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Impact Montréal (MLS) “Il y a un intérêt grandissant pour le soccer”

Nous recevons deux membres de la franchise de l’Impact de Montréal. Ils vont nous immerger dans l’univers du soccer, sport si spécial en Amérique du Nord qui se développe très rapidement.

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Pour ce cinquième et avant-dernier épisode, direction le sport de prédilection en Europe, le soccer comme on l’appelle de l’autre côté de l’Atlantique. A travers cet article, vous pourrez en apprendre plus sur la stratégie mise en place par l’Impact Montréal ces dernières années. Ils cherchent notamment à s’ancrer de plus en plus dans la communauté locale.

A cette occasion, nous recevons deux membres de l’Impact de Montréal, Evelyne Rheault et Florence Martin en charge du marketing au club. A travers ce double regard, nous allons pouvoir en apprendre plus sur la franchise de MLS située à Montréal et découvrir l’expérience fan qu’elle propose à ses partisans.

Bonjour à vous deux. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce que vous faites à l’Impact de Montréal?

E.R: Bonjour, Je suis Evelyne Rheault, gestionnaire marketing à l’Impact depuis un an maintenant. Je gère les trois équipes marketing du club (image de marque, contenu RS et analyse d’affaires). Nous sommes responsables de toute l’expérience spectateur jour de match au stade.

L’engagement des fans est donc concerné par les deux premiers services. Il y a l’expérience au stade d’une part mais également le contenu proposé à notre communauté. Nous cherchons à accroitre notre base de fan autant localement qu’à l’international. La stratégie de contenu va donc être très importante pour engager les fans.

On s’assure que tout ce qui sort du club passe par nous et que cela respecte l’image qu’on s’est donné. C’était notamment le cas cette année pour la campagne que l’on a mis en place (Impact Montréalais). On établit diverses stratégies pour rejoindre les nouveaux acheteurs de billets, ceux qui viennent au stade quelques fois dans la saison.

F.R: Bonjour je suis Florence Martin, je m’occupe de la coordination événementielle sur les jours de match et sur d’autres évènements connexes. Je mène divers sondages auprès du public sur l’expérience proposée par le club durant l’année. Je réalise également le suivi du plan média de la franchise.

Comment positionnerez la place du soccer dans le coeur des montréalais comparé aux autres sports/franchises?

Il y a quelques décennies seulement, le baseball et le hockey étaient prédominants dans la tête des Montréalais. Tout le monde jouait au hockey, c’est le sport que l’on regardait à la télévision, et le baseball l’été. La nouvelle génération, les gens de 20-25 ans, a quant à elle beaucoup grandi avec la pratique du soccer de façon récréative, ici à Montréal et au Québec, autant pour les garçons que pour les filles.

“On voit qu’il y a un intérêt grandissant pour le soccer de par son accessibilité. […] C’est d’ailleurs le sport le plus pratiqué parmi les fédérations sportives au Québec.”

Il y a aujourd’hui une opportunité de marché qui est en train de s’ouvrir. On essaie notamment de rajeunir un peu notre cible. Nous ne serons jamais les Canadiens de Montréal, car nous n’avons pas autant d’histoire et le hockey est une religion chez nous, mais je pense qu’il y a une part de marché que l’on doit saisir, notamment l’été où il n’y a plus de hockey.

On voit qu’il y a un intérêt grandissant pour le soccer étant donné son accessibilité. C’est un sport facile à pratiquer, tout le monde y joue dans la rue. C’est d’ailleurs le sport le plus pratiqué parmi les fédérations sportives au Québec. Il y a ainsi beaucoup de clubs de soccer qui viennent au Stade Saputo voir des matchs qui sont abordables pour la majorité d’entre eux.

Matthias DISCH | Fanstriker Des jeunes québécois participant au camp d’été Soccer Québec

Que recherchent les personnes qui se déplacent au stade Saputo pour voir l’Impact de Montréal?

Ils viennent tout d’abord pour avoir du plaisir. Beaucoup de gens viennent pour profiter d’une sortie agréable le week-end. Notre stade est découvert et une grande partie de nos matchs se joue l’été. Ils aiment donc cet aspect extérieur avec une belle vue depuis les gradins. Venir voir l’Impact au Stade Saputo est une sortie très appréciée, notamment par les familles. Il arrive souvent que ce public familial réalise au moins une sortie durant la saison (même sans intérêt très fort pour le soccer).

“Comparativement au football ou le hockey, ceux qui ne sont pas habitués à venir voir un match de soccer vont être impressionnés par l’ambiance proposée dans le stade.”

Ce qui ressort également est l’ambiance qu’il y a au stade. On a deux groupes de supporters qui chantent et qui s’impliquent plus que les autres : les 1642 MTL et les Ultras Montréal. Ils sont présents pour supporter l’équipe, quels que soient le résultat et les conditions météorologiques. Ils sont très proches du club et de ce fait, ils demandent toujours que l’équipe se donne à fond à chaque match.

Marc André Donato Le groupe des Ultras de l’Impact soutenant leur équipe au stade Saputo

Comparativement au football canadien ou au hockey, ceux qui ne sont pas habitués à venir voir un match de soccer vont être impressionnés par l’ambiance proposée dans le stade. Il n’y a pas forcément de groupes de supporters dans les autres sports à Montréal. Cela permet donc à l’Impact de se différencier et de proposer une expérience quelque peu différente.

Pour connaitre les attentes des spectateurs, nous réalisons d’ailleurs un sondage marketing en fin d’année auprès de tous les gens qui se sont déplacés au stade durant la saison. Cette année, nous l’avons tourné vers l’expérience fan pour nous améliorer et mieux connaître notre public.

Beaucoup de franchises de MLS mettent en place des rituels en avant-match. Qu’en est-il pour les matchs de l’Impact?

