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Interview Antoine Miche, Président de Football Ecologie France Interview Antoine Miche, Président de Football Ecologie France

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Antoine Miche “Incarner l’éco-supportérisme”

Entretien avec Antoine Miche, Président de Football Ecologie France, une association qui souhaite instaurer une pratique plus écologique du ballon rond à tous les niveaux.

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Basée partout en France, Football Ecologie France souhaite faire du football un leader des enjeux de société que sont l’écologie et la solidarité. Président de l’association, Antoine Miche nous a partagé sa vision de l’expérience fan. Une expérience au stade qu’il espère voir plus verte.

Depuis juillet 2019, Antoine Miche préside les actions de Football Ecologie France au plus près des acteurs du ballon rond.

Football Ecologie France : une stratégie bien établie

Bonjour Antoine, pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre mission au sein de Football Ecologie France ?

Je suis né dans le 93 et j’ai grandi dans l’univers du football. Actuellement je suis Directeur Financier à la Banque Postale et dans le Groupe La Poste depuis maintenant 12 ans, régulièrement actif sur des projets liés à la RSE. D’ailleurs, La Poste est reconnue comme l’entreprise numéro 1 mondial sur la RSE.

En 2007, j’ai été le Président-Fondateur du Réseau français des étudiants pour le Développement Durable (REFEDD) et depuis 2019 je suis le Président-Fondateur de Football Ecologie France. Mon champ d’actions dans l’association se résume essentiellement au développement, aux partenariats et à la structuration de l’organisation.

Quels sont les principaux objectifs pour Football Ecologie France à court et long terme ?

À court terme, notre objectif est la prise de conscience massive des acteurs et amateurs de football sur la question de l’écologie. Tout simplement parce que s’il n’y a pas de planète viable et de société stable, il n’y a pas de football. C’est pourquoi toute personne qui gravite autour de ce sport doit comprendre qu’un jour, tout peut s’arrêter. Le football a alors tout intérêt à se préoccuper sérieusement des enjeux écologiques, qui sont préalables à son activité.

À moyen-long terme, notre but est d’incarner l’éco-supportérisme. L’éco-supportérisme, c’est le supporter au sens large (un abonné, un dirigeant, une famille d’un joueur, un bénévole…) qui peut avoir une pratique écologique de son sport mais surtout peut contribuer activement aux actions écologiques de son club, de sa ville. L’impact positif des actions n’en sera alors que plus élevé.

Pour y arriver, nous créons des liens spécifiques avec des villes, des clubs et les acteurs du football en général. Nous les accompagnons sur les opérations et aujourd’hui nous sommes déjà plus de 200 personnes dans l’association, dont de nombreux experts, et partout en France.

Quels corps de métier retrouve-t-on au sein de l’association FEF ?

Les profils et compétences sont ceux que l’on peut voir dans toute organisation : les fonctions Supports (Finance, Développement, Communication, Marketing, etc.) puis les fonctions opérationnelles qui se déploient au sein de nos antennes géographiques. Elles accompagnent alors sur le terrain les clubs et leurs actions écologiques.

Ce qui fait notre particularité, ce sont nos membres qui sont à la fois passionnés de football et d’écologie. Grâce à ce croisement, nous avons une réelle expertise à apporter.

Quels clubs et institutions accompagnez-vous aujourd’hui ?

Il y a en beaucoup. Tout d’abord, nous travaillons très régulièrement avec le Toulouse FC. Le TFC a une fondation très active et notre but est de former les parties prenantes du club, dont les jeunes du club et de la ville de Toulouse. 

“Les clubs amateurs sont pionniers dans de nombreuses actions plus innovantes et plus courageuses que certains clubs professionnels.”

Ensuite, nous accompagnons de nombreux clubs amateurs. Ils sont pionniers dans de nombreuses actions plus innovantes et plus courageuses que certains clubs professionnels. Il y a par exemple Saverne et Muttersholtz en Alsace, Loos-en-Gohelle dans les Hauts-de-France. Nous accompagnons aussi le FC Lyon, qui est le deuxième club amateur de France et qui a déjà une politique RSE bien établie. Le club se connecte avec les besoins et les envies des citoyens des quartiers environnants.

Quelles actions avez-vous déjà mises en place ?

