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Le WVU Coliseum lors d'un match de basketball universitaire NCAA Le WVU Coliseum lors d'un match de basketball universitaire NCAA

Fan expérience aux Etats-Unis

Un match de basketball dans l’université West Virginia aux États-Unis

Vivre un match de basketball universitaire aux États-Unis est une vraie expérience digne des meilleurs show sportifs. Nous étions à l’Université West Virginia.

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Le Sport Universitaire aux Etats-Unis est clairement un autre monde, nous le savons. Nous étions à Morgantown dans l’université de Virginie Occidentale pour suivre un match depuis les tribunes. 

 

Étant aux États-Unis pour mes études, j’ai pu assister ce samedi 24 novembre dernier, à un match de basketball universitaire dans l’impressionnante université de la West Virginia (Université de Virginie-Occidentale). Cette université d’État et ses 30 000 étudiants est l’une des plus importantes des USA. Elle est réputée pour avoir l’une des plus grandes salles universitaires des Etats-Unis (14,000 places).

La veille de ce match, l’équipe de Football Américain l’avait emporté devant plus de 60 000 spectateurs. Ce samedi, c’est devant plus de 9 000 fans que l’équipe de basketball de l’université de Virginie Occidentale rencontre l’université de Valparaiso pour ce match de NCAA (National Collegiate Athletic Association).

Le WVU Coliseum en soir de match de basketball universitaire@WVUAthletics

Le WVU Coliseum en soir de match de basketball universitaire

Une salle universitaire de 14 000 places

C’est le WVU Coliseum qui accueille les matchs de basketball masculin et féminin de l’université. Construite en 1970 à Morgantown, cette enceinte figure parmi les plus imposantes des universités américaines avec 14 000 places. Cependant, assez loin derrière la plus grande salle de basket universitaire du pays : la Carrier Dome dans l’université de Syracuse à New York avec 49 250 places.
Pour comparaison, l’AccorHotels Arena à Paris dispose de 20 300 places.

Il s’agissait du troisième match à domicile des Mountaineers (le surnom de l’équipe). Celui-ci était initialement prévu à 2:00 PM (14h00) mais 1h30 avant le début de la rencontre, les gradins commence déjà à se remplir. 9 188 personnes allaient garnir les tribunes ce soir là (66% d’affluence). Aux États-Unis, et particulièrement dans le sport universitaire, le public ne se demande pas comment il va pouvoir attendre tout ce temps, c’est même un objectif important d’arriver en avance. De nombreuses activités et shows sont prévus pour divertir les fans. Un “Show à l’américaine” dans toute sa splendeur.

C’est l’orchestre de l’université qui lance le show suivi par les fameuses Cheerleaders et les danseuses. Entre chaque show, nous suivons l’échauffement des équipes. Certains joueurs font aussi le spectacle tandis que d’autres signent des autographes aux plus jeunes fans.

Cinq minutes avant le coup d’envoi place à l’hymne national. Il faut savoir qu’avant chaque match universitaire aux Etats-Unis, retentit l’hymne national américain. C’est un vrai moment de l’expérience attendu par tous. Pour ce match, ce sont des élèves du lycée de la ville de Parkersburg qui ont eu le privilège d’animer ce moment important.
Ensuite, la composition des équipes avec les 5 joueurs de départ est annoncé au public. Une présentation digne des équipes de NBA avec un jeu de lumière et un DJ qui met l’ambiance pour accueillir les joueurs.

Un vrai avant-goût de la NBA

La NCAA est l’anti-chambre de la NBA. Certains joueurs seront ensuite draftés dans les équipes qui évoluent en NBA. La draft n’a pas vraiment d’équivalence en France, puisqu’il s’agit de la période où les équipes de NBA peuvent enrôler les meilleurs athlètes universitaires du pays.

Revenons au WVU Coliseum et au jeu pour ce match entre les Mountaineers et les Crusaders. Sur le terrain beaucoup de spectacle mais également en tribune. L’une des tribunes est uniquement réservée aux étudiants. Nous pouvons comparer cette tribune au Kop dans nos stades de football par exemple. Cette tribune, proche du terrain permet un incroyable soutien et une force supplémentaire pour les joueurs.

