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INTERVIEW : Paul Banal, animateur Cochonou sur le Tour

Le Tour de France est un événement qui plait à tous en partie grâce à sa caravane publicitaire. On en parle avec Paul, animateur Cochonou sur le Tour.

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Paul participe à la caravane du Tour de France cyclisme depuis 2017 pour la marque Cochonou. Il est animateur dans la caravane préférée du public. 

 

Le Tour de France est un événement qui existe depuis 1903. Chaque été, la Grande Boucle et sa caravane publicitaire s’invitent chez les gens, les fans de vélo, les puristes de cyclisme mais pas uniquement. C’est un événement majeur qui touche tout le monde. Pourquoi ? C’est ce que nous allons essayer de comprendre avec Paul Banal.

Bonjour Paul, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Paul Banal, je suis un Montpelliérain de 26 ans et j’ai terminé mes études il y a un an. Et pour la petite anecdote, j’ai participé à 3 Tour de France, autant que Julian Alaphilippe.

Avant d’aborder plus longuement tes expériences sur le Tour de France, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

Je suis fraîchement diplômé d’un Master en Communication 360 que j’ai réalisé à l’European Communication School de Marseille pendant 2 ans en alternance.
J’ai pu acquérir des compétences dans les métiers de la communication et du marketing, notamment en stratégie de communication, en stratégie digitale, en stratégie de médias et de publicité, etc. et une spécialisation dans la production événementielle. Et je l’avoue, mon péché-mignon c’est l’évènementiel, qui plus est sportif.
J’aime le contact, les relations humaines, le show et c’est vrai que c’est un secteur qui me correspond bien. Gérer, coordonner et mettre en place un événement me plaît énormément. C’est une des spécialisations qui correspond à mes attentes professionnelles.

Tout au long de mes études supérieures, j’ai toujours essayé de travailler en parallèle pour divers événements sportifs nationaux dans le but d’enrichir mon bagage d’expériences. J’ai eu la chance de travailler en tant que responsable logistique d’une équipe de 10 personnes pour l’Appart City Cup à Montpellier, un tournoi organisé par les équipes de Tony Parker, mais aussi pour l’Euro 2015 de basket à la Sud de France Arena. En même temps, et à plusieurs reprises, j’ai pu être au plus près de joueurs comme Alexander Zverev, Jo-Wilfried  Tsonga, Benoit Paire, Gaël Monfils en tant que Locker Room Runner, à l’Open Sud de France. C’est très enrichissant de côtoyer et de bosser à côté de personnes comme ça !

Et en 2017, après de vaines tentatives, j’ai enfin pu accéder au Graal de l’événementiel sportif : Le Tour de France !

Paul Banal, animateur Cochonou sur le Tour de France

Paul Banal, animateur Cochonou sur le Tour de France

Tu occupes actuellement un poste de chef de projet en Communication & Marketing pour l’entreprise Sport Break. Tu peux nous parler de cette entreprise, que faites-vous ?

Alors Sport Break, c’est le premier complexe de loisirs connecté indoor en France. Le loisir d’un nouveau genre, avec plus de 15 activités dédiées au sport et au fun avec des simulateurs insolites et innovants. On peut y retrouver un simulateur de ski et de snowboard, une cage de frappe de baseball, un mur d’escalade connectée, des sports extrêmes en réalité virtuelle… Bref, un magnifique projet élaboré par Nancy Hocine et Benjamin Faure, qui m’ont embauché et m’ont fait confiance 6 mois avant l’ouverture. Pour la petite anecdote, je suis le premier salarié du groupe. 

Sport Break aujourd’hui accueille un large public qui va des entreprises pour des Team Building, des centres de loisirs jusqu’aux anniversaires et aux enterrements de vie de célibat. C’est un lieu très vivant, où on aime prendre du plaisir et s’amuser, autour du sport.
Depuis l’ouverture, je m’occupe de la promotion, de la visibilité et de la notoriété du complexe, sur le digital via les réseaux sociaux et le SEM.

Pour faire le lien avec Fanstriker.com, mon job me permet aujourd’hui aussi de construire des stratégies de promotion au sein même d’évènements sportifs montpelliérains. Par exemple, Sport Break a mis en place pour la saison 2019-2020 du club du MHSC un espace de réalité virtuelle au Stade de la Mosson, qui a pour mission de dynamiser l’expérience fan dans les espaces VIP, mais aussi de participer à la promotion de notre complexe. 