Les actions sont variées car l’écologie englobe beaucoup de thèmes. Il y a la vie du club, son infrastructure et ses événements. À travers ces trois prismes, nous travaillons tous les enjeux écologiques : biodiversité, énergie-climat, gestion de l’eau, déchets, transports, alimentation, etc.

Il nous plaît de repenser un tournoi de football par exemple. Cela passe par une évolution de sa logistique et de l’apprentissage durant l’événement. Nous sommes aussi très sollicités sur l’évolution de l’infrastructure sportive afin de rendre les stades plus économes, plus accessibles et moins polluants (eau, énergie, pesticides, transports, etc.)

Nous dialoguons aussi avec les instances du football locales et nationales afin qu’il y ait une ambition élevée et cohérente par rapport aux urgences. Notamment à travers le PEF (Programme Educatif Fédéral) de la FFF dans lequel trois axes nous intéressent : la santé, l’environnement et la citoyenneté. Nos actions alimentent pleinement ces trois axes ce qui permet aux clubs d’être davantage reconnus par la FFF.

Vers une expérience fan plus verte et responsable

Vous terminez actuellement une consultation nationale sur l’avis des fans de football vis-à-vis de l’écologie. Selon vous, sont-ils devenus sensibles à ce sujet ?

La consultation est disponible sur notre site Internet et s’adresse à tous les Français. Un citoyen fan de football est d’abord un citoyen. Pour preuve les résultats des élections municipales qui sont sans équivoques. Les citoyens demandent du changement, de l’écologie dans leur quotidien. 

“On constate une re-connection entre le fait d’être citoyen et le fait d’être fan et/ou pratiquant.”

Chaque citoyen a ensuite des passions et des préférences et nous remarquons que les individus souhaitent agir sur l’écologie dans le football. Globalement, nous constatons une re-connexion entre le fait d’être citoyen et le fait d’être fan et/ou pratiquant.

Les premiers résultats de notre consultation reflètent bien cette tendance et un lien fort avec la solidarité. Dans 99% des cas, les actions écologiques répondent à des enjeux de solidarité, de cohésion sociale, ce qui importe beaucoup dans le football et le sport en général.

Les clubs de football en France (professionnels et amateurs) ont-ils pris conscience des enjeux écologiques en mettant notamment en place une véritable stratégie RSE ? 

Les clubs amateurs sont très sensibles à l’éducation, aux valeurs, donc aux enjeux de société comme ceux actuellement liés à l’écologie. Dans les clubs professionnels, il s’agit souvent d’une prédominance des enjeux économiques et l’écologie est encore trop souvent secondaire malgré le fait que l’Environnement détermine entièrement leur activité professionnelle (ex : Covid-19, inondation, tempête, canicule, sécheresse, etc.).

Au final, l’écologie n’est pas vécue de la même façon entre un club professionnel et un club amateur. 

Par ailleurs, le lien avec la collectivité, qui engage plus ou moins les clubs sur ce sujet, est aussi différent, notamment à travers la propriété du stade et les subventions annuelles. Un club professionnel est plus indépendant vis-à-vis de sa collectivité.

Aujourd’hui, les clubs professionnels mettent plus de moyens et d’ambitions sur la RSE. Néanmoins, ils ont 15 à 20 ans de retard sur ce sujet en tant qu’entreprise. L’objectif est donc que les clubs professionnels rattrapent ce retard et intègrent la RSE dans leur stratégie, dans leurs opérations, pour développer de la “valeur partagée” et mieux nourrir leurs parties prenantes (villes, supporters, clients, sponsors, etc.) si importantes pour leur éco-système et leur activité.

“Aujourd’hui, les clubs professionnels mettent plus de moyens et d’ambitions sur la RSE.”

Du côté des clubs amateurs, l’envie est forte mais les moyens sont minces. Le but est donc de mettre en place des choses simples et très pragmatiques.

Quels sont les leaders à suivre en France sur la RSE ?

Il y a l’Olympique Lyonnais par exemple, qui a récemment dévoilé un partenariat avec son sponsor historique Veolia. Le projet est engageant et implique des joueurs et joueuses notamment.

