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Un modèle d'abonnement inspiré de Netflix dans le sport Un modèle d'abonnement inspiré de Netflix dans le sport

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Idée : Un modèle d’abonnement inspiré de Netflix dans le sport

Analyse d’un nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix : un modèle ultra flexible et mis en place par seulement une poignée de clubs.

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Pour inciter les jeunes et les étudiants à souscrire à des abonnements, une poignée de clubs ont mis en place un modèle d’abonnement ultra-flexible. Un sujet qui est majeur quelques jours avant la reprise de la saison sportive. 

Le principe de ce système flexible est donc un abonnement mensuel sans engagement. C’est-à-dire que l’abonné sera prélevé d’un montant fixe chaque mois sans avoir à faire de démarche. C’est un système comparable à celui de Netflix. Selon les différentes modalités que nous allons étudier, le montant total de l’abonnement peut être similaire ou plus élevé par rapport à celui actuellement mis en place par les clubs, l’abonnement à la saison. La principale différence réside dans : les échéances de paiement (des échéances plus allongées même si les clubs mettent déjà en place la possibilité de payer en plusieurs fois), le paiement par prélèvement mensuel et la reconduction tacite.

Avant de faire le point sur les clubs européens, commençons par regarder ce qui a été fait de l’autre côté de l’Atlantique aux États-Unis. Plus précisément en MLB (baseball), le championnat le plus innovant au monde en matière de billetterie.

La MLB, championnat référence de l’innovation sur la billetterie

La référence dans le sport en matière de billetterie est la Major League de Baseball (MLB), le championnat de baseball américain. En effet, chaque franchise joue 81 matchs à domicile au cours de la saison régulière avec des enceintes de 50 000 places comme pour le Yankee Stadium à New York. C’est donc un vrai challenge pour les organisations de remplir le stade à chaque match.

C’est dans ce championnat que sont apparus en 2015 les premiers abonnements inspirés de Netflix.
Mis en place à l’époque dans quelques franchises, aujourd’hui plus des deux tiers d’entre elles proposent ce modèle d’abonnement. Ce modèle a permis aux franchises de vendre plus d’un million de billets en 2018, soit 150 000 de plus qu’en 2016 (première année complète du programme). Enfin deux mois après le début de la saison 2019, les ventes étaient déjà en hausse de 36% avec plus de 765 000 billets vendus grâce aux abonnements mensuels.

Un autre cas intéressant avec l’offre des Athletics d’Oakland, aussi appelés “A’s”. La franchise de Californie avait mis en place un abonnement mensuel à 19,99$ par mois pour des sièges en admission générale et ce pour tous les matchs de la saison. Cependant, les abonnés mensuels n’avaient pas de places attitrées tout au long de la saison contrairement à un abonné dit « traditionnel ». Le supporter pouvait ainsi être assis dans une tribune lors d’un match, puis dans une autre le match suivant. Et lorsque le match était sold-out, les fans n’avaient pas de places assises et étaient placés dans une zone debout.

Souscrire à cet abonnement n’était possible que via l’application MLB Ballpark App donc assez limité. Cependant, la flexibilité du système, qui offre aux fans la possibilité de payer mensuellement, de se désengager en cours de saison et de souscrire uniquement sur cette plateforme, a permis d’attirer les jeunes fans comme cela était souhaité par la franchise.
Le prix de l’abonnement a aussi été un facteur essentiel. En effet, le prix est extrêmement attractif puisqu’il était seulement 4,99$ plus cher que le billet simple le moins cher pour un match des A’s, avec un tarif de 15$.

Des tests de ce modèle ont été effectués par la franchise quelques mois avant son lancement officiel comme l’explique Catherine Aker, Vice-Présidente de la Communication des Oakland Athletics : « Nous avons essayé cela pour la première fois il y a deux ans, puis pendant un mois l’année dernière. Puis nous l’avons essayé lors de l’entraînement de printemps à Mesa, et chaque fois nous avons aimé les résultats, et les fans semblent aussi apprécier ».

