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L'expérience fan et sociale à Boca Junior L'expérience fan et sociale à Boca Junior

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Benjamin Linais (Fanstriker) : “L’expérience fan sociale est très importante”

Après sa visite du Santiago Bernabeu et de la Bombonera, Benjamin nous livre ses enseignements sur l’expérience fan.

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De retour d’un voyage en Amérique du Sud avec un arrêt à Madrid, Benjamin a eu l’occasion de découvrir deux stades mythiques : la Bombonera à Bueno Aires (Argentine) et le stade Santiago Bernabeu à Madrid (Espagne). Ces deux expériences ont enrichies sa vision de l’expérience fan. Il revient avec nous dans cet interview sur les enseignements d’une expérience locale orientée social.

 

Membre de notre équipe Fanstriker, Benjamin nous partage les enseignements qu’il a pu faire lors de ses expériences de visites au sein de deux lieux mythiques du football mondial.

L’Estadio Alberto J. Armando, communément surnommé la Bombonera.

L’expérience fan à Boca Junior

Bonjour Benjamin, tu es donc un membre de l’équipe Fanstriker, cependant, peux-tu te présenter pour ceux qui n’auraient pas encore eu l’occasion de faire ta connaissance à travers tes articles ?

Benjamin Linais, tout juste 28 ans et je suis passionné de sport et de tout ce qu’il peut se passer autour d’un événement sportif. Je suis originaire du Mans, ville qui accueille la mythique course des 24 Heures du Mans. Cette origine justifie mon attrait pour le sport automobile. Je suis également passionné de football ! J’ai eu la chance d’avoir plusieurs expériences professionnelles enrichissantes en ayant participé au Tour de France, aux 24 Heures du Mans, aux Internationaux de Badminton et à l’EuroBasket en France.

Je reviens d’un voyage de 4 mois en Amérique du Sud (avant l’épisode du Covid19) où j’ai pu découvrir leurs coutumes, leur joie de vivre, leurs spécialités culinaires et aussi leurs cultures du sport.

Quand s’est déroulé ton séjour et dans quel objectif l’as-tu réalisé ?

Mon voyage s’est déroulé de fin octobre 2019 à février 2020, je suis rentré à temps en France pour le confinement ! N’ayant pas eu l’opportunité de partir en voyage durant mes études, je souhaitais apprendre d’une autre culture, côtoyer une autre façon de vivre et découvrir les différents monuments et paysages de ce continent si riche. L’objectif sportif était secondaire mais tout de même dans un coin de ma tête.

Combien de stades as-tu visité ?

J’en ai malheureusement visité que deux stades. Les mouvement sociaux dans les différents pays que j’avais prévu m’ont empêché de pouvoir assister à des matchs. De plus, j’étais en voyage durant la trêve estivale. Mais les deux que j’ai pu visiter font tout de même partie des plus mythiques au monde : la Bombonera et le Santiago Bernabeu !

Quand je dis malheureusement, c’est que je souhaitais assister à la finale de Copa America entre River Plate et Flamengo à Santiago au Chili. Les manifestations sociales ont obligé les organisateurs à jouer cette finale à Lima.
L’autre regret c’est le Mexique. J’ai visité que la partie basse du Mexique. Alors que les plus grandes équipes et par conséquent les plus beaux stades se trouvent dans le Nord du pays. Ce n’est que partie remise pour y retourner et assister à d’autres matchs sud-américains. Malgré ces deux regrets, j’ai vécu deux superbes expériences !

Parlons de l’Amérique du Sud et de ton expérience à la Bombonera avec Boca Juniors ? Qu’as-tu ressenti ?

À la base, l’Argentine n’était pas du tout prévu dans l’itinéraire que je m’étais fixé. Les manifestations sociales au Chili et en Bolivie ont bouleversé mes plans et je suis donc parti en Argentine. En allant dans ce pays là, j’ai tout de suite pensé au mythique club de Boca Juniors. Un club que je suivais au même moment via la docu-série “Boca Juniors Confidential” sur Netflix. Aller à la Bombonera était un rêve et je souhaitais à tout prix le réaliser.

Il y a plusieurs intermédiaires pour y aller mais j’ai pris le moyen le plus sûr via une agence. Premièrement, je souhaitais être sûr de pouvoir assister au match mais deuxièmement, c’était aussi une question de sécurité puisque le stade se trouve dans un quartier très pauvre de Buenos Aires, la Boca. Il faut savoir que pour aller au stade vous passez 3 barrages de police, et pas les mêmes qu’en France je vous assure, avec une carte match abonné qui ne vous appartient pas. Autant dire que c’est chaud. 