Dancing cam pour le public, animation battle de danse sur le court pour remporter son diner, concours de shoot, match de kids à la pause, cadeaux… telles sont les activités misent en place par le staff évènementiel de l’université pour satisfaire l’expérience du public.
À aucun moment pendant la rencontre, les fans sont oubliés. Dès qu’il y a un temps-mort, une activité est prévue pour pouvoir divertir le public. 

Le match se termine sur une victoire de l’équipe locale 88 à 76 et l’hymne de l’université est reprise en coeur par l’ensemble des fans.
De notre côté, nous avons vraiment apprécié ce moment. L’écran principal est vraiment l’atout numéro de l’expérience offerte au public. L’ensemble des actions réalisées autour sont dupliquées par cet écran qui donne du coffre à une animation. La gestions des temps “calmes” où il n’y a pas de jeu est très bien orchestrée. 

Ayant la chance de découvrir petit à petit l’univers du sport universitaire aux États-Unis, français ou européens, nous découvrons quelque chose de totalement différent. Tant dans l’approche du sport business que dans sa consommation. Ces fans supportent leur université comme des fans européens supporteraient leur ville en compétition.
Une chose est certaine, ce match de basketball universitaire n’avait rien à envier à un match de Jeep Elite (1 niveau de basketball en France).

Et vous, vous avez déjà eu l’occasion de vivre un match de basket universitaire aux États-Unis ? 

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Fan expérience aux Etats-Unis

Fan Controlled Football League (FCFL) : Les fans aux commandes d’une nouvelle ligue de foot US

La FCFL offre la fan experience la plus engageante et immersive de l’année. Les fans sont aux commandes de la ligue. Ils décident de toute l’action sur et en dehors du terrain.

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Fan Controlled Football League FCFL

La Fan Controlled Football League s’impose comme l’une des compétitions les plus innovantes de l’année. Elle propose aux fans de gérer un tournoi de football américain de A à Z. D’abord ils ont pu décider des règles de la compétition puis ils ont pris les commandes des équipes. Avec une fan experience engageante à chaque instant et une diffusion ultra immersive, la FCFL conclut une première saison plus que réussie. Le format de cette ligue spectacle deviendra-t-il un standard ?

 

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Les Zappers célèbrent un touchdown

La FCFL répond à une demande croissante pour des compétitions plus funs, plus immersives et plus faciles à suivre

La FCFL est l’une de ces nouvelles ligues qui s’adaptent aux mutations de l’industrie du divertissement

Les avancements technologiques des 40 dernières années ont eu un fort impact sur la manière dont les nouvelles générations se divertissent. Une forte culture participative a émergé des réseaux sociaux. La démocratisation du gaming a fait naître un besoin d’intéractivité dans le divertissement. Notre capacité à accéder à des milliers d’informations à chaque instant a poussé au développement d’offres de divertissement dont la vitesse et la durée s’adaptent aux différents moments où on les consomme.

“Fast paced. Hard hitting. No replay. Running clock. All action.”

– Extrait de la page de présentation des règles de la FCFL

Ainsi, en parallèle des grandes ligues traditionnelles, dont les règles datent pour certaines de plus d’un siècle, des “ligues spectacles” gagnent en popularité. En général, leur succès repose sur le même schéma.

  1. Partir d’un sport traditionnel.
  2. Raccourcir la durée d’un match pour séduire les fans occasionnels.
  3. Modifier les règles pour rendre le jeu plus rapide et plus facile à suivre.
  4. Mettre en place des dispositifs pour rendre les matchs plus immersifs quitte à empiéter sur l’aspect sportif du jeu.

Ce sont des changements que le public aurait peut-être du mal à accepter s’ils étaient opérés par une ligue traditionnelle comme la Ligue 1, la NFL ou la NBA. Les nouvelles compétitions peuvent, elles, se rapprocher du divertissement pur sans problème. C’est ce que proposent le Rugby X, la XFL, l’International Swimming League et même, dans une certaine mesure, la Formule E. La Fan Controlled Football League pousse le concept à l’extrême.

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Une compétition de football américain où les fans ont décidé d’accélérer l’action

La FCFL est composée de 4 équipes : les Glacier Boyz, les Wild Aces, les Beasts et les Zappers. La compétition se joue tous les dimanches en intérieur dans un studio high tech avec des règles choisies par les fans. Le football américain est un sport plutôt lent. En NFL la durée moyenne d’un match est supérieure à trois heures avec des arrêts plus que fréquents. Les équipes de NFL ont de larges effectifs au sein desquels 3 escouades de 11 joueurs se relaient sur un terrain de 100 yards. La FCFL se joue sur un terrain de 50 yards sans escouade spécial, sans coup de pied. Ces nouvelles règles accélèrent le jeu pour des confrontations qui se joue en moins d’une heure (deux mi-temps de 20 minutes) sans replay, sans que l’on n’arrête le chronomètre. Plus besoin de réserver son après-midi pour suivre un match.