Le 2017 MLB Ballpark Pass des A’s a été si populaire que le club a plafonné les ventes après une semaine seulement. Ce qui a créé une liste d’attente.

A's Ballpark Pass 2017Front Office Sports

A’s Ballpark Pass 2017

L’abonnement mensuel dans les clubs de football

Le FC Copenhague, club danois qui évolue en Danish Superliga, la première division du championnat danois, a connu quelques soucis pour le renouvellement estival de ses abonnements. L’équipe danoise a analysé qu’il était compliqué pour les fans de s’engager sur une saison entière, en particulier pour les fans les plus jeunes. Le club a donc observé les méthodes d’abonnement utilisés par Spotify et Netflix, et a décidé de s’en inspirer afin de résoudre leurs problématiques de billetterie.

Un test a été réalisé avec un prix de l’abonnement fixé à 9,44£ par mois (10,82€). Soit un montant correspondant au découpage sur douze mois du prix de l’abonnement annuel le moins cher que le club propose. C’est aussi un montant qui est pratiquement celui proposé par Netflix au Danemark.
Les fans sont donc prélevés automatiquement et peuvent se désabonner à tout moment après les six mois obligatoires à condition de respecter un mois de préavis. Les adhérents à cette formule d’abonnement n’ont donc pas de place attitrée en tribune tout au long de leur adhésion. Leur place au stade peut donc changer d’un match à l’autre.
Le FC Copenhague a ainsi instauré le « modèle Netflix », comme le club l’appelle, depuis 2018.

En France, le club de Troyes (ESTAC) qui évolue en Ligue 2 a lancé ce modèle d’abonnement en avril 2019 pour la saison 2019/2020. L’ESTAC appelle cela une adhésion au club plutôt qu’un abonnement. Les fans payent alors mensuellement afin de bénéficier d’une place pour les matchs à domicile et des services inclus dans le programme de fidélité MyESTAC. Les supporters peuvent adhérer à tout moment de l’année. Ils peuvent également se désinscrire à tout moment à condition de respecter un préavis d’un mois. Ce qui laisse au club une marge de manœuvre.

Comme l’expliquait Henri Neveu, Responsable billetterie, CRM et fidélité à l’ESTAC, dans une interview accordée à Ecofoot, le club n’arrivait plus à conquérir de nouveaux abonnés avec le système d’abonnement traditionnel. Une problématique similaire à celle du FC Copenhague, qui s’est avérée encore plus forte chez les jeunes. Le taux d’abonnement au club troyen est également en déclin même si cette donnée est à mesurer finement puisque le phénomène est notamment lié aux montées et descentes récentes de l’ESTAC entre la Ligue 1 et la Ligue 2.

Le club troyen fait donc régulièrement le voyage entre la L1 et la L2. C’est pourquoi il a décidé de geler les prix des adhésions mensuelles peu importe la division dans laquelle le club évoluera. L’ESTAC promet donc une adhésion à vie avec un prix fixe. Contrairement au FC Copenhague, le club de Troyes n’a pas mis en place le même principe de pricing. En effet, l’adhésion mensuelle n’est pas un découpage en 12 mois de l’abonnement annuel mais il est plus cher. Le club propose trois formules (en fonction de la tribune choisie) et une formule étudiante. Le club a décidé cette offre tarifaire afin de compenser la prise de risque que cela comporte tout en incluant des services additionnels pour les adhérents.

En effet, les bénéficiaires profitent d’un accès à tous les matchs de coupes (contrairement aux adhérents à la saison), d’une facilité de paiement à travers le découpage du prix de l’abonnement par mois, de contenus numériques exclusifs, etc. Pour animer les adhérents durant les temps faibles comme l’intersaison, des animations sont mises en place comme des jeux-concours et autres événements. De plus, les adhérents mensuels de l’ESTAC ont une place attitrée. Une place qu’ils peuvent changer en cours de saison. Ils peuvent même changer de formule d’abonnement. L’objectif du club est de rendre ce modèle ultra-flexible à tout point de vue.

