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Fan expérience dans le monde

Le eSport, une solution qui plait aux fans pendant le confinement

Pendant le confinement, l’eSport est devenu indispensable pour les fans en manque d’actions. Découvrez les pratiques les plus innovantes du sport virtuel.

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Concerner ses fans autour du sport, voici un des enjeux actuels des clubs et médias sportifs.
L’eSport le permet : via des tournois virtuels, les habituels acteurs du monde sportif permettent aux fans de participer eux-mêmes à la compétition. Et les fans s’y retrouvent : une bonne action pour les hôpitaux dans la lutte contre le Covid-19, tout en tentant de gagner une rencontre avec leurs idoles. 

 

En cette période de confinement, le sport mondial est à l’arrêt. Face au virus, joueurs et clubs ne peuvent plus s’affronter chaque week-end. Pour les fans, les temps sont durs également. Plus d’événements en direct, plus d’émissions sportives, plus de rumeurs de transferts qui animent si bien chaque printemps. Pour divertir tous ces passionnés de sport, les chaines spécialisées et les clubs rediffusent des matchs de gala ou bien des performances historiques de ces dernières années. 

https://twitter.com/fanstriker/status/1252182927707967488?s=20

Des matchs virtuels pour remplacer les vrais matchs de football 

Les affiches du dimanche soir en Ligue 1 Conforama sur Canal+ ne sont plus d’actualité. Cependant, la chaîne a prévu pour les remplacer, des best-of des plus beaux matchs de ces dix dernières années. Depuis le 22 mars, nous avons eu droit  à 21h le dimanche soir aux meilleurs classiques OM-PSG, derbys OL-ASSE, olympicos OL-OM. Faire revivre des moments historiques du sport comme le match nul 5-5 entre l’OL et l’OM de la saison 2009/2010 de Ligue 1 permet de se remémorer les anciens effectifs, les enjeux de l’époque, de revoir les anciens maillots ou encore les anciens stades. Mais cela permet également aux supporters les plus jeunes de les découvrir. 

Après la compilation des matchs, les téléspectateurs retrouvent le journaliste foot de Canal + Hervé Mathoux à son domicile. Il commente alors un match opposant les deux équipes phares de la soirée, sur FIFA, le jeu virtuel de football sur console. Comme les stratégies du jeu de console peuvent parfois être différentes du football réel, l’habituel présentateur du Canal Football Club est accompagné de “Brian”, le sélectionneur de l’équipe de France eSport. Ce dernier explique au grand public les différents mouvements et gestes les plus utilisés en compétition virtuelle. Une sorte de tuto en direct.

Ce sont des joueurs professionnels FIFA qui représentent les deux équipes. Certains d’entre eux sont déjà en contrat avec des clubs, comme Lucas “DAXE” au PSG eSport. D’autres ont été sélectionnés suite à leurs performances durant l’Orange e-Ligue 1. Depuis sa création il y a 4 ans, cette compétition virtuelle est ouverte à n’importe quel supporter désireux de se mesurer virtuellement aux plus grands. 

RMC Sport propose un tournoi eSport pour aider les hôpitaux de Paris

Tout comme Canal+, ce média incontournable du sport innove pour ses abonnés. Les participants ont la possibilité de s’inscrire sous trois tournois différents avec un des journalistes de la chaîne : celui de Daniel Riolo, de Mohammed Bouhafsi ou bien de Jérôme Rothen. Pour le moment, près de 1800 personnes se sont réparties dans les différentes compétitions.  

https://twitter.com/RMCsport/status/1247945302860062722

Des matchs en 1 contre 1 seront organisés dans les différents tournois entre les participants. Les phases de qualifications ont eu lieu les vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 avril. La finale aura lieu le 22 avril. Les vainqueurs auront l’opportunité d’affronter les représentants du tournoi dans lequel ils se sont inscrits. 

Mais ces compétitions virtuelles n’ont pas été créés dans le seul but d’occuper et divertir leurs abonnés. En effet, RMC sport soutient aussi la lutte contre le Covid-19. Les finales qui seront diffusées en direct sur la chaîne Twitch de CJ23 (un streamer spécialisé dans les jeux vidéos sportifs) permettront aux participants et spectateurs d’effectuer des dons qui seront ensuite reversés aux Hôpitaux de Paris.