“New rules and a new format maximize excitement, substantially reduce penalties, and BRING BACK THE FUN!”

– Extrait de la page de présentation des règles de la FCFL

Tout comme la XFL, la FCFL a réinventé les conversions de touchdown. Le nouveau système est à l’image du jeu : rapide et impressionnant. Exit les coups de pied. Les fans peuvent décider de faire performer à leur équipe une conversion à 5 yards pour 1 point ou 10 yards pour 2 points. Les conversions voient s’affronter un wide receiver et un defensive back en 1vs1 alors que le quarterback a 3 secondes pour lancer la balle à son coéquipier.

Une compétition en phase avec la Génération Z

A l’heure où la Génération Z se tourne de plus en plus vers le gaming, la FCFL est une ligue qui reprend beaucoup de codes de cette industrie. Tout d’abord elle est une forme de divertissement interactif. L’expérience fan d’un match de FCF est un hybride entre un match de NFL et une partie de “The Yard” sur Madden. Visuellement, l’habillage vidéo de la ligue rappelle l’univers du jeu vidéo. De plus, la compétition est diffusée sur Twitch, plateforme privilégiée des amateurs de gaming.

La vitesse du jeu et le format court des matchs correspondent aussi aux modes de consommation de la Gen Z qui préfèrent regarder les highlights d’un match de NFL plutôt que d’y consacrer son dimanche soir. Le système de draft hebdomadaire est en phase avec la tendance de cette jeune génération à s’attacher à des athlètes plutôt que des équipes.

Les fans construisent la ligue et gèrent leur équipe de A à Z

En 2015, les fondateurs la FCFL avait mené une expérience en achetant une équipe, les Screaming Eagles de Salt Lake City, et en déléguant toutes les décisions aux fans : le nom de l’équipe, le logo, les maillots, le coach, les joueurs à recruter. Face au succès de ce pilote, ils ont décidé de passer à la ligue supérieure en créant une ligue contrôlée par les fans.

L’ADN de la Fan Controlled Football League c’est l’implication des fans dans 100% des décisions concernant la ligue. Des règles du jeu à l’action sur le terrain en passant par la tenue des coachs, ce sont les fans qui sont aux commandes.

“(…) [T]he idea behind Fan Controlled Football lives with every fan who has ever yelled at a TV screen, thrown a remote control across the room or cheered wildly when their favorite team finally did the thing they wanted them to do. ”

– Extrait de la page de présentation de la FCFL

Avant même le premier match, les fans étaient déjà impliqués dans la construction de la ligue

Les fans sont décisionnaires dans la construction de la ligue. Le règlement du jeu l’illustre clairement. Sous chaque règle on peut retrouver les différentes options proposées aux fans et l’option qu’ils ont choisie. Les supporters ont pu entre autres décider des règles des prolongations, du système de pénalités ou encore de la définition d’un catch.

Lorsqu’ils s’inscrivent sur l’application de FCF, les fans choisissent une équipe. Tout au long de la saison ils sont amenés à faire des choix pour leur équipe. Chaque mercredi les fans décident des nouveaux joueurs qui vont intégrer l’effectif de leur équipe. Ils votent pour élire les joueurs que leur équipe va drafter.

“Unlike traditional leagues, our focus is on optimizing everything on the field and through the entire fan experience. If something sucks, we’ll work with the fans.”

– Extrait de la page de présentation de la FCFL

A mi-chemin entre le sport et le jeu vidéo, la FCFL permet aux supporters de guider l’action sur le terrain

Chaque fan inscrit sur FCF prend des décisions pour son équipe même les jours de match. Les fans décident de la composition de l’équipe mais aussi et surtout des jeux. Comme sur le jeu vidéo Madden, les supporters voient une sélection de stratégies possibles pour le prochain down et ont la possibilité de voter pour celui qui leur semble le plus adéquat. L’équipe offensive a 10 secondes pour lancer le jeu après que ses fans ont décidé de la stratégie qu’ils doivent adopter.