Grille de tarifaire abonnement ESTACESTAC

Grille de tarifaire abonnement ESTAC

Les avantages de ce système mensuel innovant

Cibler les jeunes et les étudiants

L’une des raisons majeures de la mise en place de ce système est donc la possibilité de cibler davantage les jeunes avec une offre plus adaptée. Tout d’abord parce que le prix est faible et donc relativement attractif pour les étudiants qui n’ont pas ou peu de revenus. C’est le même montant qu’un abonnement de base à Netflix (7,99€/mois). De plus, de nombreux étudiants partent en stage, en échange universitaire à l’étranger ou dans d’autres villes en cours d’année et donc de saison. De ce fait, un système flexible et sans engagement est idéal pour eux. Les étudiants pourront donc s’abonner pour 6 mois par exemple jusqu’à leur départ ou fin de stage.

Aussi, cette offre correspond aux habitudes de consommation des jeunes. En effet, ils sont nombreux à être abonnés à Netflix, Spotify et autres plateformes ayant un modèle d’abonnement similaire. C’est un modèle qu’ils connaissent et apprécient.

Proposer un abonnement à vie aux fans les plus fidèles

Ce système ne profite pas qu’aux jeunes. Il profite aussi aux abonnés historiques du club pour une autre raison. En effet, ils n’auront plus à faire les démarches administratives de réabonnement pour la saison à venir puisque cela se fait automatiquement. De ce fait, le club pourra surement maintenir davantage d’adhérents au club et ce sur plusieurs années. Le club de Troyes garantit que cet abonnement est à vie d’où l’intérêt pour les abonnés historiques.

Convertir les spectateurs occasionnels en abonnés

L’autre cible de ce modèle sont les spectateurs occasionnels qui viennent ponctuellement au stade. Des spectateurs qui néanmoins ne s’abonnent pas sur une saison entière. Avec un abonnement mensuel, une personne qui vient voir chaque année quelques matchs mais qui n’est pas prête à dépenser 200€ voire 300€ en début de saison, peut maintenant prendre une adhésion. Ce qui lui permettra de voir si ça lui plaît et ainsi garder son abonnement potentiellement sur plusieurs années.

Communiquer tout au long de l’année sur les abonnements

Autre avantage du système d’abonnement mensuel, celui de pouvoir communiquer sur les abonnements toute l’année. Comme les fans peuvent s’abonner à tout moment, l’activité de communication est alors constante. Contrairement au modèle actuel où les clubs communiquent uniquement entre la fin de saison et le début de la saison suivante, ainsi qu’à la mi-saison.

Ici, ils peuvent donc s’appuyer sur un gros match pour relayer ces abonnements. Le calendrier à venir sur un ou plusieurs mois peut aussi permettre de capter de nouveaux abonnés en cours de saison. Ainsi, les clubs auront plusieurs opportunités pour tenter d’optimiser l’enrôlement de nouveaux adhérents.

Lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents.

Jacob Lauesen, Directeur Marketing FC Copenhague

Avoir déjà des abonnés pour les saisons suivantes

Jacob Lauesen, Directeur Marketing et Développement de la marque au FC Copenhague cite un autre avantages de ce fonctionnement : « lorsque nous commencerons la campagne de renouvellement des abonnements pour la prochaine saison, environ 50% de nos abonnés et détenteurs d’abonnements seront déjà présents. ». Grâce au renouvellement automatique pour la saison suivante et au préavis d’un mois, les fans ayant souscrit à ce modèle sont donc déjà enregistrés comme abonnés pour les mois suivants.

Les problématiques entourant le « modèle Netflix »

Une trésorerie chamboulée

Néanmoins, avec ce système d’abonnement mensuel une problématique se pose.
En effet, les clubs sont habitués avec le modèle actuel à avoir un afflux de trésorerie à l’été grâce à la campagne d’abonnement pour la nouvelle saison. Tandis qu’avec ce système inspiré de Netflix, les revenus issus des abonnements sont répartis tout au long de l’année. De ce fait, les deux premières saisons peuvent être difficiles en particulier pour les plus petits clubs.