En 2017, tu as rejoint le Tour pour la première fois. Comment es-tu devenu animateur sur cet événement ?

Alors c’est un vrai défi ! Parce qu’il y a énormément de monde qui postule ! La première étape, c’est de contacter chaque agences événementielles qui gèrent les dispositifs des différentes marques présentes sur le Tour. Il faut bien préparer son CV et sa lettre de motivation pour être le plus percutant possible pour les recruteurs.

Ensuite, il faut bien se préparer à l’entretien qui peut être en rendez-vous physique ou en visio. Et si vous êtes sélectionné, victoire ! Tout s’accélère et vous devenez impatient de commencer cette folle aventure ! 

“J’ai grandi avec le Tour.”

Avant de travailler en immersion sur cet événement, tu étais toi-même un fan de la Grande Boucle ?

Complètement, j’ai grandi avec le Tour. Grâce notamment à mon grand-père (Papi Gérard) ancien cycliste à la retraite et passionné de vélo. On regardait chaque année le Tour de France pendant les grandes vacances estivales dans les Cévennes. Il m’a souvent accompagné voir passer les coureurs, et donc la caravane… Il faut dire que quand tu es enfant, tu attends des heures sur le bord de la route et puis d’un coup, pendant 45 min, c’est la pluie de cadeaux en tout genre qui s’abat sur toi ! C’est génial. Et après, les coureurs passent, tu es en admiration.

Comment s’organise une équipe d’animateurs pour une marque sur le Tour de France cyclisme ? Vous êtes tous des saisonniers ?

Les animateurs sont soit saisonniers et ont des métiers totalement différents le reste de l’année ou indépendants, embauchés pour leurs compétences professionnelles sur le Tour de France pour la marque. Les dispositifs pensés par les agences et les marques sont très bien organisés, on a plus qu’à apporter notre touche personnelle : du dynamisme et de la bonne humeur.

Pourquoi Cochonou utilise des Citroën 2 CV sur le Tour ? 

La 2CV traverse les âges et les époques. À la base, je pense que Citroën avait la 2CV comme une simple petite voiture populaire, et en fait, elle s’est vite imposée comme une référence dans l’automobile française. Aujourd’hui la 2CV c’est surtout un art de vivre et un véritable objet de collection vintage. Un mélange de partage, de simplicité et de convivialité, avec son petit côté rétro. Des valeurs complètement en phase avec les valeurs que défend Cochonou et que les animateurs et caravaniers de la marque aiment partager avec le public du Tour de France.

Pourrais-tu nous décrire une journée type sur le Tour dans la caravane Cochonou ?

La journée type pour moi sur le Tour de France, c’est un réveil matinal à l’hôtel, un gros petit déjeuner, parce que les journées sont très dynamiques et il faut faire le plein de forces. Ensuite, je vérifie toutes les informations pour ma destination du jour, je prépare et je réapprovisionne le Bar à Saucisson de goodies et de saucissons.

Le Bar à Saucisson, animation phare de Cochonou sur le Tour

Le Bar à Saucisson, animation phare de Cochonou sur le Tour

Paul qui réalise des dégustations au Bar à Saucisson

Paul qui réalise des dégustations au Bar à Saucisson

Ensuite c’est le départ pour la destination du jour, le plus souvent c’est un village atypique en milieu d’étape ou un col. Il faut savoir que par jour, on peut être amené à faire plus de 300km.

“Les gens sont déjà sur le bord des routes près de 5h avant l’arrivée des coureurs, c’est impressionnant.”

Une fois arrivé, j’ai droit à un accueil très chaleureux, les gens sont déjà sur le bord des routes près de 5h avant l’arrivée des coureurs, c’est impressionnant. Après la préparation, c’est l’heure de l’ouverture, et là c’est parti pour plus de 4h de dégustation des différents produits de la marque, de jeux avec le public pour leur faire gagner les différents goodies de la marque, très prisés et souvent collector sur le bord des routes du Tour. Ensuite, je prépare l’arrivée de mes collègues en 2CV et je fais monter l’ambiance !

Une fois la caravane passée, je continue mes missions jusqu’au passage des coureurs. Juste après le passage des coureurs, c’est l’heure pour moi de tout remballer et de prendre la direction de l’hôtel du soir où je retrouve toute l’équipe. Au menu, une grande douche, un débrief de la journée et un bon repas. Le Tour de France, c’est des moments de vie avec le public la journée, mais aussi le soir avec les collègues de travail.