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Les fans décident la stratégie de leur équipe à chaque jeu.

Les fans font même partie de la compétition

En tant que fan, vous êtes sollicités toute la semaine pour prendre ces décisions et cela n’est pas sans conséquence. Chacune de vos bonnes décisions vous rapportent du FanIQ. Choisir une bonne stratégie lors d’un match ou recruter des top joueurs lors de la draft vous augmentera votre FanIQ. Plus vous avez de FanIQ, plus vos votes comptent. De même, en collectant des badges d’expérience vos votes auront plus de pouvoir dans certaines situations.

Toute au long de la semaine, les supporters ont l’opportunité de gagner du Team Power pour leur équipe. Il s’agit de bonus qui pourront aider les joueurs sur le terrain. Par exemple, les fans peuvent faire gagner un 5e down à leur équipe.

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La célébration d’un Glacier Boy

Que peuvent en tirer les compétitions traditionnelles ?

La beauté des compétitions traditionnelles vient du fait qu’au fil des années des générations d’athlètes s’affrontent pour gagner le même trophée selon les mêmes règles. Les fans ont construit leurs propres traditions en famille et entre amis autour de ces compétitions. Proposer des changements de règles comme ceux de la FCFL à la Coupe du Monde, en MLB ou en NBA n’auraient pas vraiment de sens. Cependant, ces compétitions peuvent s’inspirer de la FCFL pour ce qu’il se passe en dehors du terrain.

Moins de protocoles et plus de shows

La FCFL est une ligue de spectacle. L’entrée des joueurs n’est pas protocolaire mais spectaculaire. Leur arrivée sur le terrain est à l’image l’entrée des combattants de la WWE. C’est un show à part entière. Le design de la zone d’en-but permet des célébrations de touchdowns animées. Les extrémités du terrain sont profondes pou laisser la place aux joueurs d’exprimer leur joie. Elles sont aussi équipées de lumières flash, de lasers et de machine à fumée qui accompagnent la joie des joueurs.

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Innover dans la diffusion

L’expérience de visualisation des matchs de FCF est très immersive. Un drone permet de suivre les actions avec la “Madden View” en référence au jeu vidéo d’EA. Les joueurs portent des micros. L’entreprise ActionStreamer fournit des casques équipés de caméras pour suivre les actions à la première personne. L’arena est également équipée de caméra VR à 180°. Les fans sont au plus près de l’action. Ce type de dispositif peut être reproduit dans tout type de sport. La NFL et la MLB ont déjà expérimenté les micro sur les joueurs ainsi que les casques ActionStreamer équipés de caméras. La XFL va même encore plus loin en conduisant des interviews des joueurs qui sont sur le banc de touche pendant le match.

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Un match en Madden View

Mettre en avant les personnalités qui participent au folklore de la ligue

Chaque équipe a pour propriétaires phares des personnalités qui ont une affinité pour le football américain. Par exemple, le rappeur Quavo du groupe Migos est co-propriétaire star des Glacier Boyz. Il était quarterback de l’équipe de son lycée et il est un grand fan des Georgia Bulldogs. L’ancien cornerback des Seahawks et des 49ers, vainqueur du Superbowl et multiple All Pro, Richard Sherman est également co-propriétaire des Glacier Boyz. Enfin, troisième profile intéressant, le youtuber et tiktoker Deestroying les accompagne en tant que co-propriétaire des Glacier Boyz. Ancien kicker à UCF, la NCAA l’a exclu de la compétition suite à son succès commercial sur Youtube.

Ces personnalités attirent l’attention sur la ligue et contribuent à son succès. Il est important de les impliquer dans la vie de la compétition. La variété de profile parmi les propriétaires des équipes permet d’inviter une large audience à suivre la FCFL. Sans être propriétaire d’une équipe, à l’image de Drake pour les Raptors, les personnalités qui ont une forte affinité avec un club peuvent participer à la croissance de la communauté.

“Power to the fans” est la devise de la FCFL et elle l’honore. En donnant toutes les clés de la compétition aux fans, la FCFL propose l’expérience la plus engageante de l’industrie du sport à l’heure actuelle. Si le format de cette ligue ne deviendra probablement pas un standard, on peut s’attendre à voir émerger de plus en plus de ligues spectacles en parallèle des ligues traditionnelles. De leur côté, les ligues traditionnelles peuvent s’inspirer de la place que la FCFL laisse au show en avant match, de sa diffusion immersive et de sa communication autour de personnalités de l’industrie. 