Le succès du Tour de Flandres virtuel 

Chaque année courant avril, ce sont habituellement plusieurs centaines de milliers de Flamands qui se réunissent le long des routes du Ronde de Belgique pour voir passer le Tour de Flandres. Mais cette année, Covid-19 oblige, personne n’est sur le bord des routes belges. 
Pourtant, le 5 avril dernier, ce sont bien 13 coureurs qui se sont lancés sur les 32 derniers kilomètres de la célèbre course cycliste. Depuis leurs salons à la maison, sur des vélos connectés et devant des caméras, les coureurs se sont disputés la première place, devant plus de 600 000 téléspectateurs qui suivaient la course diffusée en direct sur la chaîne TV flamande Sporza.

La course, reproduite à l’identique et les sportifs équipés de leurs équipements, tout était fait pour se rapprocher de la réalité. Les développeurs ont même pensé à l’effet d’aspiration : l’effort était plus intense pour le coureur en tête que pour ses proches poursuivants. Près d’une heure de course a suffi au belge Greg Van Avermaet pour s’imposer. Une première victoire pour lui, après avoir échoué à plusieurs reprises les années passées sur les autres marches du podium. Les interviews d’avant et d’après course étaient bien-sûr au rendez-vous.

Si le principe vous intéresse, vous pouvez revivre le sprint final pour les 3 premières places via la vidéo ci-dessous. 

La FIFA Home Gaming Cup : une compétition made in PSG

En accord avec son partenaire Accor Live Limitless (All), le Paris Saint-Germain offre la possibilité à tous les fans de sport de s’affronter sur les consoles de jeu. La chaîne BeIN Sport diffuse la compétition et le triple champion du monde FIFA, Bruce Grannec, la commente. En tout, 4 tournois auront lieu : le 5, 11, 18 et 25 Avril.

De nombreux lots sont à remporter dans ces compétitions hebdomadaires. Des places pour un match du Paris-Saint-Germain et un séjour de deux nuits dans un hôtel parisien offert par le groupe Accor. Il y a aussi de nombreux lots aux couleurs du club de la capitale.
Évidemment, les heureux gagnants pourront profiter de leurs récompenses une fois le confinement terminé. 

En attendant, les vainqueurs auront le privilège d’affronter un des joueurs professionnels du PSG. Ils pourront choisir Juan Bernat, Julian Draxler, Layvin Kurzawa ou encore Daxe, le jeune français du PSG eSport. Les finalistes peuvent aussi recevoir quelques minutes de coaching personnalisé par les joueurs professionnels eSport du club parisien. 

Stade parc des princes psg FIFA20FIFA

Le Parc des Princes dans FIFA 20

Le jeu est au plus proche de la réalité jusque dans les moindre détails. Cinématique d’avant-match, animations des supporters et tifos, mais aussi cameraman, stadiers, ramasseurs de balle, etc. Les fans peuvent presque s’y croire ! 

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un club de Ligue 1 Conforama propose des compétitions eSport. Le LOSC également actif sur cette thématique avait déjà réalisé un show en ouverture de match contre l’Olympique Lyonnais, en février 2018.

Une compétition interclubs organisée par EA Sport 

La stay and play cup est une compétition FIFA organisée par le développeur du jeu virtuel. Ce sont 20 clubs européens qui se disputent le titre. Chacun d’eux est représenté par un des joueurs de l’équipe professionnelle de football. On retrouve par exemple Alexander-Arnold pour Liverpool, ou Vinicius Jr pour défendre les couleurs madrilènes du 15 au 19 avril.
Les clubs de Ligue 1 Conforama sont également représentés, comme l’Olympique Lyonnais, l’Olympique de Marseille ou le Paris-Saint-Germain.

Le Master 1000 de Madrid à l’honneur 

Comme dans tous les sports, les fans de tennis se voient endeuillés de leurs compétitions favorites. Mais ils vont cependant pouvoir soutenir leur joueur préféré au Master 1000 de Madrid. Après l’annulation de Wimbledon et le report de Roland Garros au mois de novembre 2020, le tournoi espagnol se déroulera quant à lui sur les consoles. Du 27 au 30 avril, 16 joueurs et joueuses s’affronteront sur deux tableaux distincts. 

“Le tournoi va contribuer à la somme de 50 000 euros en Espagne et à Madrid pour combattre le virus.”