Justement, l’une des attractions phares de la marque sur le Tour est le Bar à Saucisson. Tu peux nous expliquer le concept ? 

Le concept du Bar à saucisson façon Food-Truck, c’est de proposer au public de partager un moment de convivialité, du début de la journée jusqu’au passage des coureurs. Il peut se positionner dans un col, dans un village, en pleine campagne, en ville… Et grâce au Bar à saucisson, le public peut déguster les différents saucissons de la marque, échanger, partager et jouer.

Le camion est très bien aménagé, un vrai paradoxe entre le coté rétro de la marque et le concept plus moderne du food truck. On y retrouve des objets collectors, une vitrine des différents saucissons de la marque, des photos des 2CV et beaucoup de jeux, pour tenter de faire gagner au public les nombreux goodies collectors de la marque.

L’avantage pour moi, c’est que j’ai le temps d’échanger avec le public et de les renseigner plus longuement et ça c’est vraiment plaisant. Tout cela bien sûr dans des cadres et des paysages complètement fous, aux quatre coins de la France.

Selon toi, pourquoi le Tour de France est-il si apprécié par le grand public ?

Parce que c’est une course mythique, qui montre la richesse et la diversité de notre pays. Les gens sont fiers d’accueillir ou de voir passer le Tour chez eux. C’est un moment de fête et de partage ! C’est l’une des plus grandes compétitions sportives au monde et elle est gratuite ! Et la caravane publicitaire, c’est la cerise sur le gâteau pour le public.

Et pourquoi la caravane Cochonou est-elle la caravane préférée des français ?

Cochonou joue la carte de l’authenticité sur le Tour, à travers les mythiques 2CV d’une part et avec son goodie mythique : le bob à carreaux vichy, qui en fait rêver plus d’un ! C’est la marque qui est présente depuis plus de 20 ans sur la grande boucle. Quand vous êtes sur le bord des routes, vous voyez passer les chars des autres marques, mais vous attendez quoi ? Les huit 2CV qui lancent des bobs et des sachets de minis saucissons. Ça plait depuis plus de 20 ans et ça marche bien !
Bravo à l’agence Live Meetings pour leur travail, ce succès sur le bord des routes c’est aussi grâce à eux.

Je me souviens lorsque j’assistais à une étape du Tour étant enfant, je rentrais avec des casquettes, des bonbons, des portes-clés… Quels sont les goodies que tu distribues aujourd’hui aux spectateurs présents sur le bord des routes ?

On a la chance chez Cochonou d’avoir le goodie suprême, rêvé par tous les fans du Tour : c’est le mythique bob Cochonou. Avec ses célèbres carreaux rouge vichy, il est facilement identifiable. Et sur la route, tout le monde se l’arrache. C’est vraiment un objet collector et vintage. On distribue aussi des sachets de mini-saucissons pour les gourmands. Cochonou a innové l’année dernière avec des espadrilles vichy, que je proposais à la vente au Bar à saucisson, c’était vraiment sympa !

Tu connais le nombre de goodies Cochonou qui sont distribués pendant la Grande Boucle ?

Cochonou distribue à peu près plus de 10 tonnes de saucissons durant les trois semaines de la Grande Boucle. Il faut ajouter à ça plus de 110 000 bobs. C’est énorme !

Cochonou distribue des milliers de goodies sur le Tour

Cochonou distribue des milliers de goodies sur le Tour

Est-ce que l’on pourrait décrire un profil type des personnes que tu vois sur le bord des routes du Tour ?

Pas vraiment, c’est très hétérogène ! Honnêtement, on voit énormément de personnes, et de tout âge ! Tous partagent cette même envie de célébrer le passage du Tour dans leur ville, village ou leur lieu de vacances. Sur mon premier Tour de France, il y a une chose qui m’a particulièrement marqué : les sourires et l’engouement du public chaque jour sur le bord des routes. C’est unique !

Seras-tu sur la prochaine édition du Tour de France ?

Bien évidemment ! Pour la quatrième fois et pour une version totalement inédite ! Pour la première fois de l’histoire du Tour, le départ sera donné fin août. J’ai hâte !