Il faut savoir que pour aller au stade vous passez 3 barrages de police, et pas les mêmes qu’en France je vous assure, avec une carte match abonné qui ne vous appartient pas. Autant dire que c’est chaud. 

Dès que vous êtes dans le stade, le rêve éveillé commence. Vous vous retrouvez dans la tribune basse populaire en escalier sans aucun siège. Une bonne chose dans le sens où vous vivez tout le match debout avec les supporters qui vous entourent. Les fans de Boca arrivent, avec pour certains des maillots qui datent d’une dizaine voire d’une vingtaine d’années. Je ressens un patrimoine footballistique dans les tribunes, du senior qui porte le maillot des années 70 à l’enfant qui s’accroche sur la grille avec l’écharpe de son père.

Le match : Une victoire 2-0 de Boca dans une ambiance de folie, un hymne à l’unisson, des chants sur les 90 minutes de jeu et un stade décoré de toutes parts avec les tifos jaunes et bleus. Un moment hors du temps !

Pour assister à un match à La Bombonera, tu as dû utiliser la carte d’un abonné ? C’est fou non ? 

Oui c’est fou mais un super souvenir physique que j’ai gardé. Je n’ai pas le chiffre exact en tête mais 99% des abonnements sont vendus. Par conséquent, il n’y a pas de disponibilité au guichet ou sur le site internet. Deux possibilités se présentent donc :

  • Soit vous essayez de trouver un abonné intéressé de revendre sa place via les réseaux sociaux ou le bouche à oreille. C’est très commun là bas. Si vous demandez au personnel de l’auberge/hôtel ou à un taxi, il saura surement vous aiguillez. Attention quand même à ce qu’il ne soit pas pour River Plate (rire) ! 
  • L’autre possibilité, c’est de passer par une agence spécialisée qui elle a déjà ses contacts auprès d’abonnés locaux pour racheter les places. C’est deux fois plus cher mais j’ai estimé ça plus sûr. Je ne voulais pas rater l’occasion de vivre une expérience dans ce stade mythique.

Sinon, vous avez les sites de revente de billet type Viagogo mais encore une fois, il faut être sûr à qui on l’achète. 

Je pourrais définir cette expérience fan comme une expérience sociale dans le sens où l’expérience est réussie car vous vivez pleinement le match en communion avec les Socios.

Comment pourrais-tu caractériser ton expérience fan à La Bombonera ?

Très différente de ce que j’ai vécu auparavant. Pour tout te dire, cette expérience à La Bombonera a fait évoluer ma perception de l’expérience fan. Aujourd’hui, nous parlons énormément de tout ce qui se fait aux États-Unis et en toute légitimité car ils sont les pionniers sur ce sujet. L’expérience que j’ai vécu avec Boca est très loin de l’expérience américaine que l’on décrit. Et pourtant, j’ai vécu un superbe moment et ce fut une de mes expériences les plus réussies dans un stade !

À La Bombonera, il y a seulement deux écrans géants en haut du stade, un réseau Wi-Fi saturé et des buvettes à l’offre très légère. J’avais bien compris que l’expérience fan n’allait pas se retrouver sur ces variantes mais évidemment dans les tribunes au milieu des supporters. Les chants, les banderoles, les drapeaux, les confettis et l’ensemble des actions menées par les fans suffisent à vous faire vivre un match hors du temps. Et c’est ce que recherchent les supporters de Boca Juniors. Je pourrais définir cette expérience fan comme une expérience sociale dans le sens où l’expérience est réussie car vous vivez pleinement le match en communion avec les Socios.

Tu parles beaucoup du match et de ton expérience pendant le match, mais raconte nous comment cela se passe avant et après la rencontre ?

Pareil que pour le match, l’expérience est sociale car vous la vivez à travers les supporters. Vous suivez les groupes de fans qui chantent, vous buvez une ou deux bières dans les bars à proximité du stade, vous rentrez dans le stade et vous suivez l’accrochage des banderoles. Aussi, vous rencontrez des supporters et vous échangez avec eux.