Gerard Tsobanian, Directeur du tournoi

Le tournoi va également permettre de récolter des fonds : 150 000€ sur chacun des deux tableaux. L’argent sera redistribué aux tennismen et tenniswomen avec le plus de difficultés économiques, souffrants de l’arrêt des tournois. De plus, le directeur du tournoi a annoncé qu’il allouera 50 000 € pour réduire l’impact social de la pandémie du Covid-19.

joueurs et joueuses Mutua Madrid Open VirtualMutuaMadridOpen

L’annonce des joueurs et joueuses qui seront présents

L’annonce des joueurs se fait au compte-goutte. Pour le moment, les fans savent qu’ils pourront retrouver Rafael Nadal, Lucas Pouille, Andy Murray ou encore Carla Suarez. Le complexe Caja Mágica sera reproduit à l’identique, jusque dans les moindres détails, affirment les organisateurs du tournoi.
Des interviews des joueurs, analyses et commentaires des matchs animeront ces 4 jours de compétition. Tout comme en vrai finalement.

Les sports auto et moto sur les pistes virtuelles 

Grâce aux graphismes très réalistes des jeux de sports auto et moto comme la F1, la MotoGP et la Formule E, les fans peuvent retrouver quelques sensations lorsque leurs héros remplacent le volant par la manette.

La Formule 1 a lancé les Virtual Grand Prix Series avec le plateau des pilotes de Formule 1 actuels. Parmi eux, Charles Leclerc, l’ancien pilote Jenson Button, ou bien une personnalité du monde sportif en la personne de Ben Stokes, joueur de cricket.
Chaque week-end de Grand prix, la grille de stars s’actualise. Des stars qui s’affrontent sur le jeu de Formule 1.
Pour Julian Tan, le responsable du numérique et de l’export pour la F1 il est important “d’apporter un peu de réconfort à travers l’eSport, dans la période difficile que nous traversons ensemble, pour que les passionnés puissent avoir un lien avec le championnat, d’une manière différente mais familière.”

Dans la continuité de la F1, la Moto GP propose à quelques pilotes de la grille de participer à une course virtuelle retransmise sur les réseaux sociaux. On y retrouve le légendaire Valentino Rossi, le très talentueux français Quartararo et l’octuple champion en titre Marc Marquez. Les 10 pilotes présents réalisent les mêmes épreuves qu’un week-end de Grand Prix normal à l’exception des essais avec les qualifications et la course. Les pilotes sont filmés chez eux, en écran partagé et communiquent entre eux pendant qu’ils jouent.
La course terminée, les pilotes se font interviewer  par le présentateur habituel de l’émission et les journalistes qui couvrent habituellement les événements Moto GP, pour le plus grand bonheur des fans.

Des pilotes jouant au Moto GP virtuel pendant le confinementMoto GP

Des pilotes se défiant au Moto GP virtual Race pendant le confinement

Pour finir, la Formule E (électrique) s’est concentrée sur un dispositif solidaire en partenariat avec Unicef. Ainsi, l’opération “Race at Home Challenge” vient en aide aux enfants durant la pandémie. La compétition entre les pilotes Formule E se déroulera sur 9 week-ends de suite sur le jeu de simulation de course rFactor 2 et sera également retransmise sur les réseaux sociaux. Le format “battle royal” est unique en son genre pour une course. En effet, à chaque tour, le dernier pilote est éliminé jusqu’à ce qu’il n’en reste que 10 pour un sprint final sur la ligne d’arrivée.

S’évader avec les skippers sur Virtual Regatta

Créée en 2006, l’application à succès Virtual Regatta a lancé fin mars, “La Grande Évasion”. 4 000 milles virtuels entre La Rochelle et Curaçao, aux Caraïbes. Elle offrait au grand public, la possibilité d’affronter les skippers sur une simulation de course de voile avec des conditions appliquées proches des conditions réelles (vents, vitesse et caractéristiques du bateau).

Exceptionnellement, le développeur du jeu offrait à tous les joueurs le mode VIP avec une météo étendue, des prévisions de trajectoire sur 120 heures, la possibilité d’afficher 100 bateaux amis au lieu de 50, la personnalisation du fond de carte ou encore la mise à disposition des polaires du bateau, etc.

Pour pouvoir comparer sa propre course à celles des skippers, une certification était mise en place. Parmi eux, on retrouvait entre autre Jérémie Beyou, Armel Le Cléac’h, Sam Davies et Louis Burton.
Suite au succès de cet événement eSport, Philippe Guigné, fondateur de Virtual Regatta a précisé qu’une partie des bénéfices des options achetées sera reversée à une association.