Il y a aussi Amiens SC qui s’est positionné sur le 0 déchet. Le LOSC également avec son ambition d’être neutre en carbone. Le PSG a lui des ambitions internationales sur le sujet. Il faut également compter sur l’OM, l’ASSE et les Girondins de Bordeaux qui, à leur manière, travaillent progressivement sur la RSE.

La majorité des clubs ont une Fondation ou un fonds de dotation qui oeuvre sur la RSE. Cela les aide à se structurer et à lancer des actions variées et visibles.

Malgré le retard du football français, il y a du positif. Il faut s’appuyer sur ces exemples pour progresser. D’autant plus que le cadre est idéal avec un ministère des Sports, une LFP et la FFF qui s’intéressent à la RSE et proposent un cadre favorable. Le championnat français est dans le top 5 européen donc nous avons les moyens d’agir.

Pour un club, la RSE est-elle un levier majeur pour renforcer son “image de marque” et également pour satisfaire ses fans ?

La RSE est décisive. Elle permet de se questionner, d’innover et de se différencier. L’exemple de l’AS Monaco est intéressant avec la gestion de sa pelouse zéro pesticide et économe en eau. Le club est mis en lumière dans différents médias et cela développe son image. 

“La RSE doit être inclue dans la stratégie globale d’un club et doit concerner l’ensemble des pôles et en permanence.”

Pour arriver à ce résultat, la RSE doit être inclue dans la stratégie globale d’un club et concerner l’ensemble des pôles et en permanence. Parce que si la RSE est faite au coup par coup, il y aura un manque de cohérence et juste de l’opportunisme décrié.

Dans quelles mesures un stade éco-responsable peut-il améliorer l’expérience des fans ?

Si l’expérience proposée au stade est proche des aspirations du fan, qui est un citoyen qui s’intéresse un minimum à l’écologie, cela crée un plus. Un fan ou un potentiel spectateur sensible à l’écologie sera plus à même d’aller au stade si le club prend position et agit sur le sujet. Il y a une forme de réciprocité des valeurs et des actions

Pour rendre l’expérience fan meilleure d’un point de vue écologique, il y a de nombreuses possibilités : tri ludique des déchets, alimentation locale et responsable, financement de causes spécifiques, etc. Ces actions temporaires renforcent la connexion entre un club et son fan.

Quelle serait l’expérience spectateur écologique et solidaire idéale pour un fan de football ?

Prenons l’exemple de l’alimentation, qui est l’occasion de proposer une expérience gustative responsable et dépaysante, tel un hamburger végétarien issu de l’agriculture locale et biologique. Pour créer de l’émotion il faut surprendre et cela changerait vraiment du snack classique!  (lien vers article 5 idées écologiques)

Sur la question des transports, il existe StadiumGO la solution de covoiturage entre fans qui ne se connaissent pas. Ce qui offre une expérience originale de partage entre fans et qui diminue par 2 ou 3 l’impact carbone du trajet en voiture !  

Enfin, un autre exemple, celui du financement d’une cause écologique et/ou solidaire durant un match ou un événement. C’est l’occasion de donner un vrai plus à l’événement à travers des valeurs d’intérêt général et un objectif collectif précis où chacun contribue. 

Vous menez actuellement une campagne de crowdfunding pour financer la réalisation d’un serious game destinés aux différents acteurs du football (dirigeants, staff, joueurs/joueuses, bénévoles, fans…). Est-ce que les activations ludiques sont la meilleure solution pour sensibiliser à l’écologie, notamment auprès des supporters ?

Notre serious game “La Fresque Écologique du Football est un atelier ludique et collaboratif d’1h30 pour adultes ou enfants permettant de comprendre tous les enjeux écologiques et les solutions associées dans le football. 

L’aspect ludique dans l’apprentissage est de loin la meilleure solution pour co-construire et intégrer facilement des notions nouvelles. En jouant, l’état d’esprit est différent et les messages sont mieux intégrés grâce à la pédagogie active.  

Peut-on voir le modèle de Football Ecologie Ecologie France évoluer sur d’autres sports ?

Tout à fait, nous allons faire évoluer le modèle vers d’autres sports. Nous sommes déjà sollicités par de nombreux acteurs hors du football. Toutefois, comme le football est le sport numéro un, il doit montrer la voie autant que possible.