D’ailleurs, comment as-tu vécu l’annonce du report du Tour de France du 29 août au 20 septembre en raison de l’épidémie de Covid-19 ?

C’est la course la plus importante du monde ! C’est une satisfaction de savoir que cette épreuve n’a pas été annulée. Sans l’Euro de football, sans les Jeux Olympiques, ça commençait à faire beaucoup. Donc très content que la course soit maintenue, parce qu’on le sait, tout un public attend ça avec impatience chaque année. Et je pense aussi qu’il était important de la maintenir, pour l’économie du cyclisme.

Paul avec le public du Tour de France sur le bord des routes

Paul avec le public du Tour de France sur le bord des routes

Dernière question mais probablement la plus délicate, quelle est ta propre définition de la fan expérience ? 

La fan expérience, c’est la volonté de réduire la distance entre une organisation sportive et son public. Plus on l’optimise, plus on gagne en engagement.
La fan expérience c’est le moyen de pérenniser et d’accroître la relation entre cette organisation et son public, comme par exemple pour un club et ses fans.
Elle permet de faire vivre et de consommer le sport aux fans de manière différente et plus immersive.

Historiquement, les leaders dans ce domaine, ce sont les américains, qui ont été les pionniers de l’expérience fan. Je me souviens encore de mon premier match NBA, à Brooklyn, c’était impressionnant. Autour du Barclay Center, tout est optimisé pour l’expérience fan avec des animations en tout genre, des restaurants par dizaines, des boutiques… On ne vient pas que pour voir du basket, on vient pour vivre une expérience ! On y arrive 3h avant le match et on y repart 3h après le match. Mais il est vrai que depuis quelques temps, on commence à faire de très bonnes choses en Europe et en France, dans le football comme ailleurs !

Vous avez aimé cet article ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement du public et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce, du business ou celui du sport.

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Au coeur d’une association de supporters avec le BOC

Comment s’organisent les associations de supporters ? C’est ce que nous avons cherché à savoir avec Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC.

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Interview de Remi-Gaillard, co fondateur de l'association du BOC supporters de l'Aviron Bayonnais

Les fans, supporters, partisans, souhaitent parfois s’investir davantage auprès de leur club et cela donne naissance à des groupements et associations de supporters. Comment cela fonctionne ? On a échangé avec un membre d’une de ces organisations, le BOC.

Les associations de supporters sont elles aussi impactées par la crise sanitaire. Elles doivent faire face à des problématiques moindres mais similaires à toutes les organisations, qu’elles soient sportives ou non.
Nous sommes allés à la rencontre de Rémi Gaillard, co-fondateur du BOC, l’un des 5 groupes de supporters de l’Aviron Bayonnais pour en savoir davantage.

Bonjour Rémi, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J’ai 24 ans et je suis un supporter de l’Aviron Bayonnais depuis que je suis tout petit. Au sein de l’association, je m’occupe principalement de la communication et de la gestion de nos réseaux sociaux ainsi que du site internet. Je viens également de terminer mes études et je m’apprête à rentrer dans la vie professionnelle.

Nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters.

L’association BOC existe depuis 2015. Comment l’aventure a t-elle commencé ?

Effectivement, nous attaquons notre 5ème saison pleine en tant qu’association de supporters. L’idée est venue de l’actuel Président de l’association, Nicolas, qui a souhaité mettre en place un groupe de supporters en tribune, tel un Kop, un peu sur l’idée de ce qui se fait déjà au football. Nous connaissions déjà les autres associations de supporters au sein du club, mais nos objectifs sont différents des leurs : c’est cela qui nous a poussé à nous lancer. 

D’ailleurs, que signifie BOC ?

BOC signifie “Bayonnais d’Origine Certifiée”. Nous avons choisi ce nom pour rappeler notre attachement à la ville de Bayonne, un peu sur le modèle de l’AOC que tout le monde connait. La prononciation se fait d’ailleurs en un seul mot et non pas lettre par lettre, je pense que vous comprenez facilement pourquoi…

Peux-tu nous dire comment s’organisent les associations de supporters (trouver un local, réaliser les différentes tâches, s’organiser pour les matchs, animation des réseaux sociaux, etc.) ?

En ce qui concerne le BOC, nous nous sommes adaptés saison après saison, en tenant compte de l’avis de nos membres et en observant ce qui fonctionnait plus ou moins bien. Nous avons au sein du bureau de l’association des fonctions dédiées, mais nous nous entraidons également. C’est d’ailleurs là l’un de nos objectifs fondamentaux : l’entraide et la solidarité.