Cette période de confinement va permettre de démontrer que le eSport n’est peut-être pas qu’une nouvelle pratique réservée aux geeks ou encore que celle-ci vient concurrencer le sport réel. Le eSport est complémentaire à toutes ces pratiques physiques.

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Qui n’a jamais ressenti des frissons en voyant un stade se lever comme un seul homme ? Tout comme pour beaucoup d’entre nous, les réactions des milliers de supporters présents dans les stades me fascinent. Les supporters sont aujourd’hui replacés au centre de l’événement match, dans une expérience fan toujours plus créative et innovante, qui mérite d’être partagée.

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Idée : Un modèle d’abonnement inspiré de Netflix dans le sport

Analyse d’un nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix : un modèle ultra flexible et mis en place par seulement une poignée de clubs.

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Un modèle d'abonnement inspiré de Netflix dans le sport

Pour inciter les jeunes et les étudiants à souscrire à des abonnements, une poignée de clubs ont mis en place un modèle d’abonnement ultra-flexible. Un sujet qui est majeur quelques jours avant la reprise de la saison sportive. 

Le principe de ce système flexible est donc un abonnement mensuel sans engagement. C’est-à-dire que l’abonné sera prélevé d’un montant fixe chaque mois sans avoir à faire de démarche. C’est un système comparable à celui de Netflix. Selon les différentes modalités que nous allons étudier, le montant total de l’abonnement peut être similaire ou plus élevé par rapport à celui actuellement mis en place par les clubs, l’abonnement à la saison. La principale différence réside dans : les échéances de paiement (des échéances plus allongées même si les clubs mettent déjà en place la possibilité de payer en plusieurs fois), le paiement par prélèvement mensuel et la reconduction tacite.

Avant de faire le point sur les clubs européens, commençons par regarder ce qui a été fait de l’autre côté de l’Atlantique aux États-Unis. Plus précisément en MLB (baseball), le championnat le plus innovant au monde en matière de billetterie.

La MLB, championnat référence de l’innovation sur la billetterie

La référence dans le sport en matière de billetterie est la Major League de Baseball (MLB), le championnat de baseball américain. En effet, chaque franchise joue 81 matchs à domicile au cours de la saison régulière avec des enceintes de 50 000 places comme pour le Yankee Stadium à New York. C’est donc un vrai challenge pour les organisations de remplir le stade à chaque match.

C’est dans ce championnat que sont apparus en 2015 les premiers abonnements inspirés de Netflix.
Mis en place à l’époque dans quelques franchises, aujourd’hui plus des deux tiers d’entre elles proposent ce modèle d’abonnement. Ce modèle a permis aux franchises de vendre plus d’un million de billets en 2018, soit 150 000 de plus qu’en 2016 (première année complète du programme). Enfin deux mois après le début de la saison 2019, les ventes étaient déjà en hausse de 36% avec plus de 765 000 billets vendus grâce aux abonnements mensuels.

Un autre cas intéressant avec l’offre des Athletics d’Oakland, aussi appelés “A’s”. La franchise de Californie avait mis en place un abonnement mensuel à 19,99$ par mois pour des sièges en admission générale et ce pour tous les matchs de la saison. Cependant, les abonnés mensuels n’avaient pas de places attitrées tout au long de la saison contrairement à un abonné dit « traditionnel ». Le supporter pouvait ainsi être assis dans une tribune lors d’un match, puis dans une autre le match suivant. Et lorsque le match était sold-out, les fans n’avaient pas de places assises et étaient placés dans une zone debout.

Souscrire à cet abonnement n’était possible que via l’application MLB Ballpark App donc assez limité. Cependant, la flexibilité du système, qui offre aux fans la possibilité de payer mensuellement, de se désengager en cours de saison et de souscrire uniquement sur cette plateforme, a permis d’attirer les jeunes fans comme cela était souhaité par la franchise.
Le prix de l’abonnement a aussi été un facteur essentiel. En effet, le prix est extrêmement attractif puisqu’il était seulement 4,99$ plus cher que le billet simple le moins cher pour un match des A’s, avec un tarif de 15$.

Des tests de ce modèle ont été effectués par la franchise quelques mois avant son lancement officiel comme l’explique Catherine Aker, Vice-Présidente de la Communication des Oakland Athletics : « Nous avons essayé cela pour la première fois il y a deux ans, puis pendant un mois l’année dernière. Puis nous l’avons essayé lors de l’entraînement de printemps à Mesa, et chaque fois nous avons aimé les résultats, et les fans semblent aussi apprécier ».

