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Interview : Olivier Poulin (CFL) “La Game Day experience au Canada”

La Ligue Canadienne de Football propose une expérience similaire à celle de son voisin américain. Olivier Poulin (CFL) nous en parle.

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La Ligue Canadienne de Football (CFL en anglais) organisait le vendredi 17 janvier dernier les Global CFL Combine à Paris. Une occasion pour nous de discuter avec acteur d’une ligue professionnelle nord américaine. 

 

Le Global CFL Combine se déroulait le 17 janvier dernier dans les locaux du Stade Charléty à Paris. Durant une journée, les meilleurs joueurs français de football américain se sont donné rendez-vous ici dans l’espoir d’être sélectionnés aux CFL Global Combine à Toronto en mars prochain, la dernière étape pour être drafté en CFL et ainsi jouer au football américain au Canada.
À l’occasion de cet événement organisé avec la FFFA, nous avons rencontré Olivier Poulin, le Directeur de la Communication et des Affaires Publiques de la Ligue Canadienne de Football. Olivier nous a présenté la CFL, son développement et l’expérience fan qui était proposée au Canada.

Bonjour Olivier, pouvez-vous vous présenter et nous dire ce que vous faites à Paris aujourd’hui ?

Je suis Olivier Poulin, Directeur Communication et Affaires Publiques à la Ligue Canadienne de Football. Nous répondons présents aujourd’hui à l’invitation de la FFFA (la Fédération Française de Football Américain) pour ce CFL Combine. Nous venons également présenter notre sport et le développement que l’on souhaite entreprendre avec la Fédération Française.

Pouvez-vous nous parler de ce développement vers la France et les autres pays ?

Au niveau international on est encore au balbutiement de tout ça. Je n’aurai jamais pensé il y a quelques mois que je serai en France pour les affaires, cette stratégie là en est encore au début. Le Mexique fût le premier pays à s’intégrer au projet puis d’autres l’ont rejoins par la suite. Nous sommes encore en train de comprendre ce qui est porteur. Nous allons essayer différentes choses mais on n’a pas encore la recette pour trouver ce qui va fonctionner. Par contre ce qu’on essaie de faire c’est de se fier aux partenaires locaux. Un exemple concret concerne la Fédération Française, avec laquelle on a essayé de lancer le hashtag “CFL French Squad” sur les réseaux. Il y a une forte utilisation des réseaux sociaux.
En plus de cela, on travaille avec la Fédération qui souhaite parler aux joueurs français afin de réaliser des entrevues. Nous passons donc à travers les équipes multimédias de chacune des équipes pour utiliser les images pour nos propres besoins et ensuite les envoyer aux partenaires localement dans les pays pour faire la promotion de leurs joueurs.

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4 joueurs français évoluant en CFL

C’est donc une relation gagnant-gagnant pour faire découvrir au public français les joueurs qui jouent au Canada via la télévision. Cela permet également d’accumuler de l’expérience pour voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins. On essaie de faire comprendre aux canadiens également qu’il y a du football américain ailleurs qu’en Amérique du Nord.

“Le niveau du football ici (ndlr en France) est bon et de nombreux athlètes sont prêts pour jouer en CFL.”

On essaie de voir ce qui va marcher en fonction des pays. Tous les pays n’en sont pas au même état d’avancement. Le niveau de connaissance, d’audience ne sont pas les mêmes en fonction des pays. Il y a beaucoup de français qui ont été repêché l’année dernière, le niveau du football ici (ndlr : en France) est bon et de nombreux athlètes sont prêts pour jouer en CFL. Cela dénote que la base et le développement français sont probablement en avance sur d’autres pays. Il faut donc essayer de trouver ce qui fonctionne au mieux, la stratégie n’est pas encore définie mais tout va se faire via le joueur et son histoire. Il faut voir comment on peut intégrer ça dans nos opérations sur une base quotidienne.