En revanche, l’expérience fan post-match est un peu différente. Le stade se vide et il faut quitter le quartier de Boca car c’est un des quartiers les moins sûrs d’Argentine. Par conséquent, nous n’avons pas tardé à retrouver le centre-ville. Mais si je dois décrire l’expérience avant et après la rencontre pour un supporter argentin, c’est de se retrouver au bar dans le quartier de Boca en discutant du match à venir, à chanter dans les différentes rues du quartier, de se retrouver dans la tribune pour discuter avec les habitués.

J’ai eu l’impression que beaucoup de supporters se connaissaient lorsque j’étais sur place, comme une grande famille. C’est une expérience sociale que le supporter recherche toute l’année ! Du 1er janvier au 31 décembre : ils pensent Boca, ils mangent Boca, ils dorment Boca. Les supporters se fichent du show d’avant-match ou de s’assurer qu’il a bien sa place de parking. Le plus important c’est le match et ce qu’ils vivent en tribune !

Peux-tu nous en dire plus sur ce que tu appelles la “social expérience” ?

Avant toute chose, je pense que la social expérience fait partie d’un tout. Ce tout, c’est la fan expérience. L’expérience fan est un terme très “américanisé” que l’on rapproche essentiellement au sensationnel et au divertissement. Je dirais que la réflexion doit être plus large dans le sens où l’on peut identifier plusieurs expériences dont l’expérience sociale que j’ai évoqué. Selon moi, l’expérience fan présente quatre types d’expériences : 

  • La social expérience qui est l’expérience vécue par un spectateur (fan ou non) en communion avec son club et les autres supporters. C’est la sensation de faire partie d’une famille.
  • L’entertainment experience est l’ensemble des activités ou activations qui sont proposées pour divertir le spectateur en dehors de l’aspect purement sportif. Par exemple, on peut y trouver le speaker, la mascotte, les animations sur les écrans géants (kiss cam, calculateur de décibels), playlist musicale, etc.
  • La facilities experience réunirait plutôt toutes les actions menées par les clubs pour faciliter la venue et la vie du supporter dans le stade. Par exemple, on peut y trouver les applications mobiles, la restauration dans le stade, les toilettes, la sécurité, etc.
  • L’expérience sportive, pour finir, est en lien direct avec le résultat sportif, l’importance du beau jeu et du score attendu par un spectateur. Cette expérience a été et l’est encore dans de nombreux clubs, l’expérience la plus influente sur la satisfaction du spectateur lors de sa visite au stade.

L’ensemble de ces expériences peuvent être plus ou moins présentes selon le sport, la culture du pays, le budget du club et la physionomie de ses fans par exemple. Je pense que chaque club et événement sportif doit prendre en compte ces différents aspects pour offrir la meilleure expérience possible à ses supporters et spectateurs.

Cette expérience m’a permis de voir que même un des plus grands stades d’Europe avec une des plus grandes équipes a encore du chemin à parcourir pour livrer une expérience fan optimale.

L’expérience fan au Santiago Bernabéu

Pendant ton séjour, tu t’es rendu au Santiago Bernabéu à Madrid, c’était comment ?

Encore ici, très différent de ce que j’avais pu vivre auparavant. Il faut savoir que le Santiago Bernabéu est un stade historique situé dans un quartier aisé de Madrid. La typologie de spectateurs est très diversifiée, on y trouve beaucoup de familles. J’ai aussi pu observer une présence de seniors plus grande que mes précédentes expériences.

L’ambiance n’est pas vraiment au rendez-vous durant le match. Le stade est équipé d’écrans led pour les publicités et le score, mais aucun écran géant y est présent.

L’ambiance n’est pas vraiment au rendez-vous durant le match. Le stade est équipé d’écrans led pour les publicités et le score, mais aucun écran géant y est présent. L’expérience forte qui ressort est l’expérience sportive, sans aucun doute. La réussite de l’expérience fan au Real Madrid est essentiellement basée sur l’expérience sportive dans le sens où vous vous trouvez dans un stade historique avec des joueurs qui font partie des meilleurs au monde. Sans oublier le coach, Zinédine Zidane sur le banc, qui attire les foules !

L’entertainment n’est donc pas développée, tout comme le digital. Cependant, le stade est très bien pensé puisqu’il y a de nombreuses portes d’entrées qui permettent d’éviter les longues files d’attentes. L’autre atout semble être le staff du club qui est muni d’un sac à drapeau pour renseigner les fans (ndlr : un sac qui permet de porter un drapeau dans le dos pour être visible). Ainsi, nous savions facilement à qui nous adresser en cas de besoin.