Le 2017 MLB Ballpark Pass des A’s a été si populaire que le club a plafonné les ventes après une semaine seulement. Ce qui a créé une liste d’attente.

A's Ballpark Pass 2017Front Office Sports

A’s Ballpark Pass 2017

L’abonnement mensuel dans les clubs de football

Le FC Copenhague, club danois qui évolue en Danish Superliga, la première division du championnat danois, a connu quelques soucis pour le renouvellement estival de ses abonnements. L’équipe danoise a analysé qu’il était compliqué pour les fans de s’engager sur une saison entière, en particulier pour les fans les plus jeunes. Le club a donc observé les méthodes d’abonnement utilisés par Spotify et Netflix, et a décidé de s’en inspirer afin de résoudre leurs problématiques de billetterie.

Un test a été réalisé avec un prix de l’abonnement fixé à 9,44£ par mois (10,82€). Soit un montant correspondant au découpage sur douze mois du prix de l’abonnement annuel le moins cher que le club propose. C’est aussi un montant qui est pratiquement celui proposé par Netflix au Danemark.
Les fans sont donc prélevés automatiquement et peuvent se désabonner à tout moment après les six mois obligatoires à condition de respecter un mois de préavis. Les adhérents à cette formule d’abonnement n’ont donc pas de place attitrée en tribune tout au long de leur adhésion. Leur place au stade peut donc changer d’un match à l’autre.
Le FC Copenhague a ainsi instauré le « modèle Netflix », comme le club l’appelle, depuis 2018.

En France, le club de Troyes (ESTAC) qui évolue en Ligue 2 a lancé ce modèle d’abonnement en avril 2019 pour la saison 2019/2020. L’ESTAC appelle cela une adhésion au club plutôt qu’un abonnement. Les fans payent alors mensuellement afin de bénéficier d’une place pour les matchs à domicile et des services inclus dans le programme de fidélité MyESTAC. Les supporters peuvent adhérer à tout moment de l’année. Ils peuvent également se désinscrire à tout moment à condition de respecter un préavis d’un mois. Ce qui laisse au club une marge de manœuvre.

Comme l’expliquait Henri Neveu, Responsable billetterie, CRM et fidélité à l’ESTAC, dans une interview accordée à Ecofoot, le club n’arrivait plus à conquérir de nouveaux abonnés avec le système d’abonnement traditionnel. Une problématique similaire à celle du FC Copenhague, qui s’est avérée encore plus forte chez les jeunes. Le taux d’abonnement au club troyen est également en déclin même si cette donnée est à mesurer finement puisque le phénomène est notamment lié aux montées et descentes récentes de l’ESTAC entre la Ligue 1 et la Ligue 2.

Le club troyen fait donc régulièrement le voyage entre la L1 et la L2. C’est pourquoi il a décidé de geler les prix des adhésions mensuelles peu importe la division dans laquelle le club évoluera. L’ESTAC promet donc une adhésion à vie avec un prix fixe. Contrairement au FC Copenhague, le club de Troyes n’a pas mis en place le même principe de pricing. En effet, l’adhésion mensuelle n’est pas un découpage en 12 mois de l’abonnement annuel mais il est plus cher. Le club propose trois formules (en fonction de la tribune choisie) et une formule étudiante. Le club a décidé cette offre tarifaire afin de compenser la prise de risque que cela comporte tout en incluant des services additionnels pour les adhérents.

En effet, les bénéficiaires profitent d’un accès à tous les matchs de coupes (contrairement aux adhérents à la saison), d’une facilité de paiement à travers le découpage du prix de l’abonnement par mois, de contenus numériques exclusifs, etc. Pour animer les adhérents durant les temps faibles comme l’intersaison, des animations sont mises en place comme des jeux-concours et autres événements. De plus, les adhérents mensuels de l’ESTAC ont une place attitrée. Une place qu’ils peuvent changer en cours de saison. Ils peuvent même changer de formule d’abonnement. L’objectif du club est de rendre ce modèle ultra-flexible à tout point de vue.