En effet, il y a un certain rituel qui se développe petit à petit et qui permet de rapprocher les joueurs des supporters. Les années précédentes, nous avions un rituel très simple avec l’autobus des joueurs qui arrivait devant le stade avec quelques supporters qui les accueillaient derrière les barrières. Depuis l’année dernière, on voulait un rendez-vous pour nos supporters, afin que les gens se regroupent pour accueillir nos joueurs. La volonté était double avec également une motivation supplémentaire pour les joueurs qui pouvaient communier avec le public.

Les joueurs arrivent en bus, puis longent la tribune jusqu’au tunnel. A ce moment-là, tout le public peut être en ligne dans les tribunes, voir les joueurs de très près et prendre des photos, sans les perturber. On voulait également avoir la cloche, le symbole du club, près du tunnel pour que les joueurs la touchent en arrivant. Cela permet de renforcer symboliquement ce lien avec la ville et les fans. C’est important d’avoir ce genre de symbole qui marque tous les acteurs du club.

Impact Montréal James Pantemis (gardien de l’Impact) sonnant la cloche en communion avec le public

Quelles sont les autres éléments prenant par dans la théâtralisation d’avant-match?

Il y a beaucoup de choses qui se passent sur le terrain en avant-match. Il faut savoir que la ligue tient une ligne directrice pour l’ensemble des matchs organisés. Cela va engendrer des rituels sur le terrain que nous pourrons retrouver dans d’autres stades de MLS. Nous mettons en place différentes activités de groupe avec des enfants qui vont pouvoir participer aux festivités.

Notre partenaire principal et sponsor de maillot, BMO, a également produit un maillot géant que les enfants vont tenir au centre du terrain. On retrouve une haie d’honneur, des porte-drapeaux ou encore des bannières géantes. Les joueurs passent par la haie d’honneur en tenant la main à des enfants comme on peut le voir en France.

Marc André Donato Les jeunes d’un club de soccer québécois participant aux animations d’avant-match

“Nous jugeons aussi essentiel de pouvoir proposer des expériences money can’t buy.”

Un autre élément qui nous permet de créer un lien avec nos supporters concerne l’annonce du onze partant. On invite à chaque match une personnalité de la ville bien connue du public pour prendre le micro et annoncer la composition aux spectateurs. Cela permet de s’ancrer localement et faire participer les acteurs majeurs de la ville de Montréal. Nous choisissons toujours des personnalités fortes de la culture locale.

On juge aussi essentiel de pouvoir proposer des expériences ‘money can’t buy’. Nous offrons ce type d’expérience notamment lors du coin toss (tirage au sort) entre les deux capitaines. Notre partenaire BMO permet à un partisan d’être présent lors de ce moment très spécial et de pouvoir échanger avec les capitaines.

Cimon parent Un partisan tiré au sort pour assister au toss d’avant-match

Pouvez-vous nous parler des autres animations présentes dans les coursives du stade?

Nous avons revu en 2017 le parcours fan afin de laisser plus de place aux activations sous les tribunes. Dès l’entrée principale, on essaie que le client pénètre dans une atmosphère pensée. Il y a notamment un groupe de musique qui accueille les personnes. Il se déplace parfois même devant l’entrée du stade pendant que les gens patientent. C’est pour nous essentiel de proposer une immersion dans notre univers dès les portes d’accès.

Marc-Andre Donato L’entrée du stade aux couleurs de l’Impact où des musiciens viennent jouer régulièrement

Grâce aux partenaires, nous avons de belles activités qui se déroulent dans nos coursives. Il y a plusieurs sections au stade pour s’adapter à chaque catégorie de spectateur. La zone « Célébration soccer BMO » fut pensée pour divertir les enfants/adolescents. On y retrouve également « l’expérience IMFC » avec une zone de e-sport. Le public va pouvoir venir affronter notre joueur professionnel de e-sport, Mehdibob. Il y a aussi d’autres activités comme des baby-foot et des maquilleurs qui sont présents.

Pablo A. Ortiz L’arène mobile de e-sport dans la ‘Zone Celebration soccer’

On a également une zone orientée 18/35 ans. A l’intérieur, nous avons la scène Budweiser sur laquelle nous essayons d’avoir une programmation différente à chaque match qui peut être en lien avec nos thématiques de match. On a des photobooths qui fonctionnent très bien et qui permettent de garder un souvenir du match. Le fait de proposer un cadeau ou un souvenir va ravir les supporters et enrichir leur expérience au stade. On essaie de mettre l’accent sur des produits qui vont concerner cette tranche d’âge dans le but de les fidéliser et les faire devenir des acheteurs plus fréquents. C’est également une catégorie de public qui recherche l’happening événementiel. C’est à dire qu’ils souhaitent être là où tout le monde va.

Comment l’Impact essaie-t-il de proposer une expérience différente en attirant un nouveau public?

Nous avons mis en place des tailgates (pratique qui vient du football américain) afin d’attirer plus de monde en avant-match et faire vivre une expérience nouvelle. Il y a quelques années, nous avions testé sur une zone annexe du stade avant de tenter l’expérience l’année dernière au pied de la tour du Stade olympique.

A cette occasion, on a créé un bel événement avec différentes activités. Nous avons proposé une offre alimentaire diversifiée avec des foodtrucks locaux. Cela représente bien la culture montréalaise. Des DJs étaient aussi présents. Il y avait une très belle ambiance et l’événement fut très apprécié.

Impact Montréal Tailgate organisé sur le parvis du stade Olympique en amont d’un match

“L’autre point intéressant est la volonté de rendre l’évènement accessible à ceux qui ne viennent pas forcément aux matchs.”

Cette année, l’idée était d’organiser ce genre d’événements tous les samedis de l’été afin de créer un rendez-vous pour la communauté et ceux qui veulent se regrouper avant le match. L’autre point intéressant est la volonté de rendre l’événement accessible à ceux qui ne viennent pas forcément aux matchs. Cela peut être des gens qui se baladent (le stade est situé dans le quartier très touristique du Stade olympique) et qui tombent dessus un peu par hasard. La marque se retrouve visible pour plus de monde et ils sont bienvenus pour participer à l’événement.