Tout le monde est surpris par l’ampleur que ça a pris très rapidement avec les partenaires, avec tout le monde qui s’entend sur une vision commune. Au niveau du football, ils ont déjà progressé rapidement, ils ont compris comment ça marchait. Il faut qu’on travaille encore sur l’expérience, les contenus, comment suivre derrière la locomotive. Il n’y a pas encore de stratégie ou de market branding. On pourra ensuite réfléchir à ce qui peut se passer au niveau événementiel et peut-être proposer un match ici à Paris, ça pourrait donner beaucoup de visibilité pour faire connaître ce qu’on fait au Canada.

Justement, un match à Paris pourrait peut-être être une bonne opportunité de développement, où est-ce que cela en est aujourd’hui ?

Oui c’est en cours de discussion. Il y a des aspects logistiques qu’il faut voir, il y a encore un an, on ne se connaissait pas donc il faut prendre le temps de bien faire les choses, ça ne s’improvise pas. On n’arrive pas comme ça en deux jours pour créer un événement où tout doit bien se passer, tu reçois 20 000 personnes qui ont payé des billets qui ont des attentes en matière d’expérience, en matière de concessions alimentaires. Il faut également penser à l’intégration d’une fête d’avant-match, qui est ancrée dans l’univers du football américain. Il faut comprendre aussi qu’il existe des traditions pré-existantes en France. Est-ce qu’il y a déjà des formules qui ont été appliquées sur des évènements externes mais auxquels les Français sont habitués et qui pourraient marcher pour du football américain.

“Ce qu’on veut faire, c’est créer une expérience 100 % canadienne de la Coupe Grey. On se demande alors comment on peut faire pour l’amener ici et d’une certaine façon essayer de donner l’expérience la plus authentique possible.”

Ce qu’on veut faire, c’est créer une expérience 100% canadienne de la Coupe Grey. On se demande alors comment on peut faire pour l’amener ici et d’une certaine façon essayer de donner l’expérience la plus authentique possible même si on est conscient qu’on est pas capable d’atteindre 100%. Nous ne sommes pas dans nos stades et ceux ici ne sont pas forcément conçus pour recevoir du football américain. Du point de vue de l’amateur de foot c’est mieux d’être dans un stade qui est fait sur mesure pour un sport comme ça. Nous ne pouvons pas promettre que ce sera intégralement l’expérience canadienne parce que ce n’est pas possible mais le but c’est de se rapprocher à 97% et satisfaire tout le monde. On pourra également mettre en place différents programmes pour les amateurs de football américain français. Si on est capable de prendre plus souvent des bonnes décisions que des mauvaises décisions on va y arriver et on réussira à créer un événement de qualité.

Dans les stade de la Ligue Canadienne de Football, quelles sont les affluences obtenues ?

Ça varie beaucoup en fonction des stades. Il y a 50 000 places au BC Place de Vancouver, à Edmonton nous sommes à 60 000 places. On a déjà fait plus de 65 000 spectateurs à Montréal au Stade Olympique. Lors de la saison régulière, la plupart des stades vont accueillir entre 24 000 et 32 000 spectateurs.
À Montréal la saison passée, l’affluence moyenne se situait plutôt autour de 18 000 personnes à cause des mauvais résultats récents.

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Vue d’ensemble du stade des Roughriders de la Saskatchewan

Ils sont plus aux alentours de 14 000 à Toronto, ils sont environ 25 000 personnes à Ottawa avec beaucoup de matchs à guichets fermés. À Winnipeg, c’est plutôt 33 000 personnes en moyenne alors qu’il y a autour de 35 000 fans à Hamilton.

Cela varie en fonction des marchés et des équipes qui s’affrontent. Par exemple, l’affluence grimpe lorsque ce sont des derbies comme la bataille de l’Alberta ou de l’Ontario qui sont de vrais affrontements. La plupart des clubs performent très bien d’une manière générale.

Comment décrieriez-vous la game day experience en CFL ?