Aujourd’hui, notre priorité est le football car c’est le sport le plus populaire au monde mais demain il s’agira d’accompagner sur l’écologie tous les sports. Certains sports, comme les sports de plein air, le rugby ou le tennis, sont déjà actifs sur l’écologie, mais c’est un travail de longue haleine et qui mobilise des connaissances et des compétences bien spécifiques. 

Pensez-vous que les JO Paris 2024 représenteront un tournant clé dans la transition écologique du sport français ?

L’événement sera un sommet pour de nombreux projets de long-terme. Dans les quatre années qui vont précéder Paris 2024, la RSE va de plus en plus irriguer les activités sportives et générer des innovations. Je souhaite que ces Jeux Olympiques et Paralympiques soient l’illustration parfaite de toutes les volontés et de la progression incontournable des enjeux écologiques dans la société.

Merci pour toutes ces réponses Antoine sur le travail réalisé avec Football Ecologie France. Dernière question pour finir, quelle est votre définition de la fan experience ?

Pour moi c’est un moment d’excitation qui fait écho aux émotions, aux valeurs personnelles et à la rationalité d’une personne. C’est une sensation qui se vit avec le cœur et avec la tête, et aussi une expérience qui apporte du sens lorsque nous allons au stade.

Je pense aussi que l’expérience fan s’amplifie avec l’émulation collective. Le souvenir personnel n’en sera que plus fort, surtout si les amis et la famille y participent car les liens affectifs décuplent les instants de joie. 

Merci à Antoine Miche de Football Ecologie France pour cet échange enrichissant autour de l’écologie et la RSE. On espère voir de nombreux clubs de football français suivre le mouvement lancé par l’association FEF !

Vous pouvez consulter toutes nos interviews dans l’onglet Interview sur notre site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

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Chargé de SEO & SEA dans une agence de voyage sportif, je suis un passionné du Sport Digital et de la Fan Experience. Chez Franstriker, j'ai pour objectif de faire grandir le projet et d'écrire de temps en temps sur les activations digitales des uns et des autres dans le monde du sport.

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Au coeur d’une association de supporters avec le BOC

Comment s’organisent les associations de supporters ? C’est ce que nous avons cherché à savoir avec Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC.

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Interview de Remi-Gaillard, co fondateur de l'association du BOC supporters de l'Aviron Bayonnais

Les fans, supporters, partisans, souhaitent parfois s’investir davantage auprès de leur club et cela donne naissance à des groupements et associations de supporters. Comment cela fonctionne ? On a échangé avec un membre d’une de ces organisations, le BOC.

Les associations de supporters sont elles aussi impactées par la crise sanitaire. Elles doivent faire face à des problématiques moindres mais similaires à toutes les organisations, qu’elles soient sportives ou non.
Nous sommes allés à la rencontre de Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC, l’un des 5 groupes de supporters de l’Aviron Bayonnais pour en savoir davantage.

Bonjour Rémi, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J’ai 24 ans et je suis un supporter de l’Aviron Bayonnais depuis que je suis tout petit. Au sein de l’association, je m’occupe principalement de la communication et de la gestion de nos réseaux sociaux ainsi que du site internet. Je viens également de terminer mes études et je m’apprête à rentrer dans la vie professionnelle.

Nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters.

L’association BOC existe depuis 2015. Comment l’aventure a t-elle commencé ?

Effectivement, nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters. L’idée est venue de l’actuel Président de l’association, Nicolas, qui a souhaité mettre en place un groupe de supporters en tribune, tel un Kop, un peu sur l’idée de ce qui se fait déjà au football. Nous connaissions déjà les autres associations de supporters au sein du club, mais nos objectifs sont différents des leurs : c’est cela qui nous a poussé à nous lancer. 

D’ailleurs, que signifie BOC ?

BOC signifie “Bayonnais d’Origine Certifiée”. Nous avons choisi ce nom pour rappeler notre attachement à la ville de Bayonne, un peu sur le modèle de l’AOC que tout le monde connait. La prononciation se fait d’ailleurs en un seul mot et non pas lettre par lettre, je pense que vous comprenez facilement pourquoi…

Peux-tu nous dire comment s’organisent les associations de supporters (trouver un local, réaliser les différentes tâches, s’organiser pour les matchs, animation des réseaux sociaux, etc.) ?