Nous allons aussi mettre en place cette année des thématiques autour de ces tailgates. Cela va permettre de faire parler de la marque autrement afin d’offrir un premier contact à quelqu’un qui ne nous connaît pas.

A l’intérieur de l’enceinte, nous avons mis en place une offre « deux pour un » sur les boissons. Cela incite les gens à venir plus tôt et ainsi profiter des animations mises en place. Le changement majeur cette année fut de rapatrier les concessions alimentaires en interne. Il faut savoir que les années précédentes, elles étaient gérées par une entreprise externe. Nous allons rajouter des food-trucks et proposer une offre plus qualitative et moins chère. L’année dernière, nous avions mis en place des grilled cheese. Chaque variété était associée à un joueur de l’équipe en collaboration avec un chef cuisinier montréalais.

Comment activez-vous les marques partenaires pour enrichir l’expérience spectateur?

Sur les dernières années, les partenaires se sont diversifiés. Cela permet d’avoir plus de spécificités au niveau de l’expérience fan. Avec NutriLait et son offre famille, nous allons être axés sur les enfants et l’ambiance familiale au stade.

BMO cherche à rejoindre une clientèle un peu plus tournée vers les jeunes adultes et a mis en place tout un programme de développement du soccer en Amérique du Nord. On travaille beaucoup avec eux, que ce soit pour les animations au stade ou en dehors. Ce type de partenariat bénéficie aux deux entités. Cela nous permet de continuer de s’ancrer localement en développant avec eux le soccer à Montréal pour les jeunes. Ils avaient notamment réalisé la campagne #FanFini l’année dernière qui a d’ailleurs reçu la récompense de meilleure activation de l’année en MLS.

A chaque rencontre, notre partenaire Vidéotron va donner la chance à un supporter de remettre le ballon du match au meilleur joueur. Celui-ci est élu par le public via l’application du club. Le design du ballon est différent à chaque match et créé par un artiste.

Sous les coursives, il y a d’autres activations mises en place par les partenaires. Pour chaque rencontre, un de nos sponsors “présente le match”. Il va pouvoir disposer d’un spot d’activation et sera plus visible lors de cette rencontre. Il va aussi être libre dans le choix des animations qu’il va mettre en avant dans cette zone.

On a l’impression que l’implication de l’Impact dans la communauté locale est particulièrement forte depuis l’arrivée de Kevin Gilmore. C’est une réalité ?

Tout à fait ! Lorsque Kevin Gilmore est arrivé au club en 2019, il a restructuré le service marketing. Le département contenu était auparavant séparé de la mise en marché et de l’image de marque. Ces 3 services forment maintenant un seul département. Il y avait une certaine partie de la communauté locale que l’on devait aller chercher car elle pouvait être intéressée et pouvait se retrouver dans nos couleurs.

“Montréal est une ville très diversifiée, culturelle et multi-ethnique. C’était donc primordial d’aller chercher ce type de public qui pouvait s’identifier au club.”

Le club de l’Impact représente une douzaine de nationalités, ce qui est très à l’image de la ville. Montréal est très diversifiée, culturelle et multi-ethnique. C’était donc primordial d’aller chercher ce type de public qui pouvait s’identifier au club. Parmi les trois franchises implantées à Montréal, nous sommes peut-être l’équipe qui reflète le mieux cet aspect-là. C’est vraiment dans cette idée que l’on a lancé la campagne L’Impact Montréalais cette année. On voulait renforcer le lien avec la communauté locale et créer un mouvement inspirant où les gens ont envie de se joindre derrière nous.

“Le message était très bien reçu et l’engagement particulièrement fort.”

Pour toucher les fans, nous avons choisi des moments forts qui les lient au club depuis son début en 1992, avant l’arrivée en MLS. L’idée était de lancer un message fort aux supporters en leur demandant quel moment les avait le plus marqué avec l’Impact. Il y a même des supporters qui ont donné leur voix dans leur langue maternelle pour faire la vidéo de lancement de campagne. Ils se sont enregistrés et nous en avons ensuite monté quelques-unes pour les intégrer à la vidéo finale.

On vient de commencer cette campagne et il y a encore beaucoup à faire. Le message était très bien reçu et l’engagement particulièrement fort. La vidéo de lancement est d’ailleurs traduite dans six langues différentes. C’est à l’image de notre communauté, de ceux qui sont proches de nous.

Dans le stade, nous avons aussi placé les fans au cœur du club. Nous avons par exemple donné la possibilité à 2 groupes de supporters d’habiller la concession alimentaire en-dessous de leurs tribunes. Il y a un pourcentage de vente sur les boissons qui est remis à ces groupes par la suite, toujours dans le but d’encourager et de promouvoir les actions entreprises par les supporters. Cela leur permet d’avoir plus de fonds pour réaliser leurs tifos et qu’ils aient plus de matériel.

Quelles sont les autres actions entreprises par la franchise afin de développer la pratique du sport au Québec et ainsi fidéliser plus de jeunes futurs fans?

Une des actions majeures entreprises concerne le partenariat avec Soccer Quebec pour développer le soccer dans la région. Le principal volet de cette entente implique l’acquisition à long terme des droits commerciaux et marketing de la fédération québécoise par le club montréalais jusqu’à la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, permettant désormais à l’Impact et Soccer Québec de faire front commun afin de promouvoir et supporter la croissance continue du soccer dans la province. Cette entente entre une équipe professionnelle et le sport amateur est une première au Canada.

Dans le secteur sportif, le nouveau programme du Centre d’identification et de perfectionnement de l’Impact (CIP), qui inclut de nombreux clubs de soccer de la province harmonisera son fonctionnement aux critères du programme de reconnaissance des clubs de la fédération. De plus, dans le cadre de ce partenariat, l’Académie de l’Impact poursuivra la détection du talent lors des principaux événements soccer à travers la province.