Il faut donc que les clubs puissent gérer et équilibrer leur trésorerie tout au long de l’année comme l’explique le Directeur Général du club de Dundee United en Ecosse qui a été interrogé sur ce modèle « Bien sûr, il y aurait un choc au cours des 12 à 24 premiers mois, le temps que l’on s’y habitue tous, mais l’argent finit toujours par arriver et vous gérez votre entreprise en conséquence. ».

Le taux d’attrition (ou churn en anglais) ou clients perdus

Ensuite, nous savons que le comportement des supporters est influencé par les résultats sportifs. L’une des craintes avec ce système serait une vague de désengagement suite à de mauvaises performances de l’équipe. La sécurité du préavis d’un mois mis en place pourrait ne pas être suffisante. Paradoxalement, d’une manière générale, les clubs de football recherchent à sortir de cette dépendance aux résultats sportifs et ce modèle fait complètement l’inverse. Contrairement au modèle d’abonnement classique où les supporters s’engagent pour la saison.

Mais d’autres facteurs pourraient aussi provoquer une vague de désabonnement comme la météo et l’approche de l’hiver. Cela peut aussi être le cas en fonction du calendrier si le club enchaîne les matchs contre de « petites » équipes. Il y a donc de nombreuses variables qui entrent en jeu qui peuvent profiter ou encore nuire à ce système. Afin de limiter le taux d’attrition, les clubs devront proposer une expérience fan de qualité afin de garder leurs supporters abonnés. Les clubs pourraient par exemple s’appuyer sur les nouvelles technologies pour cela.

Un besoin de pédagogie

Ce modèle peut être un bouleversement chez les supporters. Habitués au modèle d’abonnement annuel, le nouveau modèle a suscité des interrogations chez certains supporters historiques du club de l’ESTAC. Il a donc été nécessaire pour les équipes du club d’assurer un service client de qualité afin d’expliquer et de rassurer avec tout en faisant preuve de beaucoup de pédagogie.

Les résultats de ce modèle obtenus par les clubs

Pour le FC Copenhague, les résultats de ce test ont été sans appel. En effet, suite à ce test, il n’y avait que 3% de désabonnement pour 90% de renouvellement. Le club a fait du deux en un en captant de nouveaux fans et en les rendent loyaux. En septembre 2019, le club était à 12 000 abonnés dont 35% d’abonnés via le modèle Netflix. Le club a aussi connu sa première hausse de fréquentation depuis 10 ans et une hausse de 40% du nombre de spectateurs payant. Il faut préciser que ces chiffres proviennent du modèle Netflix mais aussi d’autres offres de billetterie.

C’est donc un modèle qui a du succès auprès des fans puisque près de 80% des nouveaux abonnés lors de la saison 2018/2019 avaient souscrit au modèle Netflix. Ces fans sont principalement des jeunes entre 18 et 30 ans. Le responsable billetterie du club, Mikkel Bjerre, pense que ce modèle est le futur et qu’il pourrait remplacer le modèle d’abonnement annuel traditionnel.

Du côté de l’ESTAC, la campagne d’adhésion mensuelle fut un succès auprès des supporters. Seulement 2 mois après le lancement, les abonnements mensuels représentaient 16% des abonnements. Le club semble satisfait de ce ratio et le considère même comme « une belle surprise ». Aujourd’hui, le ratio est toujours aux alentours des 15%. Cependant, au vu du contexte de pandémie du Covid-19, les interrogations sont nombreuses sur le taux de renouvellement. La capacité d’accueil des stades est encore incertaine pour les mois à venir.

Malgré ces résultats positifs, notons quand même que le FC Copenhague et l’ESTAC n’ont pas pour autant mis fin à l’ancien modèle d’abonnement annuel classique. De même au Hibernian Football Club, club écossais, où la stratégie actuelle est davantage portée sur la maximisation des abonnés via le système traditionnel. Cela étant donné que la clientèle pour ce modèle est déjà établie.

Qu’en pensent les supporters, le grand public ?