En ce qui concerne le BOC, nous nous sommes adaptés saison après saison, en tenant compte de l’avis de nos membres et en observant ce qui fonctionnait plus ou moins bien. Nous avons au sein du bureau de l’association des fonctions dédiées, mais nous nous entraidons également. C’est d’ailleurs là l’un de nos objectifs fondamentaux : l’entraide et la solidarité.

Les jours de matchs, nous nous retrouvons avec des volontaires quelques heures avant le coup d’envoi pour installer les animations au sein de notre tribune. Généralement, nous buvons quelques verres ensemble avant de monter en tribune et d’attaquer la rencontre. Il nous arrive également de rencontrer d’autres associations de supporters, en fonction des affinités.

Pour ce qui est du local, nous occupions jusqu’à présent une partie du local de l’association des Gars de l’Aviron, qu’ils nous prêtaient gracieusement. Depuis la fin de la saison dernière, nous avons un container à notre disposition, juste à côté de notre tribune, ce qui nous permet de ranger l’ensemble de notre matériel avec beaucoup plus d’aisance (drapeaux, tambours, canons à confettis, etc.).

Pour l’animation des réseaux sociaux, nous sommes deux à gérer principalement nos comptes. Nous fonctionnons beaucoup par le biais de ces supports, qui nous permettent de toucher un large public. De plus, nous avons mis en place pendant le confinement un compte secondaire sur twitter ainsi qu’une nouvelle version de notre site internet, tous deux en basque, afin de nous rapprocher de cette partie de notre communauté.

Combien de membres compte le BOC aujourd’hui ?

Nous en sommes actuellement à 370 adhérents et près de 200 abonnés en tribune, ce qui est notre record en cours, toutes saisons confondues.
Il y a eu quelques fluctuations du fait des descentes en Pro D2 mais globalement nous sommes sur une phase ascendante, notre association étant de plus en plus connue et reconnue. Nous espérons que cette dynamique va continuer dans les années à venir.

Comment faites-vous pour trouver de nouveaux membres ?

Une part non négligeable de nos nouveaux membres provient de supporters qui nous découvrent lors des rencontres au stade, en voyant nos animations et en participant à l’ambiance que nous mettons en tribune.
La portée de nos réseaux sociaux et la publication de différents supports – photos et vidéos – nous permettent aussi de fidéliser un nouveau public. Le bouche à oreille joue également un rôle important pour nous. Nous bénéficions d’une image positive auprès du public, c’est une chance.

Nous essayons aussi de développer de nombreux produits dérivés aux couleurs de notre association. Nous avons à ce titre une boutique en ligne, sur notre site internet, et nous envoyons les produits pour celles et ceux qui le désirent. Il est important pour nous de diffuser notre logo, afin qu’il soit reconnu facilement.

 
 
 
 
 
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Quelles sont les activités d’une association de supporters ? Quelles sont vos actions en jour de match et en hors jour de match ?

Les activités sont nombreuses et il est impossible de s’ennuyer lorsque l’on créé une association de supporters. Il y a tout l’aspect communication, relatif notamment à l’information de nos membres sur les animations que nous organisons et les évènements que nous mettons en place : cela représente un temps de travail très important et qui ne se voit pas forcément.

Encore, il s’agit de rechercher des partenaires et de les fidéliser, et nous devons d’ailleurs progresser de ce côté là. Ils peuvent représenter un soutien important pour nous, et nous bénéficions d’une couverture sur les réseaux sociaux qui peut être intéressante pour eux.

Concernant nos actions, nous avons systématiquement des drapeaux en tribune, de plus ou moins grandes tailles, ainsi que des étendards. L’aspect visuel est pour nous très important et nous essayons d’apporter du mouvement et de la couleur dans notre tribune. Cela passe par l’achat de ponchos de couleurs, de canons à serpentins, d’extincteurs à poudre… Nous essayons vraiment d’apporter une dynamique nouvelle, en nous inspirant de celle qui se rencontre dans certains stades de foot.

Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

En dehors des jours de match, nos activités sont diverses. Nous essayons une fois par an (ou plus quand cela est possible) d’organiser des actions caritatives : achat de matériel pour l’équipe des espoirs, invitations de jeunes de la ville à nos évènements (comme pour le spectacle de Vincent Moscato), organisation d’un loto annuel. Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

Concrètement, être membre d’une association de supporters représente combien de temps dans la semaine ?