Les jours de matchs, nous nous retrouvons avec des volontaires quelques heures avant le coup d’envoi pour installer les animations au sein de notre tribune. Généralement, nous buvons quelques verres ensemble avant de monter en tribune et d’attaquer la rencontre. Il nous arrive également de rencontrer d’autres associations de supporters, en fonction des affinités.

Pour ce qui est du local, nous occupions jusqu’à présent une partie du local de l’association des Gars de l’Aviron, qu’ils nous prêtaient gracieusement. Depuis la fin de la saison dernière, nous avons un container à notre disposition, juste à côté de notre tribune, ce qui nous permet de ranger l’ensemble de notre matériel avec beaucoup plus d’aisance (drapeaux, tambours, canons à confettis, etc.).

Pour l’animation des réseaux sociaux, nous sommes deux à gérer principalement nos comptes. Nous fonctionnons beaucoup par le biais de ces supports, qui nous permettent de toucher un large public. De plus, nous avons mis en place pendant le confinement un compte secondaire sur twitter ainsi qu’une nouvelle version de notre site internet, tous deux en basque, afin de nous rapprocher de cette partie de notre communauté.

Combien de membres compte le BOC aujourd’hui ?

Nous en sommes actuellement à 370 adhérents et près de 200 abonnés en tribune, ce qui est notre record en cours, toutes saisons confondues.
Il y a eu quelques fluctuations du fait des descentes en Pro D2 mais globalement nous sommes sur une phase ascendante, notre association étant de plus en plus connue et reconnue. Nous espérons que cette dynamique va continuer dans les années à venir.

Comment faites-vous pour trouver de nouveaux membres ?

Une part non négligeable de nos nouveaux membres provient de supporters qui nous découvrent lors des rencontres au stade, en voyant nos animations et en participant à l’ambiance que nous mettons en tribune.
La portée de nos réseaux sociaux et la publication de différents supports – photos et vidéos – nous permettent aussi de fidéliser un nouveau public. Le bouche à oreille joue également un rôle important pour nous. Nous bénéficions d’une image positive auprès du public, c’est une chance.

Nous essayons aussi de développer de nombreux produits dérivés aux couleurs de notre association. Nous avons à ce titre une boutique en ligne, sur notre site internet, et nous envoyons les produits pour celles et ceux qui le désirent. Il est important pour nous de diffuser notre logo, afin qu’il soit reconnu facilement.

 
 
 
 
 
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Quelles sont les activités d’une association de supporters ? Quelles sont vos actions en jour de match et en hors jour de match ?

Les activités sont nombreuses et il est impossible de s’ennuyer lorsque l’on créé une association de supporters. Il y a tout l’aspect communication, relatif notamment à l’information de nos membres sur les animations que nous organisons et les évènements que nous mettons en place : cela représente un temps de travail très important et qui ne se voit pas forcément.

Encore, il s’agit de rechercher des partenaires et de les fidéliser, et nous devons d’ailleurs progresser de ce côté là. Ils peuvent représenter un soutien important pour nous, et nous bénéficions d’une couverture sur les réseaux sociaux qui peut être intéressante pour eux.

Concernant nos actions, nous avons systématiquement des drapeaux en tribune, de plus ou moins grandes tailles, ainsi que des étendards. L’aspect visuel est pour nous très important et nous essayons d’apporter du mouvement et de la couleur dans notre tribune. Cela passe par l’achat de ponchos de couleurs, de canons à serpentins, d’extincteurs à poudre… Nous essayons vraiment d’apporter une dynamique nouvelle, en nous inspirant de celle qui se rencontre dans certains stades de foot.

Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

En dehors des jours de match, nos activités sont diverses. Nous essayons une fois par an (ou plus quand cela est possible) d’organiser des actions caritatives : achat de matériel pour l’équipe des espoirs, invitations de jeunes de la ville à nos évènements (comme pour le spectacle de Vincent Moscato), organisation d’un loto annuel. Nous allons essayer cette saison de développer les rencontres entre supporters, notamment au travers de l’organisation de repas.

Concrètement, être membre d’une association de supporters représente combien de temps dans la semaine ?

