres divisions et des autres pays. Il est également intéressant de suivre les clubs d’autres sports car ils sont aussi une source d’inspiration. En plus de cet environnement sportif, je suis également des médias spécialisés dans le sport business afin de comprendre l’évolution du marché.

Aussi, et je peux difficilement m’en passer, je suis un accro de Twitter. C’est un excellent outil pour suivre l’actualité en temps réel et rester connecté à tout ce qu’il se passe d’une manière générale.

Quels outils utilises-tu pour réaliser le contenu du club ?

J’utilise essentiellement la suite Adobe. C’est selon moi la solution la plus complète pour auto-produire de la vidéo et des visuels.

Il y a aussi toute la partie matériel. Le club est conscient qu’il est important de s’équiper avec des outils de qualité et est prêt à investir dans la mesure du possible. Sur cette partie-là, nous sommes aussi très bien accompagnés par la LNH. La Ligue a effectivement fourni un kit complet de tournage via smartphone à l’ensemble des clubs. Ce qui est idéal pour progresser et travailler dans un environnement ambitieux.

Analyse de la communication du MEHB

L’ambition du MEHB est d’être “Le club qui fait grandir”. Quel est l’objectif majeur du club dans sa communication ? Et comment en mesures-tu la performance ?

Effectivement notre positionnement est : “Le club qui fait grandir”. C’est même un état d’esprit. Notre but est d’accompagner tous les acteurs et jeunes du club à devenir des femmes et des hommes de valeur.

L’objectif de communication derrière ça est avant tout un objectif d’image avec l’envie de valoriser le club dans son ensemble. C’est-à-dire que nous souhaitons mettre autant en avant les pros que les amateurs. C’est une spécificité à Massy puisque nous avons décidé de ne pas distinguer la partie associative de la partie professionnelle. Bien évidemment, les objectifs liés à la notoriété et l’engagement sont aussi concernés à moyen et long terme.

Les principaux indicateurs que nous suivons sont classiques. Nous sommes attentifs à la taille de nos communautés sociales par exemple. Néanmoins, les chiffres ne sont pas décisionnaires de nos choix. Pour nous, c’est le message qu’on va réussir à transmettre qui importe le plus même si aujourd’hui, en raison du huis-clos, il est difficile de sentir l’impact de nos actions dans la vie réelle. 

Malheureusement l’expérience in-stadia, donc au Centre Omnisports Pierre de Coubertin, est encore inaccessible pour les fans du club. Est-ce que vous vous préparez au retour des supporters avec le lancement de nouvelles activations ou bien de nouveaux services ? D’autant plus qu’à titre personnel, tu n’as pas encore pu apprécier l’accueil du public depuis ton arrivée au club.

C’est clairement l’expérience qui me manque le plus. Je suis arrivé en début de saison lorsqu’on avait encore une jauge limitée avec un protocole sanitaire strict. Je n’ai donc jamais connu un match à domicile dans une configuration normale.

Bien évidemment, on prépare avec impatience ce grand retour des fans ! On anticipe au mieux les animations à venir et nos services VIP, tout en gardant en tête les restrictions sanitaires qui devraient perdurer. L’inconvénient pour nous, c’est que nous partageons notre infrastructure avec d’autres clubs locaux à Massy. Ce qui peut limiter nos actions comme la personnalisation des lieux. Mais ça fait partie du jeu et de cette fameuse adaptation dont on parlait. 

La saison prochaine, le MEHB va fêter ses 60 ans. Ce sera le fil rouge de la saison et on souhaite le faire vivre pendant les matchs à domicile via différentes animations. On croise donc les doigts pour que le public puisse revenir rapidement au Centre Omnisports Pierre de Coubertin !

Un petit mot sur le live des matchs qui doivent représenter un grand enjeu pour vous dans le contexte actuel. Comment vous êtes-vous préparés en interne pour mener à bien cette retransmission ? Et comment à titre personnel tu t’es formé au métier de commentateur sportif ?

La diffusion des matchs est effectivement capitale. Elle permet de garder le lien avec nos fans et de continuer à proposer des solutions de visibilité à nos partenaires. Pour mener à bien ce projet, nous avons collaboré dans un premier temps avec une société de production locale avant d’auto-produire les lives.