Cela varie forcément en fonction des périodes, mais ce qui est sûr c’est que le temps consacré à l’association chaque semaine se compte en heures. La gestion des réseaux sociaux est très chronophage et il est important d’être réactif pour satisfaire nos supporters. L’envoi des produits dérivés nous prend également beaucoup de temps. Sur les semaines les plus chargées, la quinzaine d’heures consacrées à l’association est largement atteinte, si ce n’est dépassée.

À ce propos, tout le monde peut-il être membre d’une association de supporters ?

En ce qui concerne notre association, il n’y a aucune restriction. Nous avons parfois l’image d’une jeune association et certains supporters plus âgés sont réticents à l’idée de nous rejoindre. Cette crainte est infondée ! Adhérer à notre association, c’est participer financièrement à nos côtés à l’organisation des animations : tout le monde en profite. À titre informatif, notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Qui sont les fans qui se cachent derrière ces organisations ? Quel est le profil type des personnes qui figurent au sein de l’association ?

Je ne pense pas qu’il y ait un profil type derrière les fans au sein de notre association. Ce qui est certain en tout cas, c’est que tous nos membres ont cette volonté de raviver la flamme du supporter qui sommeille en chacun de nous. Cela se ressent d’ailleurs en tribune avec nos abonnés, qui à chaque match se surpassent pour apporter ce supplément d’âme dont nos joueurs ont besoin.

D’ailleurs, tous les membres sont-ils des abonnés au stade Jean Dauger ?

Non. De nombreux membres ne sont pas abonnés au stade Jean Dauger. Ce qui est en revanche intéressant pour nous, c’est que chaque saison des membres non abonnés décident de nous rejoindre en s’abonnant à nos côtés en tribune. C’est gratifiant pour le travail réalisé au cours de la saison. Nous avons de plus des soutiens dans toute la France, et même en outre-mer et en Belgique ! 

Quelles sont vos relations avec le club de l’Aviron Bayonnais ?

Nos relations avec le club se sont nettement améliorées depuis l’arrivée à la présidence de Philippe Tayeb. Il a vraiment pris la mesure de ce que représentaient les associations de supporters au sein du club, particulièrement ici à Bayonne où les exigences sont très fortes. Nos intérêts sont de plus les mêmes : faire rayonner tant notre club que notre ville et les aider à atteindre les sommets.

De manière plus générale, le club est très souvent volontaire pour nous aider, que ce soit financièrement parfois, ou en nous permettant de bénéficier de leur visibilité pour communiquer. Quoi qu’il en soit, nous avons toujours une oreille attentive qui nous écoute, et c’est très appréciable.

Comment réagissez-vous face aux actions entreprises par le club pour améliorer l’expérience des spectateurs ?

Nous y réagissons très positivement. Cela faisait des années que notre club stagnait en terme d’infrastructures et de “fan expérience”. Il semblerait que la nouvelle direction ait véritablement intégré l’importance de l’expérience des supporters, notamment afin de fidéliser ceux qui ne sont pas forcément les plus assidus. À ce titre, les exigences légitimes posées par Yannick Bru pour augmenter le niveau de l’équipe auront nécessairement des répercussions sur l’expérience des supporters. La dynamique est en train de changer, et c’est tant mieux.

Vous utilisez fréquemment les réseaux sociaux pour soutenir ou interagir avec votre club ?

L’interaction via sur les réseaux sociaux avec notre club se passe surtout sur Twitter, qui y est propice. Nous avons de plus de bons contacts avec le community manager du club. Sinon, nous nous contactons par mail ou par téléphone.

Vous bénéficiez comme parrains de l’association les joueurs Ugo Boniface et Peyo Muscarditz. Qu’est-ce que cela vous apporte d’avoir ces soutiens. Quel est leur rôle en tant que parrains ? 

Ce principe de parrainage avec des joueurs de l’équipe, nous l’avons mis en place depuis notre création. Ainsi, notre premier parrain était Charles Ollivon, aujourd’hui capitaine du XV de France. Simon Labouyrie lui a ensuite succédé.
À son départ, nous avons décidé d’opter pour un double parrainage, qui s’est concrétisé par ce lien avec Ugo et Peyo. Il s’agit-là de deux jeunes prometteurs, qui correspondent aux valeurs prônées par notre association. Nous les contactons ponctuellement mais il est vrai que nous sommes conscients que nous devons renforcer ce lien de parrainage. 