Je dirais qu’elle est plutôt similaire à la NFL dans l’ensemble même si il y a certaines choses que l’on ne peut pas faire au Canada pour des raisons législatives. Je pense notamment aux tailgates party où les spectateurs viennent faire cuire des grillades sur les parkings en avant-match. Au Canada, les lois provinciales font que c’est interdit de réaliser ce type de manifestation à cause de la consommation d’alcool. Il faut que ce soit encadré avec des permis, les gens ne peuvent pas arriver et s’approprier le parking comme aux Etats-Unis. Cependant à Calgary, les forces locales le tolère mais tout le monde sait que si ça vire mal ce sera fini. Il n’y a toutefois jamais de problèmes et cela va sûrement continuer.

L’expérience jour de match va également dépendre du stade, chacun a sa personnalité, chacun a ses traditions donc il faut voir comment réussir à amener ça. À Calgary par exemple, il y a la vache la plus rapide du monde. C’est une animation avec un sprinter qui porte un costume de vache. Il y a quelqu’un qui est choisi au hasard dans le public et qui fait une course depuis la ligne de but. Il doit traverser tout le terrain et tenter de battre le record. C’est fait pour être drôle et cela représente tout de même une tradition ancrée à Calgary depuis des décennies.

Qu’il y a-t-il d’autres comme animations de ce type dans les stades canadiens ?

À Ottawa, il y a Monsieur Shoe Beer qui est un fan de longue date. Il retire sa chaussure et y verse une bière à l’intérieur pour ensuite la boire intégralement cul-sec. Ce n’est pas géré par le club, c’est juste une tradition des supporters. Il y a des animations comme ça qui peuvent paraître anodines et un peu débiles mais qui deviennent une vraie tradition.
À Ottawa par exemple, l’annonceur maison annonce lorsqu’il y a une pénalité sur le terrain. Il dit “flag on the play” qui devient en français “mouchoir sur le terrain”. Il y a un groupe de partisans anglophones qui se sont mis à répondre “MOU-CHOIR”. Ils se sont même fait des t-shirts “club des mouchoirs”. C’est devenu une tradition, dès qu’il y est une pénalité le public crie “Flag on the play; mouchoir sur le terrain; MOU-CHOIR”. C’est très organique et le football est propice à ça.
À Montréal, il y a beaucoup de holas qui sont organisées uniquement quand c’est leur équipe qui défend pour déstabiliser les adversaires. C’est désormais là aussi une vraie tradition.
À Saskatchewan, la mascotte de l’équipe est un chien de prairie et il se promène sur un camion qui fait énormément de bruit et qui a là aussi pour but direct de déranger l’autre équipe.
À Edmonton, ils ont deux mascottes : Punter qui est un ballon géant et Nanook qui est un chien de traineau. Ces deux-là sont constamment en train d’interagir entre eux. Ils utilisent même parfois des catcheurs gonflables qui portent l’uniforme de l’équipe adverse et vont faire plein de combats et prises pour faire réagir le public.

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La mascotte de la Saskatchewan sur son camion saluant le public

L’expérience fan jour de match est du coup un savant mélange entre les traditions mises en place par les supporters et ce que les clubs développent ?

Oui exactement, c’est un mélange entre ce que les fans mettent en place et deviennent une tradition et ce que les franchises instaurent comme animations. Le département marketing utilise beaucoup ce qui vient des fans pour officialiser ces pratiques.

À Ottawa par exemple, il y a les tribunes nord et sud. Le côté nord est recouvert et le côté sud ne l’est pas donc les gens qui ont le plus d’argent achètent les billets côté nord alors qu’au sud c’est souvent les étudiants ou les gens avec moins d’argent. Une vraie compétition s’est mise en place entre les deux avec les chants : “North Side sucks” et “South Side sucks”.

“Il y a des façons de récupérer ses traditions et de générer des revenus. Les fans sont très créatifs et sont encouragés par le club.”

Le stade se répond et il y a désormais des fan clubs avec des t-shirts etc. Le club a récupéré ça pour créer un moment de compétition pendant les matchs entre les deux tribunes avec le speaker qui chauffe le public et les incite à chanter à chaque pause. Il va demander au public de chanter et à chaque fin de match, une tribune gagne des cadeaux divers. Ils utilisent souvent des sponsors pour faire gagner les différents lots. Par exemple la rangée des south side peut faire gagner une pizza gratuite pour tout le monde.