“Nous sommes ravis de pouvoir maintenant travailler ensemble afin de faire de cette province une force réelle dans le soccer amateur et professionnel”

Kevin Gilmore I président de l’impact montréal
Soccer Quebec Conférence de presse pour le lancement du partenariat

Cela fait suite au premier partenariat mis en place en 2015 afin de reconnaître l’Académie comme principale solution de développement pour les joueurs québécois ayant le plus fort potentiel. Depuis sa fondation en 2011, 17 joueurs de ses rangs ont signé un contrat avec la première équipe du club et un total de 43 joueurs ont signé des contrats comme joueurs professionnels ici ou ailleurs. Cela démontre donc le lien fort local qui est en train de se créer avec le sport amateur.

Impact Montréal De nombreux jeunes fans de soccer présents à l’Académie de l’Impact

Jour de match, les partenaires de l’Impact permettent de proposer une offre qualitative en créant un univers autour de l’image de marque. Elle met aujourd’hui différentes techniques en place pour proposer une expérience fan enrichie qui portera probablement ses fruits dans les prochaines années.

Merci à Evelyne Rheault et Florence Martin de nous avoir accordé de leur temps. L’Impact est un club en pleine expansion à l’image de la MLS. Il semblerait qu’après quelques années à se chercher, L’Impact parvient désormais à s’ancrer localement petit à petit. Cet élément est primordial pour la franchise afin de développer sa fan base.

Vous pouvez retrouver sur Fanstriker, les premiers épisodes du dossier spécial Montréal avec l’interview d’André Richelieu, celui de Joanie Martin (Alouettes) ainsi que l’échange avec Julie Gravel (Tennis Canada) et enfin l’interview de Cynthia Paquin-Lepage (Canadiens).

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Passionné de sport avant tout, j’ai découvert la notion de fan experience plus récemment. Les spectateurs jouent un rôle essentiel lors des évènements sportifs, c’est pourquoi je pense que l’expérience qui leur est proposée jour de match est cruciale.

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Kevin (hôte Homefans) “À Lyon, la plus belle chose à voir c’est l’harmonie des supporters”

Kevin, hôte sur Homefans, fait découvrir la ville de Lyon et le club de l’OL à des touristes et supporters étrangers.

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Second épisode de notre série de rencontres avec les fans et hôtes de la plateforme Homefans.net. Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Kevin, fervent supporter de l’Olympique Lyonnais, il propose aux fans internationaux de l’OL de passer une journée avec lui dans la peau d’un fan local. 

 

Homefans est une plateforme en ligne qui propose des voyages sportifs eux-mêmes proposés par des hôtes et fans locaux. Ainsi, le fan d’un club étranger de passage dans un pays ou une ville pour du tourisme peut vivre une expérience au stade en totale immersion avec la communauté de fans du club.

Kevin fait donc parti de l’un de ses hôtes pour la ville de Lyon où il vit. Nous l’avons rencontré pour parlé de sa passion et des expériences qu’il propose dans sa ville.

Vous pouvez au choix lire cette interview ci-dessous ou écouter l’épisode de notre podcast sur Spotify, Apple Podcast ou votre plateforme de streaming préférée.

Bonjour Kevin, tu proposes donc une expérience lyonnaise autour du football sur Homefans.net. Quels sont les lieux incontournables de la ville que tu partages avec les fans de l’OL que tu accueilles ? 

C’est important de garder l’équilibre entre le côté foot et la visite de la ville. C’est ce que j’essaie de faire dans les expériences que je propose sur Homefans. À Lyon on a vraiment une ville qui s’y prête. On a des lieux de la culture lyonnaise et du sport lyonnais incontournables.
Souvent j’emmène d’abord les visiteurs au centre ville en passant par la place Bellecour. Ensuite, le lieu phare de la ville, c’est la colline de Fourvière. D’en haut, on a une vue panoramique de la ville. J’aime beaucoup visiter le Vieux Lyon et faire découvrir la cuisine lyonnaise.

Avant d’aller au stade, j’aime bien passer par le stade Gerland (ancien stade de l’OL, aujourd’hui stade du Lou Rugby). Aujourd’hui l’OL est passé à autre chose avec le Groupama Stadium. On n’a pas perdu au change mais on n’oublie pas d’où l’on vient. Gerland reste un lieu mythique de la ville.
Bien sûr on finit en apothéose au Groupama Stadium pour le match.

Tu as tes habitudes au stade ? Est-ce qu’il y a une tribune, une buvette, un bar autour du stade que tu affectionnes particulièrement ?

En général, j’aime bien avoir une vue d’ensemble du terrain et des tribunes. Je suis toujours à l’affût d’une animation en tribune, en virage, d’un tifo ou d’un show son et lumière. J’aime beaucoup toute l’activité ultra donc j’essaie toujours d’avoir le meilleur champs de vision possible. Je vais au stade entre amis ou seul. Si je suis dans un stade, j’ai tout ce qu’il me faut.

La ville de Lyon est connue pour être la capitale de la gastronomie. Pour toi quel est le meilleur snack au stade ou en après match ? Est-ce qu’il y a des produits typiquement lyonnais à consommer les jours de match ?

Oui, il y en a beaucoup. Personnellement, je ne pars pas sur de l’authentique mais plutôt sur du plus moderne. Mon snack préféré c’est le tacos français. C’est un produit qui vient de Lyon, plus précisément de Villeurbanne. Pour moi c’est ce qui représente le mieux l’idée. En terme de gastronomie, l’OL est très proche de sa ville. Dans le nouveau stade, il y a une partie du stade qui s’appelle La Brasserie des Lumières. C’est un salon où les supporters peuvent se restaurer pendant le match et retrouver les spécialités de la ville pendant le match. C’est le combo gagnant de la ville : Lyon, gastronomie, foot.

Il y a aussi la possibilité de visiter le stade Gerland, ou encore de voir du basket ou du rugby dans la ville.