Cette expérience au Real Madrid m’a permis de voir que même un des plus grands stades d’Europe avec l’une des plus grandes équipes au monde a encore du chemin à parcourir pour livrer une expérience fan optimale. 

Match du Real Madrid au Santiago Bernabeu

Ça semble intéressant tout ça. Tu dis que ces expériences ont changé ta façon de concevoir l’expérience fan ?

Elles n’ont pas changé ma façon de concevoir l’expérience fan mais elle l’ont fait évoluer. Comme je l’ai évoqué, on parle souvent de l’exemple américain ou allemand. Il y a également des Best Practices dans d’autres pays où le football est moins médiatisé. Via mes expériences, je nuancerais le digital et l’entertainment.

Il y a des basiques à avoir dans certains clubs et événements sportifs avant de se plonger dans des activations coûteuses et sans retour important. Je pense également que l’expérience à proposer aux fans est différente selon le club et de sa typologie de spectateurs. J’ai peur aussi que l’expérience sociale soit oubliée par les clubs et pourtant, c’est ce qui fait également la beauté du sport.

Si vous demandez à 10 personnes dans la rue, quel est leur plus grand souvenir dans un stade, ils vous sortiront quasiment tous un exploit sportif où ils ont vécu une communion avec d’autres supporters. Ils ne vous citeront probablement pas une expérience où ils se sont garés facilement et commandé un sandwich depuis leur smartphone. Attention, les facilities ne sont pas à négliger et vont bien évidemment dans le sens du développement économique d’un club. Mais l’expérience sociale doit rester l’un des piliers d’une expérience fan réussie !

J’entends par les facilites le fait de permettre aux spectateurs de vivre leur expérience avec le plus grand confort possible. Par exemple, la facilité d’accès au stade, le confort de la place (siège + vue sur le terrain et les écrans géants), des toilettes propres, la sécurité, etc. Le digital, lui, peut et doit accompagner cette variante pour aider les spectateurs à se repérer dans le stade, pour y venir, pour commander un sandwich, etc.

Ne pas oublier l’expérience sociale dans le football

Quel est ton avis sur l’utilisation des outils digitaux dans un stade ?

Je n’ai utilisé aucun de ces outils dans les stades où je me suis rendu. Je pense que l’on doit s’adapter à son public et à ce qu’il recherche. Avant de développer une application, ne faut-il pas faire un sondage pour savoir combien de supporters utilisent réellement leur smartphone dans l’enceinte ?

Je passe beaucoup de temps sur mon téléphone et pourtant quand je suis au stade, je ne l’utilise que pour prendre des photos et vidéos. Cependant, le digital permet de développer la connaissance de ses spectateurs à travers la récolte de données et leur analyse. Je pencherais donc sur le fait de développer des outils digitaux pour favoriser l’expérience sociale et l’expérience facilities plutôt que l’entertainment.

Finalement les outils digitaux ne sont pas les plus importants dans les expériences que tu as mentionné ?

Dans celles que j’ai vécu non puisque mon curseur en tant que fan de football se basait sur l’expérience sociale. Le tout pour un club est de bien identifier ce que recherche le fan quand il vient au stade. Il est difficile mais nécessaire d’identifier les besoins d’un consommateur de sport pour y répondre par des actions ciblées. Un travail qui peut se faire en analysant et en comprenant les différentes typologies de supporters au sein de sa communauté.

Si nous prenons l’exemple du Paris Saint-Germain. Vous avez le club qui a développé l’ensemble des expériences que j’ai décrites mais qui a surtout créé une partie entertainment pour le grand public sans oublier les ultras qui eux recherchent évidemment l’expérience sociale.
Si on prend le cas du rival, l’Olympique de Marseille, ils misent énormément sur les expériences sociales : le plus grand tifo 360 réalisé dans un stade de Ligue 1, l’hymne du club chanté par un virtuose des quartiers nords de Marseille, l’arrivée du rappeur de la Fonky Family pour épauler l’actuel speaker, etc. Je pense que la direction du club est dans la bonne direction à ce niveau puisqu’ils ont identifié le besoin majeur du supporter marseillais qui est de vivre un moment de partage.

Les dirigeants l’ont compris et ils appliquent leurs activations dans ce sens-là. Et pourtant je suis pro-parisien (rire) ! Je pense que l’expérience digitale et l’entertainement sont très importants dans le développement d’un club pour développer de nouveaux revenus et attirer une nouvelle clientèle (seniors, femmes, enfants, etc). Mais il ne faut pas que cela prenne le pas sur l’expérience sociale que peuvent vivre les supporters.