Grille de tarifaire abonnement ESTACESTAC

Grille de tarifaire abonnement ESTAC

Les avantages de ce système mensuel innovant

Cibler les jeunes et les étudiants

L’une des raisons majeures de la mise en place de ce système est donc la possibilité de cibler davantage les jeunes avec une offre plus adaptée. Tout d’abord parce que le prix est faible et donc relativement attractif pour les étudiants qui n’ont pas ou peu de revenus. C’est le même montant qu’un abonnement de base à Netflix (7,99€/mois). De plus, de nombreux étudiants partent en stage, en échange universitaire à l’étranger ou dans d’autres villes en cours d’année et donc de saison. De ce fait, un système flexible et sans engagement est idéal pour eux. Les étudiants pourront donc s’abonner pour 6 mois par exemple jusqu’à leur départ ou fin de stage.

Aussi, cette offre correspond aux habitudes de consommation des jeunes. En effet, ils sont nombreux à être abonnés à Netflix, Spotify et autres plateformes ayant un modèle d’abonnement similaire. C’est un modèle qu’ils connaissent et apprécient.

Proposer un abonnement à vie aux fans les plus fidèles

Ce système ne profite pas qu’aux jeunes. Il profite aussi aux abonnés historiques du club pour une autre raison. En effet, ils n’auront plus à faire les démarches administratives de réabonnement pour la saison à venir puisque cela se fait automatiquement. De ce fait, le club pourra surement maintenir davantage d’adhérents au club et ce sur plusieurs années. Le club de Troyes garantit que cet abonnement est à vie d’où l’intérêt pour les abonnés historiques.

Convertir les spectateurs occasionnels en abonnés

L’autre cible de ce modèle sont les spectateurs occasionnels qui viennent ponctuellement au stade. Des spectateurs qui néanmoins ne s’abonnent pas sur une saison entière. Avec un abonnement mensuel, une personne qui vient voir chaque année quelques matchs mais qui n’est pas prête à dépenser 200€ voire 300€ en début de saison, peut maintenant prendre une adhésion. Ce qui lui permettra de voir si ça lui plaît et ainsi garder son abonnement potentiellement sur plusieurs années.

Communiquer tout au long de l’année sur les abonnements

Autre avantage du système d’abonnement mensuel, celui de pouvoir communiquer sur les abonnements toute l’année. Comme les fans peuvent s’abonner à tout moment, l’activité de communication est alors constante. Contrairement au modèle actuel où les clubs communiquent uniquement entre la fin de saison et le début de la saison suivante, ainsi qu’à la mi-saison.

Ici, ils peuvent donc s’appuyer sur un gros match pour relayer ces abonnements. Le calendrier à venir sur un ou plusieurs mois peut aussi permettre de capter de nouveaux abonnés en cours de saison. Ainsi, les clubs auront plusieurs opportunités pour tenter d’optimiser l’enrôlement de nouveaux adhérents.

Lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents.

Jacob Lauesen, Directeur Marketing FC Copenhague

Avoir déjà des abonnés pour les saisons suivantes

Jacob Lauesen, Directeur Marketing et Développement de la marque au FC Copenhague cite un autre avantages de ce fonctionnement : « lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements pour la prochaine saison, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents. ». Grâce au renouvellement automatique pour la saison suivante et au préavis d’un mois, les fans ayant souscrit à ce modèle sont donc déjà enregistrés comme abonnés pour les mois suivants.

Les problématiques entourant le « modèle Netflix »

Une trésorerie chamboulée

Néanmoins, avec ce système d’abonnement mensuel une problématique se pose.
En effet, les clubs sont habitués avec le modèle actuel à avoir un afflux de trésorerie à l’été grâce à la campagne d’abonnement pour la nouvelle saison. Tandis qu’avec ce système inspiré de Netflix, les revenus issus des abonnements sont répartis tout au long de l’année. De ce fait, les deux premières saisons peuvent être difficiles en particulier pour les plus petits clubs.

Il faut donc que les clubs puissent gérer et équilibrer leur trésorerie tout au long de l’année comme l’explique le Directeur Général du club de Dundee United en Ecosse qui a été interrogé sur ce modèle « Bien sûr, il y aurait un choc au cours des 12 à 24 premiers mois, le temps que l’on s’y habitue tous, mais l’argent finit toujours par arriver et vous gérez votre entreprise en conséquence. ».