Quelles sont vos relations avec les joueurs ? Vous pensez qu’ils sont suffisamment reconnaissants de votre investissement ?

Nos relations sont globalement bonnes, avec bien-sûr une proximité différente selon les joueurs. Nous avons des relations plus ou moins privilégiées avec certains d’entre eux. Quoi qu’il en soit, ils sont tous reconnaissants de notre investissement et ils nous le rendent bien. Cela s’est notamment vu à la fin de la rencontre face à Toulouse le 29 février dernier, avec un moment privilégié devant notre tribune, qui restera dans les moments forts de notre association. 

On pense souvent qu’il existe de l’animosité entre les différents groupes de supporters ? Quelles sont vos relations avec les associations de supporters des clubs environnants ?

Nous n’avons pas de liens particuliers avec les autres groupes de supporters. La seule association dont nous sommes vraiment proches, et avec qui nous entretenons des liens étroits, est “Les Fils de Besagne”, un club de supporters du RC Toulon. Nous nous rencontrons chaque année, et nous nous voyons même en dehors des rencontres de rugby. De vrais liens d’amitié existent entre nous.

Face au Covid-19, quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les difficultés que nous rencontrons sont principalement financières, comme pour beaucoup d’autres associations malheureusement. Nous sommes reconnaissants de ne pas à avoir de loyer à payer, mais nous nous retrouvons face à une incertitude majeure du fait de l’annulation de notre loto. Nous ne savons pas comment financer une partie de nos animations.
Nous sommes en revanche satisfaits de voir que les supporters ont répondu présent en adhérant à notre association malgré la dernière fin de saison prématurée.

Vous venez donc de lancer une cagnotte pour compenser l’annulation de votre traditionnel Loto/Bingo, initialement prévu le 18 septembre prochain. Un événement qui ampute votre budget de 50% soit environ 5 000€.

Effectivement. Nous avions déjà repoussé 3 fois notre loto, initialement prévu en avril dernier. Les conditions actuelles ne nous permettent pas de l’organiser de manière satisfaisante, c’est pourquoi nous avons préféré l’annuler.
Nous avons longtemps hésité avant de lancer cette cagnotte mais nous nous y sommes résolus puisque tout l’argent récolté sera directement réinvesti dans l’association et dans l’organisation des animations. Il est important de le mentionner : nous ne faisons aucun bénéfice qui ne soit pas réinvesti dans la vie de l’association.

Un budget divisé par 2, cela se traduira nécessairement par deux fois moins d’animation au stade. Nous pensons que les supporters seront heureux de nous voir continuer à faire vivre le stade Jean Dauger. Nous avons de plus de nouvelles idées pour cette saison, et elles devraient plaire au plus grand nombre.

Avez-vous des idées ou des suggestions pour mieux collaborer avec le club et les collectivités locales ?

La collaboration avec le club se renforce au fur et à mesure de notre construction en tant qu’association. Nous gagnons en crédibilité année après année.
Des réunions sont d’ailleurs organisées avec le club, notamment Yannick Bru, à la fin de chaque bloc, pour échanger sur ce qu’il s’est passé et aboutir sur d’éventuelles propositions.
Nous n’avons donc pas spécifiquement d’idées à proposer : continuer dans le sens de la dynamique impulsée depuis maintenant deux saisons sera déjà une très bonne chose.

Pour finir, quelle serait ta propre définition de la fan expérience ?

Ma définition de la fan expérience sera simple et est finalement organisée autour de l’évènement sportif que constitue un match : se rencontrer avant, vivre ensemble pendant, se retrouver ensuite. C’est un peu l’idée d’une expérience 360 qui ne se limite pas aux seules 80 minutes que dure le match (de rugby). Cela renforce les liens et contribue à satisfaire nos supporters.

Merci à Rémi Gaillard pour cet échange qui nous permet de mieux comprendre le fonctionnement d’une association de supporters.
Vous pouvez soutenir le BOC en participant à la cagnotte mise en place.

Vous pouvez consulter toutes nos interviews dans l’onglet Interviews sur notre site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

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