Ne penses-tu pas qu’il y a un facteur culturel pour les étrangers qui vivent une expérience hors de leur pays, où même chez eux mais dans une autre région. On a tendance à savourer davantage quand l’environnement n’est pas familier non ?

Oui et non. C’est certain qu’il y ait une saveur particulière quand nous allons dans un stade étranger. Mais on compare forcément ces stades avec ceux où nous avons l’habitude d’aller. Je suis allé plusieurs fois dans les stades et salles de la région parisienne. Je sais que je ne vais pas voir la même chose que dans un stade sud américain. Cependant, je sais ce que je vais y chercher comme expérience et ça je peux le comparer.

Tu en a un peu parlé avec l’OM tout à l’heure, qu’est-ce que ces expériences t’ont apprises et quels conseils ou retours tu pourrais donner aux professionnels du sport business en France ?

Je pense que certains clubs ont une place sociale et culturelle très forte dans certaines villes. On remarque bien que le rôle occupé par l’OM ou le RC Lens dans leur ville n’est pas la même que celui de l’AS Monaco ou du Toulouse FC. Dans les villes où le club a une très grande importance au sein de la communauté locale, je pense qu’il est important de se focaliser sur l’expérience sociale pour qu’elle reste toujours unique que ce soit pour un fan ou un spectateur ponctuel.

Pour les autres clubs où ce n’est pas le cas, il faut séduire sa clientèle en créant une ambiance festive. Ces dernières années, j’ai été impressionné par le travail de du Stade Rennais qui a évolué sur tous les plans et qui offre aujourd’hui à ces supporters une expérience sociale en tribune et une expérience sportive sur le terrain grâce à leurs récents succès (Coupe de France en 2019 et qualifications pour la Ligue des Champions 2020-2021).
Autre exemple, dans le rugby cette fois-ci avec le Racing 92. Un club de la région parisienne qui s’est orienté vers des expériences très entertainment avec des animations sur l’écran géant, la tribune Crazy et des soirées d’après-match à thèmatique.

Pour répondre à ta question, il est important d’identifier l’expérience que vient chercher son spectateur pour y répondre par des actions concrètes et personnalisées.  

Merci à Benjamin pour ce partage et ces enseignements.
Vous pouvez consulter toutes nos interviews dans l’onglet Interview sur notre site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

Vous avez aimé cet article ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

Interviews

Au coeur d’une association de supporters avec le BOC

Comment s’organisent les associations de supporters ? C’est ce que nous avons cherché à savoir avec Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC.

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Interview de Remi-Gaillard, co fondateur de l'association du BOC supporters de l'Aviron Bayonnais

Les fans, supporters, partisans, souhaitent parfois s’investir davantage auprès de leur club et cela donne naissance à des groupements et associations de supporters. Comment cela fonctionne ? On a échangé avec un membre d’une de ces organisations, le BOC.

Les associations de supporters sont elles aussi impactées par la crise sanitaire. Elles doivent faire face à des problématiques moindres mais similaires à toutes les organisations, qu’elles soient sportives ou non.
Nous sommes allés à la rencontre de Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC, l’un des 5 groupes de supporters de l’Aviron Bayonnais pour en savoir davantage.

Bonjour Rémi, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J’ai 24 ans et je suis un supporter de l’Aviron Bayonnais depuis que je suis tout petit. Au sein de l’association, je m’occupe principalement de la communication et de la gestion de nos réseaux sociaux ainsi que du site internet. Je viens également de terminer mes études et je m’apprête à rentrer dans la vie professionnelle.

Nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters.

L’association BOC existe depuis 2015. Comment l’aventure a t-elle commencé ?

Effectivement, nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters. L’idée est venue de l’actuel Président de l’association, Nicolas, qui a souhaité mettre en place un groupe de supporters en tribune, tel un Kop, un peu sur l’idée de ce qui se fait déjà au football. Nous connaissions déjà les autres associations de supporters au sein du club, mais nos objectifs sont différents des leurs : c’est cela qui nous a poussé à nous lancer. 

D’ailleurs, que signifie BOC ?