Il y a des façons de récupérer ces traditions et de générer des revenus. Les fans sont très créatifs et sont encouragés par le club tant que cela reste respectueux en sachant que c’est leur équipe, leur moment, leur stade.

Quelles sont les attentes des spectateurs qui se déplacent dans les stades de CFL ?

Des relations se créent entre tous les gens qui sont dans des sections avec des billets de saison. Il y a de nombreuses zones spécifiques dans les stades avec notamment des zones business, il y a également des zones pour manger en illimité, d’autres pour faire la fête, tout en gardant un certain équilibre.
Il y a des gens qui viennent au stade pour le football mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont amateurs d’autres choses et qui viennent chercher une autre expérience que le match en lui-même. Ce n’est plus assez aujourd’hui, il faut aller plus loin que ça et c’est pourquoi chaque équipe développe des formules différentes en fonction des stades. Le football est un prétexte qui les a amené au stade mais maintenant qu’est-ce qu’on fait ?

“Quand on regarde certains stades à la télé, on a l’impression qu’ils sont à moitié vide alors que le stade est à guichet fermé. Cela s’explique par le fait que les gens ne sont pas à leur place, ils déambulent dans les coursives, vont chercher à manger et à boire.”

L’audience un peu plus jeune au Canada, une importante quantité de personnes viennent chercher une expérience sociale, ils viennent à un type d’événement. Par exemple à Hamilton il y a un bar qui fait 150 m de long, c’est le plus grand bar du Canada. Il y a des gens qui viennent voir les matchs de la Ligue mais qui ne regardent pas le match. Ils restent au bar pendant tout le match à rencontrer des gens. De temps en temps, ils vont regarder le match, voir où en est le score mais c’est comme si c’était un bar ou une boîte de nuit. Ils viennent pour sociabiliser, rencontrer des gens, montrer qu’ils sont à un événement cool et alimenter les réseaux sociaux.

“Contrairement à la génération d’il y a 20 à 30 ans, les gens ne se déplacent pas au stade uniquement pour voir le match.”

Contrairement à la génération d’il y a 20 à 30 ans, les gens ne se déplacent pas au stade uniquement pour voir le match. Il y a plusieurs stades où il y a des zones qui sont accessibles à tous. On ne s’attend plus maintenant à ce que les gens restent assis à leur siège pendant 3 heures, donc qu’est-ce qu’on fait pour leur en donner plus ?
Quand on regarde certains stades à la télé, on a l’impression qu’ils sont à moitié vide alors le stade est à guichet fermé. Cela s’explique par le fait que les gens ne sont pas à leur place, ils déambulent dans les coursives, vont chercher à manger et à boire. Ils viennent de voir qu’il y avait un ami qui était au stade avec un billet de l’autre côté, du coup ils doivent se rejoindre à un endroit où ils peuvent rester debout. Tout le monde peut communiquer dans le stade et c’est une vraie plus-value. Ils vont aller passer 2h dans la zone des buts là où ils peuvent se voir, prendre des nouvelles de la famille et le match devient une toile de fond au final.

À Vancouver, les Lions de la Colombie-Britannique ont développé un concept de Beach Party l’année dernière. Ils ont disposé du sable dans une des coursives en proposant un accès payant à cette zone. Il y a toutes sortes de formules qui sont testées pour essayer de répondre aux besoins divers des spectateurs.

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Campagne de promotion des Beach parties des BC Lions

“Le produit s’est diversifié même au niveau des billets de saison, les gens ont de moins en moins de temps pendant l’année pour assister à 9 ou 11 matchs pendant la saison. Les billets de saison se vendent moins bien aujourd’hui mais les packs de 3 ou 5 billets marchent beaucoup mieux.”

C’est un phénomène qui n’est pas propre à la CFL mais qui touche tous les sports en Amérique du Nord. Il y avait au début des équipes récalcitrantes mais quand elles ont vu comment ça marchait, elles ont tout de suite adhéré. Les revenus de la billetterie sont un des piliers de chaque formation. En effet, c’est la source de revenus numéro une de l’ensemble des équipes devant la télévision donc la vente des billets demeure super importante. C’est ce qui explique la création de nouveaux produits afin de séduire différentes catégories de publics, c’est crucial.