Oui, je le recommande aux voyageurs si ça concorde au niveau du calendrier sportif. Il y a beaucoup de sports à Lyon. Que ce soit dans le basket ou dans le rugby, les clubs excellent vraiment.

Revenons au Groupama Stadium. Parmis les matchs que tu as vu au stade, quel est ton plus beau souvenir dans les tribunes ?

La dernière rencontre OL-ASSE au Groupama Stadium était un très beau match. J’en ai gardé un très beau souvenir. J’ai eu aussi de bons souvenirs en Champions League. Je pense notamment à la venue de la Juventus l’année dernière. L’ambiance était mémorable. Le Groupama Stadium se prête vraiment bien au show de la Champions League. On n’attend qu’à concrétiser ça sur le terrain mais il y a tout pour des soirées foot mémorables ici.

Le Groupama Stadium un soir de matchMatthias Disch

Le Groupama Stadium un soir de match

Si l’on devait programmer une visite à Lyon en fonction d’une rencontre de l’OL, quelle serait la plus belle affiche ? OL-ASSE, OL-OM, OL-PSG ?

Ma préférence, et je pense celle de tous les Lyonnais, c’est le derby contre Saint-Etienne. C’est vraiment l’affiche de l’année pour nous. C’est le match où les joueurs n’ont pas le droit de se rater. Le stade va forcément être plein. En terme footballistique, les matchs contre Paris sont souvent d’un haut niveau quand les lyonnais décident de tout donner. Sur les tribunes comme sur la pelouse, il y a de belles choses à voir lors de ces rencontres. Mais le match contre Saint-Étienne reste la meilleure affiche pour le côté derby.

Tu as déjà eu l’occasion d’assister à cette rencontre OL-ASSE au stade ?

Oui, j’ai eu la chance de le voir lors de la saison dernière. C’était l’un des derniers matchs avant le confinement. J’ai eu la chance de pouvoir m’y rendre.

Pour toi, quelle est la particularité du public lyonnais. Comment pourrais-tu convaincre un fan que tu accueilles que le Groupama Stadium est le meilleur stade du pays ?

Je suis un fan de foot très ouvert d’esprit. Je reconnais qu’il y a beaucoup de beaux stades en France même si le Groupama Stadium est mon préféré. Il a des atouts énormes. Ce qu’on ne retrouve pas dans beaucoup d’autres stades français c’est le pre-show. Il y a un effort fait sur l’animation : les spectacles son et lumière et le show sur la pelouse

Si tu devais résumer l’ambiance du stade lors d’un match de l’OL en un mot. 

Harmonie. Au Groupama Stadium, la plus belle chose à voir c’est l’harmonie des supporters. Les supporters lyonnais sont très organisés, ils donnent de la voix. Il y a une véritable collaboration entre les fans pour créer cette ambiance spéciale. J’aime particulièrement la manière dont les virages se répondent. Dès que le stade rouvrira ses portes, j’invite tous les fans de football à venir voir ce spectacle dans les tribunes.

Avant cette interview tu m’as partagé que tu étais un groundhopper. Tu nous en parle ? 

Depuis que je peux me le permettre financièrement, je me réserve quelques week-ends pour aller visiter des stades à droite et à gauche. Je le fais surtout en Europe mais il m’est arrivé d’aller jusqu’en Amérique. C’est vraiment une passion. J’ai fait Barcelone, Naples, Copenhague et l’Équateur. L’Équateur c’était à l’occasion d’un stage de fin d’études de 6 mois. J’en ai profité pour faire le tour des stades du pays.

kevin-homefans-lyonKevin Gonot

Avant de devenir hôte sur Homefans, Kevin visitait déjà les plus beaux stades du monde entier

Lorsque tu réalises ces visites de stades, tu t’appuies sur des organismes de tourisme ?

Quand j’étais en Équateur c’était vraiment perso. J’aillais tout seul au stade chercher mon ticket. Après pour ma sécurité on m’a parfois recommandé d’éviter certains virages très animés. C’est une super ambiance. Ça secoue !

L’Italie, le Danemark, l’Espagne, la France, peux-tu nous raconter ton meilleur souvenir de voyage sportif ?

Sans hésiter, c’est le match que je suis allé voir à Naples en 2014. Je suis parti avec celui que j’aime appeler mon “Frère de Stade”. On a pas mal voyagé pour visiter des stades ensemble. Ce week-end là, on était allé voir Naples – Juventus, une très grosse affiche. C’était à l’époque où Higuain était encore le héros de la ville. On s’est régalé tout le week-end à découvrir la ville. Le matin du match nous étions monté sur le Vésuve pour s’offrir une superbe vue sur Naples. Le temps de redescendre l’après-midi, la ville avait changé de couleur : tout le monde était en bleu ciel. On s’est ensuite dirigé vers le stade pour vivre une ambiance incomparable. C’est vraiment à faire pour tous les amoureux de foot. 

Dans tes souvenirs, est-ce que tu avais déjà vu une ville avec un tel attachement pour un club ?

C’est plus que ça même. Tous les habitants de la ville sont pour Naples et tout le reste de l’Italie est contre eux. Il y a vraiment l’Italie et Naples. La Juventus c’est l’un des clubs les plus appréciés en Italie donc c’était un gros choc à l’échelle nationale.

Quelles ont été tes plus belles rencontres pendant tes expériences de groundhopping et en tant qu’hôte sur Homefans ?

Ça m’arrive régulièrement de faire des rencontres dans tous les stades que je visite. Je vais souvent au stade seul et je fais des rencontres là-bas. Ce qui est assez drôle c’est quand je découvre un stade mais qu’on me prend pour un habitué. Ça m’est arrivé au Pays-Bas. La personne assise à côté de moi s’est mise à me poser des questions sur l’équipe en néerlandais, c’était assez comique. Ça a mené à une conversation sympa où je lui ai expliqué que je n’étais là que pour une journée et que je ne connaissais aucun joueur (rire).

Du groundhopping à Homefans, comment es-tu devenu un hôte de la plateforme ? 