BOC signifie “Bayonnais d’Origine Certifiée”. Nous avons choisi ce nom pour rappeler notre attachement à la ville de Bayonne, un peu sur le modèle de l’AOC que tout le monde connait. La prononciation se fait d’ailleurs en un seul mot et non pas lettre par lettre, je pense que vous comprenez facilement pourquoi…

Peux-tu nous dire comment s’organisent les associations de supporters (trouver un local, réaliser les différentes tâches, s’organiser pour les matchs, animation des réseaux sociaux, etc.) ?

En ce qui concerne le BOC, nous nous sommes adaptés saison après saison, en tenant compte de l’avis de nos membres et en observant ce qui fonctionnait plus ou moins bien. Nous avons au sein du bureau de l’association des fonctions dédiées, mais nous nous entraidons également. C’est d’ailleurs là l’un de nos objectifs fondamentaux : l’entraide et la solidarité.

Les jours de matchs, nous nous retrouvons avec des volontaires quelques heures avant le coup d’envoi pour installer les animations au sein de notre tribune. Généralement, nous buvons quelques verres ensemble avant de monter en tribune et d’attaquer la rencontre. Il nous arrive également de rencontrer d’autres associations de supporters, en fonction des affinités.

Pour ce qui est du local, nous occupions jusqu’à présent une partie du local de l’association des Gars de l’Aviron, qu’ils nous prêtaient gracieusement. Depuis la fin de la saison dernière, nous avons un container à notre disposition, juste à côté de notre tribune, ce qui nous permet de ranger l’ensemble de notre matériel avec beaucoup plus d’aisance (drapeaux, tambours, canons à confettis, etc.).

Pour l’animation des réseaux sociaux, nous sommes deux à gérer principalement nos comptes. Nous fonctionnons beaucoup par le biais de ces supports, qui nous permettent de toucher un large public. De plus, nous avons mis en place pendant le confinement un compte secondaire sur twitter ainsi qu’une nouvelle version de notre site internet, tous deux en basque, afin de nous rapprocher de cette partie de notre communauté.

Combien de membres compte le BOC aujourd’hui ?

Nous en sommes actuellement à 370 adhérents et près de 200 abonnés en tribune, ce qui est notre record en cours, toutes saisons confondues.
Il y a eu quelques fluctuations du fait des descentes en Pro D2 mais globalement nous sommes sur une phase ascendante, notre association étant de plus en plus connue et reconnue. Nous espérons que cette dynamique va continuer dans les années à venir.

Comment faites-vous pour trouver de nouveaux membres ?

Une part non négligeable de nos nouveaux membres provient de supporters qui nous découvrent lors des rencontres au stade, en voyant nos animations et en participant à l’ambiance que nous mettons en tribune.
La portée de nos réseaux sociaux et la publication de différents supports – photos et vidéos – nous permettent aussi de fidéliser un nouveau public. Le bouche à oreille joue également un rôle important pour nous. Nous bénéficions d’une image positive auprès du public, c’est une chance.

Nous essayons aussi de développer de nombreux produits dérivés aux couleurs de notre association. Nous avons à ce titre une boutique en ligne, sur notre site internet, et nous envoyons les produits pour celles et ceux qui le désirent. Il est important pour nous de diffuser notre logo, afin qu’il soit reconnu facilement.

 
 
 
 
 
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Quelles sont les activités d’une association de supporters ? Quelles sont vos actions en jour de match et en hors jour de match ?

Les activités sont nombreuses et il est impossible de s’ennuyer lorsque l’on créé une association de supporters. Il y a tout l’aspect communication, relatif notamment à l’information de nos membres sur les animations que nous organisons et les évènements que nous mettons en place : cela représente un temps de travail très important et qui ne se voit pas forcément.

Encore, il s’agit de rechercher des partenaires et de les fidéliser, et nous devons d’ailleurs progresser de ce côté là. Ils peuvent représenter un soutien important pour nous, et nous bénéficions d’une couverture sur les réseaux sociaux qui peut être intéressante pour eux.

Concernant nos actions, nous avons systématiquement des drapeaux en tribune, de plus ou moins grandes tailles, ainsi que des étendards. L’aspect visuel est pour nous très important et nous essayons d’apporter du mouvement et de la couleur dans notre tribune. Cela passe par l’achat de ponchos de couleurs, de canons à serpentins, d’extincteurs à poudre… Nous essayons vraiment d’apporter une dynamique nouvelle, en nous inspirant de celle qui se rencontre dans certains stades de foot.

Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

En dehors des jours de match, nos activités sont diverses. Nous essayons une fois par an (ou plus quand cela est possible) d’organiser des actions caritatives : achat de matériel pour l’équipe des espoirs, invitations de jeunes de la ville à nos évènements (comme pour le spectacle de Vincent Moscato), organisation d’un loto annuel. Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

Concrètement, être membre d’une association de supporters représente combien de temps dans la semaine ?

Cela varie forcément en fonction des périodes, mais ce qui est sûr c’est que le temps consacré à l’association chaque semaine se compte en heures. La gestion des réseaux sociaux est très chronophage et il est important d’être réactif pour satisfaire nos supporters. L’envoi des produits dérivés nous prend également beaucoup de temps. Sur les semaines les plus chargées, la quinzaine d’heures consacrées à l’association est largement atteinte, si ce n’est dépassée.

À ce propos, tout le monde peut-il être membre d’une association de supporters ?

En ce qui concerne notre association, il n’y a aucune restriction. Nous avons parfois l’image d’une jeune association et certains supporters plus âgés sont réticents à l’idée de nous rejoindre. Cette crainte est infondée ! Adhérer à notre association, c’est participer financièrement à nos côtés à l’organisation des animations : tout le monde en profite. À titre informatif, notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Qui sont les fans qui se cachent derrière ces organisations ? Quel est le profil type des personnes qui figurent au sein de l’association ?

Je ne pense pas qu’il y ait un profil type derrière les fans au sein de notre association. Ce qui est certain en tout cas, c’est que tous nos membres ont cette volonté de raviver la flamme du supporter qui sommeille en chacun de nous. Cela se ressent d’ailleurs en tribune avec nos abonnés, qui à chaque match se surpassent pour apporter ce supplément d’âme dont nos joueurs ont besoin.

D’ailleurs, tous les membres sont-ils des abonnés au stade Jean Dauger ?

Non. De nombreux membres ne sont pas abonnés au stade Jean Dauger. Ce qui est en revanche intéressant pour nous, c’est que chaque saison des membres non abonnés décident de nous rejoindre en s’abonnant à nos côtés en tribune. C’est gratifiant pour le travail réalisé au cours de la saison. Nous avons de plus des soutiens dans toute la France, et même en outre-mer et en Belgique ! 

Quelles sont vos relations avec le club de l’Aviron Bayonnais ?

Nos relations avec le club se sont nettement améliorées depuis l’arrivée à la présidence de Philippe Tayeb. Il a vraiment pris la mesure de ce que représentaient les associations de supporters au sein du club, particulièrement ici à Bayonne où les exigences sont très fortes. Nos intérêts sont de plus les mêmes : faire rayonner tant notre club que notre ville et les aider à atteindre les sommets.

De manière plus générale, le club est très souvent volontaire pour nous aider, que ce soit financièrement parfois, ou en nous permettant de bénéficier de leur visibilité pour communiquer. Quoi qu’il en soit, nous avons toujours une oreille attentive qui nous écoute, et c’est très appréciable.

Comment réagissez-vous face aux actions entreprises par le club pour améliorer l’expérience des spectateurs ?

Nous y réagissons très positivement. Cela faisait des années que notre club stagnait en terme d’infrastructures et de “fan expérience”. Il semblerait que la nouvelle direction ait véritablement intégré l’importance de l’expérience des supporters, notamment afin de fidéliser ceux qui ne sont pas forcément les plus assidus. À ce titre, les exigences légitimes posées par Yannick Bru pour augmenter le niveau de l’équipe auront nécessairement des répercussions sur l’expérience des supporters. La dynamique est en train de changer, et c’est tant mieux.

Vous utilisez fréquemment les réseaux sociaux pour soutenir ou interagir avec votre club ?

L’interaction via sur les réseaux sociaux avec notre club se passe surtout sur Twitter, qui y est propice. Nous avons de plus de bons contacts avec le community manager du club. Sinon, nous nous contactons par mail ou par téléphone.

Vous bénéficiez comme parrains de l’association les joueurs Ugo Boniface et Peyo Muscarditz. Qu’est-ce que cela vous apporte d’avoir ces soutiens. Quel est leur rôle en tant que parrains ? 