Cela varie forcément en fonction des périodes, mais ce qui est sûr c’est que le temps consacré à l’association chaque semaine se compte en heures. La gestion des réseaux sociaux est très chronophage et il est important d’être réactif pour satisfaire nos supporters. L’envoi des produits dérivés nous prend également beaucoup de temps. Sur les semaines les plus chargées, la quinzaine d’heures consacrées à l’association est largement atteinte, si ce n’est dépassée.

À ce propos, tout le monde peut-il être membre d’une association de supporters ?

En ce qui concerne notre association, il n’y a aucune restriction. Nous avons parfois l’image d’une jeune association et certains supporters plus âgés sont réticents à l’idée de nous rejoindre. Cette crainte est infondée ! Adhérer à notre association, c’est participer financièrement à nos côtés à l’organisation des animations : tout le monde en profite. À titre informatif, notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Notre plus jeune adhérent a 7 ans, et le plus ancien a dépassé les 80 ans … Tous les supporters sont les bienvenus.

Qui sont les fans qui se cachent derrière ces organisations ? Quel est le profil type des personnes qui figurent au sein de l’association ?

Je ne pense pas qu’il y ait un profil type derrière les fans au sein de notre association. Ce qui est certain en tout cas, c’est que tous nos membres ont cette volonté de raviver la flamme du supporter qui sommeille en chacun de nous. Cela se ressent d’ailleurs en tribune avec nos abonnés, qui à chaque match se surpassent pour apporter ce supplément d’âme dont nos joueurs ont besoin.

D’ailleurs, tous les membres sont-ils des abonnés au stade Jean Dauger ?

Non. De nombreux membres ne sont pas abonnés au stade Jean Dauger. Ce qui est en revanche intéressant pour nous, c’est que chaque saison des membres non abonnés décident de nous rejoindre en s’abonnant à nos côtés en tribune. C’est gratifiant pour le travail réalisé au cours de la saison. Nous avons de plus des soutiens dans toute la France, et même en outre-mer et en Belgique ! 

Quelles sont vos relations avec le club de l’Aviron Bayonnais ?

Nos relations avec le club se sont nettement améliorées depuis l’arrivée à la présidence de Philippe Tayeb. Il a vraiment pris la mesure de ce que représentaient les associations de supporters au sein du club, particulièrement ici à Bayonne où les exigences sont très fortes. Nos intérêts sont de plus les mêmes : faire rayonner tant notre club que notre ville et les aider à atteindre les sommets.

De manière plus générale, le club est très souvent volontaire pour nous aider, que ce soit financièrement parfois, ou en nous permettant de bénéficier de leur visibilité pour communiquer. Quoi qu’il en soit, nous avons toujours une oreille attentive qui nous écoute, et c’est très appréciable.

Comment réagissez-vous face aux actions entreprises par le club pour améliorer l’expérience des spectateurs ?

Nous y réagissons très positivement. Cela faisait des années que notre club stagnait en terme d’infrastructures et de “fan expérience”. Il semblerait que la nouvelle direction ait véritablement intégré l’importance de l’expérience des supporters, notamment afin de fidéliser ceux qui ne sont pas forcément les plus assidus. À ce titre, les exigences légitimes posées par Yannick Bru pour augmenter le niveau de l’équipe auront nécessairement des répercussions sur l’expérience des supporters. La dynamique est en train de changer, et c’est tant mieux.

Vous utilisez fréquemment les réseaux sociaux pour soutenir ou interagir avec votre club ?

L’interaction via sur les réseaux sociaux avec notre club se passe surtout sur Twitter, qui y est propice. Nous avons de plus de bons contacts avec le community manager du club. Sinon, nous nous contactons par mail ou par téléphone.

Vous bénéficiez comme parrains de l’association les joueurs Ugo Boniface et Peyo Muscarditz. Qu’est-ce que cela vous apporte d’avoir ces soutiens. Quel est leur rôle en tant que parrains ? 

Ce principe de parrainage avec des joueurs de l’équipe, nous l’avons mis en place depuis notre création. Ainsi, notre premier parrain était Charles Ollivon, aujourd’hui capitaine du XV de France. Simon Labouyrie lui a ensuite succédé.
À son départ, nous avons décidé d’opter pour un double parrainage, qui s’est concrétisé par ce lien avec Ugo et Peyo. Il s’agit-là de deux jeunes prometteurs, qui correspondent aux valeurs prônées par notre association. Nous les contactons ponctuellement mais il est vrai que nous sommes conscients que nous devons renforcer ce lien de parrainage. 