Nous avons réalisés 2 études, une axée sur le football et une seconde sur le rugby avec l’aide de David Salesse pour cette dernière.

Voici les résultats obtenus à travers ces infographies.

Les répondants aux études semblent intéressés par ce nouveau modèle d’abonnement inspiré de Netflix avec respectivement 50% d’avis positif pour le rugby et 59% pour le football. En particulier chez les jeunes et les étudiants, les principales cibles de ce modèle.

D’après le Responsable Billetterie du FC Copengague, Mikkel Bjerre, qui a mis en place ce modèle d’abonnement mensuel, ce système devrait fonctionner pour la plupart des clubs. De même, Marshall Glickman, CEO de G2 Strategic (un cabinet de conseil spécialisé dans le sport business) et ancien Président des Portland Trail Blazers, a déclaré dans une interview à Sports Venue Business que : “les nouveaux produits de billetterie, en particulier les abonnements mensuels de type Netflix, allaient devenir populaires”.
Dans tous les cas, l’évolution de ce nouveau modèle  sera très intéressant à suivre en France et ailleurs !

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Sportif et fan de sport, l'ambiance dans les stades m'a toujours passionné. Voir comment un bon match peut devenir une expérience inoubliable grâce à l'ambiance et à l'expérience vécue dans les gradins me donne des frissons. C'est pour vous partager ces émotions que je vous écris.

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Participez au #DigitalSportem les 14 & 15 Janvier 2021

Nouveau format pour le salon des professionnels du sport business Sportem avec une édition 2020 100% digitale avec le #DigitalSportem.

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visuel homepage digitalsportem2020

Après des tentatives repoussées en 2020 suite au Covid, le salon Sportem revient en 2021 pour une édition 100% digitale #DigitalSportem.   

C’est aujourd’hui et pendant deux jours que se déroule l’édition 100% digitale du salon #DigitalSportem les 14 & 15 Janvier 2021. 

Le #DigitalSportem, une édition 2020 100% en ligne en 2021

C’est donc en 2021 que se déroule l’édition 2020 qui avait été reportée suite aux mesures gouvernementales. Cet événement permet de réunir l’écosystème du sport business sur un nouveau format de salon pour les professionnels du sport business.  Sur deux journées, ce sont 40 exposants qui réaliseront des démonstrations, 15 speakers renommés qui prendront la parole dans des tables rondes, 12 partenaires médias et institutionnels et plus de 450 visiteurs inscrits qui pourront échanger directement avec l’ensemble des participants.  

Une plateforme similaire à Facebook ou encore LinkedinSportem

Une plateforme similaire à Facebook ou encore Linkedin

Une plateforme inspirée des réseaux sociaux

Si vous avez déjà franchi le pas pour vous inscrire à ce salon, vous avez sans doute remarqué que l’interface était relativement intuitive. Et qu’elle n’est pas sans rappeler les réseaux sociaux que nous utilisons au quotidien. 

Les équipes de 3L qui organise ce salon ont travaillé pour permettre aux participants d’utiliser une plateforme qui offre de multiples possibilités (personnalisation d’une page de marque, création d’un profil utilisateur, publications dans un feed d’actualités, direct messages vers d’autres participants…). 

Étant 100% gratuit, ce salon permet d’entrer en relation directement avec les acteurs du sport business participants. 
Vous pouvez vous inscrire pour participer au salon #DigitalSportem2020 via ce lien ➡ https://t.co/8iBxcxXmRi 

Nous nous retrouvons donc pendant deux jours sur le salon #DigitalSportem. N’hésitez pas à venir nous voir sur la page Fanstriker ou via nos profils personnels. 

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Le 3PM Blackout en Angleterre pour inciter les fans à aller au stade

Le 3PM Blackout, c’est l’interdiction de diffuser des matchs à la télévision en Angleterre le samedi à 15h00 afin d’inciter les fans à aller au stade. Est-ce efficace ?

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3PM Blackout

En raison de la crise sanitaire et de la limitation des supporters dans les stades, tous les matchs de Premier League et des ligues de l’EFL sont diffusés en majorité via le pay-per-view. Un mode de retransmission qui n’est habituellement pas employé par les diffuseurs. Cela est dû à une règle datant des années 1960 en Angleterre, le 3PM Blackout.