J’ai une formation en tourisme et je travaillais à mon compte dans l’événementiel sportif. Même si ce genre d’expérience n’est pas nécessaire pour rejoindre Homefans, ça m’a aidé à découvrir la plateforme. Lorsque j’ai vu leur projet et leur approche par rapport au football, c’était évident pour moi qu’il fallait que je prenne part à ce projet. Je me suis alors rapproché d’eux pour devenir hôte à Lyon.
Ça me donnait la chance de faire vivre aux gens ce que moi j’aime vivre dans cette ville. Mais aussi de partager ce à quoi je suis sensible quand je découvre un stade que je ne connais pas. Par-dessus cela, Homefans est un super projet à travers lequel on peut gagner sa croûte à travers sa passion. C’est un Airbnb avec un match en bonus.

homefans-lyon-kevinKevin Gonot

Les voyages sportifs ont amené Kevin à faire de belles rencontres

Quelles sont les expériences sportives et touristiques qu’ils restent sur ta bucket list ?

J’en ai encore plein. J’ai vraiment envie de repartir à la découverte de nouveaux stades. En Europe, c’est celui du Legia Varsovie. J’ai vu trop d’images d’animations en tribunes pour ne pas aller les voir de mes propres yeux.

Le must de ma bucket list reste Boca Junior. En Argentine, je pense que la meilleure chose à faire c’est d’y aller pendant une longue période d’un ou deux mois pour faire le tour des stades. C’est vraiment fou. Il y a un paquet d’expériences en Argentine et en Amérique du Sud sur Homefans. Tu peux aller voir des matchs mais aussi faire des activités sportives dans la journée. Par exemple au Brésil, tu peux faire un beach soccer à Copacabana avec des locaux avant le match. Ça fait rêver ! Et c’est super bien organisé donc ça me fait très envie.

Nous arrivons au terme de notre échange. Pour conclure, dans quelle ville en France aimerais-tu vivre une expérience sportive ?

Sans hésitation ce serait Lens et le RC Lens. Je n’ai jamais visité ce stade et il y a énormément de choses à  voir. Ils viennent de remonter en Ligue 1 et ça ouvre beaucoup de portes. C’est l’occasion d’aller voir un derby du nord. Le stade Bollaert est mythique et les supporters sont parmi les meilleurs de France. Mais Lens n’est pas la seule ville à fort potentiel en France. Beaucoup de clubs sont en transition et prennent une nouvelle ampleur. L’intérêt pour le football français grandit et nous verrons de de plus en plus des touristes, supporters et groundhoppers internationaux venir visiter nos stades.

Merci à Kevin pour le partage de sa passion et de ses expériences sur Homefans.
Il y a beaucoup de stades et de publics qui valent le détour en France. Il y a du beau sport et il y a un public à faire découvrir dans de très belles villes.
Alors si vous voulez faire découvrir votre ville, votre équipe et votre stade, Homefans vous permet de gagner de l’argent grâce à votre passion en devenant hôte.

Devenez hôte sur Homefans.net et partagez votre quotidien de fans avec une communauté internationale. Rejoignez la plateforme et proposez votre expérience en cliquant ici.

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Interviews

Deux chefs d’entreprise du sport face à la crise

Quels leviers utiliser pour survivre à la crise sanitaire lorsque l’on dirige une entreprise dans l’industrie du sport ? On en parle avec Camille Naude et Gregory Sevault.

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Camille Naude et Gregory Sevault, chefs d'entreprise dans le sport, nous parle de la gestion de la crise sanitaire

Neuf mois après le début de la crise sanitaire en France, l’industrie du sport se retrouve dans une situation inquiétante. Suite à un confinement et un reconfinement, les stades sont fermés, certains événements sont reportés, d’autres annulés, et de nombreuses marques engagées dans le sport ont diminué leur budget sponsoring.

Dans ce contexte sans précédent, comment les entreprises de l’industrie du sport et de l’événementiel survivent-elles ? Pour obtenir des éléments de réponse, nous avons échangé avec deux chefs d’entreprise : Camille Naude, Directrice Associée chez My Sport Agency, et Gregory Sevault, Fondateur et CEO de MyComm.

Vous pouvez au choix, écouter cet échange en podcast ou lire l’interview rédigée ci-dessous :

(Episode également disponible sur Apple Podcasts)

Deux entreprises de l’industrie du sport face à la crise 

Bonjour à vous deux, pouvez-vous présenter respectivement vos entreprises ?

Camille : My Sport Agency existe depuis quatre ans et nous sommes basés à Toulouse. Notre métier d’origine est la gestion d’image de sportifs professionnels. Nous avons intégré par la suite un pôle Créative afin de conseiller les clubs, les ligues et les fédérations sur leur stratégie de communication. Nous avons également une branche Events qui consiste à développer nos propres événements tels que la Womens French Cup. Bien évidemment, cette unité est celle qui travaille le moins en ce moment en raison de la crise sanitaire en cours.

Gregory : MyComm est une agence de voyage et de communication événementielle spécialisée dans le sport depuis 2009. Nous sommes aujourd’hui une vingtaine dans l’équipe avec quatre bureaux en France (Paris, Lille, Lyon et Toulouse). Notre métier consiste à organiser des prestations lors de grands événements sportifs afin de permettre à nos clients (entreprises et particuliers) d’y assister. Parmi ces événements, on retrouve le Tournoi des 6 Nations, la Ligue des Champions ou bien les championnats de football étrangers. Nous sommes également agence officielle de trois fédérations (FFF, FFR et FFT), ce qui nous permet de commercialiser des prestations et des voyages pour les événements de ces organismes.

Quelle était la situation de votre entreprise avant cette crise ? 

Gregory : La situation chez MyComm était très bonne. Nous étions en pleine croissance que ce soit d’un point de vue business et humain avec le recrutement de plusieurs personnes sur ces deux dernières années. Le développement de nos deux nouvelles agences à Toulouse et Lille se passait bien également. Toute notre stratégie nous avait permis d’être au-dessus de nos objectifs sur la saison 2019-2020 avant cette rupture brutale de mi-mars dernier.