Le live était quelque chose de tout nouveau pour le club. Avant la crise, nous n’avions pas l’autorisation de la LNH pour diffuser les matchs. C’est désormais le cas depuis le second confinement de l’automne dernier. Nous avons tout appris sur la retransmission au fil des premiers directs et ce fut hyper enrichissant pour nous. Le club a investi dans du matériel et s’est donné les moyens de proposer un contenu de qualité.

Concernant le métier de commentateur, je ne l’ai pas tellement appris. Je commentais beaucoup mes matchs sur FIFA quand j’étais plus jeune donc je m’en suis inspiré (rire). Le commentaire sportif m’a toujours plu et aujourd’hui c’est génial de le pratiquer sur un cas concret. Nous essayons de le faire de la manière la plus pro possible en s’informant au maximum sur le match, notamment sur l’équipe adverse que nous ne connaissons pas toujours par cœur. Il est également important pour nous de ne pas se mettre une énorme pression afin que le rendu soit naturel et spontané. Après plusieurs lives on peut le dire, c’est devenu notre péché mignon à Nathan (Chargé de Communication) et moi car on se régale à faire ça !

Une fois la crise passée, j’espère pouvoir continuer la diffusion des matchs. Non pas parce que ça nous plait, mais parce que c’est un vrai plus pour les fans qui ne peuvent pas se déplacer. C’est aussi un canal supplémentaire pour nos partenaires qui souhaitent communiquer.


En tant que communicants au MEHB, vous vous adressez aussi aux partenaires du club. Votre ambition est d’avoir une relation gagnant-gagnant avec eux grâce à de la visibilité ou bien à des campagnes marketing personnalisées. Quelle est globalement la stratégie de communication B2B du club ?

C’est une partie essentielle pour le club puisque nos partenaires contribuent grandement à son développement. Notre volonté, comme beaucoup aujourd’hui, est d’avoir une approche personnalisée avec eux. C’est-à-dire que nous souhaitons progressivement sortir de la visibilité traditionnelle qui s’essouffle un peu, afin de proposer des activations innovantes, digitales, originales et qui surtout, correspondent au profil du partenaire. 

Par exemple, nous avons récemment réalisé une “opération gourdes” avec l’un d’entre eux. L’objectif était alors d’affirmer notre positionnement éco-responsable avec l’envie de supprimer le plastique à usage unique au MEHB. Pour cela, nous avons rempli une tribune de gourdes co-brandées en collaboration avec un partenaire, EUROCOM, qui nous a aidé à communiquer sur l’opération. Cette dernière correspondait aussi à ses valeurs et son métier de fournisseur en équipements pour les entreprises.


L’intérêt est donc de solliciter nos partenaires sur des sujets de long terme. C’est notamment le cas sur des sujets sociaux où l’on propose avec certains d’entre eux des séances de sport adaptées en Ehpad ou bien auprès de diabétiques.

En ce qui concerne les campagnes marketing, là aussi nous essayons de les personnaliser au maximum. Par exemple, il serait difficile de proposer une campagne de récolte de données à un petit commerçant qui n’aurait pas les ressources nécessaires pour maîtriser cette donnée. Nous proposons dans ce cas des opérations sur-mesures où le partenaire se sent concerné. Cela demande un suivi intensif de notre part, mais nous savons que c’est essentiel pour créer une relation pérenne avec nos partenaires.

La Ligue Nationale de Handball joue un rôle important dans la communication des clubs de première et seconde division. Comment la Ligue vous accompagne d’un point vue stratégique et opérationnel ?

Nous avons des rendez-vous réguliers avec la Ligue. Ils savent qu’une valorisation individuelle des clubs permettra de valoriser l’ensemble du championnat. La LNH est donc très proactive sur les sujets liés à la communication. Comme évoqué précédemment, ils ont fourni du matériel ou bien accordé des autorisations de retransmission. 

Ils font quelque chose de très bien également pour la retransmission des matchs de la Lidl Starligne (1ère Division). L’ensemble des rencontres qui ne sont pas retransmises sur beIN Sports sont live streamées sur YouTube. Ce qui offre une belle visibilité au championnat.

Je pense que la LNH va dans le bon sens. Son objectif est d’avoir des clubs ambitieux au sein de ses championnats et elle se donne les moyens pour. Nous sommes très satisfaits de cet accompagnement !

Enfin, la question de fin habituelle, quelle est ta définition de l’expérience fan ?