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Fan expérience aux Etats-Unis

Les playoffs de NFL avec Bob l’Éponge et ses amis sur Nickelodeon

Le premier tour des playoffs de NFL a été diffusé sur la chaîne pour enfants Nickelodeon pour toucher un nouveau public.

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Une rencontre sportive diffusée sur une chaine pour enfants. C’est l’originalité de la semaine avec les stars de la chaîne pour enfants Nickelodeon intégrés dans la diffusion du premier tour des playoffs. Comment et pourquoi Bob l’Éponge et ses amis ont investi les playoffs NFL ? On vous explique.

 

Pour la première fois le 11 Janvier 2021, une rencontre de football américain a été retransmise sur Nickelodeon, une chaîne destinée aux enfants et donc éloignée de l’univers du sport professionnel. L’objectif ? Réunir parents et enfants derrière le même écran et ainsi recruter de nouveaux fans avec un format inédit. L’initiative a été accueillie positivement par les fans qui en redemandent.

 

Un spectacle à voir derrière son écran de télévision sur Nickelodeon

Comme chaque année, les playoffs de NFL ont débuté avec un week-end de Wild Card, une sorte de match de barrage, qui a donné lieu cette année à trois matchs dans chacune des deux conférences. Du côté de la NFC (La National Football Conference), les New Orleans Saints ont accueilli les Chicago Bears au sein de leur impressionnant Mercedes-Benz Superdome qui a sonné bien creux : en raison des règles sanitaires appliqués dans l’État de la Louisiane, seulement 3.000 spectateurs ont pu s’asseoir dans les travées du stade capable d’en recevoir près de 75.000.
Pour tous les fans contraints de rester à la maison, le diffuseur CBS a retransmis la rencontre de façon classique avec des commentateurs expérimentés et des anciens joueurs venus apporter leurs analyses, schémas tactiques à l’appui. Pourtant, les téléspectateurs se sont vus offrir une alternative à la fois inédite et augmentée.
Appartenant également au réseau ViacomCBS, détenteur des droits de retransmission, la chaîne Nickelodeon a donc proposé le même match en simultané, mais avec son propre univers clairement identifié autour de la jeunesse. Bob l’Éponge, les Razmokets, Hé Arnold!, All That… autant de franchises et de personnages qui ont envahi un terrain plus habitué aux quarterbacks et autres fullbacks bardés de casques et d’épaulettes de protection.

Les personnages de Nickelodeon dans les tribunes du Mercedes-Benz Superdome

Une mélange entre cartoon et sport qui détonne

Concrètement, Nickelodeon a renouvelé le principe de la retransmission sportive sur plusieurs points, à commencer par les commentateurs. En cabine, c’est Gabrielle Nevaeh Green, actrice de la série de sketchs pour adolescents All That, qui a pris place en compagnie de l’ancien receveur Nate Burleson. À fond dans son personnage, elle s’est ainsi intéressée aux règles de ce jeu complexe avec des commentaires adaptés : “Un joueur remplacé par son coach, on peut dire que c’est comme s’il était puni par ses parents ?”, tout en encourageant vivement les joueurs des deux équipes.
Au bord du terrain, son homologue Lex Lumpkin s’est quant à lui attaché à délivrer en direct des informations savoureuses, telles que le parfum de glace préféré du running back.
Pour développer sa parodie, Nickelodeon a par ailleurs détourné les synthés, ces surimpressions qui permettent de légender l’action ou le joueur à l’image. De cette façon, le personnage surdoué de Young Sheldon, spin-off de la série The Big Bang Theory, est régulièrement intervenu pour expliquer les décisions arbitrales les plus obscures. Aussi, la relation du “dynamic duo” des Saints Alvin Kamara et Taysom Hill a été comparée à celle qu’entretiennent Bob l’Éponge et de Patrick l’étoile de mer.

Toujours dans l’analogie, les ralentis des actions écoulées ont presque tous été augmentés à la sauce cartoon : traînées de fumée derrière un joueur en course, points d’interrogation au-dessus d’un coach en réflexion, éclairs sur le terrain lors d’une action marquante, coeurs au dessus d’une célébration… tandis que l’espace compris entre les poteaux de transformation a été occupé par le visage iconique de Bob l’Éponge.