Et la CFL, quelles actions met-elle en place pour satisfaire les fans ?

C’est difficile à dire, l’idée c’est qu’on essaie de prendre des bonnes idées à tout le monde, de se les approprier et ensuite de la proposer à notre public. Cependant, on voit une tendance de la Ligue à proposer une offre alimentaire éclatée en fonction des zones des stades. Certaines équipes proposent de la nourriture que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Il y a un burger, le Walby Burger composé d’innombrables steaks et tenders qui est proposé dans une zone du stade et attire de nombreux fans à venir tenter de le manger.

“Certaines personnes vont acheter un billet pour aller voir le match d’autres vont le faire pour tenter de manger ce hot-dog ou cet hamburger.”

À Vancouver, ils ont créé une offre alimentaire qui est très diversifié. Au lieu de proposer une offre classique, ils vont proposer de la cuisine indienne, nord-africaine ou asiatique que l’on ne voyait pas forcément avant dans les stades. Il y a des stands disposés partout autour du stade ainsi qu’à l’intérieur avec sur chaque espace une offre différente pour satisfaire tout le monde et proposer une diversité accrue.

À Saskatchewan, il y a un hot-dog immense qui fait office de produit d’appel pour des gens qui viennent chercher autre chose au stade. Certaines personnes vont acheter un billet pour aller voir le match d’autres vont le faire pour tenter de manger ce hot-dog ou cet hamburger. Ça fait parler et tout le monde veut essayer.

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Un des nombreux plats originaux proposés en CFL

Il y a également beaucoup de stands Food & Beverage qui sont proposés en partenariat avec des partenaires locaux et notamment les restaurants et les bars implantés dans la ville. C’est très canadien et cela permet d’ouvrir un panier de sponsors qui requiert un investissement moins élevé. C’est une bonne option pour qui veut s’associer à l’équipe et en retour donne beaucoup de visibilité. Cela semble très bien ancré dans la communauté. Le football est un sport très communautaire et si tu n’as pas le soutien de ta communauté, cela ne peut pas fonctionner.

À la CFL, avez-vous un droit de regard et êtes-vous force de proposition sur les animations qui sont proposés dans les stades ?

Chaque équipe est indépendante. Par contre, on est en train d’essayer de créer un bureau central pour mettre en commun toutes ces bonnes pratiques afin de les partager à travers l’ensemble des équipes, ce qui n’était pas fait avant. On essaie de pousser ça pour être capable d’apporter des réponses à l’un et à l’autre en utilisant notre expérience. La question est de savoir comment prendre un projet intéressant qui émerge par exemple de Calgary pour l’adapter à Montréal afin de lui donner une saveur particulière avec un processus relativement similaire mais adapté localement.
C’est ce qu’on tente de faire, à l’image de la NBA qui a un process un peu similaire. Nous souhaitons ensuite le faire avec le processus de nos équipes afin qu’on puisse collaborer ensemble, autrement on n’y arrivera pas.
Voici l’angle d’attaque que l’on prend pour l’avenir où on regarde toutes les bonnes pratiques que nos clubs instaurent. Nous voyons ensuite comment la foule réagit si c’est bon on garde ou sinon on oublie l’idée.

Merci à Olivier Poulin de nous avoir plongé dans l’expérience des stades de football au Canada.

 

Vous avez aimé cet article ?

Passionné de sport avant tout, j’ai découvert la notion de fan experience plus récemment. Les spectateurs jouent un rôle essentiel lors des évènements sportifs, c’est pourquoi je pense que l’expérience qui leur est proposée jour de match est cruciale.

Interviews

Podcast : Hear Me Cheer, de l’ambiance dans les stades à huis clos avec Elias Andersen

Alors que certaines ligues s’apprêtent à reprendre dans des enceintes vides, Hear Me Cheer rend le sport à huis clos plus engageant en diffusant les encouragements des fans en direct lors de la retransmission télévisée.