J’ai réalisé mon mémoire sur le sujet donc je pourrais en dire beaucoup (rire). Mais si je dois faire court, l’expérience fan est un concept global qui regroupe de nombreux facteurs stratégiques tels que la communication digitale, la billetterie ou l’animation en jour de match. Cela englobe aussi des choses plus concrètes comme l’accueil du public, la restauration ou bien les infrastructures.

Il faut lier l’expérience fan à l’expérience client que l’on retrouve dans les grandes surfaces et magasins. Car c’est l’ensemble des contacts qu’un fan a avec son club qui va bâtir cette expérience fan. La finalité est que le public vive un moment qui dépasse l’événementiel sportif et qui soit satisfaisant dans tous les cas.

Merci à Constant Deram du MEHB d’avoir partagé son expérience et sa vision de la communication. 

Vous pouvez consulter toutes nos interviews avec les professionnels du sport ici. Si vous souhaitez vous aussi échanger au sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou à travers nos réseaux sociaux !

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Interviews

“Il est difficile de connaître ses droits pour un supporter” Baptist Agostini-Croce

L’industrie du sport est liée à de nombreux sujets légaux qui concernent les joueurs, les ligues, les agents mais aussi les supporters. Pourtant la discussion autour du droit pénal sportif est encore limitée. Baptist Agostini-Croce nous invite à débattre sur le droit pénal sportif en mettant notamment l’accent sur le droit des supporters.

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En décembre, nous avons rencontré Baptist Agostini-Croce pour discuter du droit pénal des supporters. Les supportérisme contribue grandement à la beauté du sport. Pourtant, les supporters sont encore trop peu informés sur leurs droits. Dans cette première interview nous avions évoqué les infractions que les supporters pouvaient commettre, les interdictions de stade, la responsabilité collective des associations de supporters, les conséquences d’une infraction. Aujourd’hui Baptist revient sur Fanstriker pour nous parler de son nouveau projet : un Cercle de Réflexion sur le droit pénal sportif.

 Baptist-Agostini-Croce-supportérisme

Baptist Agostini Croce, Elève-Avocat

On s’est rencontré en décembre à l’occasion d’un podcast sur le droit pénal des supporters. Est-ce que tu peux te présenter à nouveau pour les lecteurs qui n’ont pas eu l’occasion d’écouter ce podcast ?

Je suis Elève-Avocat, avec une formation universitaire résolument tournée vers le droit pénal et le droit pénal des affaires. Je suis actuellement au sein du cabinet du pénaliste Maître Pascal Garbarini. Il me reste à passer un dernier examen pour obtenir le certificat d’aptitude à la profession d’Avocat et ainsi prêter serment pour rejoindre la profession. 

“Le droit pénal touche plusieurs acteurs du sport ; les joueurs, les dirigeants, les agents… mais surtout les supporters.”

– Baptist Agostini-Croce sur l’importance de mettre en place un lieu de discussion sur le droit pénal sportif 

 

Le droit pénal sportif : un sujet crucial dont on ne parle pas assez

Tu viens de créer un tout nouveau projet. C’est un Cercle de Réflexion sur le droit pénal sportif. D’où t’es venue cette idée ?

Je m’intéresse aux problématiques de droit du sport depuis un certain temps, qu’elles relèvent du droit des affaires, du droit des contrats, du droit du travail ou encore de l’aspect disciplinaire. Mais on ne parle que très rarement de la place du pénal au sein du mouvement sportif. Si on évoque très souvent le dopage, le droit pénal dans le sport ça n’est pas que ça ! C’est un mélange de dispositions de droit commun qui vont s’appliquer également à la pratique sportive, mais aussi de dispositions propres au Code du sport, qui elles sont exclusivement tournées vers le mouvement sportif et toutes ses composantes. 

Le droit pénal touche plusieurs acteurs du sport ; les joueurs, les dirigeants, les agents… mais surtout les supporters. 

“Il est très difficile de connaître l’ensemble de ses droits pour un supporter.”

– Baptist Agostini-Croce sur le manque de ressources pour informer les supporters de leurs droits.

Quels sont vos sujets d’étude principaux ?

Globalement, nous nous intéressons à tout ce qui, dans le sport, fait intervenir le droit pénal. Récemment, nous nous sommes intéressés au rôle du droit pénal des affaires dans le sport et sommes intervenus dans la presse pour évoquer le cas particulier du harcèlement moral au travail subis par les joueurs de football placés en “loft”. 