Ce principe de parrainage avec des joueurs de l’équipe, nous l’avons mis en place depuis notre création. Ainsi, notre premier parrain était Charles Ollivon, aujourd’hui capitaine du XV de France. Simon Labouyrie lui a ensuite succédé.
À son départ, nous avons décidé d’opter pour un double parrainage, qui s’est concrétisé par ce lien avec Ugo et Peyo. Il s’agit-là de deux jeunes prometteurs, qui correspondent aux valeurs prônées par notre association. Nous les contactons ponctuellement mais il est vrai que nous sommes conscients que nous devons renforcer ce lien de parrainage. 

Quelles sont vos relations avec les joueurs ? Vous pensez qu’ils sont suffisamment reconnaissants de votre investissement ?

Nos relations sont globalement bonnes, avec bien-sûr une proximité différente selon les joueurs. Nous avons des relations plus ou moins privilégiées avec certains d’entre eux. Quoi qu’il en soit, ils sont tous reconnaissants de notre investissement et ils nous le rendent bien. Cela s’est notamment vu à la fin de la rencontre face à Toulouse le 29 février dernier, avec un moment privilégié devant notre tribune, qui restera dans les moments forts de notre association. 

On pense souvent qu’il existe de l’animosité entre les différents groupes de supporters ? Quelles sont vos relations avec les associations de supporters des clubs environnants ?

Nous n’avons pas de liens particuliers avec les autres groupes de supporters. La seule association dont nous sommes vraiment proches, et avec qui nous entretenons des liens étroits, est “Les Fils de Besagne”, un club de supporters du RC Toulon. Nous nous rencontrons chaque année, et nous nous voyons même en dehors des rencontres de rugby. De vrais liens d’amitié existent entre nous.

Face au Covid-19, quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les difficultés que nous rencontrons sont principalement financières, comme pour beaucoup d’autres associations malheureusement. Nous sommes reconnaissants de ne pas à avoir de loyer à payer, mais nous nous retrouvons face à une incertitude majeure du fait de l’annulation de notre loto. Nous ne savons pas comment financer une partie de nos animations.
Nous sommes en revanche satisfaits de voir que les supporters ont répondu présent en adhérant à notre association malgré la dernière fin de saison prématurée.

Vous venez donc de lancer une cagnotte pour compenser l’annulation de votre traditionnel Loto/Bingo, initialement prévu le 18 septembre prochain. Un événement qui ampute votre budget de 50% soit environ 5 000€.

Effectivement. Nous avions déjà repoussé 3 fois notre loto, initialement prévu en avril dernier. Les conditions actuelles ne nous permettent pas de l’organiser de manière satisfaisante, c’est pourquoi nous avons préféré l’annuler.
Nous avons longtemps hésité avant de lancer cette cagnotte mais nous nous y sommes résolus puisque tout l’argent récolté sera directement réinvesti dans l’association et dans l’organisation des animations. Il est important de le mentionner : nous ne faisons aucun bénéfice qui ne soit pas réinvesti dans la vie de l’association.

Un budget divisé par 2, cela se traduira nécessairement par deux fois moins d’animation au stade. Nous pensons que les supporters seront heureux de nous voir continuer à faire vivre le stade Jean Dauger. Nous avons de plus de nouvelles idées pour cette saison, et elles devraient plaire au plus grand nombre.

Avez-vous des idées ou des suggestions pour mieux collaborer avec le club et les collectivités locales ?

La collaboration avec le club se renforce au fur et à mesure de notre construction en tant qu’association. Nous gagnons en crédibilité année après année.
Des réunions sont d’ailleurs organisées avec le club, notamment Yannick Bru, à la fin de chaque bloc, pour échanger sur ce qu’il s’est passé et aboutir sur d’éventuelles propositions.
Nous n’avons donc pas spécifiquement d’idées à proposer : continuer dans le sens de la dynamique impulsée depuis maintenant deux saisons sera déjà une très bonne chose.

Pour finir, quelle serait ta propre définition de la fan expérience ?

Ma définition de la fan expérience sera simple et est finalement organisée autour de l’évènement sportif que constitue un match : se rencontrer avant, vivre ensemble pendant, se retrouver ensuite. C’est un peu l’idée d’une expérience 360 qui ne se limite pas aux seules 80 minutes que dure le match (de rugby). Cela renforce les liens et contribue à satisfaire nos supporters.

Merci à Rémi Gaillard pour cet échange qui nous permet de mieux comprendre le fonctionnement d’une association de supporters.
Vous pouvez soutenir le BOC en participant à la cagnotte mise en place.

Vous pouvez consulter toutes nos interviews dans l’onglet Interviews sur notre site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

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