Le taux d’attrition (ou churn en anglais) ou clients perdus

Ensuite, nous savons que le comportement des supporters est influencé par les résultats sportifs. L’une des craintes avec ce système serait une vague de désengagement suite à de mauvaises performances de l’équipe. La sécurité du préavis d’un mois mis en place pourrait ne pas être suffisante. Paradoxalement, d’une manière générale, les clubs de football recherchent à sortir de cette dépendance aux résultats sportifs et ce modèle fait complètement l’inverse. Contrairement au modèle d’abonnement classique où les supporters s’engagent pour la saison.

Mais d’autres facteurs pourraient aussi provoquer une vague de désabonnement comme la météo et l’approche de l’hiver. Cela peut aussi être le cas en fonction du calendrier si le club enchaîne les matchs contre de « petites » équipes. Il y a donc de nombreuses variables qui entrent en jeu qui peuvent profiter ou encore nuire à ce système. Afin de limiter le taux d’attrition, les clubs devront proposer une expérience fan de qualité afin de garder leurs supporters abonnés. Les clubs pourraient par exemple s’appuyer sur les nouvelles technologies pour cela.

Un besoin de pédagogie

Ce modèle peut être un bouleversement chez les supporters. Habitués au modèle d’abonnement annuel, le nouveau modèle a suscité des interrogations chez certains supporters historiques du club de l’ESTAC. Il a donc été nécessaire pour les équipes du club d’assurer un service client de qualité afin d’expliquer et de rassurer avec tout en faisant preuve de beaucoup de pédagogie.

Les résultats de ce modèle obtenus par les clubs

Pour le FC Copenhague, les résultats de ce test ont été sans appel. En effet, suite à ce test, il n’y avait que 3% de désabonnement pour 90% de renouvellement. Le club a fait du deux en un en captant de nouveaux fans et en les rendent loyaux. En septembre 2019, le club était à 12 000 abonnés dont 35% d’abonnés via le modèle Netflix. Le club a aussi connu sa première hausse de fréquentation depuis 10 ans et une hausse de 40% du nombre de spectateurs payant. Il faut préciser que ces chiffres proviennent du modèle Netflix mais aussi d’autres offres de billetterie.

C’est donc un modèle qui a du succès auprès des fans puisque près de 80% des nouveaux abonnés lors de la saison 2018/2019 avaient souscrit au modèle Netflix. Ces fans sont principalement des jeunes entre 18 et 30 ans. Le responsable billetterie du club, Mikkel Bjerre, pense que ce modèle est le futur et qu’il pourrait remplacer le modèle d’abonnement annuel traditionnel.

Du côté de l’ESTAC, la campagne d’adhésion mensuelle fut un succès auprès des supporters. Seulement 2 mois après le lancement, les abonnements mensuels représentaient 16% des abonnements. Le club semble satisfait de ce ratio et le considère même comme « une belle surprise ». Aujourd’hui, le ratio est toujours aux alentours des 15%. Cependant, au vu du contexte de pandémie du Covid-19, les interrogations sont nombreuses sur le taux de renouvellement. La capacité d’accueil des stades est encore incertaine pour les mois à venir.

Malgré ces résultats positifs, notons quand même que le FC Copenhague et l’ESTAC n’ont pas pour autant mis fin à l’ancien modèle d’abonnement annuel classique. De même au Hibernian Football Club, club écossais, où la stratégie actuelle est davantage portée sur la maximisation des abonnés via le système traditionnel. Cela étant donné que la clientèle pour ce modèle est déjà établie.

Qu’en pensent les supporters, le grand public ?

Nous avons réalisés 2 études, une axée sur le football et une seconde sur le rugby avec l’aide de David Salesse pour cette dernière.

Voici les résultats obtenus à travers ces infographies.

Les répondants aux études semblent intéressés par ce nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix avec respectivement 50% d’avis positif pour le rugby et 59% pour le football. En particulier chez les jeunes et les étudiants, les principales cibles de ce modèle.

D’après le Responsable Billetterie du FC Copengague, Mikkel Bjerre, qui a mis en place ce modèle d’abonnement mensuel, ce système devrait fonctionner pour la plupart des clubs. De même, Marshall Glickman, CEO de G2 Strategic (un cabinet de conseil spécialisé dans le sport business) et ancien Président des Portland Trail Blazers, a déclaré dans une interview à Sports Venue Business que : “les nouveaux produits de billetterie, en particulier les abonnements mensuels de type Netflix, allaient devenir populaires”.
Dans tous les cas, l’évolution de ce nouveau modèle  sera très intéressant à suivre en France et ailleurs !

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