Camille : Notre situation était similaire chez My Sport Agency. Étant en mission pour l’UEFA EURO 2020, j’avais senti dès février les possibles conséquences à venir sur le marché du sport avec de nombreux reports et annulations d’événements à venir. Ceci nous a permis en interne d’anticiper au mieux ce qui allait se passer. Le développement de notre pôle Digital avant cette crise s’est avéré être une chance avec la possibilité de poursuivre et d’optimiser nos prestations en communication digitale. En revanche, tous nos événements prévus l’été dernier ont bien évidemment étaient annulés. Ce qui a été compliqué car c’est la période pendant laquelle nous travaillons le plus.

“Le développement de notre pôle Digital avant cette crise s’est avéré être une chance avec la possibilité de poursuivre et d’optimiser nos prestations en communication digitale.”

Camille Naude, Directrice Associée chez My Sport Agency

Aujourd’hui, avec un peu de recul, quel est l’impact de la crise sur votre business, sur vos équipes et sur votre management ?

Camille : Sur la partie business, nous pouvons dire que nous avons limité la casse. Comme Gregory et MyComm, 2020 aurait dû être notre meilleure année depuis la création de l’agence. Néanmoins, nous gérons aujourd’hui suffisamment de business pour continuer à se développer. Concernant le management, nous avons décidé de rester optimiste et de maintenir nos recrutements. Nous sommes passés de quatre à six collaborateurs pendant cette période. Même si certaines prises de poste ont été retardées et que certaines fonctions ont été réorientées afin de développer davantage notre pôle Digital, la petite taille de notre structure nous a permis d’être flexible et d’avoir un bon dialogue en interne avec l’équipe. 

Gregory : De notre côté l’impact est un peu plus violent. Notre agence évolue dans le secteur du tourisme et de l’événementiel donc nous sommes touchés à tous les niveaux. Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires représente seulement 10-15% de celui réalisé l’année dernière à la même période. Donc, en matière de management, on parle d’un vrai défi managérial. La totalité de l’équipe a goûté au chômage partiel avec une variation du nombre d’heures travaillées afin d’assurer la réalisation de ces 10-15% de chiffre d’affaires. Dans l’ensemble, l’équipe a très bien joué le jeu. Nous avons vécu des situations qu’on aurait jamais vécu sans cette crise. D’un point de vue managérial, c’est intéressant et stimulant !

Quels leviers avez-vous utilisé pour compenser ce manque d’activité ?

Gregory : Pour revenir au management, on s’est appuyé sur la cohésion d’équipe. On s’est donné les moyens de se voir régulièrement sur la base du volontariat en distanciel et en présentiel. Cette initiative me semblait nécessaire car je pense que chacun avait besoin de maintenir un échange avec les autres. À travers nos voyages et nos événements, nous passons habituellement beaucoup de temps ensemble. Cette cohésion en interne fait partie de notre ADN et il fallait donc la préserver au mieux.
En matière de business, le levier c’est la diversification. Le constat est que nous ne pouvons plus proposer aux personnes d’assister aux événements sportifs. On s’est donc appuyé sur nos compétences pour développer de nouveaux projets. Nous avons par exemple lancé une cellule dédiée aux voyages de délégations sportives. Les équipes professionnelles continuent de jouer et par conséquent de voyager. On s’est donc adressé à des clubs pour faire valoir notre savoir-faire et organiser ainsi des déplacements.

Camille : Il y a deux façons d’aborder cette crise. Soit on est négatif et on s’écroule. Soit on reste optimiste et on relève le challenge même si cette conjoncture est globale. De notre côté, on s’est aussi diversifié en accentuant la formation. C’est-à-dire que nous accompagnons les associations et les clubs semi-professionnels locaux en Occitanie. Il ne faut pas oublier qu’ils sont également fortement impactés par cette crise avec l’annulation de matchs et une diminution du nombre d’adhérents. Nous venons donc les aider à communiquer, à se digitaliser et à maintenir la relation avec leurs partenaires en les faisant monter en compétences. 

Après plusieurs hauts et bas depuis mars, comment voyez-vous la suite à court et moyen terme pour votre entreprise et l’industrie du sport en général ?

Camille : Ce qui est compliqué c’est que nous n’avons pas de date. Personne ne sait quand est-ce que cela va s’arrêter. Néanmoins, si nous sommes toujours en activité aujourd’hui, c’est que nous sommes suffisamment forts. Pour maintenir ça, il est important de développer des partenariats sur le long terme avec des ligues, des fédérations et des clubs. C’est ce que nous faisons de plus en plus chez My Sport Agency. Je pense que les événements prévus l’été prochain vont se dérouler. Il faut donc anticiper cette activité future afin d’être prêt au moment venu. 

Gregory : Nous allons continuer à être flexible et attentif. J’espère que les récentes annonces liées au vaccin, même si rien n’est fait, vont progressivement nous faire sortir de cette situation ou du moins donner de l’entrain. Néanmoins pendant les prochains mois, je pense que MyComm, au même titre que l’ensemble de l’industrie, va évoluer avec cette incertitude et une adaptation constante à la situation.

L’industrie du sport de demain

Cette crise a fait naître de nombreuses nouveautés à travers le monde : la bulle de la NBA, les spectateurs présents virtuellement au stade via la visio-conférence, la reproduction des ambiances sonores des stades lors des retransmissions TV, les événements à distance, etc. Peut-on dire que cette crise a finalement accéléré la digitalisation du marché du sport ?

Gregory : Tout à fait. Cette digitalisation était même nécessaire. Les acteurs du sport devaient innover pour continuer à exister dans un environnement qui était hostile à la tenue des événements sportifs. Bien évidemment, de nombreuses stratégies digitales étaient déjà en place chez de nombreux ayant-droits. Mais cette crise a tout accéléré et on ne devrait pas revenir en arrière.