Dans ce nouvel article, faisons un focus  le 3PM Blackout, cette restriction particulière en Angleterre qui vise à favoriser la présence des fans au stade.

L’origine du 3PM Blackout

Le 3PM Blackout est une règle sur la diffusion des matchs de football en Angleterre. À noter qu’il existe aussi un Blackout en Ecosse et au Monténégro. Instauré dans les années 1960 par la Football League, cette règle interdit la diffusion de matchs de Premier League, Football League et de FA Cup (à l’exception de la finale), à la télévision le samedi après-midi entre 14h45 et 17h15.

C’est le Président du club de Burnley, Bob Lord, qui en a eu l’idée et a convaincu les autres Présidents de la Football League de ne pas téléviser les matchs pendant ce créneau. Cette règle est depuis soutenue par la Premier League, la Football Association (la fédération anglaise de football) et par l’article 48.2 de l’UEFA.

Quel est l’objectif de ce 3PM Blackout ?

Bob Lord pensait que la diffusion des grosses affiches à la télévision ferait du mal à l’affluence des plus petits clubs tels que le sien, Burnley, et des ligues inférieures. Il pensait que les supporters choisiraient de rester chez eux pour regarder les matchs de première division devant le petit écran plutôt que de se rendre dans les stades des clubs locaux. Cette baisse d’affluence aurait ainsi entraîné une baisse des revenus en jour de match. Cependant, aucune preuve de cette théorie n’a alors été démontrée. Le 3PM Blackout a donc été instauré sur les bases d’une crainte non fondée.

Quelques exceptions et évolutions de cette réglementation

Il existe 2 exceptions au 3PM Blackout :

  • La finale de la FA Cup (Coupe d’Angleterre) qui avait pour habitude de se jouer un samedi du mois de mai à 15h. Depuis 2012 cette dernière se joue à 17h.
  • La dernière journée des matchs de Football League (divisions inférieures). Pour permettre de diffuser à la fois la dernière journée de Premier League et celle de Football League, les rencontres de Football League sont diffusées le samedi à 15h puis celles de Premier League le dimanche à 15h.

Alors qu’initialement cette règle ne concernait que les matchs de football britannique, la globalisation du football et le développement de la télévision a fait que les matchs des championnats étrangers sont aussi concernés. De ce fait, Sky Sports ne diffuse pas les 15 premières minutes des matchs de LaLiga commençant à 17h en Angleterre. Même pour le Classico Barça – Real. Assez incroyable non ?

En décembre 2019, pour le Boxing Day diffusé par Amazon Prime, 6 matchs de Premier League ont été diffusés en simultané à 15h. Une première si on ne compte pas la dernière journée de championnat.

Quelles alternatives au 3PM Blackout pour les supporters ?

Pendant le 3PM Blackout, les radios peuvent diffuser les matchs. Les télévisions ne peuvent pas montrer les images mais ont la possibilité de commenter et d’informer les téléspectateurs des scores. Sky Sports a même réussi à créer une émission populaire avec les matchs du 3PM Blackout, Sky Sports’ Soccer Saturday. Une émission aux nombreux moments d’anthologie pour tous les fans anglais comme celui-ci.

Autre alternative, les supporters peuvent utiliser des sites de streaming illégaux pour regarder leur match. Les rencontres du 3PM Blackout sont diffusées dans tous les autres pays puisque cette règle ne s’applique qu’en Angleterre. En France ou ailleurs, les matchs de Premier League entre 14h45 et 17h15, heure locale, sont en effet retransmis. Il n’est donc pas impossible pour les fans anglais de trouver des sites de streaming pour les regarder.