Visuellement, Nickelodeon a brillamment importé son “slime”, une sorte de substance gluante dont la marque se sert parfois comme signature graphique. Ainsi, la traditionnelle zone d’en-but appelée end zone s’est transformée en slime zone, déversant des quantités de liquide virtuel sur les joueurs lors d’un touchdown. Et c’est tout naturellement que Sean Payton, le coach des Saints, a accepté en fin de match de se faire doucher par un tonneau de slime, cette fois pour de vrai.

Avant le coup d’envoi et pendant la mi-temps, la chaîne a décidé d’occuper l’antenne avec les programmes spéciaux The Spongebob Squarepants Countdown Special et Kamp Koral: Spongebob’s Under Years qui ont réuni les personnages de Bob l’Éponge et l’ancien linebacker Von Miller. L’alchimie entre le sport et Nickelodeon semble avoir ravi les téléspectateurs, comme l’a confirmé Kurt Warner, élu meilleur joueur lors du Superbowl en 1999  : “Mon fils n’avait jamais regardé un match en entier !”.

Un format apprécié sur les réseaux sociaux

En ligne, l’expérience a été largement salué par le public puisque le hashtag #NFLOnNickelodeon est devenu un trending topic (top tendance) à l’échelle mondiale sur Twitter. Les réactions des fans ont été soutenues par le compte @NFLNickPlay qui a distillé des contenus pédagogiques et retweeté des utilisateurs pendant toute la soirée. En parallèle, le traditionnel choix du meilleur joueur a été soumis au vote des fans via un site dédié, honorant le quarterback de Chicago Mitch Trubisky du titre de “Nickelodeon Valuable Player”. Aussi, Bob l’Éponge avait investi deux jours plus tôt le jeu vidéo Madden 21, édité par Electronic Arts, en proposant un stade aux couleurs de sa ville de Bikini Bottom.
Producteur exécutif de la chaîne, Shawn Robbins confirme que cet écosystème digital a été pensé en amont pour accompagner les usages de double écran de son public quotidien.

Un véritable succès et des opportunités d’avenir pour la NFL

Au vu des retombées positives de cette expérience, le partenariat de diffusion s’avère prometteur pour les deux parties.
Pour la ligue, il s’agit évidemment de séduire un public plus jeune pour conserver son statut de sport roi aux États-Unis. En pleine crise du Covid, les audiences ont chuté de 6% d’après une étude Nielsen qui a souligné une baisse d’intérêt et des habitudes perturbées chez les fans. Il s’agit alors de savoir se renouveler dès aujourd’hui pour éviter une trajectoire similaire à celle de la MLB qui voit ses stades se désemplir sans discontinuer depuis 2007.

“Quand nous avons obtenu les droits pour cette Wild Card, nous avons compris qu’atteindre une cible nouvelle et plus jeune était l’objectif numéro un de la ligue. Désormais, grâce à cette expérience, nous ferons partie de toutes les discussions”.

Sean McManus, président de CBS Sports

Pour ViacomCBS, qui compte parmi les quatre grands réseaux sous contrat avec la NFL, cette expérience va être un argument de poids lors des prochaines négociations en 2022. Alors que de nombreux experts estiment que les prix vont augmenter de 30 à 50%, le retour sur investissement lié aux ventes d’espaces publicitaires demeure important : pour un spot de trente secondes lors d’un match de saison régulière, CBS facture en moyenne 353,911 dollars. Et si la chaîne va diffuser le Superbowl de cette année, chaque édition est remise en jeu et les deux prochaines ont déjà été acquises par NBC et la Fox.
Le président de CBS Sports Sean McManus confirme la stratégie pensée pour les saisons à venir : “Quand nous avons obtenu les droits pour cette Wild Card, nous avons compris qu’atteindre une cible nouvelle et plus jeune était l’objectif numéro un de la ligue. Désormais, grâce à cette expérience, nous ferons partie de toutes les discussions”.

S’il est encore trop tôt pour connaître les chiffres d’audience, quelques fans ont néanmoins tweeté avoir quitté la retransmission classique sur CBS pour la version plus divertissante de Nickelodeon. En réunissant toute la famille derrière le même écran et en distillant des informations sous un angle hilarant, la lucrative ligue de la NFL a sans aucun doute recruté ses fans de demain.

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