Camille : C’est assez incroyable tout ce qu’on a vu pendant cette période. Il y a de très bonnes idées de partout. Je retiens notamment celle des supporters en carton dans les tribunes en Allemagne. Néanmoins, je pense qu’il faut légèrement nuancer cette digitalisation. Les clubs amateurs, en grande majorité, ne sont pas équipés ou n’ont pas les compétences en interne pour prendre ce virage. Il y a donc un vrai travail de pédagogie à effectuer. Ce qui reste très intéressant car on a eu des discussions avec différents acteurs qu’on aurait jamais eu en temps normal. Une chose est sûre, cette période va nous laisser avec un nombre important de bénéfices et d’innovations à poursuivre.

Selon vous, est-ce que la fin de la crise va enclencher une reprise forte ? Ou est-ce qu’il faudra être patient avant de retrouver le même niveau d’activité qu’en 2019 ?

Gregory : Je peux prendre l’exemple de ce qu’il s’est passé en juin-juillet. Il y a eu après le premier confinement une petite relance de l’activité. Je pense donc qu’il y a une réelle frustration chez les consommateurs. Lorsque les voyages et l’accès aux stades seront de nouveau autorisés, on devrait encore faire face à une forte demande. Le modèle actuel n’est pas à remettre en cause. Nous ne vivons pas une crise structurelle. Cependant, ce qui est difficile à mesurer c’est le pouvoir d’achat. Certains auront peut-être des difficultés à consommer à nouveau des événements sportifs. 

Camille : Un élément qui est assez révélateur c’est l’UEFA EURO 2020. En mars dernier, les détenteurs de billets avaient deux options : rendre leurs places ou garder leurs places. Près de 80% d’entre eux ont choisi la seconde option. Je pense aussi qu’il y aura une certaine euphorie quand nous pourrons retourner au stade. Nous prendrons même peut-être plus de plaisir qu’auparavant puisque la privation rend les choses rares et précieuses

Quel sera le comportement des consommateurs d’événements sportifs après cette crise selon vous ?

Camille : Malgré mon métier et ma passion du sport, je ne suis pas une habituée des stades. Je suis un mauvais exemple (rire). Mais il est évident qu’après cette crise, je vais y aller ! Il y aura un vrai moment de plaisir entre amis ou en famille à retrouver. Je pense que beaucoup sont dans ce même état d’esprit !

“En revanche, un élément qui était juste une tendance auparavant et qui devrait devenir un essentiel demain après cette crise, c’est la dimension écologique et responsable dans l’expérience du public.”

Gregory Sevault, Fondateur et CEO de MyComm.

Gregory : Je pense aussi que les spectateurs vont retourner au stade avec beaucoup d’envie. Chez MyComm, nos clients assistent à des événements sportifs pour vivre des émotions positives. Ils ont été privés de ça pendant plusieurs mois donc ils voudront certainement retrouver cette sensation. En revanche, un élément qui était juste une tendance auparavant et qui devrait devenir un essentiel demain après cette crise, c’est la dimension écologique et responsable dans l’expérience du public

En face, qu’est-ce que les clubs et autres ayants-droits devront mettre en place après cette crise selon vous ?

Gregory : Selon moi il y a deux aspects à prendre compte. Tout d’abord c’est l’écologie et la responsabilité. Ensuite, c’est le digital. Ce sont les deux tendances qui ont fortement émergé pendant la crise. Les ayants-droits, comme toute autre entreprise, vont devoir innover pour les associer à l’expérience qu’ils proposent. C’est nécessaire pour que les fans vivent les événements tout en étant en adéquation avec leurs valeurs de citoyen.

Camille : La première des choses c’est de rassurer le public. Il faudra certainement continuer à faire respecter les gestes barrières. Je pense par exemple au Stade Toulousain qui a réalisé des tests PCR au stade Ernest-Wallon avant un match en septembre dernier. Bien évidemment, tous les clubs ne peuvent pas aller aussi loin mais la démarche est intéressante. Comme Gregory, je pense également que le digital sera encore plus important qu’auparavant. Des supporters regarderont toujours les matchs depuis chez eux. La période vécue va peut-être ouvrir la voie à une nouvelle expérience distancielle encore plus immersive.

Nous arrivons au terme de notre discussion, mais avant de conclure, si vous aviez la possibilité de vous adresser directement au Gouvernement, notamment après les récentes annonces à destination des clubs, ainsi qu’à tous les acteurs de l’industrie du sport en France, quel serait votre message ?

Camille : Il faut continuer à se faire entendre car le monde du sport est très large. Entre un club amateur et un club professionnel, les enjeux sont totalement différents. À long terme, le sport doit peser davantage dans notre société. Puisqu’en plus d’être un loisir, c’est un formidable vecteur de lien, de mixité et de santé. Nous allons accueillir les Jeux Olympiques en 2024 qui seront une grande fête pour tout le monde. D’ici là, les acteurs du sport doivent continuer à s’entraider afin de faire vivre le sport sur tout le territoire.

Gregory : Au Gouvernement, tout d’abord, je dirais merci. À l’échelle de l’Europe, le soutien apporté aux entreprises du sport et de l’événementiel en France est très important. Les récentes annonces pour soutenir les clubs, les ligues et les fédérations sont bonnes et il faut que cela continue. Le combat n’est pas terminé. Aux acteurs du sport, je dirais qu’il faut aussi continuer à entreprendre et à innover. C’est la raison pour laquelle nos clients, amoureux de sport, nous sollicitent car ils sont en constante quête de nouvelles expériences

Merci à Camille Naude de My Sport Agency et à Gregory Sevault de MyComm pour cet échange enrichissant sur la gestion de la crise sanitaire en tant que chef d’entreprise. 

Vous pouvez consulter toutes nos interviews avec des professionnels du sport ici. Si vous souhaitez vous aussi échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux !

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