Mais malgré une restriction drastique, les supporters anglais acceptent le 3PM Blackout. La Football Supporters’ Federation soutien effectivement cette règle qui est devenue une tradition du football anglais et considère qu’il est crucial de la maintenir pour « la survie économique de nombreux clubs situés plus bas dans la pyramide du football anglais ».
La Football Supporters’ Federation a aussi mené un sondage national en 2017 auprès des fans afin de savoir s’ils étaient en faveur ou non du 3PM Blackout. Avec près de 8 500 répondants, 72,7% ont voté pour.

Ce 3PM Blackout est-il vraiment efficace ?

Il est difficile de mesurer les résultats du 3PM Blackout. Notamment savoir si cette règle a eu un impact sur la fréquentation dans les stades au fil des années. L’une des possibilités pour évaluer des résultats serait de mettre le 3PM Blackout en pause une saison puis comparer l’affluence dans les stades avec les années précédentes (dans un contexte normal hors crise sanitaire).

En 2011, c’est la Cour de justice de l’Union Européenne qui a analysé cette question du 3PM Blackout. La Cour a conclu qu’il n’y avait aucune preuve que ce Blackout avait un impact positif sur la présence au stade car les deux activités (stade et télévision) présentent des propriétés et qualités différentes.

“Il n’a pas été suffisamment démontré à la Cour que les périodes de fermeture encouragent réellement la fréquentation et la participation aux matchs” a expliqué l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union Européenne, Juliane Kokott.

Des tentatives pour mettre fin au 3PM Blackout

Tentative de Virgin Media en 2014

En 2014, Virgin Media a déposé une plaine à Ofcom, l’équivalent du CSA au Royaume-Uni. Le géant de la téléphonie et de la télévision câblée affirmait qu’en ne diffusant que 41% de ses rencontres, la Premier League maintenait les prix artificiellement élevés et limitait le choix des consommateurs.

Le Directeur Général de Virgin Media à l’époque, Tom Mackbridge, avait alors proposé à la Premier League de considérer un Blackout régional comme il en existe aux Etats-Unis pour la NFL. L’idée est que les personnes habitant à Manchester ne peuvent voir le match des clubs de Manchester un samedi à 15h à la télévision. Mais ceux vivant à Londres par exemple, le peuvent.

Suite à cette plainte, le nombre de matchs de Premier League diffusés en direct a augmenté et est passé à 190. Mais le 3PM Blackout n’a pas pour autant été levé, ni modifié au niveau régional comme demandé par Virgin Media.

Tentative de Eleven Sport en 2018

En 2018, c’est la plateforme de streaming Eleven Sport qui refuse de respecter le 3PM Blackout en diffusant des matchs de LaLiga avec le soutien des autorités espagnoles de football. Le service en ligne comptait faire de même pour la Série A italienne. Mais sous la pression des instances anglaises, Eleven Sport a fini par céder et a stoppé la diffusion des matchs lors du 3PM Blackout.

“J’aimerais comprendre pourquoi le football étranger entre en concurrence avec la vente de billets dans les stades britanniques. Pourquoi le Tour de France ou d’autres événements qui se déroulent au même moment en direct à la télévision ne sont pas concernés ?” avait déclaré Adrian Radrizzani, propriétaire d’Eleven Sport.

Tentatives de plusieurs sites de paris sportifs en 2020

Fin janvier 2020, ce sont les sites de paris en ligne qui ont profité d’une brèche pour diffuser sur leur site des matchs de LaLiga, Serie A, Ligue 1 et de Bundesliga. L’EFL a alors réussi à faire changer d’avis son partenaire Sky Bet, ce qui a incité les autres sociétés de paris sportifs à arrêter la diffusion de ces matchs.

Le 3PM Blackout existe donc depuis 60 ans en Angleterre. Sa création est fondée sur une idéologie d’un impact négatif de la télévision sur la fréquentation du public dans les stades. Est-ce que cette règle est vouée à perdurer ? Malgré plusieurs tentatives de renversement et l’évolution des technologies, cette règle persiste et rencontre la faveur des fans locaux.
Mais pourra-t-elle résister à la fin de la crise sanitaire et le retour à la “normale” ? Est-ce qu’une règle de ce type pourrait avoir sa place dans notre pays, de façon national ou local ? 

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