A titre personnel, je m’intéresse tout particulièrement à la répression du supportérisme dans tous ses aspects. 

“Il doit y avoir plus d’une vingtaine d’infractions qui peuvent se commettre, ne serait-ce qu’à l’intérieur ou aux abords du stade.”

– Baptist Agostini-Croce sur l’importance de mettre des ressources à disposition des supporters pour les informer de leurs droits

Des discussions à destination de tous les acteurs du sport

Lorsque l’on s’est rencontré en décembre, nous avons essentiellement parlé de droit et de supportérisme au stade. Est-ce que dans cette nouvelle association vous évoquez aussi les activités des supporters en dehors des stades (consommation de match en streaming illégal, comportements illégaux autour de la vente et revente de billets, expression sur les réseaux sociaux) ? 

Bien entendu. Notre objectif est véritablement de couvrir l’ensemble des situations au cours desquelles un acteur du sport pourra engager sa responsabilité pénale. Qu’il s’agisse de droit pénal de droit commun, de droit pénal des affaires ou encore de droit de la presse, tout rentre dans notre objet d’étude. 

Par exemple, la lutte contre le streaming illégal est particulièrement d’actualité. Il est pour l’instant réprimé par le biais de l’infraction de contrefaçon et est au coeur de la proposition de loi visant à démocratiser le sport en France qui vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale. 

Quelle est la cible de votre initiative ? Travaillez-vous avec des clubs, des ligues ou des associations de supporters ? Comment souhaitez-vous contribuez au supportérisme ?

L’initiative est tout d’abord purement juridique. Notre association prend doucement forme et plusieurs personnes nous rejoignent progressivement. Notre but est de rassembler des individus passionnés de sport et de pénal pour rédiger des articles ou participer à certains débats qui soulèveront des questions sur la place du droit pénal dans ce milieu où les questions affairistes ou contractuelles ont une place prépondérante. On essaye de dégager un panorama des problématiques pénales dans le sport, afin que ceux qui s’y intéressent puissent découvrir l’étendue de ce domaine. 

Le supportérisme au coeur du débat

L’essentiel du droit pénal sportif concerne le supportérisme. A l’heure actuelle penses-tu que les supporters ont suffisamment de ressources pour être au courant de leurs droits ?

Il y a des Associations de Supporters qui font un travail remarquable. Cependant, c’est très difficile de connaître l’ensemble de ses droits pour un supporter. La plupart du temps, lorsqu’on pense aux droits des supporters, on pense aux interdictions de stade, les fameuses “IDS”. Sauf qu’il y a un ensemble d’infractions aux conséquences diverses qui peuvent s’appliquer aux supporters, ça peut aller des dispositions du Code pénal comme les violences ou les dégradations à celles du Code du sport interdisant les engins pyrotechniques, ou même encore la loi sur la liberté de la presse avec les injures à caractère racial. Il doit y avoir plus d’une vingtaine d’infractions qui peuvent se commettre, ne serait-ce qu’à l’intérieur ou aux abords du stade. Pour le coup, les droits des supporters dépassent la simple question de leur responsabilité pénale ou civile. Le rôle du contentieux administratif dans la contestation des nombreux arrêtés qui touchent leurs libertés est par exemple essentiel. 

L’objectif de ce Cercle de Réflexion est-il à terme de proposer des services de conseil pour les supporters ?

Pas pour l’instant, puisque en qualité d’Elèves-Avocat nous sommes soumis à des règles qui imposent de ne pas donner de conseils juridiques à qui que ce soit. Sauf que si tout se passe bien, nous deviendrons Avocats d’ici quelques mois et la question pourra se poser. Si demain l’Association se développe assez pour que nous puissions envisager une nouvelle démarche qui viendrait en aide aux différents acteurs du sport dont bien entendu les supporters, pourquoi pas en rediscuter. 

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C’est tout ce que je te souhaite ! Merci beaucoup pour cette interview Baptist. Où est-ce que l’on peut te retrouver après cette interview ?

Je suis assez actif sur Twitter et LinkedIn. Notre association possède également un site internet, www.droitpenal-sport.com. Toutes nos informations sont disponibles sur celui-ci, notamment nos dernières publications et interventions.

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