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Podcast avec Hear Me Cheer

Alors que certaines ligues s’apprêtent à reprendre dans des enceintes vides, Hear Me Cheer rend le sport à huis clos plus engageant en diffusant les encouragements des fans en direct lors de la retransmission télévisée.

 

Nous avons eu l’opportunité de discuter avec Elias Andersen, fondateur et CEO de Champtrax Technologies, la compagnie qui est à l’origine de Hear Me Cheer. Un concept qui représente peut-être une solution aux rencontres sportives qui devront se dérouler à huis clos. 

Un échange que vous pouvez écouter en anglais en podcast ci-dessous ou lire en français plus bas. 

Bonjour Elias, merci d’être avec nous aujourd’hui. Vous êtes le fondateur de Champtrax Technologies et vous avez récemment développé un nouveau produit dans le cadre de la crise du COVID-19. Ça s’appelle Hear Me Cheer et cela permet de retransmettre un ou plusieurs sons d’encouragements de fans depuis leur propre salon pendant la diffusion télévisée.
Est-ce que vous pourriez présenter le concept de Hear Me Cheer un peu plus en détail et nous expliquer comment l’idée vous est venue ?

Hear Me Cheer est un produit qui permet aux fans d’interagir entre eux sur notre site pendant la diffusion d’un match. Habituellement quand vous regardez un match à la TV, vous entendez le bruit des supporters en fond. On n’y prête pas vraiment attention jusqu’au jour où il n’y en a plus. Quand on regarde les derniers événements sportifs qui sont encore diffusés à huis clos, on se rend vite compte que sans les fans, c’est ennuyeux. On essaie de remettre de l’énergie dans le sport télévisé grâce à un stream audio où des milliers de fans peuvent, depuis chez eux, encourager leurs équipes.

En CPBL, on remplit les tribunes malgré le huis clos

En CPBL, on remplit les tribunes malgré le huis clos.

Hear Me Cheer est une plateforme interactive. Comment les fans interagissent les uns avec les autres ?

Ils peuvent s’entendre les uns et les autres dans leur TV ou leur ordinateur en fonction du set up. Il suffit de se rendre sur le site dédié et de cliquer sur le match de leur choix. À partir de là, ils peuvent voir quelle équipe les autres fans encouragent et les rejoindre par la suite. 

C’est particulièrement intéressant au vu de la situation actuellement. D’une part, je pense qu’on est tous d’accord pour dire que regarder des matchs à huis clos n’est pas aussi excitant que de regarder des matchs avec les supporters. D’autre part, on a constaté que lors des premiers matchs à huis clos, les supporters voulaient vraiment continuer à encourager leur équipe. Je sais pas si vous suivez le football mais durant les derniers matchs de Champions League, les fans se rassemblaient à l’extérieur des stades pour chanter pendant les matchs.

Les supporters du PSG à l'extérieur du stade lors de PSG-BVB

Les supporters du PSG à l’extérieur du stade lors de PSG-BVB

Hear Me Cheer leur permet de faire ça depuis chez eux. Comment ça marche ? Est-ce que c’est gratuit pour les fans ?

Oui, Hear Me Cheer est gratuit pour les fans et ça le sera toujours. On essaie vraiment d’engager les fans. On veut ramener le sport vers une situation aussi proche que la normale possible. Évidemment, on ne pourra pas regarder le sport comme on le faisait en janvier mais Hear Me Cheer va vraiment aider à s’en rapprocher. Cela va permettre aux fans, à nouveau, de sentir comme une sorte de communauté pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire. Il y a eu beaucoup de négativité dans le monde du sport depuis le début de la crise et on essaie de réintroduire de la positivité chez les fans de sport.

Raviver la communauté des fans est un super levier pour remettre de la positivité dans le monde du sport. Qu’en est-il pour les joueurs, est-ce qu’ils peuvent entendre les chants de supporters dans le stade ?