Quelles sont vos relations avec les joueurs ? Vous pensez qu’ils sont suffisamment reconnaissants de votre investissement ?

Nos relations sont globalement bonnes, avec bien-sûr une proximité différente selon les joueurs. Nous avons des relations plus ou moins privilégiées avec certains d’entre eux. Quoi qu’il en soit, ils sont tous reconnaissants de notre investissement et ils nous le rendent bien. Cela s’est notamment vu à la fin de la rencontre face à Toulouse le 29 février dernier, avec un moment privilégié devant notre tribune, qui restera dans les moments forts de notre association. 

On pense souvent qu’il existe de l’animosité entre les différents groupes de supporters ? Quelles sont vos relations avec les associations de supporters des clubs environnants ?

Nous n’avons pas de liens particuliers avec les autres groupes de supporters. La seule association dont nous sommes vraiment proches, et avec qui nous entretenons des liens étroits, est “Les Fils de Besagne”, un club de supporters du RC Toulon. Nous nous rencontrons chaque année, et nous nous voyons même en dehors des rencontres de rugby. De vrais liens d’amitié existent entre nous.

Face au Covid-19, quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les difficultés que nous rencontrons sont principalement financières, comme pour beaucoup d’autres associations malheureusement. Nous sommes reconnaissants de ne pas à avoir de loyer à payer, mais nous nous retrouvons face à une incertitude majeure du fait de l’annulation de notre loto. Nous ne savons pas comment financer une partie de nos animations.
Nous sommes en revanche satisfaits de voir que les supporters ont répondu présent en adhérant à notre association malgré la dernière fin de saison prématurée.

Vous venez donc de lancer une cagnotte pour compenser l’annulation de votre traditionnel Loto/Bingo, initialement prévu le 18 septembre prochain. Un événement qui ampute votre budget de 50% soit environ 5 000€.

Effectivement. Nous avions déjà repoussé 3 fois notre loto, initialement prévu en avril dernier. Les conditions actuelles ne nous permettent pas de l’organiser de manière satisfaisante, c’est pourquoi nous avons préféré l’annuler.
Nous avons longtemps hésité avant de lancer cette cagnotte mais nous nous y sommes résolus puisque tout l’argent récolté sera directement réinvesti dans l’association et dans l’organisation des animations. Il est important de le mentionner : nous ne faisons aucun bénéfice qui ne soit pas réinvesti dans la vie de l’association.

Un budget divisé par 2, cela se traduira nécessairement par deux fois moins d’animation au stade. Nous pensons que les supporters seront heureux de nous voir continuer à faire vivre le stade Jean Dauger. Nous avons de plus de nouvelles idées pour cette saison, et elles devraient plaire au plus grand nombre.

Avez-vous des idées ou des suggestions pour mieux collaborer avec le club et les collectivités locales ?

La collaboration avec le club se renforce au fur et à mesure de notre construction en tant qu’association. Nous gagnons en crédibilité année après année.
Des réunions sont d’ailleurs organisées avec le club, notamment Yannick Bru, à la fin de chaque bloc, pour échanger sur ce qu’il s’est passé et aboutir sur d’éventuelles propositions.
Nous n’avons donc pas spécifiquement d’idées à proposer : continuer dans le sens de la dynamique impulsée depuis maintenant deux saisons sera déjà une très bonne chose.

Pour finir, quelle serait ta propre définition de la fan expérience ?

Ma définition de la fan expérience sera simple et est finalement organisée autour de l’évènement sportif que constitue un match : se rencontrer avant, vivre ensemble pendant, se retrouver ensuite. C’est un peu l’idée d’une expérience 360 qui ne se limite pas aux seules 80 minutes que dure le match (de rugby). Cela renforce les liens et contribue à satisfaire nos supporters.

Merci à Rémi Gaillard pour cet échange qui nous permet de mieux comprendre le fonctionnement d’une association de supporters.
Vous pouvez soutenir le BOC en participant à la cagnotte mise en place.

Vous pouvez consulter toutes nos interviews dans l’onglet Interviews sur notre site. Si vous êtes un professionnel du sport business et que vous souhaitez échanger sur le sujet de l’expérience des spectateurs, vous pouvez nous écrire sur hello@fanstriker.com ou sur chacun de nos réseaux sociaux.

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