Les joueurs peuvent entendre les supporters depuis le terrain. Tout dépend du set up. Chaque ligue a un deal différent en place. Cela dépend des ligues et des équipes. Certains veulent diffuser le son des fans dans le stade, d’autres non. Mais c’est effectivement une possibilité.

Les joueurs de CPBL jouent entourés de mannequins en carton

Les joueurs de CPBL jouent entourés de mannequins en carton

Vous parliez d’ajuster les deals en fonction des choix de chacun de vos partenaires. Hear Me Cheer a un modèle BtoB. Les partenariats se font-ils plutôt avec les ligues, les équipes ou les diffuseurs ?

On essaie avant tout de créer des partenariats avec les ligues pour pouvoir entrer sur le marché et avoir accès à différentes équipes d’un coup. On essaie d’avoir un client comme une ligue puis d’adapter l’expérience au niveau de la ligue puis au niveau des équipes. C’est plus simple de rentrer sur le marché comme ça que de contacter les équipes une à une. Donc, effectivement on travaille avec des équipes et des diffuseurs mais on privilégie les deals avec les ligues.

Est-ce que vous avez déjà signé des deals ? Est-ce que vous avez testé la solution ? Dans quels pays ? Avec combien de fans connectés ?

Depuis quelques temps, on teste la solution avec Eleven Sports qui diffuse la CPBL (Chinese Professional Baseball League). Ça se déroule à Taïwan et c’est l’un des derniers championnats sportifs qui se joue encore. On fait des tests avec eux depuis un petit moment et on fait en sorte de faire des expériences avec un nombre croissant de fans pour s’assurer que la plateforme peut supporter 1 000 fans voire 10 000 fans. Quand on développe ce genre de solution, on trouve toujours des petits bugs dans les logiciels quand on fait croitre le produit. 

La CBPL sur Eleven Sports

La CPBL sur Eleven Sports

Est-ce que vous avez déjà des idées de développements futurs pour Hear Me Cheer ? Votre priorité est-elle d’ajouter de nouvelles fonctionnalités ou d’introduire la solution dans plus de ligues ?

On travaille sur un outil de fan engagement. On aimerait introduire des quiz et des prédictions en temps réel. On poserait des questions du type “qui va marquer le prochain but” et les fans qui auraient juste gagneraient des points Hear Me Cheer. On développe une plateforme de ce type pour engager les fans mais on n’a pas encore finalisé ce produit. On ajoute des fonctionnalités à Hear Me Cheer avec le temps mais on est conscient que la priorité des ligues c’est l’outil de diffusion des encouragements de fans. C’est donc sur ce sujet que l’on se concentre.

Hear Me Cheer est une super solution durant cette crise sanitaire. Comment est-ce que le service va s’intégrer au paysage sportif une fois que les fans seront autorisés à retourner au stade ?

Hear Me Cheer est avant tout une expérience donc on prévoit de rester sur le marché bien après la fin de la crise. En fait, on pense surtout que la crise actuelle est une bonne opportunité pour nous de rentrer sur le marché car il y a un véritable besoin pour ce genre de solutions. Pour rester sur le marché une fois la crise passée, on a prévu une plateforme qui permettra aux fans d’encourager leurs équipes au sein de leur communauté de fans et même de se faire entendre sur les retransmissions du match lorsque leur équipe jouera à l’extérieur. Quand on y pense, quand une équipe joue à l’extérieur, on n’entend que les encouragements pour l’équipe à domicile. Si les supporters de l’équipe à l’extérieur utilisent Hear Me Cheer, on pourra les entendre sur la retransmission. 

C’est particulièrement intéressant quand on connait l’impact que les encouragements de ses supporters peut avoir sur une équipe.
Merci beaucoup d’avoir passé un moment avec nous aujourd’hui, Elias. Où est-ce que les lecteurs de Fanstriker peuvent en apprendre plus sur Hear Me Cheer ?

Vous pouvez visiter notre site internet, nous suivre sur Facebook et sur Twitter. Si vous m’envoyez un message, je vous répondrais. On reçoit beaucoup de messages en ce moment, donc laissez-moi quelques jours mais je vais vous répondre c’est certain.

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